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CHÈNE.
Grec... 2 OU | me a QUÉRCUS CUM LONGO PEDICULO; Bauhin , Tivaë , Nb: 15,
sect. 4. Tournefort, clas. 19, arbres amentacés.. Ne
QUERCUS ROBUR ; foliis deciduis , oblongis » SUperné latioribus , sinubus acutioribus, angulis obtusis ; Linné, clas. 21, monœcie polyandrie. Jussieu, clas. 15, ord. 4, amentacées.
Lialien....,. Quenrcra.
Æspagnol.... xNoINA; RoBLE.
Français... .. GHÈNE; RouvRE.
ZANGIAS. MOSS
Allemand... Er1cHe.
Hollandais... EIKE ; EIKENBOOM.
Suédois... ... EK. « Polonais. ….. DAB
Parmi les végétaux qui ornent et enrichissent nos forêts, le chêne tient sans contredit le premier rang : il est le roi des arbres européens. Ses immenses racines pénètrent profondément et s'étendent au loin dans le sol, tandis que sa cime majestueuse s'élève par fois jusqu'à près de cent pieds de hauteur (1).
Les feuilles , portées sur des pétioles extrêmement couris , sont alternes , oblongues, plus larges vers leur sommet, divisées en leurs bords en découpures obtuses, arrondies et sinueuses; leur surface supérieure est lisse, verte ; l'inférieure, presque glauque , est marquée de nervures latérales ét obliques. g . Les fleurs sont monoïques , c’est-à-dire, pour parler le langage si expressif et si vrai de l’immortel Linné, que les deux sexes , habitant la même maison , reposent dans des lits différens. Les fleurs mâles, distribuces d'espace en espace sur un long chaton mince , lâche et pendant , offrent : un calice membraneux , formé d’une seule feuille , décou- Pée en cinq segmens; dix étamines , dont les filamens trèscourts portent des anthères larges, divisées en deux par un sillon. Les fleurs femelles , solitaires, ou groupées en très-
(1) Quantum vertice ad auras Ætherias, tantum radice in Tartara tendit.
(VIRGILE) Celni de qui la tête au ciel était voisine, Et dont les pieds touchaient à empire des morts. Ë (LAFONTAINE) 30°. Liyraison. b,
petit nombre sur les jeunes rameaux, et dans les aisselles des feuilles supérieures , sont lantôt sessiles , tantôt soutenues par un pédoncule commun plus ou moins, long (2); elles présentent : un calice monophylle , hémisphérique, coriace, raboteux en dehors ; un ovaire supérieur, trois loges confuses, dont chacune est surmontée de trois , quatre ou cinq styles réfléchis.
Le fruit , universellement connu sous le nom de gland, est une sorte de capsule ou de coque ovoïde, enchässée par toute sa base dans une coupe ou cupule hémisphérique , assez épaisse , lisse en dedans , écailleuse en dehors : cette coque formée d’une peau cartilagineuse et tres-polie, ne s'ouvre point; elle contient une amande de même forme, dont la substance, modérément dure, se partage en deux lobes.
Les poètes, les philosophes, les romanciers , les agronomes , les économistes ont à l’envi célébré le chêne ; il a constamment été l’emblême de la force et de la durée. « Son élévation, sa grosseur et l’épaisseur de son feuillage attestent sa supériorité sur ceux qui croissent autour comme loin de lui. Dans l'antiquité, 1l fut un objet de vénération pour ces peuples qui prétaient une âme à toutes les productions de la nature. Les chênes de la forêt de Dodone rendirent des oracles ; depuis , ceux des Gaules servirent d’autels ; c'était sous leur ombresacrée que les Druides chantaient des bynmes à l'Éternel. Chez les Grecs et les Romains, une branche de chène tressée en couronne fut toujours regardée comme la plus belle récompense qu’on put offrir à la vertu et l’estimable citoyen qui l'avait méritée s'en tenait plus honoré que s’il avait été comblé de la faveur des rois. C’est amst que tout était ennobli et agrandi par l'imagination vive de ces hommes qui nous ont précédés de vingt siècles. Aujourd’hui nous ne voyons dans le chène qu'un simple objet d’utilité, et cet arbre superbe , consacré autrefois à J upiter, et qui recut tous les honneurs des mysières fabuleux, ne présente maintenant à nos yeux que de froids matériaux pour nos édifices, pour notre marine el pour nos divers usages domes-
tiques (5). »
(2) M. Leman et M. Turpin ont observé dans la forêt de Saint-Germain une foule de chênes qui portaient sur le meme pied des glands sessiles et d’autres suspendus, en nombre bivaire où ternaire, à] extrémité d’un pédoncule long de deux ou trois pouces. Ces deux babiles botanistes concluent de cette ph vation que le chêne roure et le chêne à grappe; de Lamarck, sont une seule
ê spèce.
* (3) Datur, dans le Mouveau Dictionaire d'histoire naturelle ; tome 5:
1803, page 127:
« Presque toutes les expositions, tous les terrains conviennent au chêne: le fond des vallées, la pente des collines, la crète des montagnes, un sol sec ou humide, la glaise, le limon , le sul , il s’établit partout ; mais il en résulte de grandes différentes dans son accroissement et dans la qualité de sonbois. Ilse plaît et réussit mieux dans les terres douces, limoneuses , profondes et fertiles ; il profite très-bien dans les terres dures et fortes qui ont du fond, et même dans la glaise ; il s’'accommode aussi’ des terrains sablonneux, crétacés et graveleux, pourvu qu’il y ait assez de profondeur. »
« Nul bois n’est d’un usage aussi général que celui du chéne ; il est le plus recherché et le meilleur pour la charpente des bâtimens , la construction des navires, des moulins, des pressoirs; pour la menuiserie , le charronage ; pour des treillages , des échalas , des cercles; pour du bardeau , des éclisses, des lattes, des douves, et pour tous Les ouvrages où il faut de la solidité , de la force , du volume et de la durée ; il est excellent pour faire des tonneaux, des cuves , des fouloirs et autres vases nécessaires à la confection du vin. » à
« Le désavantage du chêne est d’avoir beaucoup d’aubier, et d’une qualité bien inférieure à celle du cœur du bois. Cet aubier, qui est très-marqué et d’une couleur particulière, se pourrit promptement dans les lieux humides , et quand il est placé sèchement , il est bientôt vermoülu et corrompt tous les hois voisins ; aussi doit-on l‘enlever très-soigneusement (4). »
Je vais examiner maintenant plus en détail les qualités physiques, l'emploi économique et Les propriétés medieinales des diverses parties du chêne. L’écorce de l'arbre adulte est épaisse, raboteuse , brune sur le tronc, lisse et cendrée sur les jeunes branches : dépourvue d'odeur, elle a un goût âcre et très-astringent, dû à la grande quantité de tannin dont elle estimprégnée. Aussi, de toutes les maticres connues est-elle la meilleure et la plus recherchée pour tanner les peaux. La poudre de tan qui a servi à la préparation des cuirs forme d’excellentes couches dans les serres chaudes; ou bien, réduite en disques, elle est brülée sous le nom de mottes. Les thérapeutistes n’ont point négligé l'écorce de chène ; ils l’ont administrée souvent avec succès tant à l’intérieur qu’à l’extérieur , dans les maladies causées par la flac-
(4) Encyclopédie alphabétique ; article chéne. Æncyclopédie méthodique : botanique, tome 1, page 916. Dutour, Loc. cit.
cidité des solides, et dans les flux muüqueux immodérés où : opiniâtres ; ils la prescrivent sous différentes formes ; tantôt ils la donnent pulvérisée , à la dose d’un gros, incorporée dans du miel ou dans une conserve ; tantôt ils font bouillir ‘une once d’écorce dans une livre d’eau. Se bière ; tantôt ils en préparent un extrait aqueux. Le docteur Alibert re- ‘connait l'efficacité de ce remede dans les leucorrhées constitutionnelles entretenues par une faiblesse générale et un relâchement de la membrane ‘muqueuse vaginale : dans ce dernier cas, on injecte la partie souffrante en même temps es fait prendre à l’intérieur la poudre, l'extrait ou la
écoction. Ledel a guéri par ce moyen des diarrhées et des -dysenteries ; Scopoli, Cuilen et Schwilgué ont dissipé des ‘fièvres intermittentes. Appliquée extérieurement , l'écorce
de chêne mondifie les ulceres sordides, arrête quelquefois
Paccroissement des :gonflemens œdémateux , et méme les progrès des hernies commençantes chez les enfans.
Si l’on fait une incision au tronc d’un chéne ; il en distille une.eau, que lon fait tiédir, pour en imbiber les compresses avec lesquelles on enveloppe les membres frappés de douleurs arthritiques. L’académicien Hagedorn dit avoir retiré .de ce topique les plus grands avantages.
On recueille une espèce de manne sur les jeunes pousses -et sur-les feuilles de chêne (5). Celles-ci pilées et appliquées sur les plaies, en favorisent la cicatrisation , au rapport de Galien et de Reneaulme. Infusées dans du vin auquel on ajoute une suffisante quantité de miel, elles forment un gargarisme que le docteur Darel juge trés-eflicace pour com- -battre les angines rebelles.
Des panégyristes ignorans, imposteurs ou enthousiastes des mœurs antiques, repètent avecune affectation bien ridi- -cule ,. que nos bons aïeux ; plus simples , plus sobres , moins sensuels que leurs descendans , trouvaient dans les fruits du chéne une nourriture abondante et savoureuse. J’ignore -quelle époque ces louangeurs inconsidérés assignent à cet heureux siècle de bonhomie , à ce prétendu âge d’or. Mais ‘j'ai beaucoup lu l’histoire de nos devanciers , set J'ai acquis la triste conviction qu'ils ne valaient pas mieux que nous. Je me suis également assuré que si, dans des années de disette , ils avaient -eu recours aux. glands du chène roure, jamais ces fruits âpres et insalubres n’avaient été leur aliment ordinaire. Ainsi, je n’apercois aucune différence , sous ce rapport, entre les hommes du tems passé et ceux du temps
(5) Gilibert, Démonstrations élém. de botanique; tom. 3; 1706, pag. 337.
(22h ) , présent. LesNorwégiens, eneffet, les Smolandais, et diverses hordes mistrables des contrées septentrionales, ont souvent été forcés de méler de la farine de glands à celle des graminées. Les Frans eux-mêmes, bien que possesseurs d’un, sol fertile, ont été réduits, dans la malheureuse année 1709; à manger de ce pain détestable., qui produisit de graves accidens : on peut cependant , à l’aide de quelques procédés , le rendre moins désagréable et moins nuisible (6). Les glands dont certains peuples se nourrissaient jadis, appartiennent à. des espèces différentes ” et n'ont pas discontinué de servir au même usage, comme j'aurai bientôt occasion de le dire. Il n’y a done rien encore de changé sur ce point , rien qui prouve la dégénération de nos contemporains. Si les glands du chêne ordinaire n’ont pas été destinés par la nature à nous alimenter, ils sont avidement recherchés par plusieurs oiseaux de nos basses-cours , et surtout par les cochons , auxquels ils procurent un excellent lard.
Rejetés de la bromatologie , les fruits du chêne méritentils d'occuper une place distinguée dans la thérapeutique ? Dioscoride Leur attribue de nombreuses vertus , ainsi qu'à la cupule ; il les prescrit intérieurement et à l'extérieur comme propres à faciliter la sécrétion de l'urine , à calmer la céphalalgie , à dissiper:les flatuosités, à détruire l'effet des poisons, à mondifier les ulcères. Arnauld de Villeneuve a. composé en l’honneur du chêne un petit traité spécial, qui ne valait guère la peine qu'a prise Lessing de le publier. Quoi qu’il en soit, les glands avaient perdu depuis plusieurs siècles leur réputation médicinale; ils semblaient désormais destinés à engraisser nos animaux domestiques : tout-à-coup divers médecins allemands leur supposent des propriétés'multipliées et merveilleuses. Schrœder assure qu’il n’existe pasde moyen plus efficace pour fondre les obstructions glanduleuses et viscérales (7). Les docteurs Marx (8) et Keiser (9) enchérissént sur leur confrère de Marbourg , préconisent la toutepuissance des glands pour la cure des scrophules , du rachitis, de la phtisie, de l'asthme , de l’hydropisie , de l’épilep-
(6) Parmentier, Recherches sur les végétaux nourrissans qui, dans les és de disette, peuvent remplacer les alimens ordinaires ; in-8°. Paris,
(7) Von den Wirkungen der Eicheln, Verstopfungen der Druesen im menschlichen Kæœrper aufzulæsen ; in-40. Gœttingen. 1774.
(8) Geschichte der Eïcheln, nebst Erfahrung ueber den diætetischen und medicinischen Gebrauch derselben; m-80. Dessau, 1784.
(9) Unterricht vom dem Nutzen und besonderen Heilkraft der Eicheln in RU Düerrsucht oder Auszehrung dér Kinder; m-8°. Lemgo, 1779 — 1781.
sie, des fièvres intermittentes. Karch dit en avoir obtenu des succes remarquables dans les diarrhées et les dysenteries (10). Enfin , il est peu de maladies qu’on n'ait essayé de combattre avec les glands, soit crüs, soitétorréfiés comme le café, et mélés par fois à cette délicieusé graine orientale. IL est curieux d’observer que le même pays vit naitre les éloges les plus hyperboliques et les critiques les plus sévères des fruits du chêne. Jean-Jacques Mueller soutint en 1778, à l’université de Francfort sur l’'Odey, sous la présidence de Pierre-Emmanuel Hartmann, une dissertation (11) dans laquelle il prouve que les glands administrés avec toutes les précautions indiquées par Schrœder, Marx, Keiser et Karch, loin de modérer la violence des symptômes, de mettre un terme aux souffrances, ont constamment rendu l'état des malades pire, et souvent désespéré. Faut-il done bannir absolument les glands de la matière médicale? Non, sans doute ; il faut tenter de nouvelles expériences cliniques plus judicieuses , plus impartiales, et conséquemment plus décisives: | S
Presque toutes les espèces de chêne, sérvent d'habitation ét de pâture à des insectes parasites, dont l’un pique les fleurs , l’autre les rameaux , celui-ci les feuilles , celui-là leurs pétioles. Cette piqüre détermine des excroissances de forme, de consistance et de grosseur diverses , auxquelles on a donné le nom de galles ou noix de galle. Celles que produit le cynips sur Les bourgeons des jeunes rameaux du quercus insectoria , d'Olivier, sont , suivant ce naturaliste voyageur, les noix de galle du commerce. Recueillies avant la sortie de linsecte, elles sont dures, tuberculeuses, pesantes , ligneuses, brunes, et on les désigne sous le nom de galles noires : les meilleures viennent d’Alep. Les galles dont l’insecte s’est échappé sont percées, leur pesanteur est moins considérable , leur qualité très-inférieure , et on les appelle galles blanches. à 4 ” Regardée jadis comme un remède précieux, la noix de galle n’est point assez estimée par les médecins de nos jours, qui semblent l’abandonner aux teinturiers. Hippocrate s’en servait à l'extérieur contre les affections de la matrice, et Galien guérissait les fièvres intermittentes en Padministrant à la dose d’un gros. L'usage externe et interne de la noix de, galle est indiqué dans les maladies asthéniques des systêmes lymphatique et cellulaire, dans quelques flux muqueux
(ro) Kuragefasste Anmerkungen ueber die Heilkræfte der Eïichelnr in der Ruhr; in-59. Frankfurt, 1783. Le 11) Suspiciosas glandium quernarume laudes publicè reputat.
( 327 ) trop abondans , tels que la blénnorrhée ; la leucorrhée. Virr gile conseillait de s’en servir pour guérir la diarrhée des
abeilles :
%r Lehfas Proderit et tunsum gallæ admiscere saporem.
Elle est un puissant auxiliaire pour retenir en place les parties dont la contiguité a été rompue.
Par sa simple infusion dans Peau, la noix de galle laisse
déposer des cristaux brillans , lamelleux ou octaèdres, de saveur aigre et styptique ; c’est lPacide gallique, qui conserve les proprittés de la substance qui Va fourni. L’acool bouillant dissout parties égales de cet acide; froid, il en dissout le quart. L'acool gallique qui en résulte me paraît un astringent très - énergique ; susceptible de remplir des indica- Cons curatives variées. La noix de galle contient en outre une très-grande proportion de tannin.
HOUNE foulée d’autres espèces de chêne mériteraient une mention spéciale; je dois me borner à indiquer celles qui m'ont he plus essentiellement utiles, renvoyant ; pour les détails qui me sont interdits, aux monographies de Jean Duchoul{12), de Jean Engstroem (15), de Secondat (14), de Juge-lle-Saint-Martin (15), de Michaux (16), et au savant voyage de Humboldt. |
10. Le chêne grec, ‘petit chène, chêne hêtre, quercus esculus , I. ne s'élève guère qu'à six pieds de hauteur ; il se dépouille tous les ans, et porte des glands sessiles, longs , assez doux ’ qui cependant occasionnent une pesanteur de tête, et méme une sorte d'ivresse, soit qu'on les mange bouillis ou grillés, soit qu’on les réduise en pain.
2, Le chène à feuilles rondes, quercus rotundifolia, Lamarck , croitnaturellément en Espagne, et produit des glands gros, longs, d’une saveur agréable. IL s’en fait une telle consommation , que M.-Bosc raconte les avoir vu vendre sur le marché à Burgos, avec le même débit que fa chataigne én France. | | :
3%. Le chêne ballotte, quercus ballota, Desfontaines, acquiert une élévation de trente à quarante pieds ; c’est un
(12) Waria querods historia; in-80. fig: Lugdunt, 1555.
c ds) De quercu, Dis. inaug. resp. Lange; in-4°. Lundini Gothorum , 17 |
( ; o) Mémoire sur l'histoire naturelle du chéne, ete. ; in-fol. fig. Paris, (15) Traité de La culture du chéne ; in-80. Paris, 1788. (16) Histoire.des chéènes de l'Amérique ,etc.; in-fol. fig, Paris, 18or.
des arbres les plus communs dans les royaumes d'Alger et de Maroc ; « 11 y en à d’immenses forêts sur les montagnes de Belide, de Mascar, de Tlemsen. On le rencontre quelquefois dans les plaines, mais en petite quantité. Les fruits, que l’on vend dans les marchés publics, sont très-nourrissans, et n’ont aucune amertume ; on les mange crûs, bouillis ou rôtis. Dans quelques cantons de la Barbarie , On en exprime une huile tres-douce. I serait facile , et en même temps trèsavantageux d’acclimater et de multiplier en France cet arbre, qui fournirait à l’économie domestisqué ses glands sayoureux, et aux arts son bois dur, compacte et pesant (17).
4. Le chêne liège , quercus suber, L. se distingue éminemment par son écorce fort épaisse, spongieuse, crevassée , connue sous le nom de liège; on l’en dépouille tous les huit ou dix ans. Loin de l'endommager, cette opération est pour lui un moyen tutélaire. Les arbres non écorcés demeurent rarement en bon état plus de cinquante à soixante ans ; ceux dont l’écorce est enlevée à des époquesrégulières, subsistent plus de cent cinquante ans. x
5°. Le quercitron ou chêne noir de Pensylvanie, quereus tinctoria, Michaux, parvient à la hauteur de soixante ou quatre-vingts pieds. C’est lui qui depuis quelques armées a été introduit dans le commerce sous le nom de quercitron , pour l'usage de la teinture , à laquelle il fournit une couleur jaune-serin très-solide. Son écorce, également jaune, est excellente pour le tannage des euirs.
C’est sur une espèce de chêne, quercus coccifera , L.
wonrecueille le kermès ou grain d’écarlate; etles recherches dun médecin-naturaliste fort distingfé (18) tendent à prouver qu’une autre espèce non encore bien déterminée produit une substance beaucoup trop vantée, sous le titre d’alcornoque.
(17) Desfontaines, Flor. Atlant.; tom. 2 ,.pag. 350.
Poiret, Voyage en Barbarie ; tome 2, page 258.
Dutour, dansle Vouveau Dictionaire d'hist. nat.; tome 5; 1803, pag. 143.
(18) Virey, dans le Bulletin de pharmarie; aunée 1811, page 332; et année 1813, pages 14 et 263.
( La plante est réduite aux trois-quarts de sa grandeur naturelle )
1, Grappe de fleurs mâles de grandeur naturelle.