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Pres. ca as fdvu6epos (1), Dioscoride. , #5v8x (2), Théophraste.
MENTHA CRISPA VERTICILLATA, Baubin, IluivaË, lib. 6, sect. 5. Tournefort, cl. 4, sect. 2, genre 10. Lalin, .......Q MENTHA CRiSpA; spicis capitalis, foliis cordatis dentatis +1 undulatis sessilibus, staminibus corollam æquantibus. Linné, didynamie gyninospermie. Jussieu , cl: 8, ord. 6, ; famille des labiées.
Français ...., MENTHE*CRÈPUE; MENTHE FRISÉE.
Lialien: .…...... MENTA ESS ;:
Espagnol. .... |H\ERRBA BUENA (3); MENTA R1ZADA. Portugais..... HORTELANA CRESPA.
Allemand .... KRAUSMUENZE.
Anglais. 124 CURLED MINT.
Hollandais... KRUIZEMUNT. ‘ Danois....... KRUSEMYNTE.
Suédois. .:... KRUSMYNTA.
Polonais. :... MIENTKA. | $ D:
Russes... MrATA: 1 a “Ve «+... FODOR-MENTHA.
Les menthes ont la plupart une odeur aromatique plus où moins pénétrante, assez agréable : elles se présentent fréquem- . ment sous nos pas, soit dans les champs cultivés, soit sur le
bord des ruisseaux, ou dans-les terrains inculites, selon les espèces. Elles se distinguent par un calice tubulé, à einq dents ; une corolle un peu plus lorigue que le calice, à quatre lobes presque égaux; celui du milieu un peu plus large, souvent échantcré; quatre étamines didynames, écartées les unes des autres ; un style, deux stigmates divergéns ; quatre semences fort petites, au fond du calice
La menthe crêpue, dont il est ici question , diffère peu de la menthe à feuilles rondes; quelques-uns ne la regardent que
(1) 4dvécuos , signifie qui a bonne odeur.
(2) genbos, est le nom du résidu dés digestions. Les anciens Grecs nan raient-ils point donné le nôm de yny8æ à la menthe, par antiphrase, À cause de son odeur agréable? La langue giecque offre beaucoup d'exemples antlogues,
(3) Hierba buena, herbe bonne. Une pareille dénomination fait assez con naître la confiance qu'ont les Espagnols'en cette plante,
61° Livraison. a
(128) comme: une simple variété. Elle s’en distingue par ses feuilles moins blanches, plus crêpues, dentées en scie, et non crénelées, par ses bractces plus larges , presque lancéolées,
Ses tiges sont herbacéés, tétragones, velues et rameuses hautes d'environ deux pieds. 4
Les feuilles sont presque sessiles, opposées, assez grandes, arrondies, un peu échancrées en cœur, à peine velues , et d'un vert foncé en dessus, pubescentes, d’un vert blanchâtre en dessous, à dentelures aiguës, inégales.
Les fleurs sont peétités, purpurines ou violettes, disposées par verticilles en épis terminaux, cylindriques, alongés, rétrécis à leur sommet, point interrompus ; leur calice est velu ; Jes dents ciliées ; la corolle une fois plus longue que le calice, légèrement pubescente cn dehors: les: étamines à peine aussi longues que la corolle; les anthères d’un brun jaunâtre.
Cette plante croît aux lieux un peu humides, dans les décombres, le long des murs; elle fleurit vers la fini de l'été.
RAA UE . La menthe crêpue exhale une odeur fragrante très-agréable. Sa saveur est chaude, aromatique; €t, quand 68 la mâche, elle laisse sur la langue, et dans l’intérieur de la gotge, une impression qui s'y fait longtemps sentir. La dessiccation n’opère aucun changement dans ses propriétés physiques. À. l'exemple de la plupart des plantes de la même famille, elle renferme deux principes distincts ; l’un amer, un peu âcre, soluble dans l’eau et dans l'alcool, et de nature gomma-résineuse ; l’autre aromatique, réside dans Yhuile volatile que cette plante rénferme en assez grande quantité, puisque une livre de ses feuilles en a fourni environ trois gros àx Cartheuser. El est probable aussi qu'elle contient du camphre, comme les autres labiées.
De toutes les plantes de cette famille, la menthe crèpue est une de celles dont les propriétés toniques, stomachiques et cordiales, sont les plus manifestes. En effet, elle excite vive étés vitales organiques, augmenté l'action de
ment les propri l'estomac et des intestins, active la circulation du sang, et
rovoque, dans quelques cas, la sécrétion urinaire ; la transpiration cutanée, et mème | exhalation pulmonaire. Elle agit aussi avec force sur le système nerveux ; et ] espèce d'impression vive qu'elle y détermine se fait sentir instantanément dans toute l’économie. Comme tonique, on | emploie sauvent à l'intérieur dans l'inappétence les flatuosités ; les spasmes abdominaux , etles coliques nervetses. ‘On s'en est servi avec le même succès pour faire cesser des vomISsemens spasmodiques ; pour arrêter certaines diarrhées chroniques, 2 nsi que lalienterie. Son usage a été très-utile dans la chlorose, et a fait disparaitre,
dans certains Cas, la céphalalgie. On l’administre avec succès contre les affections soporeuses et les paralysies, dans l'asthme des vicillards, et la toux convulsive des enfans. Ses succès contre l’hystérie et contre l’aménorrhée, sont attestés par plusieurs auteurs ; mais on sent très-bien que ses effets ne peuyent être réellement utiles dans cés affections, que dans les cas où l'utérus ést dans un état d’atonie ou de torpeur, et que cette planté stimulante n’ÿ aurait aucun avantage, lorsque l’altération des fonctions de la matrice est due à un état pléthorique ou inflammatoire, ou bien à un excès d'action. Comme diurctique et diaphorctique chaud, on peut l’employer chez les vieillards cacochymes, chez les sujets d’un tempérament lymphatique, à chaïrs flasqües et décolorées, pour favoriser la sécrétion des urines et la transpiration, dans les rhumatismes añciens, dans la goutte atoñique, ct dans les catarrhes chro+ niques du poumon, de l’urêtre, etc.
A l'extérieur, on fait usage de cette plante, soit en fomentation, soit én poudre, soit en cataplasmes, pour activer la résolution de certaines tumeurs pâles et indolentes; pou fäire, disparaitre les écchymoses et le gonflement qui résultent des contusions; pour déterger les ulcères sordides , atoniques, autiscorbutiques et äutrés. On en a particulièrement préconisé l’application sur les mamelles des nourrices, pour s'opposer à la, sécrétion du laït, et pour favoriser l'absorption de celui, qui s’y accumule à l’époque du sevrage. Mais j'ignore jusqu’à quel point un pareil moyen est digne de la confiance que lui accordent sous ce rapport la plupart des auteurs de matière médicale. Je pense même que si les marnelles gorgées de lait ctaient douloureuses, ainsi que cela a lieu chez beaucoup de nourrices, à l’époque du sevrage, une semblable application serait plus nuisible qu'utile.
En général, la menthe crêpue peut être employée avec avantige, soit intérieurement, soit à l’extérieur, daus tous-les cas où la médication tonique est nécessaire, À cet égard, on doit être bien plus porté à lui accorder la propriété aphrodisiaque qui lui est attribuée par plusieurs observateurs, qu'à lui reconnaitre la singulière vertu de détruire la faculté fécondante du sperme humain, qu’Aristote et Hippocrate-lui attribuent, je ne sais Lrop sur quel fondement, x moins qu’on admette qu’elle empêche la fécondité, par cela même qu’elle excite lrop vivement aux plaisirs de l'amour.
intérieurement on administre la menthe crépue en poudre à la dose de quatre owhuit grammes (un à deux gros), avec une suffisante quantité de sucre pulvérisé. Son infusion théiforme dans l'eau est plus en usage que son iufusion vineuse, laquelle
est plus active. Son eau distillée, d'un très-grand usage en mcdecine, se donne de trente-deux à cent vingt-huit grammes (une à quatre onces), et son huile volatile d'une à cinq gouttes, soit dans du sucre, soit dans tout autre excipient approprié. On dit que les Africains en avalent souvent sept à huit gouttes pour exciter l'appétit vénérien. Pour l’usage extérieur, on remplit, de menthe pulvérisée, des sachets qu'on applique comme résolutifs sur des tumeurs pâles et indolentes; on en fait aussi des cataplasmes employés aux mêmes usages. Son infusion aqueuse, sert à faire des gargarismes, des clystères, et autres médicamens toniques. L'eau de menthe spiritueuse, la teinture alcoolique, et la conserve que les pharmaciens préparent avec cette plante, sont d’un fréquent usage dans la pratique de la médecine.
Depuis Dioscoride, on a prétendu que cette menthe, immergée dans le lait, empêchait la coagulation de ce liquide, et cette assertion, qu'il serait intéressant de vérifier, a été répétée dans tous les livres de matière médicale. Mais Willis, au rapport de Murray , à expérimenté qu’elle se borne à en retarder la coagulation. Comment admettre alors, avec l’illustre Linné, qu'il est impossible de faire du fromage avec le lait des vaches qui ont brouté cette plante dans les paturages, et que non-seulement elle s'oppose à la sécretion de ce liquide, mais qu’elle fait disparaître des mamelles de ces animaux celui qui
est déjà formé.
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(La plante est représentée de grandeur naturelle)
1. Fleur entière, grossie, 2. Corolle ouverte, 3. La même, vue de face.