MENTHE POIVRÉE
MENTHA SPICIS BREVIORIBUSELHABITIORIBUS, foliis menthæ fuscæ, sapore fervido piperis. Tournefort, el. 4 ,sect. 2, gen. 10. | Lalin....... £menraA prpertTA ; spicis capitatis, folits ovatis Serratis petiolalis , staminibus corollä brevioribus. Linné, didynamie gymnospermie., Jussieu, el. 8, ord. 6, famille des lubiees.
Francais..... MENTHE POIVRÉE.
Lialien ...... MENTA PIPERITA.
Espagnol.... MENTA PIMENTADA.
Portugais... HORTELANA PIMENTOSA. - Allemand... PFEFFERMUENZE.
Anglais... ... PEPPERMINT.
Hollandais... PEPERMINTE.
Danois..../. PÉDBERMYNTE.
D'uédois . . ... " PEPPARMYNTA.
Cette espèce, très-voisine de la menthe verte, se distingue par son odeur très-pénétrante, et surtout par une saveur piquante qui laisse dans la bouche une fraicheur agréable.
Ses racines sont longues, traçantes, garnies de fibres; elles produisent des tiges nombreuses, verdâtres ou purpurines, re= dressées, hautes d’un pied et demi, médiocrement rameuses, parsemées de quelques poils rares.
Ses feuilles sont opposées, pétiolées, percées de points tansparens, ovales-oblongues, un peu aiguës, arrondies à leur base, dentées en scie, légèrement piléuses en dessous ; les dentelures courtes, aiguës , un peu inégales.
Les fleurs sont petites, rougeätres ou purpurines , pédicellées, réunies en verticilles séparés les uns des autres , formant un épi court, cylindrique, terminal, un peu épais, et obtus : les bractées linéaires, ciliées à leurs bords.
Le calice est strié, ponctué, glanduleux, d’un brun rougeâtre ; ses dénts sont courtes, subuléés et cilices; la corolle à peine une fois plus longue que le calice; les étamines plus courtes, quelquefois plus longues que la corolle ; les anthères ovales, purpurines.
Cette plante, cultivée dans les jardins, est originaire d’Angleterre. du à (P.)
La menthe poivrée est caractérisée par une odeur forte, camphrée et très-agréable, Sa saveur amère, chaude, piquante
61°. Livraison. b,
et aromatique, détermine sur Ja langue, et dans l’intérieur de la gorge, une sensation brülante fort agréable, qui est immédiatement suivie d'un sentiment de froid très-vif, et qui plaît beaucoup. Ses propriétés physiques semblent acquérir plus d'intensité par la dessiccation. Elle renferme, comme les autres menthes, un principe gommo-résineux, âcre et aromalique, qui est moins soluble dans l’eau que dans l'alcool : mais elle recèle une beaucoup plus ira (À quantité d'huile volatile très-fragrante, et contient aussi beaucoup plus de camphre qu'aucune autre plante du même genre. Gaubius y avait même reconnu la présence de ce principe, longtemps avant que l’illustre chimiste, M. Proust, en eût constaté l'existence dans les autres labiées.
La proportion plus grande des principes actifs de cette menthe, et l'énergie plus grande de ses propriétés physiques, semblent y décéler des propriétés médicales également plus puissantes que dans aucune autre espèce du même genre; ce que confirment les observations de Bergius, Cullen, et autres médecins distingués. Elle jouit, en effet, à un haut degré, des propriétés échauffantes , toniques, stomachiques , résolutives, carminatives , emménagogues et antispasmodiques. Elle détermine une excitation très-yive sur l'appareil digestif, et par suite, sur une foule d'organes qui sympathisent avec Jui. Mais son action sur le système nerveux est surtout extrêmementénergique, ce qui la fait considérer, par la plupart des médecins, comme un des antispasmodiques les plus puissans. Sous ce Yapport, on à particulièrement signalé ses bons effets dans certaines fièvres nerveuses périodiques, dans les affections so-
oreuses, dans la syncope, l'asphyxie, la paralysie, l'asthme, hystérie, les vomissemens nerveux, l'hypocondrie ct autres affections spasmodiques. Comme tonique, elle est frequemment employée avec succès contre Ja débilité de l'estomac, et l’état de torpeur du canal intestinal, qui se manifestent chez les chlorotiques, les hypocondriaques et les goutieux. On la regarde également comme très-propre à rappeler 1 écoulement menstruel, lorsque l’inertie ou le défaut d'action de l'utérus sont la cause de sa suppression. On pourrait s en S€FVIr Avec le même succès, soit.pour ramener la transpiration cutance; soit pour exciter l’exhalation pulmonaire, et faciliter l'expectoration chez les individus d’un tempérament Jymphatique,, et d'une constitution froide et apathique, dont les organes ont besoin d’être stimulés. | ;
Comme topique, la menthe poivrée en poudre, rénfermée dans des sachets, en cataplasmes et en infusion, peut Ep“ employée contre les engorgemens aloniques ; les tumeurs indo-
(on) lentes, et certains ulcères sordides. Son huile essentielle est en usage sous forme de gargarisme et de linimens , contre le gon- {lement indolent des gencives, et contre lés rhumatismes chroniques. Elle est également appliquée immédiatement sur les dents cariées dans l’odontalgie.
Lorsqu'on veut obtenir de grands effets de cette plante aromatique, dit M. Alibert, on la donne en poudre à la dose de huit grammes (deux gros) toutes les deux heures. On a plus souvent recours à son infusion théiforme ; on peut aussi l’administrer en macération dans le vin. Son eau distillée se donne detrente-deux à quatre-vingt-seize grammes (une à trois onces). La dose de sa teinture alcoolique, qui est une de ses préparations les plus énergiques, est de quatre à huit grammes (un à deux gros) dans un véhicule convenablement édulcoré. Son huile volatile ne s'administre qu’à la dose de quelques gouttes.
À cause de son odeur aromatique fragrante, les parfumeurs emploient souvent cette plante pour aromatiser des huiles, des pommades , el autres préparations cosmétiques. Les confiseurs la font entrer dans la composition des diverses liqueurs, et en préparent des dragées bien connues par la sensation trèsagréable de froid piquant qu’elles laissent pendant un certain temps dans la bouche, et qui succède immédiatement au sentiment de chaleur agréable qu’elles y déterminent d'abord.
(La plante est représentée de grandeur naturelle)
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