‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 13 sur 81 · GC MOUTARDE · texte numérisé non relu

GC MOUTARDE

Grec... iVNTI, CHATI, VATEIR , VATU.

sunAPI RAp1 Fo210; Bauhin, IlsvaË , lib. 3, sect. 1. Tour= nefort , cl. 5, sect. 4, gen. 9. : PTT Lalin........4 sinapis nIGRA; siliquis glabris apice tetragonis. Linné, » “4 tétradynamie siliqueuse. Jussieu, cl. 13, ord. 5, famille des crucifères.

Francais..... MOUTARDE; SÉNEVÉ.

Jtalien......, SENAPA; MOSTARDA.

ÆEspagnol..... MosTAZzA.

Portugais ....' MOSTARDEIRA; MOSTARDA.

Allemand... SENF. ü Anglais... ... MUSTARD.

. Hollandais... mosrenr.

- Danois...... SENEr.

Suédois. ..... SENAP.

= Polonais..... GoRCczYKA.

Russe". ..:.." GonTSCHIZA.

La moutarde est une plante rustique, connue depuis longtemps, qu’on rencontre très-fréquemment dans les sols arides et pierreux. Le genre auquel elle appartient est très-voisin de celui des sisymbres, des radis et des choux : il s’en distingue par un calice à quatre folioles très-ouvertes, caduques; par quatre pétales en croix, à onglets droits; six étamines tétrady- names ; le réceptacle muni de quatre glandes placées entre les étamines; un style; une silique termince ordinairement par une languette saillante. M. Decandolle rapporte aux sisymbres toutes les espèces dont les fruits ne sont point terminés par une languette.

L'espèce, dont il est ici question sous le nom de moutarde noire, se reconnait entre plusieurs autres qui en approchent, à ses siliques glabres, tétragones , serrées contre la tige, à languette tres-courte,

Ses racines sont un peu épaisses, blanchâtres , presque droites, garnies de beaucoup de filamens capillaires : elles produisent une tige droite, un peu velue, cylindrique, très-rameuse, haute de deux ou trois pieds.

Ses feuilles sont alternes, pétiolées, un peu charnues , assez semblables à celles de la rave, laciniées ou pinnatifides , presque glabres ; les lobes obtus , inégalement dentés.

Les fleurs sont jaunes, petites, disposées en longues grappes

(1) De mustum ardens.

63°, Livraison b.

droites, terminales ; les pédicelles courts , rapprochés des tiges ; les siliques glabres, courtes, ridées ; à quatre angles; une côte épaisse à chacun de leurs angles; une languette très-courte, obtuse ; les semences brunes, globuleuses, comprimées.

Presque dans les mêmes lieux etdans des champs cultivés, -on trouve la moutarde blanche (sinapis alba, L.), dist nguée par ses siliques hispides terminées par une languette très-longue. ‘Une autre espèce, très-commune le long des chemins , dans les terres labourées , connue sous le nom de moutarde des champs (sinapis arvensis) , se reconnait à ses siliques très-longues , parfaitement glabres, presque horizontales ; toruleuses , à plusieurs angles, surmontées d’une longue languette un peu: courbée en faucille. : (P.)

Les semences defcette crucifère répandent, lorsqu'on les écrase, une odeur légèrement piquante; quand on les mâche, leur saveur atière, chaude, et d’une àcreté fugace, se répand instantanément dans l’intérieur de la bouche et du‘pharynx. On en retire une ceitaine quantité d’huile volatile , d’une odeur forte et très-âcre , qui présente, à un haut degré, l'odeur et la saveur des plantes de ia famille des crucifères, et qui passe en partie dans Veau distillée. Elles fourmissent aussi par expression beaucoup d'huile douce, et le résidu forme une sorte de pâte qui a toute l'âcreté et l’amertume des semences.

Appliquées sur Ja peau, elles y déterminent de la douleur, du gonfiement; de la rougeur, et-si leur application se prolonge , ilen résulte le soulèvement de Pépiderme , et l’exhalation d’une certaine quantité de sérosité: Quand on les mâché, elles stimulent les-glandes buccales et parotides, excitent la sécrétion de’ la salive, et déterminent Sympathiquement une vive ivritation passagère sur la membrane pituitaire, et même sur la glande lacrymale. Adimin strées intérieurement , l'excitation qu'elles operent sur le système nerveux et sur les appareils de la vie organique, donne lieu à plusieurs éffets secondaires. Ainsi elles” font éprouver un sentiment de clialeur agréable daus l'estomac, elles augmentent l'action de cet organe, excitent' Pappétit,- et “accelèrent” la digestion.” Elles agissent quelquefois sur lecœur ; et accélèrent la circulation ; d'autres fois elles stimulent les reins; etprovoquent la sécrétion des urines; dans certains cas, leur effet se fait sentir au système cutané, et la transpiration augmente ; Où bien à Pappareil respiratoire, et l'exhalation pulmonaire atnst'que l'expectoration deviennent plus abondantes. Lorsqu'on en SEA l'usage pendant un certain temps, leur action stümu ante se

- ; ; d ton elles OT snté fait sentir à toute l'économie, et c est ainsi ŒA elles ont mérite

| FIM le titre d'antiscorbatiques, à l’exémple de la plupart des plantes

Ja même famille. e | Ra tt d'agir déssemences de moutarde les rend évidemment utiles dans les maladiés aecompagnées de débilité € dans tous les cas où la médication toñique estnécessaire. Ainsi onena fait usage dans l'anoréxie, l'hypocondiie et Ja chlorose, Elles ‘ont été administrées contre certaines fièvres intermiltentes. On Yoit même dans Dioscoride que leur usage contre ces affections était connu des anciens; et Agrœus, au rapport de Bergius, les administrait entières à la dose de quatre où cinq cuillerées par jour pendant l'apyrexie, On les a également employces dans le scorbut, et, daus,ce cas, Ray qui les administrait en infüsion dans le vin, a vu des ulcères infects de la bouche, et autres symptômes de cette affection, disparaitre par ce seul moyen. Quelques auteurs les recommandent contre la paralysie. ‘On cite même des faits qui tendent à faire croire qu'elles ont fait disparaître l’hydropisie ascite. Mais si ces semences peu- ‘vent être utilés dans les maladies atoniques, chez des su els lymphatiques , flasques ct décolorés, on 5e gardera bien d’administrer une substance aussi stimulante , aux sujets secs, nerxeux ; Lrès-irritables ; dans les cas.où il ÿ a un état fébrile, une jrritation générale, une sorte de pléthore, une inflammation locale, ou une disposition imminente aux congestions sanguines. C’est ainsi que la moutarde, mal à propos administrée dans une fièvre intermittente chez un sujet robuste et pléthorique, a changé, au rapport de Van Swicten, cette légère affection en une fièvre ardente mortelle,

De nos jours on n’emploie ces semences qu’à l'extérieur, sous forme de cataplasmes, et sous le nom de Sinapismes , qu'on applique sur différentes parties du corps pour irriter Ja peau ; soit qu'on veuille opérer une excitation générale comme dans la paralysie et les affections comateuses; soit qu'il faille opérer une dérivation salutaire, comme cela se pratique Journellement dans la répercussion de la goutte, des rhumatismes, des daitres, etc. ; soit enfin pour appeler à la surface du corps une inflammation aiguë ou chronique, ou toute autre ieritation des viscères. Dans ces différens cas, et dans beaucoup d'eutres , la graine de moutarde est un des plus ‘puissans moyens de la thérapeutique, et chaque jour les praticiens habiles en obtiennent les plus grands avantages.

Ces semences ont été administrées intérieurement à la dose de deux, trois, et jusqu’à cinq cuillerées par jour, soiten substance, soit en infusion dans l’eau ou dans le vin. Leur huile volatile se donne par goutte ; leur eau distillée et leur extrait ne sont pas employés, et ne méritent guère de l'être. Les sinapis-

mes qu'on en prépare se composent avec une quantité déterminée de ces semences pulvérisées, mélées à de la pâte fer-" mentée ou de la mie de pain et du vinaigre; on leur donne la consistance d’une pâte molle et la forme d’un cataplasme.

Ces semences pulvérisées, et mêlées à une certaine quantité de moût de vin à demi-épaissi, ou à un peu de farine et de: vinaigre, forment, à l’aide d’une trituration convenable, une sorte de pâte liquide brune, et piquante, très-connue sous le nom de moutarde. Cette substance, qui est uu des condimens les plus universellement répandus parmi nous, se sert sur toutes les tables, et s'associe avec avantage aux viandes blanches et glutineuses , et à toutes les substances fades. Elle convient surtout dans les temps froids et humides, aux sujets faibles et apathiques , à ceux qui mènent une vie sédentaire, qui digèrent mal, ou qui vivent d’alimens grossiers et réfractaires à l’action des organes. Mais elle n’est d'aucune utilité, elle peut même être nuisible aux hommes robustes, dont l'estomac est plein d'énergie , aux sujets pléthoriques , et aux jeunes gens secs, nerveux, et d’une excessive susceptibilité.

BOURDIER DE L'AMOULIÈRE, An salubre condimentum sinapi ? in-4o.M Parisiis, 1743. |

. . . . #* HOoRR , De semine sinapi; in-4o. Tubingæ , 1780.

( La plante est représentée de grandeur naturelle )

x. Fleur entière, grossie.

2. Calice, pistil et étamines, à la base desquels on aperçoit quaire glandes. j

Pétale.

Pistil.

. Fruit ou silique de grandeur naturelle.

O Cr ©

Le même, dont un des battans est ouvert afin de faire voir la disposition des graines.

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