‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 14 sur 81 · S CADIER · texte numérisé non relu

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MUSCADIER. : e

Grec........ x&puoy paupsolinov; LOYOXMpUOY ; K&PUOY ApHUATIXOV.

NUX MoscHATA; fructu rotundo, Baubin, TivaË, lib 17, sect. 3.

atin......:.4 MYRISTICA AROMATICA; Swartz.

: MYRISTICA MOSCHATA ; Thunberg.

MYRISTICA OXFICINALIS.

Francais ..... MUSCADIER; MUSGADÉ.

Italien. ...... MOSCATERO; NOCE MOSCADA.

Espagnol. .... MOSCADERO; NUEZ DE ESPECIA.

Portugais .... MOSCADEIRO; NOZ MOSCADA.

Allemand .... MUSKATNUSSBAUM; MUSKATNUSS.

Anglais .. ..:. NUTMEC.

Hollandais... NOOTEN-MOSKAATBOOM ; NOOTEN-MOSKAAT. Danois ...... MUSKADNOEDTREE ; MUSKADNOED.

Suédois...... MUSKOT-TRÆ; MUSKOT.

Plusieurs auteurs ont cru pouvoir rapporter le fruit du muscadier au comacum de Théophraste. On peut voir, dans un mémoire de M. Délamarck-sur cet arbre, précieux, inséré dans les Mémoires de l’Académie des sciences, année 1788, et dans l’Encycl. méth., combien cette opinion est peu probable. Les Arabes eurent les premiers connaissance de la muscade. Il en est question dans Avicenne (lib. 2, cap. 503, pag 358) sous le nom de j'ansiban ou noix de banda. C’est le jusbague de Sérapion, le moscharion des Grecs modernes.

Longtemps le fruit du muscadier fut seul connu. Linné luimême n'eut qu'une connaissance très-imparfaite des fleurs de cet arbre, dont les caractères ne furent bien déterminés qu'à l’époque où M. Delamarck publia le mémoire cité plus haut et dont M. Céré, directeur du Jardin du Roi, à Pile de France, lui avait fourni les matériaux, en lui faisant passer des branches de muscadier en fleurs et en fruits avec des ob- Servations relatives ; d’où il suit que le muscadier offre, pour caractère essentiel, des fleurs dioïques; un calice d’une seule pièce, en grelot, divisé en trois lobes à son sommet; point de corolle ; Six à douze étamines très-ordinairement monadelphes, insérées sur le réceptacle : dans les fleurs femelles, un ovaire supérieur, surmonté de deux stigmates sessiles ; une baie dru- Pacte, monosperme; un brou charnu à deux valves, une coque couverte d’une membrane en réseau, ou laciniée.

" Cet arbre est d’un aspect très-agréable, orné d’une belle 63°. Livraison.

cime arrondie, fort touffue, d’un feuillage élégant. IL s'élève à la hauteur de trente pieds et plus : ses branches sont disposées quatre ou cinq ensemble en verticilles distans entre eux de deux ou trois pieds : les rameaux grèles, alternes, très- ‘ nombreux. | Les feuilles sont alternes,, simples, pétielées, ovales-lancéo- 1 lées, très-entières, lisses, et d'an beau vert en dessus, d’un vert blanchâtre en dessous, un peu variables dans leur forme et leur grandeur, longues de deux à six pouces, larges d’un à trois pouces. 4 1

Les fleurs sont petites, jaunâtres, axillaires, pendantes sur leurs pédoncules, disposées en petits corymbes peu garnis; les fleurs femelles un peu plus couftes, moins nombreuses que les mâles. +5

Le fruit estune baie drupacée, revêtue extérieurement d’une écorce ou d’un brou, d’environ six lignes d'épaisseur, charnu, filandreux et blanchâtre en dedans, sous lequel se trouve une enveloppe moyenné, que l'on nomme macis , d'un rouge écarlatte, mince, transparente, cartilagineuse, laciniée, comme réticulaire , qui jaunit en vieillissant : enfin une troisième enveloppe immédiate de la semence, sous la forme d’une coque dure, mince, brune ou noirâtre, fragile dans son état de desz siccation. La semence ou l’amande, connue sous le nom de muscade , est ovale-oblongue, un peu arrondie, couverte d’une peau roussàtre, blanchâtre, et piquetée de points rouges au Sommet : la chair est blanche, huileuse, très-odorante.

Le suc rougeÂtre, àcre ct visqueux, qui découle par incision de l’écorce du muscadier, n’est point employé en médecine. Mais, sous les noms de macis et de noix muscade , on faitun grand usage de l’ariile et du noyau de son fruit. La noix muscade est de la grosseur d’un petit œuf de pigeon, d’une forme: arrondie, et d’un brun fauve : sa‘surface cassante et de consis-: tance ligneuse , est parsemée de sillons irréguliers. Intérieure- ® ment elle offre une substance grisätre veinée de brun, friable® et huileuse comme le cacao. Le macis, sorte de tunique mem braneuse et comme frangee, qui enveloppe immédiatement le: noyau , est rougeâtre dans l’état frais , d’un jaune safrane après: la dessiccation , d une consistance cartilagineuse, visqueuse €Lk un peu huileuse. Ces deux parties exhalent une odeur fragrante très-agréable; leur saveur est chaude, aromatique, un peut grasse ; Ces qualités sont cependant plus prononcees dans ler macis que dans ja noix muscade. ie premier $€ ramollit dans: la bouche sans s’y dissoudre; la substance de la seconde se? dissout entièrement dans la salive quand on la mâche. Par

l’éballition dans l’eau, et même par la simple expression, on eu retire une grande quantité d'huile grasse, qui acquiert, en vieillissant, la consistance du suif, Au‘moyen de la disüllation dans l’eau ou dans l'alcool, on en obtient en outre une huile volatile très fragrante et âcre, de couleur jaunâtre, dans laë quelle on distingue une partie plus fluide, el une partie qui a beaucoup de tendance à former de petites particules solides,

analogues au camphre, quoique de toute autre nature. Les qualités physiques du macis et de la noix muscade > indiquent, dans ces deux substances, des propriétés médicales, analogues à celles des autres aromates , auxquels elles sont souvent préférées comme plus agréables au goût et à l'odorat. Elles exercent une action très-énergique sur l'estomac, l’intestin, et la plupart des appareils de la vie organique, ce qui leur a mérité les titres de toniques, stimulanies, cordiales, stomachiques, emménasogues, etc, etc. Elles paraissent exercer en out:e une puissante influence sur le système nerveux. À raison de ces différens eflets, on les a employées dans l’anorexie et l'inappétence, pour donner de l'appétit, et activer la digestion ; dans la chlorose, la goutte atonique et l’hypocondriepour favoriser les sécrétions, et pour combattre l'état detorpeur de l'appareil digestif qui les accompagne si souvent. On s’en ést servi quelquefois avec succès contre le vomissement spasmodique, et contre certains flux de ventre, qui tenaient probablement au désordre de la contractilité organique sensible de l'intestin. Mais je pense qu’on peut douter de son efficacité contre la dysenterie. On les a administrées, soit intérieurement, soit à l’extérieur, en onctions et en fumigations contre la paralysice. On en a même recommandé l'usage en masticatoire dans la paralysie des muscles de la déglutition, Hoffmann en conseille l'emploi dans la toux qui survient pendant lagrossesse. Cependant il est beaucoup de femmes dans cet état auxquelles la noix muscade et ses produits seraient certainement trèsnuisibles, Hoffmann et Cullen paraissent avoir employé cette substance aromatique avec ssuccès contre les fièvres intermittentes, mais ils l’associaient , dans ces affections , avec l’alun ; or à laquelle de ces deux substances doit-on attribuer l’honncur de la guérison? En général, on ne peut point révoquer en doute les avantages, soit de la noix muscade, soit du macis, dans les maladies primitivement atoniques : cependant, à grande dose, ces substances, et leurs différens produits, sont susceptiles d'occasioner des tremblemens, le délire, un état comateux, et même l’apoplexie, ainsi que l’attestent Bontius, Lobel, et autres observateurs, Ettmuller a vu l’administration

(48) de la noix muscade produire une immobilité absolue, et une sorte de stupeur passagère,

Ces deux produits du muscadier peuvent être administrés en substance depuis treize décigrammes (un scrupule) jusqu’à quatre grammes (un gros). On peut aussi les administrer en infusion dans l’eau ou dans le vin. Leur huile volatile ne se donne qu’à la dose de quelques gouttes. La noix muscade a été employée en fumigations. On l’administre aussi en onctions après lavoir incorporée dans une huile grasse. Elle est un ne mn constituans de l’électuaire satyrion, des emplâtres céphalique et stomachique de Charas; le macis fait partie des tablettes de Courrage, de la poudre digestive, de la poudre contre l’avortement, et de l’orviétan du même auteur, de l'opiat de Salomon, et de la bénédicte laxative. On se sert de la noix muscade et du macis pour la composition des tablettes stomachiques , de la poudre de joie, etc. On n’en finirait pas si l’on voulait rapporter tous les farragos pharmaceutiques dans lesquels ces substances figurent. La muscade, déjà connue du temps des Arabes, est l’objet d'un très-grand commerce, dont les Hollandais ont longtemps conservé le monopole exclusif. On s’en sert fréquemment dans les cuisines pour aromatiser les alimens, et pour exciter l’apétit de ceux dont le goût est blasé et l'estomac épuisé par l'abus des alimens épicés. Les Indiens en mâchent souvent soit seule, soit associée à d’autres masticatoires, et quelques Européens imitent cet usage des Asiatiques. Confite au sucre, elle constitue un mets de dessert très-agréable. La muscade se prépare aussi avec de la saumure, ou avec du selet du vinaigre; mais alors, avant d’en faire usage, on la fait cuire dans de l'eau sucrée, après lavoir préalablement dessalée.

prerz (3. .), De nuce moschatä ; in-4°. Giessæ, 1681. THUNBERG, De myristicd ; in-8°. Upsalæ , 1788.

( La plante est réduite à La moitié de sa grandeur naturelle ) . Fruit tel qu’il s’ouvre dans sa maturité.

. Graine, dont on a rabattu le macis (arille des botanistes). Graine, dont on a coupé la moitié da tégument pour faire voir l’amande.

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. Amande dépouillée de son enveloppe.

. Deux moitiés de graine poux faire voir que l'embryon est situé à la base d’un périsperme marbré.

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MYROBOLANIER .

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CCRXLIIT MYROBOLANIER.

MYROBOLANUS EMBLICA; Baubin, TivaË, lib. 11, sect. 6.

L ; PHILÈANTHUS EMBLICA; foliis pinnatis floriferis, caule

ÉTAGES arboreo, fructu baccato. Linné, monoécie létrandrie.: Jussieu, cl. 14, ord. 12, fanulle des térébinthacées.

Français. ..... MYROBOLANIER; MONBIN. "

Ttalien....,...! MIROBOLANO. 1% Espagnol..... noBo.

Allemand..... MONBINBAUM.

Anglais ...... HOG-PLUMTREE. .

Hollandais. ... VARKENSPRUINBOOM.

, - Les recherches, faites par les botanistes pour découvrir les

plantes auxquelles appartiennent les substances végétales em-

ployées en médecine ou dans les arts, ne sont pas un des

moindres services rendus à la science médicale. Depuis long-

temps il existait, dans les pharmacies, des fruits étrangers

sous les noms de myrobolans, d'emblics, d'anvali : mais

on ne connaissait pas la plante qui les fournissait. Ce n'est

que depuis quelques années qu’on a découvert qu'ils appar-

tenaient à un grand arbrisseau de la côte du Malabar et des Indes, qui à été rapporté, par Linné, au genre phyllanthus,

caractérisé par des fleurs monoïques; un calice coloré, cam-: panulé, à six divisions profondes ; point dé corolle; trois éta-

mines ; dans les fleurs femelles, un ovaire supérieur, garni

à sa base de douze glandes ; trois styles; autant de stigmates : bifides; une capsule à trois coques réunies, de trois à six semences.

Cet arbrisseau s'élève à la hauteur de douze ou quinze: ‘pieds; ses rameaux sont alternes, rougeâtres, légèrement pubescens. Ke

Les feuilles sont alternes , ailées, très-nombreuses, compo- : sées de folioles épaisses, linéaires, très-glabres, longues d’environ trois lignes, prèsque sessiles, obluses à leurs deux extrémites. |

Les fleurs sont latérales, axillaires , presque solitaires, un peu rougeâtres, fort petites; les cinq folioles du calice trèscourtes, en ovale renvérsé, élargies et arrondies à leur sommet ; les filamens réunis en une sorte de colonne , terminés par {rois anthères fort petites et conniventes.

Les fruits sont gros, arrondis, à six sillons, à trois coques,

65°. Livraison. d.

(50) : AR s’ouvrant avec élasticité à leur base : chaque coque renferme une ou deux semences blanchätres, angulcuses. P. On reconnaît les fruits de cet arbre, lésquels sont desséchés, à leur forme ovalaire ou arrondie, à leur dureté, à leur couleur jaunâtre ou d’un gris brun, et à leur saveur amère, styptique, un peu âcre. Onen distingue de cinq sortes dans les pharmacies : 1°. Les myrobolans cürins, ainsi nommés à cause de leur couleur jaunâtre ou citrine, ont environ la longueur d'un pouce; leur forme est oblongue, et ils présentent ordinairement cinq cannelures longitudinales. 2°. Les myrobolans chebules, sont plus grands que les précédens , pyriformes , à surface cannelée et ridée, d’une couleur brune à l'extérieur , et d’un roux noirâtre intérieurement. 3°. Les myrobolans indiens , moitié moins grands que ces derniers , ovalaires et mousses aux deux extrémités, Sont ridés à leur surface, noirs au dehors, et brillans comme de la poix à l’intérieur. °, Les. myrobolans bellirics sont pédiculés, arrondis, un 2 anguleux , de l'apparence et de la couleur des noix muscades. 5°, Enfin les myrobolans emblics sont sphériques, comme hexagones, d’un gris noirâtre, et beaucoup plus petits que les autres. Plusieurs auteurs ont cru que ces différentes sortes de myrobolans n'étaient que de simples variétés d’un seul et même fruit, provenant du même arbre, et uniquement dépendantes de leur degré de maturité. D’autres pensent au contraire qu’elles sont produites par des arbres différens qui constituent autant d'espèces distinctes. Pour résoudre convenablement cette question, il faudrait ètre sur les lieux où croît le myrobolanier, observer attentivement ses fruits » cn différens temps, et aux différentes époques de leur maturité, et il faut espérer que quelqu'un de nos naturalistes voyageurs s’ocCupera de cet objet. Geoffroy a retiré beaucoup de soufre des myrobolans ; toutefois les procédés qu il a employés pe les analyser sont trop imparfaits pour quon puisse se atter de connaître leur composition chimique. Il paraît seulement que leur stypticité et leurs principes actifs résident dans la pulpe qu'ils renferment, # ds Ces fruits, introduits dans la matière médicale par les Arabes, et conservés jusqu’à ce jour sur la liste des médicamens laxatifs et astringens, n’ont' cependant jamais joui de beaucoup de crédit dans l'esprit des praticiens. Leur usage est même entièrement tombé en désuétude. Leur propriété styptique est en effet si peu marquée qu’une foule de substances végétales peuvent, sous ce rapport, les suppléer avec avantage. Leur vertu purgative, à laquelle la même observation s'applique, est encore plus faible, puisque plusieurs auteurs

(51) l’ont mise en question. Certains médecins les associent même

aux purgatifs drastiques pour modérer la violence extrême de ces derniers. Cependant, sous le double rapport de la

stypticité et de l’action laxative, on a recommandé l’ysage

de ces fruits dans les cours de ventre et dans la dysenterie, affections contre lesquelles on sait aujourd’hui que ces sortes de médicamens sont rarement indiqués. Leur décoction a été également employée localement sous forme de gargarisme contre le gonflement des gencives, et en collyre dans les maladies de l'œil; mais nous possédons une foule d’astringens beaucou

plus convenables contre ces affections, dans les cas où elles en réclament l’usage. On a administré les myrobolans secs en

substance et sous forme pulvérulente de quatre à huit grammes,

et en décoction de trente-deux à soixante-quatre grammes (une à deux onces). [ls entrent dans la composition de la fameuse confection Hamech, des pilules aggrégatives, lucis, sine quibus et. tartareuses de Quercetan, et dans une foule de préparations pharmaceutiques vieillies, et heureusement condamnées à pourrir dans la poussière des officines.

Ces fruits verts sont employés dans l’Inde à tanner le cuir. On en fait usage pour fixer sur les étoffes certaines couleurs ; auxquelles ils donnent beaucoup de solidité; on s’en sert aussi pour la fabrication de l'encre. Leur décoction donne une couleur pourpre au papier bleu. Quand ils sont bien mûrs , on les confit au sucre, et dans cet ctat ils constituent un aliment aussi agréable que salutaire. On les conserve aussi dans la saumure à la manière des olives, et on les associe alors, comme condiment , à l'usage des viandes rôties et bouillics.

( La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle)

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