‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 17 sur 81 · NÉFLIER · texte numérisé non relu

NÉFLIER

Grec......... peomian, et le fruit meoménov. | mesrizus; folio laurino, major, Banhin, TivaË , Lib. 12, sect. 1. Tournefort, cl. 21 , sect. 9, gen. 2. ; MESPILUS GERMANICA ; inermis , folus lanceolatis subis. Latin. ..:....N tomentosis, floribus sessilibus solitariis. Linné, ico- | sandrie pentagynie. Jussieu , cl. 14, ord. 10, famille des rosacées. ; Français..... NÉFLIER..

Tialien....... NESPOLO.

Espagnol..... NISPERO.

Portugais... .. NESPEREIRA. . Allemand .... GEMEINER MISPELBAUM.

Anglais.....+ MEDLAR; GERMAN MEDLAR.

Hollandaiïs.... MISPELBOOM.

Danois....... MISPELTRÆ.

Suédois...... MESPELTRÆD.

Polonais. .... MESPLIK.

Russe... ...::1 TSCHISKI.

Arabe ......+ ZARUR.

Turc...1.... MUS MELA.

Persan.,...-. ATGIL.

Le néflier nous a été fourni par les forêts de l’Europe où il croît naturellement. En quittant les bois pour passer dans nos” vergers , il s’est dépouillé de sa rusticité; il a quitté ces longues et fortes épines qui le rendent redoutable aux animaux avides de ses fruits : ces derniers ont adouci leur saveur acerbe, ont acquis plus de grosseur, et dans quelques variétés une chair plus succulente par l’avortement de leurs noyaux; mais son tronc a conservé assez généralement sa stature tortueuse et difforme. Il appartient à un genre intéressant par ses nombreuses espèces, la plupart recherchées à cause du nombre et de l’odeur agréable de leurs fleurs, auxquelles succèdent, dans pin espèces, des fruits d’un beau rouge, persistant, sur

arbre, une partie de l'hiver. Son caractere essentiel consiste

dans un calice à cinq divisions; cinq pétales; une vingtaine d’étamines insérées sur le calice; d'un à cinq styles; une baïe inférieure, presque sphérique, renfermant deux à cinq semences osseuses.

Son tronc se divise en rameaux irréguliers, garnis de feuilles alternes , très-médiocrement pétiolées , ovales, lancéolées, lé-

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Les fleurs sont solitairés à l'extrémité des rameaux, à peine pédonculées ; leur calice velu , remarquable par ses cinq découpures alongées ,acuminées, persistantes, et couronnant le fruit.

La corolle est très-grande, blanche ou un peu rougeâtre ; les

p‘tales larges, arrondis ; leur onglet très-court; les étamines plus courtes que la corolle ; les styles au nombre de cinq.

Les fruits, connus sous Le nom de nèfles, consistent en une baie d’un brun verdàtre, globuleuse, charnue, ombiliquée à son sommet , renfermant cinq semences osseuses.

On en distingue deux variétés principales : la première, connue sous le nom de néflier à gros fruits, où néflier de Nottingham , remarquable par la grandeur de toutes ses parties, et surtout par celle de son fruit; la seconde donne des fruits pulpeux, privés de noyaux. (P.)

Avant leur parfaite maturité, les fruits de cet arbre offrent un parenchyme d’une consistance très-dure, d'üne saveur extrêmement styptique, et d'une austérité insupportable. Mais, par l'influence des premiers froids de l'hiver, et lorsqu'ils ont été conservés pendant uu certain temps , leur substance devient molle , pulpeuse, et acquiert une saveur douce acidule , comme vineuse , légèrement styptique et très-agréable. Dans cet état, les nèfles renferment une grande quantité de mucilage sucré et acidulé, et une très-petite portion de tannin. Mais telles qu’elles se présentent dans les pharmacies, après qu’elles ont été desséchées dans le four, leur extrême astringence annonce que ce dernier principe y domine.

Les nèfles étaient déjà connues d’Hippocrate par leur propriété astringente, et divers médecins célebres , tels que Forestus, Boerhaäve, Desbois de Rochefort, et plusieurs autres, les ont recommandées sous ce rapport contre les diarrhées chroniques. Toutefois ceux qui ont étudié avec soin Ja marche et le caractère de ces affections, n’accorderont, pour leur traitement, qu’une bien faible confiince aux astiingens en général et aux nèfles en particulier. Dans l’état frais, etlorsqu'ils sonttrès-mürs, ces fruits sont bien plus recommandables par leurs qualitésnutritives, que par leurs propriétés médicales. Leur mucilage, sucré, acidulé , et légèrement astringent, leur assigne un rang distingué parmi les alimens diététiques, et il n’y a pas de doute que leur usage ne puisse être avantageux dans certains cours de ventre de vieille date, dans les écoulemens muqueux de l’urètre et du vagin, et dans les longues suppurations des viscères. On pourrait surtout Îles employer avec succes comme aliment dans le traitement du scorbut.

Du reste les nèfles, non mûres, fraîches ou desséchées, peuvent être administrées soit intérieurement, soit à l'extérieur comme les autres substances astringentes, dans tous les cas où on veut opérer la médication tonique avec astriction; on pourrait aussi les administrer en poudre ou en décoction. Mais on n’y à presque jamais recours, Sous aucune forme, parce que la matière médicale abonde en médicamens de même nature, qu’on peut se procurer en toutes saisons.

__ Les semences ossseuses de ces fruits, réduites en poudre, ont joui autrefois d'une sorte de réputation comme dissolvant les calculs des reins et de la vessie. Mais, malgré les assertions d'Agricola, Matthiole, Brassavole, et autres auteurs anciens, cités à ce sujet par J. Bauhin, cette prétendue vertu lythontriptique des noyaux de la nèfle, doit être reléguée au rang des fables, - dont les progrès des lumières commencent à faire justice.

Lorsque le néflier est greffé, soit sur le poirier sauvage, soit sur le coïgnassier, ses fruits deviennent beaucoup plus gros et beaucoup plus pulpeux. On accélère leur ramollissement, avant lequel ils ne sont pas mangeables, en les froissant fortement dans un panier ou dans un sac, et en les exposant pendant quelque temps sur de la paille. Alors ils font partie des desserts. Le bois de néflier est d’une très-grande dureté; les tourneurs en font des manches de fouet, des cannes, et autres objets analogues.

( La plante est représentée un peu plus petite que nature)

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