NAVET
Grec........ Bouri&e, Dioscoride.
NAPUS SATIVA ; Baubin, TlsvaË, lib. 3, sect. 1, Tournefort, cl: 5, sect. 4, gen. 12. ; M mu Latin........4BrassICA nApus; radice caulescente fusiformi. Linné,
tétradynamie siliqueuse. Jussieu, cl. 13, ord, 3, Ja-
mille des crucifères. | Français..... NAVET.
Ttalien ..,... nwaro.
L£spagnol..... NaBo.
Portugais... wavo.
Allemand... STRCKRUEBEN.
Anglais ..... NAVEW.
[landais... srexrAoPEx.
Danois. ..., srexror.
Suédois ..... srickrAve.
Polonais..... mrzxpnica.
Russe......, pixAya REPA.
La connaissance du navet est très-ancienne. Cette plante, si généralement cultivée, croît aujourd’hui sans culture dans Les champs, les moissons, où, peut-être, elle s’est naturalisée par la dissémination de ses graines : on croit cependant qu’elle existe dans son état sauvage et primitif dans les sables , le long des côtes maritimes de l'Angleterre, de la Belgique, etc. Le navet appartient au même genre que le chou, dont il a déjà été fait mention, ainsi que de son caractère générique. Ÿ’oyez CHOU.
Ses racines sont épaisses, charnues , d’une saveur assez agréable, de forme, de grosseur et de couleur différentes , selon les variétés, ordinairement un peu globuleuses ou ovales 4 blanches tant à l’intérieur qu’à l'extérieur, prolongées en une “Queue grêle, presque fusiforme , garnie de quelques fibres. :
es tiges sont rameuses , hautes de deux ou trois pieds, garnies de feuilles alternes, am lexicaulés, glabres, oblongues, échancrées en cœur; les feuilles radicales ét inférieures sont rudes, hérissées de poils courts, oblongues, découpées en aile ; le lobe terminal arrondi et denté. QE.
Les fleurs sont disposées en grappes lâches et terminales ; leur calice composé de quatre folioles droites, serrées ; la co-
64°. Livraison,
(58) rolle jaune ou d’un blanc jaunâtre, à quatre pétales onguiculés.
Les fruits sont des siliques presque cylindriques, longues d'environ un pouce, renfermant des semences presque rondes, d’un rouge brun, d’une saveur âcre et piquante.
. Parmi les variétés nombreuses du navet, on distingue la rabioule ou grosse rave, dont la racine est charnue , très-grosse , arrondie, d’une consistance ferme, d’une saveur un peu piquante : elle pot de grandes feuies vertes , étalées sur la terre , très-rudes au toucher. P:
La racine du navet exhale une odeur foite , analogue à celle de la plupart des plantes de la famille des crucifères. Son parenchyme est blanc, ferme , charnu , d'une saveur fraiche et sucrée, surtout après la coction, et avant la floraison de la plante. Elle contient beaucoup de mucilage, une asséz grande quantité de sucre pour qu'on puisse l’en extraire avec avantage, et de légères traces du principe âcre qui se rétrouve dans toutes les espèces du genre brassica , mais quiest soluble dans l’eau, et se dissipe par la coction. 7
À raison de la grande quantité de suere et de mucilage dont se compose cette ragine, elle est bien plus fémarquable par ses qualités nutritives, que par ses propriétés médicales. Toutefois elle figure avec avantage parmi les substances adoucissantes, émollientes, relàchantes, et peut être employée avec succès dans la plupart des maladies aiguës inflammatoires, et dans tous les cas où il faut apaiser une excitation générale, ou calmér une irritation locale. Ainsi on fait usage de sa décoction contre la toux et l’enrouement:, contre le catarrhe.et la phthisie pulmonaires. On l’emploie également quelquefois dans l'angine , dans la péripneumonie et la pleurésie. On s’en sert enfin pour combattre l’irritation de l'appareil urinaire dans la népbrite, le catarrhe vésical, la blennorrhagie et la strangurie: La racine du navet a été regardée par quelques auteurs comme laxatiŸe ; mais, à l'exemple de tous les mucilagineux , elle ne pout agir comme telle que lorsqu'elle est ingérée en trèsgrande quantité. Les tires de béchique et de diurétique lui conviennent beaucoup mieux à cause du relâchement qu elle opère sur les appareils pulmonaire et arinaire , lorsqu'ils sont atteints de phlogose ou d’irritation , et dela facilité qui en résulte dans l’expectoration et la sécrétion de l'urine. Cette racine mérite surtout l'attention des médecins comme antiscorbutique. La grande quantité de suc mucilagineux el sucré qu'elle contient, en fait: dans cette maladie, un des alimens diététiques les plus utiles, et d'autant plus avantageux que le principe àcre
dont elle renferme des traces trop faibles pour produire une excitation dangereuse, peut , jusqu’à un certain point solliciter doucement l’action de l'estomac et des intestins, et activer la digestion et la nutrition qui languissent généralement dans le scorbut. Le navet, toutefois, passe pour venteux, mais cet effet n’a lieu ordinairement que chez quelques personnes trèsnerveuses, Lrès-délicates, douces d’une idios yncrasielparticulière etqui, pour cette raison, doivent en faire un usage modéré.
Comme médicament, cette racine ne se donne qu'en; décoction à la dose de trois ou quatre onces pour un kilogramme (deux livres) d’eau. On en fait un sirop qui n’est plus en usage parce qu’il n’a pas plus de vertus que les autres sirops mucilagineux. P :
La saveur douce et sucrée des navets les rend un aliment très-agréable, et les fait servir sur nos tables, préparés de mille manières. On les cultive en grand dans différentes parties de l'Europe, surtout dans le nord de la France, et aux environs de Paris, soit pour la nourriture de l’homme, soit pour celle des animaux, Dans certaines provinces, la racine cuite sert à engraisser les porcs et la volaille; en d’autres contrées, les feuilles et la racine crues sont employéespour engraisser les bœufs et les moutons. Ceux que l’on cultive dans les terrains légers et sablonneux , comme aux environs d'Auxerre et dans Le territoire de Dunkerque, acquièrent un goût beaucoup plus sucré , et sont beaucoup plus recherchés pour cette raison, On s’en est quelquefois servi en France pour la fabrication du sucre. Les semences de cette plante, à l'exemple de celle du colza ct de la navette, fournissent une huile grasse assez douce lorsqu'elle est exprimée sans l'intermède du feu , mais cependant inusitée comme condiment à cause d’une certaine odeur, forte. On s’en sert néanmoins avec avantage pour l'éclairage, pour la fabrication du savon, pour frotter les meubles, pour oindre les machines et certaines étoffes de laine.
La rave, brassica rapa, L., qui est cultivée en grand dans le Limousin, a les mêmes propriétés que le navet. Elle est également employée à la nourriture de l'homme et des ani-
Maux; mais, quoique moins connue, elle a une saveur plus sucrée et plus agréable encore que le navet.
(La plante estréduite aux trois quarts de sa grandeur naturelle) y Racine. EL 3 o 2. Feuille radicale, an trait.