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NENIANTE
CCXXXI V.
MENYANTEHE (r).
TRIFOLIUM PALUSTRE; Bauhin , IluvxË, lib. 8, sect. G.
MENYANTHES PALUSTRE ; angustifolium et triphyllum. Tournefort, cl. 2, sect.1, gen. 2.
MENYANTHES TRIFOLIATA ; foliis lernatis. Linné, pentandrie monogynie. Jussieu, cl, 8, ord. 1, famille des lysi machies. Es
Panne
Français... MENYANTHE; TRÈFLE D'EAU.
Ltalien. ...:.. MENIANTE; TRIFOGLIO PALUSTRE. Espagnol... .. TRIFOLIO PALUSTRE.
Portugais .... YREVO Dos CHARCOSs.
Allemand. . .. WASSERKLEE.
Anglais. ..... MARS TREFOIL.
Hollandais.... WATER DRIEBLAD.
Danois. ..:.. VANDKLEVER.
Suédois... :.. WATTUKLOEFVER.
Polonais. .... cWikLA LESNA,
Russes. ...... TRILISTNIK.
Bohémien....'" monky-cETer.
Hongrois... vibra-ru.
Lappon: ...:: :xKmaAss.
I serait difficile de rendre, par aucune expression, l'élégance de cette jolie plante; mais il suffit, pour ne jamais l’oublier, de l'avoir vue une seule fois développer au printemps, sur le bord de nos marais, ses belles grappes de fleurs d’un blanc de neige, teintes à l'extérieur, ayant leur entier développement, dé rose ou de pourpre, garnies sur les parois intérieures de leur corolle d’une touffe de filamens d’une grande délicâtesse et d’une blancheur éblouissante. C’est au milieu de ces brillans attributs qu’elle nous offre, pour caractère césentiel, un calice à cinq découpures ; une corolle en forme d’entonnoir ; le tube plus long que le calice; le limbe court » à cinq divisions barbues en dessus : cinq étamines ; un style, le stigmate en tête sillonnée; une capsule à une seule loge, à deux valves ; les semences attachées le long du milieu des valves , et non à leurs bords, comme dans les villarsia, genre que l’on a séparé des menyanthes. |
Le menyanthe, vulgairement trèfle d’eau, a pour racines des
(1) De pv, pivèe, mois, ‘et à&v00s, fleur, parce qu'on attribuait à cette plantela propriété de provoquer le flux menswuel 01e, Liyraison,
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fibres presque simples, éparses sur une souche épaisse , rampante, cylindrique , un peu ascendante, marquée de cicatrices qu'y laissent les feuilles après leur chute. Ces dernièves sont radicales, longuement pétiolées, composées de trois folioles glabres, ovales, obtuses, entières, un peu ondulées sur leurs bords, longnes.de deux ou trois pouces, un peu moius larges. Ses fleurs sont disposées en une belle grappe à l'extrémité d'une hampe droite,radicale, longue d'environ un pied ; chaque fleur est soutenue par un pédicelle accompagné à sa base d’une bractée ovale , aigué. A
Le calice est glabre, à cinq découpures profondes, ovales, obtuses ; la corolle blanche, infondibuliforme, deux fois plus longue que le calice ; le limbe partagé en cinq divisions ovaleslancéolces, aiguës , très-ouvertes ; les anthères d’un brun jaunûtre. e *A*
Le fruit consiste en une capsule ovale, de la grosseur d’un petit pois, sillonnée longitudinalement en dehors ; les semen-
ces glabres, luisantes, d'un jaune pâle, globuleuses ; un peu
Jenticulaires. a
Le menyanthe est absolument sans odeur; il offre une saveur extrêmement amère , qui se communique à l'eau et à l’alcoot, soit par infusion, soit par simple macération. On en rctire un peu d'huile volatile odorante , une substance gommo-résineuse, qui joint, à beaucoup d’amertume, une acidité remarquable et un principe astringent dont on ne s’aperçoit-point.au goût, mais qui se manifeste par la couleur noire QUE le sulfate de fer détermine dans la décoction de ce végctal. Il paraît aussi que sa racine renferme une certaine quantité de fécule amilacée, à laquelle elle doit la propricté nutritive dont clle jouit.
À l'exemple de la plupart des gentianées, et de beaucoup d’autres plantes amères, le trèfle d’eau exerce sur l’économie animale une action tonique qui se manifeste, soit par l'augmentation de l'énergie vitale de certains oiganes, soit par des sécrétions plus abondantes. De là les propriétés toniques, détersives, diurétiques, fondantes, emménagogues , etc. , qu'on lui a accordées. L’excitation qu’il détermine sur lestomac ct les intestins, lorsqu'on l'administre à forte dose, suffit même quelquefois pour produire lé vomissement où une légère purgation sans coliques et sans trouble général, ainsi que l'a observé Willis, lorsque cette plante était donnée en poudre à la dose de deux scrupules; mais à petite dose, et très-étendue , elle n’agit que d’une manière lente, et'ne manifeste ordinairement son action que par des phénomènes consécutifs.
On a vanté son efficacité dans une foule de maladies nerveuses, telles que les céphalées périodiques, l'otalgie, les
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spasmes abdominaux, l'hypocondrie, la mélancolie, l'asthme, les palpitations du cœur, la paralysie, etc. Willis l’'administrait aux enfans vermineux d’un demi à un scrupule le matin à jeun pendant douze ou quinze jours de suite, et, au bout de ce temps, il a quelquefois vu survenir une abondante évacua: tion de vers intestinaux, Les succès du menyanthe ont été également préconisés contre l’ictère etes obstructions abdominales, contre l’'aménorrhée et les hémorragies utérines, contre l'hydropisie et la cachexie, contre les rhumatismes.et les scrofules. Certains auteurs prétendent en avoir obtenu de grands avantages dans le traitement de la chlorose et des fièvres intermittentes. D’axtres m'ont pas craint de le signaler encore comme un puissant moyen contre l’empyème, ja phthisie palmonaire , et autres affections organiques qui résistent, comme on sait, à toutes les ressources de l’art. Mais quoique on puisse citer à l'appui de ces assertions des auteurs recommandables, et même des noms célèbres, tels que ceux de Cordus, S. Paulli, Dolœus, Willis, Schroer, Bucchan, etc., elles sont wrop exagérées, et réposent sur des faits trop vaguement observés pour qu'on
uisse leur accorder quelque confiance. Je passe sous silence La d’autres vertus non moins merveilleuses, et tout aussi peu constatées, libéralement accordées au menyanthe, dont on a fait en certains pays une sorte de panacée. Mais je citerai le scorbut et la goutte comme les deux maladies contre lesquelles cette plante amère a acquis le plus de réputation. Plusieurs médecins anglais paraissent l'avoir employée avec succès dans le scorbut, soit simple, soit compliqué d'hydropisie, d’ulcères ou de différentes éruptions, et lui ont attribué une grande efficacité contre la goutte vague ou atonique. A l'exemple de la gentiane et autres substances amères, on conçoit, en cffet, que le menyanthe a pu être employé avec avantage dans les affections goutteuses de ce genre. Toutefois, en convenant que le trèfle d’eau a fait disparaître des accès de goutte, Alston remarque que cet effet est rarement avantageux aux malades, On sait en outre que les accès de cette affection disparaissent trèssouvent d'eux-mêmes. Or, selon la remarque. judicieuse de M. Alibert, comment reconnaître dans ces sortes de cas si ce phénomène est le résultat de l’action du médicament, ou un simple effet de la marche de la maladie ?
À l'extérieur on a employé cette plante de diverses manières, Schulz a souvent caimé la douleur de goutte en appliquant ses feuilles fraiches sur la partie affectée ; pratique qui n'est pas sans de graves inconvéniens à cause de la métastase funeste qui peut en être la suite. Son sucaétéappliquécomme détersifsur des
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ulcères atoniques, scorbutiques et autres, ainsi que sur des fistules. Sa décoction a été administrée soit en baïns , Soit en fomentations contre la teigne, la gale, les dartres , et autres maladies chroniques de la peau. On en a fait également usage pour faire disparaitre les pous. Il ne faut cependant pas perdre de vue que l'udage intérieur du menyanthe a quelquefois occasioné de l’enrouement et de la dyspnée; que l'application de son sue sur les parties ulcérées, a souvent déterminé le gonflement et même l’inflammation des parties. Et quoique ces accidens aient facilement disparu par la simple suspension de l'emploi de ce médicament , ils sont un motif suffisant pour s’en abstenir chez les sujets pléthoriques, chez les personnes délicates et très-irritables, dans les maladies accompagnées de fièvre ou d’inflammation, et dans tous les cas où il existe un état d’excitation générale.
Au total , les propriétés physiques et médicales du men yanthe annoncent que cette plante est susceptible de produire des effets puissans dont la thérapeutique pourra tirer un jour de grands avantages dans le traitement des maladies primitivement atoniques. Mais il faut convenir qu'on ne peut point admettre l’efficacité qu’on lui a trop libéralement accordée contre une foule d’affections diverses , jusqu’à ce que ses prétendus succès soient confirmés par des observations cliniques plus exactes, et faites avec plus de soin que celles qui ont servi à établir la réputation prématurée dont elle jouit.
La racine de cette plante ne se donne guère qu’en infusion à la dose de huit grammes (deux gros) pour cinq hectogrammes (une livre d’eau). La plante entière peut être administrée, sous forme pulvérulente, à la dose de deuze décigrammes (un scrupule), soit en pilules, soit dans un excipient approprié. On la donne plus souvent en infusion de deux à quatre grammes (demi à un gros) pour un demi-kilogramme (une livre) d’eau ; de lait, de bière, de vin ou d'alcool. Son suc est administré à la dose de trente-deux grammes (une once), et son extrait depuis vingt-cinq centigrammes (cinq grains) jusqu’à douze décigrammes (un scrupule). On n'emploie son essence qu’à la dose de quelques gouttes. we
L’extrême amertume du menyanthe n'empêche pas les bestiaux de s’en nourrir en hiver lorsqu'il est sec, et de le brouter en été dans les prairies. On dit même que des brebis phthisiques ont été guéries en en mangeant à discrétion dans des pâturages où il était en abondance. Linné rapporte qu'en Laponie on engraisse les bestiaux avec la racine de cette plante, lorsque les fourrages sont rares. Il paraît même que les Babitans de ces froides contrées en retirent une sorte de fécule qu'ils
(15) mêlent avec la farine des céréales pour faire du pain, sinon de bonne qualité, au moins très-utile dans des temps de disette. Le menyanthe est souvent employé en Angleterre à la place du houblon, dans la fabrication de la bière.
( La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle)