ORGE
Grec........ pin, Dioscoride. ; HORDEUM POLYSTICHUM HYBERNUMVERNUM; Bauhin,
TiveË, lib. 1, sect. 4. Tournefort, clas. 14, sect. 5, gen. 2. ; d A
Latin .......{noRpeum VULGAR&; fosculis omnibus hermaphroditis aristatis, ordinibus duobus ereetioribus. Linné, trianr drie digynie. Jussieu, class. 2 , 01 dr, 4, famille des
graminées.
Francais..... ORGE; ORGE COMMUN.
fidlien: . 1, 25 oORLO® "|
Espagnol..... cEBAbA.
OL Portugais... cEVApA.
Allemand... GERSTE; GARSTEN.
Anglais....,. BARLEY.
Hollandais... "GERST.
Danois. : ... + BYG.
Suédois... ... BIUGG.
Polonais..... JENCZMIEN.
Russe. '..... :TETSCHMEN.
Hongrois... ARPA.
Tatare....... ARPAH.
Finlandais... QHNVA.
Lappon...... KORDNE.
Arménien. .... KARI.
Le pays natal de l'orge commun et de ses variétés n’est pas plus connu que celui du froment et de la plupart des autres plantes céréales. Livré à la culture depuis un très-grand nombre de siècles, il est possible que son caractère primitif se soit insensiblement altéré, et que nous ne puissions plus le reconnaître dans aucune des espèces sauvages assez communes en Europe. Quoi qu'il en soit, on le soupçonne originaire de la Russie : d’autres assurent qu'il croît également dans la Sicile. Le caractère commun à toutes les espèces, est d’avoir leurs épillets réunis Lois par trois sur chaque dent de l’axe commun (les deux latéraux queliuefois mâles et pédicellés ; celui du milieu hermaphrodite et sessile) ; un involucre à six folioles linéaires, subulées, disposées par paires; chaque paire de folioles peut être considérée comine un calice bivalve, uniflore ;: la corolle bivalve; la valve extérieure plane, plus Courte, mutique : trois élamines; un style bifide ; deux stigmales velus ; une semence oblongue, renfermée dans les valves de la corolle,
67°, Livraison. b.
L'orge commun s'élève à la hauteur de deux ou trois pieds et plus, sur une tige droite, glabre, articulée.
Les feuilles sont longues, aiguës, d'un vert-clair, rudes à leurs deux faces , glabres sur leur gaîne,
Les fleurs forment un épiun peu comprimé, presqu’à quatre faces, long d'environ trois pouces; la valve supérieure de la corolle surmontée d’une longue arête dentée des deux côtés.
L’orge céleste n’est qu'une variété de la précédente, distinguce en ce que ses Semences se dépouillent naturellement des’ valves dela corolle. Dans l'orge à six rangs, orge carré ou orge d'hiver, éscourgeon , l’épi est plus court, plus épais, à six rangs égaux. L’orge à deux rangs ou pamelle à son épi comprimé, plus alongé, à deux rangs; des trois fleurs situées à chaque dent de l'axe, celle du milieu est seule hermaphrodite; les deux latérales sont mâles et sans barbe: L’orge pyra- #idal ou de Russie (hordeum zeocriton ) diflère de la pamelle par ses épis plus courts, plus larges à leur base qu’à leur sommet. On trouve partout le long des chemins et des murs, l'hordeum murinum , et dans les prés l’hordeum secalinum.
Les semences de cette graminée, une des plus anciennement cultivées parmi les hommes, sont consacrées, depuis une haute antiquité, à une foule d’usages diététiques et thérapeutiques, et sont également recommandables par leurs propriétés médicales et alimentaires. Leur couleur est d’un jaune paille ; leur odeur et leur saveur sont nulles. Sous une enveloppe corticale dure et insipide qui contient du ligneux et une petite quantité d’extractif, elles renferment une substance farineuse blanche, qui est composée de mucilage et d'une grande quan-tité de fécule amilacéé d’un blanc cendré, dissoluble dans l'eau, avec laquelle elle est susceptible de former une véritable gelée. : | ,
Dépouillées de leur enveloppe cotticale, soit par la meule, soit par tout'autié moyen mécanique, ces semences portent le nom d'orge moride, hordeum mundatum , que les anciens désignaient sous le nom de 7usavæ, ptisana, AHIRECE RON fut également appliqué par eux à La décoction d'orge. Lorsqu'en les privant de leur écorce on leur donne la forme sphérique, elles portent le nom d'orge perle, hordeum perlatum; à cause de leur faible analogie avec des perles. L’orge réduit en farine grossière et séché au four constitue l'orge gruë, griotte ou gruau , grutum, substance qui parait se rapprocher DERECR EE de l’&noro des Grecs, polenta des Latins, quoique plusieurs” auteurs donnent ces titres à Ja farine très-fine-de l'orge Lorréfié La décoction de ces semences, convenablement épaissie
et réduite à la consistance de gelée, forme la créme d'orge ou orgeat, cremon hordei, m'usayns xuAos. Enfin, Jorge germé, soumis à la torréfaction et réduit ensuite en farine, constitue le malt, maltum , Guyny d'Aëtius, substance dont on fabrique la bière.
Sous toutes ces différentes formes, l'orge est doué de vertus nourrissantes, émollientes , adoucissantes | rafraîchissantes, relâchantes et lubrifiantes. Comme nutritif, il produit des effets manifestement reslaurans et, analeptiques; en vertu de. ses qualités émollientes et adoucissantes, il exerce par fois l’action diurétique, béchique, calmante, et passe pour antiscorbutique. Mais tandis que les premiers de ceseffets sont absolus, les derniers ne sont que relatifs, c’est-à-dire, qu’ils ont lieu dans les cas seulement où l’économie animale est dans un état de surexcitation, en proie à quelque irritation.ou à une inflammation locale. Sous.ces différens rapports, l’orge en décoction a été en honneur dès le berceau de la médecine, dans le traitement de presque toutes les maladies aiguës et chroniques. Cette décoction, plus où moins concentrée, peut être administrée avec avantage dans les fièvres inflammatoires, bilieuses, nerveuses et hectiques, dans les phlegmasies aiguës et chroniques des membranes muqueuses, des membranes séreuses et des organes pareuchymateux. C’est ainsi qu'on l’emploie jouinelles ment dans les aphtes , l’angine, la gastrite, la diarrhée et la dysenterie. Son usage est particulièrement affecté au traitement des maladies des voics urinaires, soit catarrhales, soit inflamma-. toires, soit calculeuses. On pourrait en obtenir de grands succès sous le double rapport de ses propriétés analeptiques et adoucissantes, dans la phthisie pulmonaire etla consomplion, pour restreindre les progrès du marasme et prolonger les jours du malade. Sontusage serait également très-utile dans les hémorragies pulmonaires, intestinales et urinaires. En un mot, dans tous ces cas, et dans beaucoup d’autres, la décoction d'orge, convenablement édulcorée, acidulée où aromaisée,: selon les circonstances, est infiniment préférable à toutes ces infusions et décoctions plus où moins dégoûtantes , et à ces ridicules fatras de drogues dont les médicastres ; les chiriatres, les empiriques et les charlatans, titrés et sans titre, ne cessent d’accabler les tristes victimes de leur audacieuse cupidité et de leur funeste pharmacomanie. Toutefois, pour obtenir de la décoction d'orge les effets salutaires que les anciens en obtenaient et qu'on a droit d'en atteñdre , il ne suffit pas de faire bouillir, pendant quelques minutes, ou même pendant unc demi-heure, quelques grains d'orge dans une grande quantité d’eau, comme cela se pratique généralement parmi nous ;
il faut, après avoir dépouillé l'orge de son envelôppe, prolonger sa décoction à un feu doux, péndant sept # huit heures, afin que sa matière amilacée puisse se dissoudre éntièrement dans l’eau. Sans cette précaution, que l’on néglige presque toujouis, cette boisson n'a absolument aucune vertu , où bien elle est légèrement excitante, à causé de la matière extractive qu'elle me ir à l'enveloppe de 1a sémence. Jia tisane dont Hippocratelet Galien faisaient usage dans les maladies aiguës, et que nous avons très-mal à propos remplacéé par les bouïllons de viande, était préparée suivant ce précepté, et four nissait ainsi une boisson mucilagineuse lubrifiante et trèsnourrissante, à laquelle on donnait divers degrés de consistance, selon les différénsétats de la maladie. « Cette’ excellente pratique des anciens n’a jamais été proscrite, dit Peyrilhé, elle ne pouvait l'être; mais elle a été téllément négligée, que, pour la rétablir aujourd’hui!, il faudrait vaincre tout à la fois l'habitude irraisonnable dés praticiens, et le-préjugé fortément invétéré des malades et des personnes qui les entourent, » Ce qui n'est pas! une petite entreprise. !
D'après les expériences de Macbride, Forster, Lind et autres médecins anglais, le malt, ainsi que la décoction qu'on en prépare, sont doués d'une propriété émineémnient antiscorbutique, et ontété employés avec avantage dans des voyages de long cours, soit comme curatifs, soit: comme préservatifs de cette affection: Rush a vu différens symptômes, reliquats de lamaladie vénérienne, céder à ces moyens, après avoir ré sisté à tous les remèdes: Percival leur attribue aussi'une certaine efficacité contre les scrofules: Mais la bière paraît avoir une utilité bien plus marquée contre cette dernière affection. Cette liqueur, qui n'était point! inconnue aux Grecs n1 aux Romains, et dont l'usage: est établi en Germanie de temps immémorial, résulte de Ja ‘fermentation de l'orge germé et torréfié, ou du maltavec le houblôn: Elle est à-la fois acidule, amère: et nourrissante. Elle apaise très-bien là soif, atigmente l’action de l'estomac et'excite la sécrétion des urines. Ce serait unetfolie, sans doute, que de lui reconnaître la prétendue vertu lithontriptique qu'on lui a gratuitement attribuée : mais il paraîtrait. que:son’ usage est propre à prévenir la formation des calculs, s’ilest vrai que sur quatorze cents calculeux opérés par: un certain Cyptien, habile lithotomiste, ainsi que le rapporte Murray, pas un’seul ne faisait habituëllement usage dé la bière. x
Selon Pline, l'orge a été un dès premiers alimens'de l’homme civilisé. A l'exemple des Athéniens qui en nourrissaïient leurs athlètes, hordearit ; Les Suédbis-et les“habitans dès Alpes eu
font encore leur principale nourriture. On en fait du pain dans certaines parties de la France : mais comme l'orge est dépouillé de gluten, ce pain manque de liant, il est fiable et prompt à se dessécher. La farine d’orge bouillie avec 1 eau, le lait ou le petit-lait, forme des pâtes et des bouillies très-nourrissantes, dont on fait usage dans différentes contrées de l’AI- Jlemagne et de la Russie. Sous le nom de maza, les anciens Grecs préparaient avec cette farine torréfice, et l'huile, le vin, le sucre et le lait, des gâteaux d’excellent goût. L’orge perlé est souvent employé pour faire des soupes et des potages aussi agréables que salutaires. En Espagne et en Afrique, l'orge entier est la principale nourriture des bestiaux, et des chevaux en particulier. On s’en sert quelquefois parmi nous, soit en grains, soit en pâte, pour engraisser la volaille et les cochons.
L’orge mondé ou perlé, le gruau et le malt peuvent se donner en décoction dans l’eau, en diverses proportions, ou sous forme de crème, et pour l’ordinaire l’on édulcore ou lon acidule ces préparations. L’orge mondé est la base du sirop d’orgeat, qui est à la fois si agréable et si rafrafchissant, Sa décoction concentrée sert à faire le sucre d’orge et le sucre tors. Il entre dans la composition des sirops d’hyssope de Mesue'et de jujubes de Charas. 11 fait partie de l’électuaire lénitif, des trochisques de Gordon et du si:op de chicorée composé, du même auteur. Enfin, la farine d’orge est une des quatre farines résolutives, et entre aussi dans la composition des cataplasmes décorés de ce titre,
EXPLICATION DE LA PLANCHE :5r, (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle)
5. Trois fleurs hermaphrodites réunies sur une des dents du rachis, ac compagnées d’une glume divisée en six parties sétacées,