ORTIE
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ORYPTE;
Grec........ &xaxügn. Dioscoride. ce URTICA URENS MAxtIMA ; Banbin, fivæË , lib. 6, sect. 5.
Tournefort, clas. 15, sect. 6, gen. 4.
Latin..…......{wnrrica protca ; foliis oppositis cordatis , racemis geminis. Linné, monoëcie tétrandrie. Jussieu, clas. 15,
o1d. 3, fanulle des orties. a Français. .... ORTIE; GRANDE ORTIE ; ORTIE DIOIQUE, Italien . :.,... ‘ORTICA MAGGIORE. s ÆEspagnol.... oRTIGA MAYOR. | Portugais.... ORTIGA MAIOR. % ÆAilemand,.:. GROSSE BRENNESSEL. | Anglais ..... COMMON NETTLE.
Hotlandais... GROOTE BRANDENETEL.
Danois....., STOR BRŒNDENELDE.
Suédois ..,... BRAENNAETSLA.
Polonais..... POoKR2YWA.
Russe..:.... KROPIWA SCHIKOWKA.
"Tatar. ...... KETSCHERKAN.
Baskir.......1 KETSKAN.
Kirgis....... KIRTKEN.
Finlandais... NOCKAINEN.
Chacun connait l'ortie. Ses pigüres cuisantes, son peu d'éclat, ses dehors rustiques, son séjour parmi les décombres, aux lieux incultes et abandonnés , la font repousser avec dédaïñni toutes les fois qu’elle se présenté dans nos possessions. Sans les soins constans que l’on met à la détruire, elle les aurait bien: tôt envahies au détriment des plantes que nous y cultivons : elle a cependant, sous le rapport de l’économie, des propriétés qui pourraient lui attirer la préférence sur beaucoup d’autres plantes dont le mérite ne consiste que dans l’éclat séduisant de leurs fleurs. Celles de l’ortie sont monoïques, quelquefois dioïques. |
Les fleurs mâles naissent en grappes, sans corolle. Leur ca: lice est à quatre divisions : il renferme quatre étamines dont les filamens sont courbés avant la floraison; un corps glanduleux remplace le pistil. |
Les fleurs femelles sont, ou en grappes, ou réunies en têtes Sphériques ; leur calice composé de quatre folioles inégales ! un ovaire supérieur, surmonté par un stigmate velu et sessile ; une seule semence enveloppée par les deux folioles alongées du calice persistant. ;
L'ortié dioïque a ses tiges hautes de trois picds et plus,
68°, Livraison. a.
C136) droites, rameuses, quadrangulaires, hérissées, ainsi que toutes les autres parties de la plante, de poils, dont la base est un tubercule glanduleux.
Les feuilles sont opposées, petiolces, d’un vert sombre, ovales, en cœur, aiguës, dentées à leurs bords, accompagnées de très-petites stipules.
Les fleurs sont disposées en grappes longues, pendantes , un
eu rameuses, souvent géminées dans chaque aisselle, d’un vert blanchâtre; les fleurs mâles, séparées des femelles sur des pieds différens.
Dans l’ortie piquante (urtica urens), les fleurs sont monoïiques; les grappes sessiles, plus épaisses; les fouilles ovales, non échancrées en cœur. Les chatons des fleurs femelles sont globuleux dans l’urtica pilulifera. ds)
L’odeur et la saveur de cette plante sont simplement herbacées. Sa racine seule présente, dans l’état frais, une légère amertume, mais cette dernière partie est inusitée ainsi que les semences. La texture de son écorce, qui permet d’en retirer des fils propres à divers usages économiques, ct la piqüre vive et brûlante que ses feuilles, dans l’état frais, déterminent sur la peau, sont les seuls faits qui la rendent recommandable.
Les petits poils roides, minces et aigus, dont les feuilles sont hérissées, sur toutes leurs faces, adhèrent à une petite vésicule remplie d’un suc âcre et irritant. Lorsque la pointe de ce petit aiguillon pénètre dans la peau, la résistance qu'il éprouve fait subir à la vésicule qui lui sert de base,unepression en vertu de laquelle le fluide qu'elle contient traverse le petit aiguillon qui l'insinue ainsi dans la piee pré à la peau, De là, la cuisson brûlante, la douleur et la formation de petites papules, dont l’éruption suit constamment la piqüre de l'ortie. C'est en vertu de cette vive irritation que les feuilles de cette plante déterminent sur la peau, que l’urtication ou l’action de ie une partie avec des orties vertes, a été mise en usage dans le traitement de différentes maladies, soit pour exciter directement la peau, soit pour agir sur les tissus sousjacens, soit enfin pour agir consécutivement sur le système nerveux. C’est ainsi que l’urtication a été recommandée contre les accidens de la répercussion de certaines maladies cutanées et contre les rhumatismes chroniques. On en a spécialément fait usage, el souvent avec un grand succès, dans différentes espèces de paralysies et dans certaines affections .comalcuses, Cette pratique, déjà connue des anciens, a été particulière: ment recommandée par Celse et Arétée, et ume foule de faits constatés par les modernes en ont confirmé les avantages. On s’est également servi de l’urtication pour favoriser le dévelop-
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( 137) pement de la' sensibilité et l’abord du sang dans les organes géuitaux flétris par l'abus des jouissancés. Mais si des êtres avilis et corrompus ont pu tirer parti de l’urtication pour faire disparaître momentanément los signes d’une honteuse impuissance, ées accidens très-graves en ont souvent été le résultat.
L’ortie, administrée intérieurement, est loin de présenter les avantages que l’on retire de son action irritante à l'extérieur. Les effets qu’on a voulu lui attribuer, dans le premier cas, ne reposent que sur de vaines hypothèses ou sur des opinions erronées , et à l’exemple de Cullen, de Peyrilhe, d’Alibert et de plusieurs autres, on peut, sans inconvénient, l’exclure de la liste des médicamens. Toutefois, elle a été préconisée contre les hémorragies : Amatus Lusitanus, Lazerme, Scopoli, ont particulièrement vanté ses succès contre l’hémoptysie, Peyroux et Lange contre la ménorrhagie; on a même prétendu que sa vertu antihémorragique se transmettait au lait des vaches qui s'en nourrissent, et qu’on avait ainsi un remède efficace contre ces affections. Mais quelle confiance peut-on accorder au lait des animaux nourris d'ortie, lorsque les propriétés de l’ortie clle-même ne reposent sur aucune observation précise; et cependant l’ancienne renommée de cette plante herbacée est passée des vieilles compilations de matière médicale, dans l'esprit des commères les plus ignorantes, qui l’administrent de toutes parts, à tort et à travers, et non sans dangers, aux femmes qui ont des hémorragies utérines. Fu
La racine et les semences, en décoction dans le lait, ont cté annoncées en Allemagne comme un excellent anthelmintique. L'expérience n’a point encore prononcé surce fait.
La substance filamenteuse qu’on retire-des üges de Portie préalablement soumise à l'opération du rouissage, fournit un fil qu’on peut employer à toutes sortes d'ouvrages, Les Baskirs, les Kamchadales et autres peuples du nord en çonnaissent même dès longtemps l'usage, ct l’emploient à la fabrication des cordes, des toiles et des filets dont ils se servent pour la pêche. Cet usage économique de l'ortie parait même avoir pas cté Inconnu aux anciens, et il serait bien important de ne pas le laisser tomber en désuétude. Quelques essais faits en France ont prouvé qu'on pouvait en fabriquer de bonne toile; il faudrait les répéter et les multiplier. De même que les autres plantes oléracées, l'ortie jeune et tendre est employée dans nos cuisines comme aliment. Murray observe qu'elle est sans inconvénient, mais qu’en grande quantité elle est laxative, ce qui lui est commun avec la laitue, les épinards et autres végétaux Uès-estimés. On l'emploie, dans l’état frais, à la nourriture des vaches , et après la dessiccation, elle
| (2) ENRER peut être mêlée avec avañtage au fourragé des béstiaux; on dit mème qu'elle rend le lait des ruminans plus butireux, ce qui mérite confirmation. Cette plante, fraîche, cuite-et réduite en pâte, estemployée avecavantageà la nourriture de la volaille. Dans quelques provinces, elle est même exclusivement réservée dans cet état à la nourriture des jeunes dindons. D’après ù Hagstrom, Murray attribueà l’ortie, plantée autour des ue la propriété de chasser les grenouilles dont le voisinage est, dit-on., un obstacle à la sortie des essaims d’abeilles. La décoction de cette plante a donné, en très-peu de temps, la mort à une grenouille qui y avait été plongée, ce qui annonce en elle une action délétère sur cette espèce de batraciens.
SLEVOGT (y. H.), Dissertatio de urticis ; in-4°. lenæ, ir FRANCUS (Joann.), Tractiatus de urticä urente ; in-80. Dilingæ, 1723.
( L’individu femelle représenté dans cette plante est degrandeur naturelle)