‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 49 sur 81 · CCLX VII · texte numérisé non relu

CCLX VII

PERSICAIRE.

(PERSICARIA URENS seu HYDROPIPER; Bauhin, Iivuÿ, lb. 3, sect. 1. Tournefort, clas. 15, sect. 2, gen. 10...

Latin... ....]P0LYcoNum HYDROPIPER ; f/oribus hexandris semidigynis, fois lanceolatis » Slipulis submulicis. Linné 5 octandrie trigynie. Jussieu, clas, 6, ord. 5, famille des polygonées. l

Français... PERSICAIRE; POIVRE D'EAU; CURAGE.

Lialien. ..... .pEPE AQuATIco.

ÆEspagnol..,. PIMIENTA DE AGuA.

Portugais... PIMENTA‘DE AGvA.

Allemand... WASSERPFEFFER.

Anglais, ... WATER-PEPER.

Hollandais... vwArxrPePer.

Danois...... VANDPEBER.

Suédois. .... BITTERBLAD. >

Polonais... PIEPRZ WODNY; RDFST BIALY.

Russe....... POTSCHEDNAJA TRAWA.

Hongrois.... vizrsors.

… Parmi les plantes qui naïssent sur le bord des ruisseaux ; dans les fossés humides, on distingue plusieurs espèces de persicaire, particulièrement celle à laquelle sa saveur âcre et bru- Jante a fait donner le nom vulgaire de poivre d'eau. Elle appartient au genre polygonum de Linné, caractérisé par un calice coloré, à quatre, cinq ou six découpures, persistant autour du fruit; point de corolle; les étamines au nombre de cinq à neuf; un ovaire supérieur, surmonté de deux ou trois styles. Le fruit consiste en une seule semence nue, trlangulaire, enveloppée par le calice.

L'espèce, dont il est ici question, a des racines fibreuses; une tige glabre, cylindrique, articulée, souvent rougeâtre, un peu rameuse, droile où un peu flexueuse,

Les feuilles sont simples, glabres, alternes, médiocrement pétiolées, lancéolées, aiguës, entières, point tachetées, accompagnées de stipules courtes, tronquées, très-rarement ciliées,

Les fleurs sont disposées en épis lâches et grêles , axillaires, simples ou à peine rameux., garnis de bractées en écailles,

Les calices sont blanchâtres ou colorés en rouge, à quatre lobes. Ils renferment six étamines, un style à demi-bifide; les semences un peu comprimées, médiocrement triangulaires,

Cette espèce se rapproche beaucoup du polygonum persicarta. Elle s’en distingue par ses épis plus grêles, par ses

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| (uo) stipules très-rarement ciliées, par ses feuilles non maculées, par leur saveur brûlante, (P.) Dépourvue d’odeur, cette plante est douée d’une saveur âcre ct piquante, à laquelle elle est redevable du nom de poivre d’eau, qu'on lui donne vulgairement. On ne s’est point occupé de son analyse chimique; maïs on sait qu'elle ni une grande partie de son âcreté par la dessiccation. Bergius à rémarque, en outre, que sou infusion aqueuse, dont Ja saveur est purement herbacce, noivcit par le sulfate de fer : ce qui est un indice de la présence d’un principe astringent: | | Ainsi que l’annoncent ses qualités physiques, la persicaire exerce une irritation manifeste sur l’économie animale. Appliquée fraîche et contuse sur la peau ; elle y détermine de la rougeur , de la chaleur, et pourrait ainsi être employée comme rubéfiante, lorsqu’on manque de moutarde et aulres substances analogues. Mise en contact avec des parties dénudées, elle les irrite, et, sous ce rapport, elle est très-propre à déterger les ulcères atoniques, et: à:réprimer:les végétations blafardes de leur surface. Aussi a-t-elle ‘été recommandée et très-emploÿée jadis contre les solutions de continuité chez l’hommie et Ics-animaux. Les vétérinaires s'en servent même encore quelquefois pour réprimer-des chairs fongueuses des ulcères des chevaux. C’est à raison de cette propriété détersive, qu’elle a été recommandée par Tournefort, contre la gangrène où elle peut être utile, jusqu’à un certain point, pour favoriser la séparation et la chute des escarrès. On à vanté également les applications de ses feuilles cuites dans l’eau, sur les parties œdématiées ét sur les engorgemens séreux, pour en favoriset la résolution; au récit de Einné, les Norvégiéns s’en sérvent de cetté manière contre l'odontalgie. On voit même, dans Murray, que sa décoetion aqueuse à été administrée én gargayisme et en injéction, Contre les douleurs de dents, contre les aptes, l’angime, les ulcérations du pharynx et des fosses nasales. Toutefois, si cette plante âcre et excitante peut avoir été quelquefois employée avec succès, comme top'que, dans ces différentes affections ; ses avantagés ne sant pas constatés par dés faits assez précis ni assez nombreux pour qu’on puisse les admettre sans restriction. Il faut même convenir, avec lé judicieux Spielmann, qu'ils ont besoin d'être confirmés par de nouvelles expériences. à La persicaire, administrée intérieurement , a été regardée, en outre, comme diurétique et lithôontriptique. ST al exemple de la plupart des substances légèrement astringentes , éténdues d'unc grande quantité d’eau, elle est susceptible de provoquer la sécrétion de lüvine , cé ne peut être qu'en excitant les reins. Or, cette excitätion, twès-propre à opérer l'effet diurétique ,

lorsque les reins sont dans un état d’atonie, produirait évidemment un effet contraire dans les cas où ces organes sont en proie à l’inflammation, à une excitation quelconque ou dans un état de surexcitation. À l'égard de la faculté de dissoudre les calculs urinaïres, qui lui a été bénévolement accordée, rien ne prouve qu’elle existe; tout porte même à croire qu’elle est entièrement illusoire. Comme diurétique, on pourrait tout au plus lui accorder la propriété de prévenir leur formation en augmentant la quantité de l’urine; si l’eau de rivière, suivant la judicieuse remarque d'Hartley, n’était le plus puissant prophylactique des affections calculeuses.

On trouve dans Peyrilhe, que, donnée en poudre aux moutons à la dose d’un gros dans du miel, elle détruit une espèce de ver auquel ces animaux sont exposés, et qui leur est souvent funeste,

La persicaire a été administrée en substance et en extrait, à a dose d’un à deux grammes (environ demi-scrupule à demigros); en décoction, on pourrait l’administrer à dose double,

Cette plante pourrait servir d'assaisonnement. Elle fait partie de plusieurs préparations cosmétiques. Suivant Peyrilhe , elle teint la laine en jaune.

( La plante est représentée de grandeur naturelle)

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