‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 5 sur 81 · MERCURIALE · texte numérisé non relu

MERCURIALE

Grec... Myégæoris, Dioscoride.

MERCURIALIS TESTIGULATA , sive MAS; Bauhin, IlLivaË , lib. 3, sect. 6, Tournefort, cl. 15, sect. 5, gen. 3.

Latin... wercurrALtS ANN0A; caule brachiato, foliis glabris, floribus spicatis. Linné, choécieennéandrie. Jussieu , cl: 15, ord. rt, famille des euphorbes:

Francais... 21 MERCURIALE ANNUELLE ; FOIROLLE ; GAGARELLE; RIMBERGE.

Italien sis. MERCORELLA.

Espagnol... MENCURIAL; ORTIGA MUERTA.

Portugais. ... MERCURLAL; ORTIGA MORTA BASTARi)A.

Allemand. ... JACIIRIGES BINGÉLKRAUT.

Hollandais... JAARLYKS BINGELKULD,

Danois. ..... : BINGELURT.

Suédois. .:..+ BINGELOERT:

Polonais..... SZCZYR.

La meicariale, querles anciens ont prétendu avoir été découverte par Mercure, dont elle porte le nom, est une plante depeu d'apparence, très-commune, tendre , herbacée, dépouxvue de ces brillans attributs qui donnent tant d’éclat aux autres végétaux, n’ayant-que de petites fleurs d'un blanc verdâtre, sans corolle. Son caractère consiste dans des fleurs dioïques, composées, dans les mâles, d’un calice à trois folioles, de neuf à douze étamines distinctes; dans les fleurs femelles, ansovaire hérissé, adeux lobes, accompagné de quelques filamens stériles ; deux styles légèrement denticulés à leur côté interne; une capsule à deux coques bivalves, aideux semences.

Ses racines sont blanchâtres, fibreuses ; sattige glabre, droite, noucuse; haute d’un picd ét plus, cylindrique, à ramoaux opposés. ji

Les feuilles sont pétiolées, opposées, molles, très-glabres, d’un vert clair ovales-lancéolées , aiguës, dentéces , Iégèrément ciliées à léur contour. |

Les individus mâles ont leurs fleurs ramassées par petits paquéts sessiles sur des épis grêles, alongés, axillaires, pédon: culés. Les fleurs des individus femelles sontsessiles ; axillaires , presque géminées : elles produisent de petites capsules à deux coques renflées, un peu aplaties latéralement, couvertes de quelques poils roides, blanchâtres.

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: On rencontre cette plante partout en Europe, dans les jardins, les lieux cultivés, parmi les décombres , et dans Les terrains pierreux. (P.)

La mercuriale offre une odeur fétide et une saveur amère, salée, fort désagréable. On ne s’est point occupé de son analyse chimique, toutefois on sait qu’elle contient une grande quantité de suc aqueux mucilagineux, dont Ja saveur nauséabonde suffirait seule pour rendre cétte plante suspecte.

Les propriétés délétères, que recèlent plusieurs végétaux de la même famille et du même genre, le mercurialis perennis , L., entre autres, sont encore une nouvelle circonsiance trèspropre à inspirer une juste méfiance sur sa manière d'agir. Aussi Bergius, Murray, etautres auteurs, l’ont signalée comme une plante, dangereuse lorsqu'on l’administre intérieurement. Brassavole avait même déjà observé que son usage intérieur n'était pas sans inconvéniens, Il paraît néanmoins que sa coction dans l’eau suffit pour dissiper tous ses principes délétères, puisque, à l’exemple des anciens, qui en faisaient un fréquent usage comme aliment, on la mange encore de nos jours, dans diverses contrées d'Allemagne, cuite au beurre, à la manière des épinards, Suivant Spielmann, la dessiccation lui enlève également toutes ses vertus actives.

Appliquée à l'extérieur ; les anciens regardaient la mercuriale comme émolliente; les'modernes ; d'après le témoignage de leurs prédécesseurs, lui ont accordé la même propriété, puisque divers pharmacologistes l'ont placée au rang des, cinq plantes décorees de ce titre. A la vérité, Bergius, moins crédule, remarque judicieusement que rien ne prouve une sémblable qualité dans cette plante; mais les Allemands n’en font pas moins fréquemment des cataplasmés ; qui ont joui, autrefois, d’une grande réputation, contre les hernies étranglées. | | Zusb ; etre &

Les qualités purgatives de la mercuriale;, déjà connues d'Hippocrate ; ne sont pas beaucoup mieux contatéesique ses propriétés émollientes ; cependant les anciens en faisaient usage sous ce rapport , et l’employaient particulièrement contre l'hydropisie. Brassavole rapporte même que de son temps les paysans des environs de F crrate lemployaient réduite en pulpe ou sous forme de bouillie, pour se purger Son usage intérieur, est, depuis longtemps ; parmi nous, entièrement tombé en désuétude. Toutefois on compose encore assez fréquemment ; avec sa décoction, des lavemens qui sont réputés purgatifs. Le miel mercure squitest souvent me pa ea cly 5 tère pour provoquer les évacuations alvines, lui dit Mn ce qu'il parait, une partie desses/propriétés laxatives. pete dant les faits sur lesquels reposent les vertus attribuées à La

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mercuriale, sont en trop petit nombre, trop vagues et trop inexacts, pour nous éclairer complétement sur sa véritable manière d’agir. Ses qualités délétères, en effet, sont loin d’être constatées; sa vertu émolliente est fort douteuse; ses propriétés purgatives auraient besoin d’être confirmées par de nouvelles observations. Il faut donc reléguer au rang des fables, tout ce que l’on a dit de l'efficacité de cette plante contre l'hydropisie, la chlorose, les obstructions des viscères, l’ischurie, la syphilis et autres aflections, jusqu’à ce que des expériences cliniques bien faites aient fait cesser l’espèce d’obscurité qui règne sur son histoire médicale. |

La merveilleuse faculté que les anciens attribuaient à l’individu mâle de cette plante dioïque de faire engendrer des garçons, et à l'individu femelle , de favoriser la procréation des filles, ne sera qu’une hypothèse frivole ou une véritable absurdité, si l’on réfléchit que, dépourvus de connaissances positives sur la génération des végétaux, ils prenaient la plante mâle pour la plante femelle, et réciproquement , ainsi que le peuple le fait encore de nos jours à l'égard de plusieurs autres végétaux.

La mercuriale est administrée, comme purgative, en décoction, à la dose d’une poignée pour un demi-litre d’eau. Son suc se donne de trente-deux à quatre-vingt-seize grammes (une à trois onces). Le miel mercurial, que les pharmacien; préparent avec cette plante, est ordinairement prescrit en lavement de trente-deux à cent yingt-huit grammes (une à quatre onces). On en fait également un sirop, qui a joui d’une grande vogue sous le titre pompeux de sirop de longue wie, et qui est entièrement tombé dans l'oubli, malgré les éloges emphatiques et les mensongères promesses de son inventeur Zwinger.

(La plante est représentée de grandeur naturelle).

Æ. Individu mâle.

B. Individu femelle.

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