‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 6 sur 81 · Le même coupé horizontalement · texte numérisé non relu

Le même coupé horizontalement

‘ ‘ à AL d'u CA à US “+ LP | Ad v * « à + * # | Mel sa) v vw os 254

en Wr- ré:

RL et

D d LE LA AE

% sv prtsa de me rs D NETON RE D ne « F +4

Ps D ati ;

a rm ot AE me +

Lambert 7e voulp

MEZERION:.

CCXXX VI.

MÉZÉRÉON.

Grec........ Buzeraiæ, Dioscoride.

REOLA FEMINA. Bauhin, IuvaË, lib. 12, sect. r.

THYMELÆA, lauri folio deciduo, sive LAURBOLA FEmINA. Datins 2-8" Tournefort, el. 20, sect. 1, gen. 2. ù 7: DE u - L - ..

DAPHE MEZEREUM; /loribus sessilibus Lernis caulinis » Joliis lanceolalis deciduis. Linné, octandrie monogynie. Jussien, cl, 6, ord. 2, famille des thymélées.

Français. ... MÉZÉRÉON ; LAURÉOLE FEMELLE; BOIS GENTIL; MALBERBE; GAROU.

Lialien...... LAUREOLA FEMINA ; CAMELEA ; BIONDELLA.

Fispagnol. ... LAUREOLA HEMBRA; TORBISCO.

Portugais ... LOUREOLA FEMFA.

ÆAllemand.... KELLERHALS,

ÆAnglais..... COMMON SPURGE OLIYE.

Hollandais .. PEPERBOOMPyrE.

Danois ..... KIELDERHALS.

S'uedois. .... KIÆLLERHALS.

Polonais.... Wwyzcze LyKo.

Finlandais .. NASLAINEN.

Sibérien .... DIROI PEREZ.

("nor roas deciduo, flore purpureo, orrierxrs LAu-

C'est presque au milieu des neiges, sur les montagnes boisées de l’Europe, que fleurit, vers la fin de février, cet élégant arbuste, Ses fleurs, avant-courrières du printemps, d’un beau rouge, d’une: odeur douce, offrent pour caractère essentiel , une corolle, ou plutôt un calice coloré, tubuleux, à quatre lobes; huit étamines courtes, renfermées dans le tube; un style très-court; une baie supérieure, globuleuse, renfermant un noyau à une seule loge monosperme,

Ses tiges sont droites, rameuses, hautes de deux ou trois pieds , revêtues d'une écorce brune ou grisâtre.

Ses feuilles, qui ne paraissent qu'après les fleurs, sont alternes, sessiles, ovales-lancéolées, d’un vert pâle ou jaunâtre, un peu glauque en dessous, très-entières, rétrécies à leur base, glabres, longues d'environ deux pouces, quelques-unes presque spatulées.

Ses fleurs sont sessiles, latérales, réunies trois ensemble par petits paquets épars le long des rameaux, d'un rouge agréable, quelquefois blanches.

Il n’y a point de corolle : plusieurs botanistes prennent pour

62°, Livraison. a.

(20 ) elle le calice qui en a l'apparence par sa forme et sa couleur, Son tube est cylindrique, un peu plus long que le limbe. Celui-ci est très-ouvert, divisé en quatre lobes ovales, un peu aigus. Les étamines sont courtes, insérées sur le tube du calice ; l'ovaire ovale oblong, surmonté par un style très-court et un stigmate en tête.

Les baies sont globuleuses, de la grosseur d’un grain de groseille, d’un rouge vif à l’époque de leur maturité; elles sont jaunâtres quand les fleurs sont blanches. (P.)

La racine, l'écorce, et les fruits de cet arbrisseau, sont employés en médecine, Toutes ces païties sont inodores ; leur saveur est âcre, brülante, et, quand on les mâche, elles produisent un sentiment de chaleur intolérable dans toute l'étendue de la bouche et du pharynx. Ces qualités physiques du mézéréon, ainsi que sa causticité, paraissent tenir d’une part à un principe de nature huileuse, et d’une autre part à uné résine qui se trouve dans l’écorce de la plupart des thymélées.

Celle du bois gentil se retire, pour l’ordinaire, .du tronc et des grosses branches de cet arbrisseau. Lorsqu'elle est sèche, elle se présente dans les officines en morceaux minces, roussàtres , souvent recouverts d'un épiderme d’un brun pâle. Deux onces de cette substance ont fourni, par l’action de l’eau, deux gros et demi d’extrait gommeux, et au moyen de l’alcool quarante huit grains de résine pure. En la traitant par ie vinaigre, on en obtient un troisième extrait qui a beaucoup moins -d’Acreté que les deux autres.

La chaleur âcre et brûlante que cette écorce, soit fraïche, soit sèche, occasione dans l’intérieur de la bouche et de la gorge, est quelquefois suivie d’un sentiment de torpeur ou d'une espèce d’insensibilité passagère de la langue, ainsi que Murray l’a observé sur lui-même. Appliquée sur la peau, elle y détermine de la douleur, de la rougeur, le soulèvement de l’épiderme, et même de profondes ulcérations. Or, une action corrosive aussi énergique et aussi propre à inspirer de justes craintes sur l'administration intérieure de l’écorce du bois gentil, aurait peut-être dà la faire exclure de la liste des médicamens susceptibles d’être ingérés. Vicat parle d’un hydropique qui, après en avoir pris une certaine dose, fut atteint d'évacuations alvines excessiyes et de vomissemens violens, qui persistèrent avec opiniâtreté pendant six semaines , malgré tous les moyens employés pour les arrêter. Il pourrait même en résulter des inflammations mortelles. Cependant , donnée à petite dose et avec beaucoup de prudence, il parait ‘qu’à l'exemple des poisons les plus redoutables, on en à obtenu quelquefois du succès, soit comme purgalif drastique,

({ase)}

soit comme’altérant. Alexis Russel paraît lavoir administrée avec avantage, en décoction, contre d’anciennes douleurs ostéocopes, et des périostoses vénériennes qui avaient résisté au mercure. Cullen, qu'on n’accusera pas d’une confiance aveugle dans les vertus des médicamens, a vu également la décoction de cette écorce triompher d’ulcéres syphilitiques rebelles, qui avaient survécu à la cessation de tous les autres symptômes vénériens dans le traitement mercuriel. I ne faut cependant pas oublier que ces sortes d’ulcères disparaissent souvent sans aucun remede, plus ou moins longtemps après que le traitement antisyphilitique a fait disparaître tous les autres symptômes de la maladie.

L’écorce du mézéréon est beaucoup plus fréquemment employée à l'extérieur qu’intérieurement. Au rapport de l'illustre Linné, les Suédois l’appliquent souvent sur les blessures faites par des serpens venimeux.et par les animaux enragés. Mais si, dans quelques cas rares, elle a eu l'avantage de prévenir l'absorption du venin, ou de l’attirer au dehors au moyen de l’irrilation et de la suppuration qu’elle détermine dans les parties blessées, on sent qu'une pareille pratique ne doit jamais suppléer à l'application immédiate du feu , seul moyen éprouvé pour neutraliser le virus rabique ou en prévenir l’absorption. Parmi nous, cette écorce est exclusivement réservée pour l’établissement des exutoires cutanés ;.el, sous ce rapport, on s’en sert avec les mêmes avantages, et de la même manière que de celle du daphne gnidium. ’oyez article garou.

La racine du mézéréon a été également décorée de plusieurs proprictés médicales. Home, médecin anglais, l’a administrée avec succès à la dose de deux gros , en décoction danstrois livres d'eau réduites à deux livres, que le malade prenait en vingtquatre heures, contre divers engorgemens squirreux, vénériens ct autres , et particulièrement contre les tumeurs chroniques des parotides, de la glande thyroïde et des testicules. Cullen en a également obtenu différens avantages contre diverses maladies de la peau. Au rapport de Pallas, les Russes l’appliquent sur les dents carices pour dissiper la vive douleur qu’elles occasionent. Mais il faut éviter alors d’avaler sa salive , de crainte des accidens auxquels l’ingestion d’une substance aussi corro= sive pourrait donner lieu, Toutefois cette racine entière ne mcrite aucune confiance, puisqu'il est reconnu que toutes ses vertus résident dans l'écorce qui la recouvre, et que sa partie ligneuse est insipide, et complétement inerte.

Les noms de grana gnidia, cocci gnidii , sous lesquels les baies du mézéréon sont désignées dans les boûtiques;, sembleralent indiquer que ces fruits vénéneux étaient connus ‘des an2

ciens, et particulièrement en usage parmi les médecins de la célèbre école de Gnide. Ce sont de petites baies OValaires, de Ja grosseur d’un pois, dont le noyau, de nature huileuse, quoique d’une saveur douce au premier abord , est doué d’une extrême âcreté et de propriétés très-délétères. À la vérité elles servent d aliment aux oiseaux qui, pour la plupart, les dévorent avec une extrême avidité, mais elles sont funestes à l’homme et à presque tous les animaux. Linné rapporte que six de ces baies ent suffi pour donner la mort à un loup. Réduites en poudre très-fine, et données à un chien à la dose d’un scrupule, elles out fait périr cet animal, quoiqu'il en eût rejeté une partie par le vomissement, et, après sa mort, on a trouvé une certaine quantité de sang noir dans l'estomac, et des taches rouges, ainsi que diverses ulcérations à la surface interne de cet organe; lésions anatomiques qui se rapprochent beaucoup de celles que M. Orfila a observées sur les chiens auxquels il a fait avaler du garou pulvérisé. De nombreux et tristes exemples d’empoisonnemens produits par ces fruits, rapportés par Murray, d’après divers auteurs, prouvent qu’ils ne sont pas moins délétères pour l'espèce humaine. Un des plus remarquables est celui d’un homme qui, après en avoir avalé plusieurs, éprouva une horrible superpurgation , de violens vomissemens, une ardeur intolérable dans l’intérieur de la bouche, et une soif intense, avec une fièvre aiguë qui se termina par la desquammation de l’épiderme. Cependant, chez des sujets robustes et d’une sensibilité obtuse, comme le sont les habitans des froides contrées du nord, les hommes livrés à des uavaux pénibles et à une vie rustique, ces fruits, à petite dose, ‘se bornent à produire une purgation abondante, ainsi que Pallas l’a observé parmi les Russes, et Villars chez les vigoureux habitans des montagnes du Dauphiné, qui se purgent souvent avec huit, dix ou vingt de ces baïes irritantes, Mais un médecin prudent n'aura jamais recours dans nos climats à un semblable purgatif. Dans le nord de l’Europe, on emploie ces fruits à l'extérieur sous forme d’onguent contre les ulcères sordides, les chancres et les cancers ; toutefois rien ne justifie les succès d’un semblable topique, au moins dans les affections

‘de ce dernier genre. s Si l’on voulait administrer intérieurement soit lécorce, soit les baies du mézéréon, on pourrait les prescrire en substance, et sous forme pulvérulente, de vingt-cinq à trente centigrammes (cinq à six grains). Plus souvent , et avec moins de danger, on donne l'écorce à la dose de huit grammes (deux gros) en décoction dans un kilogramme et demi d’eau réduit à un kilogramme , et l’on fait prendre ce liquide par verres dans l’es-

pans 2 2e ce et

(26%) | pace de vingt-quatre heures. Pour établir des exutoires sur la peau, on se sert d'an morceau d’écorce fraîche ou macérée dans l’eau, comme nous l'avons indiqué à l'article garou.

L'écorce du bois gentil, surtout celle de la racine, sert à faire du papier gris, et pourrait, à l'exemple de celle de plusieurs autres thymélées, être employée à la fabrication des fils, des cordes , et de divers tissus. Pour se rendre intéressantes , les femmes russes, suivant Pallas, se frottent les joues dans le bain, avec les coques gnidiennes, et se procurent ainsi un gonflement et une sorte de rougeur inflammatoire du visage, qu’elles prennent pour de la beauté. Au rapport de Murray, Falks a vu le même usage cosmétique établi parmi les femmes tartares.

Encez, Quædam de usu çorticis mezerei exlerno ; in-40. 1981, susmi (c. &.), Dissertatio de mezereo. Marburgi ; in-4°. 1798.

( La plante est représentée de grandeur naturelle)

A. Rameau en fleur.

B. Rameau en fruit.

Page 1