PERSIL
Grec........ HMerposkuver. Dioscoride.
APIUM HORTENSE, PETROSELINUM volg ; Baubin, uvaf,
lib. 4, sect. 4.
APIUM HORTENSE, Seu PETROSELINUM vulgd ; Tournefort,
Dale cos clas. 7, sect. 1, gen. 2. dite é APIUM PETROSELINUM; foliolis caulinis linearibus, in-
volucelhs minutis. Linné, pentandrie digynie. Jussieu, clas. 12, ord, 2, famille des ombelliféres.
Français... PERSIL:
Atalien....... PETROSELINQ.
ÆEspagnol..:.. PEREJIL.
Portugais.... AIPO; APIO.
Allemand... PETERSILIE.
Anglais...... PARSLEY.
Hollandais... PETERSELIE.
Darois....... PETERSILLE.
Suédois. ....: PETERSILIAe Polonais...... PIETRUSZKAe Russe....... PETRUSCHKA.
Calmouc..... TALANTAGNAI:
Arménien.... NIACHUR.
Le persil, cultivé dans tous Îles jardins potagers , connu de- ‘puis très-longtemps, se rencontre en Provence, dans son état sauvage, aux lieux couverts et ombragés, dans l'ile de Sardaigne, et probablement dans celles de la Grèce. Il était en grande réputation chez les Grecs et les Romains; ces derniers Jui donnaient le nom d’apium. On en tressait des couronnes pour les vainqueurs, dans les jeux isthmiques. Ses fleurs sont disposées en une ombelle pourvue d’un involucre à une ou quatre folioles, qui manque quelquefois à l’ombelle universelle. Le calice est entier ; la corolle composée de cinq pétales égaux, arrondis , courbés à leur sommet; cinq étamines; deux styles courts, réfléchis. Le fruit est ovale ou globuleux, composé de deux semences convexes en dehors, marquées, sur leur dos, de cinq petites nervures saillantes.
La racine du persil est grosse, blanchâtre, fibreuse : les tiges sont glabres, rameuses, striées, cannelées, longues de deux ou trois pieds,
Les feuilles sont pétiolées, deux fois ailées, glabres, d’un beau vert, composées de folioles incisées à leurs bords, ovales ou cunéiformes; les feuilles supérieures, bien moins composées , quelquefois simples, ont leurs folioles linéaires.
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Les fleurs sont blanches, un peu jaunâtres, situées à l’extrémité des Uges et des rameaux, souvent inclinées sur leur pédoncule. Les ombelles sont planes en dessus > ACCOmpagnées, à la base des rayons, de plusieurs folioles très-courtes, subulées, un peu réfléchies; il n'y en à très-souvent qu’une seule à l’ombelle universelle. +! Bu es
Les semences sont courtes, glabres, cendrées, ovales et cannelées. Le céleri (apium graveolens, Lin.), appartient au même genre. | ad AE à
Presque toutes les parties de cette plante exhalént une odeur fragrante, qui plaît à certaines personnes, et qe d’autres ne peuvent supporter. Leursaveur est chaude ; piquante et un peu amère. Elles contiennent, pour la plupart, un principe gommo-résineux , et une huile volatile aromatique , plus abondante dans les semences que dans les autres parties, La racine contient en outre de la fecule, ce quidui donne: quelque chose de doux , et la faculté de nourrir. ...
Ces différentes parties du persil exercent une excitation manifeste sur l’économie animale, et les effets particuliers qui ont été attribués à chacune d’elles, résultent toujours de .ceité ‘action tonique générale. La racine, par exemple ; joint, à sa qualité alimentaire, des proprictés diaphorétiques, diurétiques et apcritives, qui résultent de l'excitation qu’elle exerce sur la peau, sur l'appareil urinaire et sur les païties qui sont le siége de quelque engorgement; atonique, Sous ‘0e dernier rapport, elle à été préconisée contre l’ictère, les obstructions viscérales, les dartres et autres maladies chroniques où elle west plus employée que pat d’aveugles et routiniers empiriques; parce que les médecins instruits savent qu’on doit bien plus compter, pour la guérison de ces maladies, sur Les efforts ue la nature secondés par les grands moyens de la diététique, que sur la toute-puissance de cette racine. Elle a été surtout préconisée dans les exanthèmes, et plus particulièrement encore contre la variole. Mais il est facile.de reconnaître qu'un semblable stimulant ne peut êwe utile, comme diaphorétique, dans ces affections aiguës cutanées, que lorsqu’elles menacent de délitescence, ou lorsque l'éruption: languit par défaut d'acs tion de la peau; et alors n'est-il pas nécessaire de reçourir à des toniques ouà dés excitanseplus éneïgiques?,
Les feuilles de persil sollicitent également l’action des organues sur lesquels on les dirige. Comme toniques résolutives, on leur a attribué une grande éfficacité contre les engorgemens des mamelles. On les appliquait, jadis, fraiches et contuses , sur ces organes ; pour faire disparaître le lait chez les femmes qui veulent se dispensér d'accomplir les devoirs de la mater-
nité, et pour résoudre leur engorgemens squirreux. Leur application a été également préconisée contre la piqüre des insectes. Cependant, si Ponréfléchit que les blessures faites par ceux d'Europe, gnérissent toutes spontanément, on n’y aura aucune confiance dans ces affections; et, à supposer qu’un sernblable®moyen puisse être ütilé, dans certains cas, pour s'opposer à l'accumulation du lait dans les seins, ne doit-on
as s’en abstenir, en général, dans tous les engorgemens douue de ces organes. D’après Hannemann , Mariotte, Boyle et Alston, Murray rapporte que ces feuilles ont occasioné l'épilepsie et l’ophtalmie à ‘des personnes qui en avaient fait usage : mais ces faits singulicrs auraient besoin d’être confirmés par de nouvelles observations.
Les semences du persil, à l'exemple de celles de la plupart des ombellifères, ont été décorées du titre de carminat ves , et préconisées contre les flatuosités. On leur attribue aussi une vertu diurétique, qui résulte, ainsi que leur prétendue vertu carminalive, de l’action tonique qu’elles exercent sur les reins, d’ane part, et sur le canal intestinal de l’autre. On sent bien, toutefois, que si les gaz intestinaux, ainsi que la suppression de l'urine, étaient, comme cela arrive souvent, la suite d’une vive irritation ou d’un état inflammatoire, ces semences n’auraient plus aucun effet diurétique ni carminatif. On leur a attribué, en outre, la ue ie d’expulser les pous; Rosenstein les employait même dans cette vue sous forme d’onguent.
Quoique les propriétés tonique et excitante du persil ne
uissent être révoquées en doute, il faut reconnaître, avec Cullen , qu’on lui à accordé beaucoup trop de confiance : aussi ya-t-on rarement recours aujourd'hui. Sa racine et ses semences sont adminislrées toutefois de deux à quatre grammes (demi à deux gros), en infusion dans cinq hectogrammes (une livre) d’eau. La racine constitue une des cinq racines apéritives-majeures des pharmacopées. On en fait un sirop prétendu apéritif, qui a joui autrefois de beaucoup de réputation, et qui a fait place, dans les boutiques des apothicaires spéculateurs, à d'autres préparations plus en vogue, mais non moins inertes, L'eau distillée, qu'on préparait jadis avec les semences et laracine de cette ombellifère, n’est plus en usage que dans certaines préparations magistrales qui ne sont plus prescrites que par une aveugle routine.
À cause de leur arôme, les feuilles de persil sont employées sans cesse comme condiment, par les cuisiniers et les charcuuers, pour relever le goût des viandes grasses et de plusieurs préparations culinaires.