PERVENCHE
Grec........ xxfuaris Jagvoeidss. Dioscoride. CLEMATIS DAPHNOIDES MINOR ; Bauhin, TiyeË, lib. 8, ,
sect. 2. PERVINCA VULGARIS ANGUSTIFOLIA; Tournefort, clas. 2,
2: sect. 1, gen. 6. ; Ÿ RATE VINCA MINOR ; caulibus procumbentibus, foliis lanceo-
lato-ovalis, Sn pedunculatis. Linné, pentandrie monogynie. Jussieu, clas. 8, ord. 14, famille des apocinées,
Français... PERVENCHE; VIOLETTE DES sORCIERS.
Italien. ..... PERvINCA; ceNrocoxto.
Espagnol... PERVINCA; HIERBA DONCELLA.
Portugais... PERVINCA. |
Allemand... KLEINES SINNGRUEN; JUNGFERNKRONE.
Anglais. .... SMALL PERIWINKLE.
Hollandais... VINKOORDE; MAACDEPALM.
Danois. .... SINGROEN.
Polonais... BARWINEK.
Cette jolie plante se montre dans les beaux Jours du mois de mai, parée de ses fleurs d’un bleu pur et céleste, relevées par le lustre vernissé des feuilles , en contraste avec la verdure : des gazons sur lesquels ses tiges souples et flexibles se promènent en rampant le long des haies et parmi les lisières des bois. Au rapport de J. Bauhin, dans certaines contrées de V'Etrurie, on en couronnait la tête des jeunes filles, en les conduisant au lieu de leur sépulture : on en formait des guirlandes suspendues aux portes des maisons et des villes, lorsque dans les cérémonies publiques, il s’agissait de la réception de quelque personnage important,
La pervenche appartient à la famille des apocinées : elle se distingue par ses semences non couronnées de poils. Son calice est à cinq divisions ; sa corolle tubulée, en spucoupe ; le tube dilaté au sommet; le limbe partagé en cinq lobes tronqués obliquement; l’orifice muni d’un rebord saillant : cinq étamines ; les filamens élargis, vers leur sommet, en écailles membraneuses; les anihères rapprochées, non saillantes : un style; le stigmate composé de deux parties, une supérieure en tête, une inférieure en écusson, deux capsules alongées .folliculaires ; les semences nues. #5 IN
La petite Pervenche à des tiges grêles, ligneuses, rempantes, très-glabres, garnies de feiulles très-médiocrement
70°. Livraison. b. |
Re 6478) pétiolces, opposées , vertes, coriaces, ovales-oblongues, un
eu lancéolées, glubres, luisantes, très-entières.
Les fleurs sont solitaires, axillaires , portées sur des pédoncules plus longs que les feuilles : les divisions du calice glabres, un peu subulces, un peu plus courtes que le tube de Ja corolie. Celle-ci est bleue, à M blanche, rarement d’un rouge obscur.
Dans la grande pervenche, les tiges sont redressées , un peu pileuses; les feuilles ainsi que les calices ciliés; toutes les parties de la plante beaucoup plus grandes : elle croît dans les = bois des provinces méridionales de la France.
On cultive, dans les jardins, la pervenche de Madagascar, remarquable par ses belles et grandes fleurs d’un rose tendre, quelquefois blanches ou panachées. (P.)
Cette pervenche est complétement inodore; sa saveur, qui devient astringente après la dessiccation , est smplement amère dans l’état frais. Quoiqu'on ne se soit pas occupé de son analyse chimique, on a remarqué que son principe amer est dissoluble dans l’eau; de sorte que l’infusion aqueuse de cette plante est douée d’une grande amertume et précipite en noir ar le contact du sulfate de fer. Toutefois, si ces propriétés physiques peuvent lui faire supposer, avec raison, les vertus toniques et astringentes qu'on s'accorde à lui reconnaitre, elles ne justifient point les éloges pompeux qu’on lui a donnés sur les brillans succès qui lui sont libéralement attribués contre les hémorragies.
Divers auteurs, en effet, ont préconisé son efficacité dans ces affections. Les uns ont vanté l’introduction de ses feuilles, rouiées eu pulvérisées , dans les fosses nasales, pour arrêter le saignement de nez. D’autres ont attribué la même propriété à sa, décoction, prise par la bouche, et l'ont signalée comme un excellent moyen pour réprimer les crachemens de sang, le flux excessif des hémorroïdes el l'écoulement trop abondant des menstrucs. Cependant, si l’on remarque que presque toutes les hémorragies s'arrêtent au bout d’un certain temps, par les seules forces de la nature, lorsqu'on ne tourmente pas les malades par des médications intempestives et souvent funesles, il est permis de croire, qu’en raisonnant à la manière du vulgaire, sur les-apparences, el suivant le faux principe, post hoc, ergo propter hoc, on aura mal à propos attribue à celte plante la suppression de certains écoulemens sanguins, qui à été le simple résultat de la marche de la maladie, sur laquelle la pervenche n’aura heureusement exercé aucune influence. Da reste, si l’on parvient quelque jour, comme il fäut l'espérer , à reconnaître enfin que les hémorragies sont le résultat de!
( 179.) l'irritation des organes, et qu’elles ne diffèrent des phlegmasies que par le degré de cette irritation; il faudra bien proscrire les toniques, les stimulans, les amers, et par conséquent la pervenche de leur traitement, comme on l’a fait de celui des inflammations.
Cette plante pourrait être beaucoup plus utile dans les écoulemens blancs chroniques, tels que la blennorrhagie et la leucorrhée exemptes de douleur , contre lesquels elle a été recommandeée. À l’éxemple de quelques auteurs, On pourrait aussi s’en servir sous forme. de gargarisme, dans les engorgemens pâteux ct atoniques de la bouche et du pharynx. Mais si elle a pu être utile quélquefois dans la phthisie pulmonaire, qui réclame en général des moyens adoucissans et mucilagincux, ce n’a pu être, bien certainement, que dans les cas où il est nécessaire d'associer les amers à ces substances, pour en faciliter la digestion, et les empêcher de fatiguer l'estomac par leur trop long séjour dans ce viscère.
Les feuilles de cette plante amère et légèrement astringente, n'ont guère été employées qu’en infusion théiforme. Elles font partie des vulnéraires suisses que les charlatans ambulans vendent au peuple, sous le nom de Jallirank, comme un spécifique contre toutes les maladies.
Ces feuilles, au rapport de M. Decandolle, ont été em-
ployces à tanner les cuirs. s
di (La plante est représentée de grandeur naturelle)