‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 54 sur 81 · PEUPLIER · texte numérisé non relu

PEUPLIER

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PARU PTE DER

OL due sspos. Dioscoride.

“ii Fo NIGRA ; Bauhin, IuivæË, lib. 11, sect. 5. Tourne fort, clas. 19, sect. 6, gen. 2. nié à ÆBalin.......4{ poruLUus NIGRA ; Joliis deltoidibus acuminatis) serratis. . Linué, dioécie octandrie. Jussieu, clas. 15, ord. 4, famille des amentacées.

Français... pEUPLIER; PEUPLIER NOIR, Lialien. ..... propro NERo.

Espagnol... ALAmMo NEGRo.

Portugais... cHoupo.

Allemand... SCHWARZER PAPPELBAUM; SCHWARZPAPPEL. Anglais. .... . BLACK POPPLAR-TREE.

Hollandais... zwARTE PoPELIgR.

Danois . .... SORTE POPELTRG.

Suédois... ... RLUGTRAED; POPPELPIHL.

Polonais. .... mopoLA czARNA ; OSIKA.

Russe. ...... ossoror.

Servien. :... roroz.

Talare...... axscra.

Le peuplier noir, arbre indigène de l'Europe, se plait sur le bord des ruisseaux, dans les terrains humides : c’est là qu'il se développe avec cette rapidité et cette vigueur de végétation qui lui au un rang distingué parmi nos plus grands arbres. Pline nous apprend qu'il était cultivé de son temps , même antérieurement , qu'on le destinait, avec le peuplier blanc, à servir d'appui à la vigne, et que son bois ctait employé à faire des boucliers.

Le caractère essentiel du peuplier consiste dans des fleurs dioïques ; les fleurs mâles, disposées en chatons cylindriques et pendans, accompagnées chacune d’une écaille caduque, dentée ou lacérée au sommet. Point de corolle; un calice vasé, entier, tronqué obliquement; huit à trente étamines attachées à la base du calice.

Les fleurs femelles, disposées en chatons comme les fleurs mâles ; les écailles et le calice de même : un ovaire supérieur, Surmonte de quatre stigmates presque sessiles. Le fruit est une capsule oblongue, bivalve » à une loge, remplie de semences nombreuses, chargées d'une aigrette soyeuse.

Le peuplier noir se divise en rameaux nombreux, étalés, revétus d’une écorce glabre, jaunâtre et ridée; les jeunes feuilles et les bourgeons enduits d’une substance visqueuse et odorante, |

70°. Livraison. c.

La03 92 Les feuilles sont éparses, alternes, pétiolées, resque triangulaires, élargies et tronquées à leur base, NA aiguës, inégalement crénelées et comme vernissées à leurs deux faces. Les chatons mâles sont grêles, alongés, cylindriques; leurs écailles sont laciniées ; chaque fleur renferme seize à vingtdeux étamines, nul Les chatons femelles sont Tâches, plus longs, plus grêles que les mâles ; ils produisent des capsules courtes, et à peine aiguës, à deux valves, dont les bords rentrans semblent former deux loges ; les semences chargées d’une houpe.soyeuse très-blanche. ++ Le peuplier :blanc est distingué par ses feuillés un peu Jobées, d’un vert sombre en dessus, blanches et cotonneuses cu dessous. Le peuplier d'Italie où pyramidal, est. remarquable par son port : ses rameaux droits, effilés, serrés contre la tige, lui donnent l'aspect d’urre longue pyramide. : L'Amérique septentrionale nous a fourni plusieurs belles espèces de peupliers, la plupart acclimatées aujourd’hui sur le sol de la France : tels sont le peuplier du Canada, célui de Caroline , le peuplier baumier, etc. Pr DE) Les bourgeons sont les seules parties de cet arbre dont on fasse usage en médecine. On les récolte au printemps, avant Yäpparition des feuilles. Ts exbalent une odeur balsamique et agréable qui devient forte et ingrate à une haute température. Leur saveur cest chaude, lézèrement aromatique, un peu amère, [ls renferment, dans l’état frais, un suc épais et visquenx, qui rend leur surface poisseuse et adhère fortement aux doigts. Quatre onces de ces bourgeons ont fourni à Bergius ; par la Simple pression, deux gros de ce suc TCSINEUXx , qui est jaunâtre, odorant, et brüle à la manière des résines, .en donnant de la flamme et uné épaisse fumée. I est insoluble dans l'eau ,. soluble dans l'alcool, ct quand on évaporé cette dissolution, il resté une mauèêre de la nature dés baumes, ou ünesorié'de résine, d'une odeur fragrante, analogue aux sto- Fax} 1] serait à désirer, sans doute, que l'aualyse chimique de ces bourgcons fût portée plus loin: Toutefois, c'ést probablemetit 4 la résine qu'ils contiennent, que sont dues Ja plupart dés vertus, vraies ou fausses, qu’on leur a trop libcralement acéordéés, ainsi que l’action légèrement lonique el excitante qu’ils éxercent sur l'économie animale. F2 C’est en effet par cette manière d'agir , qu ils ont la propriété de produire les effets diurétiques et sudorifiques qu'on leur attribue ; qu’ils ont été regardées, par Hippocrate } come propres à favoriser l'écoulement des menstrues ; que ASS fort les croyait susceptibles d'arvèter les flux de ventre invé-

térés, et à guérir les ulcérations internes des viscères; que certains auteurs ont vanté leur efficacité contre la phthsie pulmonaire; et que leurs succès ont été préconisés par divers médecins anciens , contre la goutte, les rhumatismes, les affections néphrétiques et les maladies chroniques de la péau. C'est aussi, sans doute ; par suite de leur propriété excitante qu’ils ont joui d’aue si grande réputation contre les plaies et les ulcères, et que la crédulité humaine leur à si longtemps accordé, avec le titre spécieux de vulnéraire, une puissance illimitée contre ces affections. Cependant, comment concilier de semblables faits, ou mieux, des assertions aussi vagues ct aussi exagérées, avec les propriétés émollientes et anodines que certains auteurs attribuent à ces bourgeons ? .

On a accordé, en effet, à leurs applications extérieures, sons le rapport de leurs qualités adoucissantés, une grande efficacité contre les douleurs hémorroïdales, les gercurés des lèvres et des mains, les ulcérations des mamelles qui sont ordinairement accompagnées d’une si vive douleur, 'et ‘autres affections qui réclament essentiellement les médications atoniques. Les linimens préparés avec ces bourgeons ont été particulièrementvantés par divers auteurs, en onctions sur la peau, contre les douleurs arthritiques, rhumatismales 6t néphrétiques. Boerhaave en recommandait même l'usage dans la pleurésie. Mais ces cffets, en contradiction avec ceux ‘quisont indiqués précédemment; s’ils sont réels, doivent faire soupconner dans ces bourgeons d’autres principes que la substance résineuse dont ils abondent, et qui est lasource de leuis propriétés excitantes; à moins qu'on ne veuille attribuêr leurs effets calmansiet relâchans aux substances huileuses où mucilagincuses, et aux corps gras, auxquels ils sont associés dans les différens topiques qu’on:en prépare.

On pourrait donc signaler comme vagues, douteuses et fort incomplettes, les connaissances que nous possédons éur la nature ct les propriétés médicaleside ces productions du peuplier noir; et je ne crains pas de provoquer sur cet objet l'attention et les recherches des médecins observateurs.

Ces bourgeons sont administrés de :liuit à seize! grammes (deux à quatre gros), en infusion dans cinq hectogrames (une livre) d'eau, ou en macération dans la même quantité de vin. La dose de leur teinture alcoolique est de deux à quatre grammes (demi à un gros). L'huile ægirinum, que plusieurs médecins anciens employaient avec confiance contre les dou-

leurs locales, se prépare par l’infusion de ces bourgeons dans

1 ° £ ï l'huile, Ils sont la base de l’onguent populeum, qui a encore unc si grande vogue parmi nous, mais qui doit la plus grande

(184) partie de ses propriétés adoucissantes aux COrpS gras qui cutrent dans sa Composition.

Le bois du peuplier est trop léger pour être employé à des constructions solides et durables; mais on s’en sert avec avantagc pour des boiseries communes. Les tableticrs s’en servent dans la fabrications des meubles » Pour soutenir les pièces de marqueterie ; les layctiers en font des caisses, des boîtes, des inalles. Ses rameaux servent, dans les campagnes , à faire des haies et des fagots. Ses feuilles desséchées sont employées, pendant l'hiver, à la nourriture des chèvres et des brebis. Selon l’expression de Murray , la triste nécessité a appris aux Kamchadales à préparer, avec son écorce, une espèce de pain grossier, qui n’est pas sans utilité dans un pays auquel la nature semble avoir refusé tous ses dons. D'après les expérieuces du docteur J. C. Schæffer de Ratisbonne, et de Bruyset de Lyon, le duvet des aigrettes des semences de ce peuplier , sont susceptibles de fournir, sans aucun mélange de chiffons, un excellent et très-beau papier. On est même parvenu à le filer et à en fabriquer des toiles fines.

Quelques auteurs rapportent au populus balsamifera, L., dont les bourgeons ont absolument les mêmes propriétés que ceux du peuplier noir, la résine tacamahaca , que la plupart des auteurs regardent cependant comme le suc du Jfagara octandra, L.

Cette résine, qui est ordinairement apportée en Europe, de l’Amérique méridionale, et qui paraît découler de l'écorce de l'arbre, est quelquefois renfermée dans des coques de callebasse, et plus souvent elle se présente en massés ou en grains. Sa couleur est tantôt jaune, tantôt verdâtre, et quelquefois parsemée de larmes blanches. Elle est un peu molle, d’une odeur balsamique très-suave, analogue à celle de l’ambre ou de la lavande. Sa saveur est légèrement amère. Elle passe pour résolutive, mais elle est beaucoup plus employée à la préparation des parfums et des cosmétiqués, qu'aux usages médicaux.

(La plante est réduite & la moïtié de sa graruleur naturelle)

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