‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 55 sur 81 · Graine chevelue · texte numérisé non relu

Graine chevelue

VAEFUPTE 4 x dde Ya ANT UE s #4

Zurprr ?.

PHELLANDRE,

a. ll

CCEXX I.

PHELLANDRE.

CICUTARIA PALUSTRIS TENUIFOLIA; Bauhin, IlivaË , als Mb. 4, sect. 5.

F PHELLANDRIUM DODONæ1; l'ournefort, clas. 7, sect. 1, Dati: gen. 5. : da PHELLANDRIUM AQUATICUM; foliorum ramificationibus

divaricatis. Linné, pentandrie d'gynie. Jussieu, clas. 12, ord. 2 , famille des ombellifères.

Français... PHELLANDRE ; CICUTAIRE DES MARAIS ; ALGUE D'EAF. .

Lialien...... rELANDRO AQUATICO.

Espagnol... . crourA AQuATIcA.

ÆAllemand.... PFERDESAAMEN.

Anglais... ... FINE LEAYRO WATER-HEMLOCK.

Suédois ..... srAckRA.

Polonais .... RRUSZKAMIEN-zIeLe,

Hongrois. .... vizr KApor.

Le phellandrium forme, dans Linné, un genre particulier que quelques botanistes modernes, d’après M. de Lamarck, ont réuni aux. ænanthe, dont en effet il est très-peu distingué. Ilen différe cependant par ses fleurs presque uniformes, toutes fertiles, celles du centre un peu plus petites ; l’ombelle universelle privée d’involucre. Dans les ænanthe, les fleurs de la circonférence sont stériles ; leurs pétales plus grands et irréguliers : les ombelles et ombellules Pourvues d’un involucre à plusieurs foliolcs. |

Le phellandre aquatique a des racines épaisses , articulées, chargées aux articulations d’un très-grand nombre de chevelus.

Ses tiges sont épaisses , glabres, fistuleuses, hautes d’un à deux pieds, Lorsqu’elles croissent dans des eaux un peu profondes , elles s'élèvent quelquefois jusqu’à cinq à six pieds, et Sont presque de la grosseur du bras : elles se divisent en rameaux alternes, nombreux , très-ouverts.

Les feuilles sont glabres, deux et trois fois ailées, fort amples, d’un beau vert; les pinnules distantes entre elles; les folioles petites, laciniées, obtuses, un peu ovales.

Les fleurs sont blanches , petites, disposées en ombelles terminales, portées sur de courts pédoncules, Il n’y a point d'involucre universel ; celui des ombellules est composé d’environ sept folioles aiguës, de la longucur des fleurs.

70°. Livraison. d.

Leur calice est pourvu de cinq petites dents aignés; a corolle composée de cinq pétales en cœur, un peu courbés ; cigg Ctamines ; deux styles. VA

Le fruit est lisse, ovale, composé de deux semences appliqu'es l’une contre l’autre; couronné par les-dents du calice et les deux styles courbés.en dehors. ;

L'odeur forte et nauséabonde que cette plante exhale, sa saveur ,-qui est à la fois aromatique, chaude, amère et @ésagréable, sont autant d'indices certains de ses propriétés vireuses. Elle fournit, suivant Peyrilhe, un sixième d'extrait spiritueux , à peu près autant d’éxtrait aqueux , et une matière résineuse qui forme un peu plus du cinquième de-son‘poids.

Quoiqu’elle soit broutée quelquefois, en petite quantité, et sans inconvénient, par les bœufs, cette ombellifère est manifestement suspecte. Presque tous les animaux la repoussent , et les chevaux, quand ils en mangeut, paraccident, tombent, an récit de Peyrilhe, dans une paraplégie mortelle, qu’on a faussement attribuée au curculio parapleticus, insecte qui établit sa demeure dans la tige du phellandre, Ce fait semble donc annoncer que cette plante exerce une action délétère très-énergique sur le système nerveux, et peut-être plus païticulièrement sur la moelle épinière. Toutefois le défaut d'expériences et le peu de données positives que nous possédons sur ses effets | soitimmédiats, soit secondaires, ne permettent pas de déterminer avec précision sa manière d’agir.- Il paraît sculement que son action se rapproche de celle de la grande cigué ; conium maculatum, À, htite est capendant beaucoup plus active. | Fsco al :

Ainsi qu’à cette dernière plante, on a attribué au phellan-

drium àäquaticum des: vertus diaphorétiques ; diurétiques 8 carminatives, apérilives, détersives, vulnéraires, etc. A l'extérieur, on a spécialement vanté ses bons cflets contre les contusions, les-meurtrissures, les plaies, les ulcères et les tumeurs : sans déterminer»si les avantages qu’on lui suppose dans ces affections, sont dus à sa propriété excitante; ou à sa qualité narcotique , facultés qui peuvent également produire les effets indiqués, selon l’état dés forces vitales. |

Administrée à l'intérieur, on.lui attribue de bons effets contre les flatuosités, l’hystérie et lhypocondrie. Elle a surtout été préconisée comme fébrifuge. Cramer et Ernstingias lui ont prodigué, sous ce rapport, les plus grands éloges. Dans un traité spécial, exclusivement consacre au phellandre, ce dernier auteur a signalé cette plante comme le remède par excellence contre les fièvres intermittentes. Il ne balance pas à la placer, comme fébrifuge, infiniment audessus du quin-

quina ; il J'administrait dans touLes les fièvres d'accès, quel que fût leur type, à la dose d’un, de deux, et même jusqu'à quatre gros, un peu avant l’accès, les jours de fièvre, sans en avoir jamais vu résulter l’hydropisie, les engorgemens œdémateux , les obstructions, la cachexie, la phthisie et aatres accidens qui suivent quelquefois l’administration de l’ecorce du Pérou. Toutefois, de semblables éloges sont évidemment exagérés. Les doses de phellandrium, que l’auteur administrait pendant les jours d’apyrexie, ne prouvent-elles pas, en efict, que les accès n'étaient point arrêtés par les premières doses du mi dicament; et qui nous dit alors que la disparition de la fièvre lutermiltente, après l'emploi plus ou moins prolongé de cite pliante, est plutôt due à son influence qu'aux efforts salutaires de la nature et à la marche spontanée de la maladie? Je ne Yeux point nier, sans doute, les qualités acuves du phellandre : je pense même qu'on pourrait en obtenir de bons effets dans certaines maladies chroniques. Mais lorsqu'on veut rechercher les propriétés d’un médicament, et déterminer ses effets sur l’économie animale, il faut s'appuyer sur un plus grand nombre d'expériences, et sur des observations plus exactes et plus précises que celles sur lesquelles ont été fondées, jusqu’à ce jour, les vertus du phellandrium.

Cette plante à été administrée , par Ervostingins, depuis deux jusqu’à huit grammés (demi à deux gros) et plus: l’on Conçoit qu’elle peut être ingérée en poudre, eu électuaire ou en pilules. On fait également usage de sa racine, de ses feuilles et de ses semences : mais on ÿ a rarement recours parmi nous ; ct, si l’on voulait en faire l’essai, il faudrait, à cause de son action vénéneuse, commencer par de petites doses qu’on augmenterait successivement. S

(La plante est représentée de grandeur naturelle)

Page 1