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PISTACHIER.
CCLXXIIL PISTACHIER.
Grec........ mserænroy. Dioscoride. :
PISTAGIA PEREGRINA FRUCTU RACEMOSO, $S€0 TEREBIN-: œHINA 1NpicA. Bauhin, IlivæË, lib. 11, sect. 2. TEREBINTHUS INDICA THEOPHRASTI; PISTACIA DIOS- AM OMOOON CORIDIS; Tournefort, clas. 18, sect. 3, gen. 1. À . PISTACIA VERA ; foliis impari pinnalis, foliolis subovalis® recurvis. Linné, dioécie pentandrie. Jussieu, clas: 14, oid. 12, famille des térébinthacées.
Francais...... PISTACHIER.! .
Jtalien...=:... PISTACCHIO.
Espagnol. .”.. ALFOCIGO; PISTACHO.
Porlugais..... ALFOSTIGO; PISTACEIRA.
Allemand....+ PISTAZIENBSAUM.
Anglais ...... PISTACHIO-TREE.
Hollandais.... PISTACHEBOOM.
Danois. ...... PISTACIETRE.
Suédois... ...."PISTACIETRAED.
Arabe. :.:,.. 1 FOUSTAQ; FISTUE.
Le pistachier, originaire de l’Asie mineure et de plusieurs autres contrées de l'Orient, a été introduit en Europe, sous l'empereur Vitellius; depuis il s'est répandu dans tous les pays qui entourent la Méditerranée : il en est résulté plusieurs variétés, distinguées principalement par le nombre de leurs fo- Jioles Il s’est tellement acclimaté dans les contrées méridionales de l'Europe, qu'on le rencontre aujourd’hui dans les bois des environs de Montpellier, de Narbonne, etc.
Ses fleurs sont dioïques, disposées en chatons lâches, garnis d’écailles uniflores. Les fleurs mâles offrent un calice fort petit, à cinq divisions; point de corolle; cinq étamines ; les anthères tétragones. Dans les fleurs femelles, le calice est à trois, ou quatre divisions ; l'ovaire ordinairement surmonté de trois styles. Le fruit est un drupe sec,, renfermant un noyau osseux et monosperme.
Cet arbre s'élève à la hauteur de vingt-cinq à trente pieds , sur un tronc assez gros, revêtu d’une écorce grisâtre, pourvu de branches étalées, assez fortes , lisses et cendrées.
Les feuilles sont alternes, longuement pétiolées, ailées |. composées de trois ou quatre paires de folioles avec une impaire, grandes, épaisses, ovales, arrondies ou lancéolées. Quelquefois toutes les feuilles sont ternées sur le même individu; d’antres fois mélangées avee d’autres fenilles ailées, à cinq ou sept folioles. |
71°. Livraison. Bi
( 198 ) À Fe ge ag mâles forment des grappes un peu lâches, chargées de fleurs pédicellées, peurvues à leur base d’une petite écaille brune, membraneuse. Les étamines plus longues que le calice; les anthères jaunes, rapprochées en paquet. Dans les fleurs femelles, les grappes sont beaucoup plus làches, moins garnies : leur calice n’a que trois divisions aa lieu de cinq.
Les fruits sont ovales, de la grosseur d'une petite olive, de couleur roussätre, ou d’un brun rougeâtre, un peu ridés où réticulés extérieurement , renfermant une amaude douce , hui- Ieuse, verdâtre, qui porte le nom de pistache.
Le lentisque et le térébinthe, arbrisseaux résineax, babitant nos départemens méridionaux, appartiennent au même
genre. l,.. 0(R:)
Les fruits de cet arbre, connus sous le nom de pistaches, sont de petites noix de la forme et de la grosseur des avelines, oblongues , anguleuses, plus élevées d’un côté et comme aplaties de l’autre. Ils présentent deux enveloppes, l’une exté:, rieure membraneuse, sèche, fragile, d'abord d’une couleur verle-et ensuite roussâtre ; l’autre ligneuse, cassante, blanche; et une amande intérieure recouverte d’une pellicule mince et rougeâtre. Cette amande est d’un vert clair, d'une odeur très- Tégèrement balsamique et d’une saveur oléagineusé fort agréable. Sa couleur exceptée, elle se rapproche beaucoup des amandes douces par toutes ses propriétés physiques et même par sa composition chimique. Leur substance se compose en cffet, comme celle de ces dernières, d'huile douce, de fécule-
ét de mucilage colorés par une matière colorante verte, qui
n’a pas encore été convenablement examinée. : À J’exemple de toutes les semences émulsives, les pistaches doivent, à la fécule qu’elles renferment, des propriétés éminemment nutritives et analeptiques , et, à l'huile douce qu'on en extrait facilement par l'expression , les vertus adoucissantes, relâächantes, émollientes, dont elles jouissent à un haut degré. Soûs ce rapport, elles sont d’un üsagé extrêmement utile dans les maladies chroniques accompagnées de sécheresse, d'amaigxissement et de consomption, telles que la phthisie puimonaire, les suppurations des viscères , les dartres anciennes , le scorbut, les catarrhes anciens et rebelles, et autres affections où il faut à la fois calmer l’irritation des organes malades, et soutenir les forces par un aliment doux et facile à assimiler. Ces fruits ont été particulièrement recommandés contre l’ischurie, la blennorrhagie, les douleurs néphrétiques et autres lésions des voies urinaires. On les donne plus souvent en‘émulsion dans les maladies inflammatoires des poumons et contre
ia toux,
On a cru que les pistaches, qui sont essentiellement adoucissantes et tempérantes, exerçalent une excilation spéciale sur Jes organes génitaux, qu’elles portaient ainsi aux plaisirs vénériens ; et de là les vertus échauffantes et aphrodisiaques qu’on leur a faussement attribuées. Mais il est évident que ces fruits n'échauffent point, et s'ils peuvent exciter aux plaisirs de l'amour, ce ne peut être qu’en agissant à la manière de toutes les substances très-nutritives, c’est-à-dire, en fournissant une grande quantité de matière assimilable à nos organes sécréteurs, et, sous ce rapport, nous possédons dans les œufs; les gelées, les fécules, etc., une foule de substances alimentaires bien plus apbrodisiaques. à
En vieillissant, ces fruits rancissent avec une grande facilité; dans cet état, ils occasionent des rapports et un sentiment d'âcreté dans la gorge; circonstance qui fait qu’on s'en surt Yarement comme médicament, ct qu'on peut les remplacer dans tous les cas, avec avantage, par les amandes douces, les pignons doux et les semences des cucurbitacées, substances beaucoup plus communes, et par conséquent beaucoup plus faciles à se procurer dans l’état frais.
Les pistaches, dépouillées de leur cuticule, sont employées en plus ou moins grande quantité, en émulsion avec l’eau s le sucre et autres substances. Elles entrent dans la composition des tablettes stomachiques de Charas, dans celles de Courrage, dans l’électuaire salyrion et autres compositions pharmaceutiques condamnées à un juste oubli. Elles peuvent servir à la préparation du sirop d’orgcat. Les cuisiniers en composent des pâtes, des crêmes , des gâteaux et des tourtes. Les limonadiers en préparent des glaces et des sorbets; les confiseurs des dragées et des liqueurs de table. Les parfumeurs en obtiennent une huile qui, convenablement aromatisée, est employée à la toilette, sous le nom d'huile antique, et une pâte pour décrasser et adoucir la peau. Enfin, leur enveloppe exhale, quand elle brûle, une odeur très-suave, ce qui pourrait la faire employer comme parfum.
Plusieurs autres espèces de pistachiers fournissent différens produits utiles à Ja médecine, à l’économie domestique et aux arts. C'est ainsi que la térébenthine de Chio ou de Chypre provient du P. terebenthus, et le mastic, du P. lentiscus, substanecs résineuses très-analogues à la résine du pin dont elles partagent toutes les propriétés. |
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(La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle)
. Rameau de fleurs mâles.
. Fleur mâle.
. Rameau de fleur femelle.
. Fleur femelle.
. Fruit coupé en travers:
. Awande,
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