‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 59 sur 81 · PIVOINE · texte numérisé non relu

PIVOINE

’ Î 4 - « Giréc...,.... masyie, nuxvæosdn. Dioscoride.

P&ONIA, folio nigricante, splendido, quæ mas. Bauhin, TlivaË, lib. 8, sect. 5. Tournefort, clas. 6, sect. 6,

c gen. 14. Étoile L@e ue:

Latin... .... PŒONIA OFFICINALIS; fo/iolis oblongis. Linné, polyan-

drie digynie, Jussieu, clas. 13, ord. 1, famille.das pa= pâvéracées, {

Français .... PIVOINE; PIVOINE FEMELLE; PIONE.

Lialien...... PEonrA. ;

Espagnol. ... PEONTA; ROSA DEL MONTE; ROSÂ ALBARDERA.

Portugais ….. PRONIA; ROSA ALBARDEIRA.

Allemand... PFINGSTROSE; KOENIGSELUME.

Anglais... ... RIONx.

Hollandais... PEoNtE.

Danois... ::. PEoN; ciéerrose.

Suédois.. ..: PION.

Polonais... PIWONIA.

Russe.,.... PIONNAIA RosA.

Tütare...... TscHIGENAK.

Calmouc..... TscHunux.

.- La pivoine, avant d’être admise au nombre des plus belles |

leurs de nos jardins, jouissait, depuis longtemps, d’une grande réputation chez les plus célèbres médecins de l’antiquité : elle. était tellement en honneur, par ses prétendues propriétés médicales; qu’on ne la recueillait qu'avec beaucoup de cérémonies superstitieuses. Les poètes ont supposé qu’elle tivait son nom d’un ancien médecin nommé Pœon, qui fit usage de.cctte plante pour guérir Pluton d'une blessure qui lui avait été faite par Hercule: Elle offre pour caractères essentiels : un calice à cinq folioles inégales , persistantes ; cinq pétales et plus, grands, arrondis, sans onglet; un grand nombre d’étamines attachées au réceptacle; deux à cinq ovaires épais, entourés à leur base d’un disque éharnu, couxonnés par des stigmates sessiles, épais, obtus, colorés. Le fruit consiste en plusieurs capsules ovales-oblongues, ventrues, terminées par une pointe droite ou recourbée, à une seule loge, s'ouvrant longitudinalement ; les semences nombreuses, presque globuleuses, lisses et luisantes.

La pivoine officinale, qu'on nomme aussi pivoine femelle ou pione, a des racines grosses, tubéreuses , Charnues, presque fasciculées. Elles produisent une: ou plusieurs tiges hautes d’un à deux pieds, glabres, rameuses , un peu rougeâtres. .

71e. Livraison. Cs

® ( 202 ) Les feuilles sont alternes, pétiolées, ailées, divisées en folioles

presque deux fois £es fol ou en espèces de lobes oblongs, elliptiques où laucéolés ; glabres et vertes en dessus, un peu blanchätres en dessous, un peu incisées au sommet.

Les fleu ts sont grandes , solitaires, terminales, d’un rouge vif. Les fruits consistent en deux ou trois capsules droites , ovales, pubescentes, d'un rouge vif en dedans; les semences noires et luisantes.

-Cette espèce croît naturellement dans les bois et aux lieux Pierreux des contrées méridionales de la France , en Espagne, dans la Sibérie, etc. Elle produit, dans les jardins, de trèsbelles fleurs doubles et de brillantes variétés. (P.)

Les semences (le la pivoine sont inodores et presque insipides : mais ses racines et ses fleurs exhalent une odeur forte ; Puante, cômme vireuse, et offrent une saveur ingrate, amère ct un peu âcre. .

Aucune analyse convenable n’a encore fait connaître la Composition chimique de cette plante. Toutefois on sait que sa racine fournit un extrait aqueux, presque sans odeur et sans saveur, et un extrait spiritueux amer et austère ; tandis que ses fleurs donnent, au moyen de l’eau, un extrait austère, douccâtre, et, à l’aide de l'alcool, un extrait d'une odeur agréable et d’une saveur sucrée. Ses semences fournissent également un extrait aqueux, douceâtre, ét un extrait spiritueux. - Mais comme elles sont susceptibles de former émulsion avec l'eau , il parait qu’elles contiennent en outre de l'huile ct de la fécule. Ce dernier principe existe mêmeen grande quantité dans la racine, puisqu'on en retire de l'amidon. | - Si l’antique réputation d'une plante, les contes merveilleux ct les miracles rapportés en sa faveur suffisaient pour lui don ner de puissantes propriétés médicales , et pour assurer ses succes dans nos maladies , on pourrait se flatter de posséder, dans la pivoine officinale, un des médicamens les plus précieux el les plus héroïques que l’on connaisse! Elle est en effet un des végétaux dont l'art de guérir, encore réd'ait aux pratiques superstitieuses d'un aveugle et méprisable empirisme,a le plus anciennement fait usage. Galien Jui a prodigué. les éloges les plus fastueux contre l'épilepsie, et lui supposait même la propriété de guérir cette redoutable maladie par sa seule suspension au cou du malade. Théophraste , uon moins crédule, exigeait, pour condition, qu’elle eût été eueillie pendant la nuit: Pendant Ies longues ténèbres et la barbarie du moyen âge, les astrologues médecins ajoutaient à ces fables beaucoup d’autres assertions non moins absurdes: Toutefois, à travers les puérilités qui uous ont été transmises

ar les anciens, sur celte plante, on entrevoil quelques traces de la vérité, et quelques faits épars qui semblent y déceler des propriétés réelles.

Ses qualités physiques, en effet, et surtout son odeur repoussante et vireuse la rendent, sous cerlains rapports, susceptible d'agir fortement sur le système nerveux, et de produire par conséquent des effets utiles dans les affections spasmodiques essentielles. C’est en effet contre l'épilepsie, l’ecclampsie et la toux convulsive qu’on s'accorde généralement à lui attribuer le plus d'avantages. Fernel, Willis, Brendel, Tissot ont parlé deses succès dans l’épilepsie, Home assure lui devoir la guérison de deux épileptiques. Mais ces faits, comme on le sent bien, ne suffisent pas pour admettre son efficacité contre une maladie qui exige souvent les traitemens les plus variés. Hippocrate paraît lui avoir reconnu une action spéciale sur l'utérus qui, par ses liaisons intimes avec le système nerveux, reçoit, comme on sait, tant d'influence de la part des antispasmodiques et particulièrement des substances fétides. Tout nous porte donc à croire aux effets sédatifs de cette plante renoncu- Jacée; mais, pour fixer définitivement nos idées sur ses véritables propriétés médicales et sur ses effets consécutifs dans les maladies , il faut attendre da temps et du zèle des médecins observateurs qui honorent notre siècle, que l’action de ses dif férentes paities sur l’économie animale ail été constatée par une série d'expériences cliniques bien faites, et par des observaüons d’une vérité rigoureuse et incontestable,

La racine, les fleurs ainsi que les semences de la pivoine, peuvent être administrées en substance et sous forme pulvérulente, de quinze décigrammes à quatre grammes (un scrupule à un gros). En décoction aqueuse et en infusion vineuse, on en peut porter la dose de quatre à trente-deux grammes (un gros à une once), dans une plus ou moins grande quantité de liquide. On donne quelquefois le suc de la racine récemment exprimé à la dose de trente-deux grammes (une once). On en prépare un extrait, un sirop, une conserve, une teinture qui ‘ ne sont DE a a d'aucun usage. Elle entre également dans la composition du sirop d’armoise, de la poudre de Gutiète, etautres poudres prétendues antiépileptiques, et bien plus propres à favoriser Îes honteuses spéculations des empiriques et des charlatans qu’à guérir de leurs maladies les aveugles victimes de leur cupidité et de leur ignorance,

La pivoine est fréquemment cultivée, dans nos jardins, comme plante d'ornement. Ses fleurs sont très-élégantes et offrent une très-belle couleur pourpre qui flatte aussi agréablement la yue, que son odeur affecte péniblement l’odorat.

(La plante est réduite au tiers de sa grandeur naturelle)

1. Calice, pistils autour desquels on a laissé quelques étamines. 2. Graine de grosseur naturelle.

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