POURPIER
Gran ns. à avdpæyvn. Dioscoride. ‘ 4 PORTULACA ANGUSTIFOLIA SYLVESTRIS ; Baubin, Isyæf,
lib, 7, sect. 6. Tournefort, clas. 6, sect. 1, gen. 2.
Lalin....,.,{porTuLAcA OLERACEA; foliis cuneiformibus, Jloribus
L sessilibus. .Linné, dodécandrie monogynie. Jussieu’,
clas. 14, ord. 4, famille des portulacées.
Francais .... POouRPIER. -
Lialien. ..... PORCELLANA ; PORTULACA.
Espagnol... verDorAcA.
Portugais... BELDROEGA:
Allemand... rorRTuLAK. x
Ænglais..... PURSLANE. |
Hollandais... PoRSsELEIN.
Danois. .... PoRTuLAK.
Suédois... ... PORTULAK.
Polonais..... KURZA NEGA.
Russe....... scnrucxÀ.
Calmouc..... ASsSUN oB1soN.
Persan...... corsa.
Chinois. ..... MA-cHI-HIEN.
- Les Indes orientales nous ont fourni le pourpier. On le trouve également dans plusieurs contrées de l'Amérique. Il s'est depuis longtemps naturalisé dans une grande partie de l'Europe. Son caractère essentiel consiste dans un calice bifide, persistant, comprimé; cinq pétales; six à douze étamines ; un ovaire supérieur , quelquefois adhérant par sa base avec le calice; un style court, à quatre ou cinq stigmates.
Le fruit est une capsule ovale, à une seule loge, s’ouvrant transversalement en deux parties, renfermant des semences nombreuses, adhérentes à cinq placenta situés au centre.
Ses tiges sont couchées ou un peu redressées, lisses, tendres, charnues et rameusés ; les rameaux alternes , axillaires.
Les feuilles sont alternes, charnues, très-épaisses, lisses, glabres, un peu oblongues , très-obtuses, en forme de coin, et rétrécies en pétiole à leur base, caduques, plus petites dans les individus sauvages; les feuilles supérieures plus- petites et P'eSque rapprochées en verticille, surtout dans les individus cultivés, au centre desquelles naïssent ensemble plusieurs fleurs, petites , sessiles, qui s’ouvrent à onze heures du matin et se ferment vers deux heures de l'après-midi.
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5 calice est divisé en deux valves; la corolle jaune; le nombre des étamines varie de huit à douze : les capsules sont ovales, un peu coniques.
Dans les individus cultivés, on distingue plusieurs variétés, les unes à feuilles larges, plus grandes; les autres d’un vert
jaunâtre qui domine dans toute la plante, Celle-ci porte le nom de pourpier dore: (P.)
Le pourpier est dépourvu d’odeur; il offre une saveur acide mucilagineuse et un peu âcre, Toutefois cette légère âcreué disparait par la coction, et alors il est purement mucilagineux et acide, Ses qualités résident essentiellement dans le suc aqueux et fort abondant que renferment ses tiges et ses feuilles. On ne s'est pas encore convenablement occupé de son analyse chimique; de sorte que l'on sait bien qu'il renferme beaucoup de mucilage et un acide, mais on ignore complétement la nature particulière de ce dernier.
Cette plante, ainsi que son suc récemment exprimé, jouissent manifestement des propriétés rafraîchissantes, adoucissantes et laxatives ; propriétés en vertu desquelles elle a été recommandée dans diverses maladies aiguës eLinflammatoires. Toutefois, comme la matière médicale abonde en plantes de la même nature, et dans lesquelles ces propriétés sont mème plus développées et exemptes du principe âcre qui leur est associé dans le pourpier, on y a rarement recours.
. Quelques auteurs parlent cependant avec éloge de ses bons effets dans les inflammations des viscères abdominaux, dans lés affections bilieuses aiguës, dans la strangurie et autres ma- . ladies semblables, où il s’agit de calmer une iritatien plus ou moins vive. Son usage a même été particulièrement recommandé dans le scorbut, où l'expérience a prouvé que toutes les substances mucilagineuses , sucrées et acides, sont d’une si grande utilité. Les semences de cette plante grasse, de nature oléagineuse, et placées parmi les quatre semences froides , étaient regardées, par Hippocrate, comme emménagogues. Elles ne peuvent cependant exciter ou favoriser l'écoulement menstruel, comme on le sent bien, que dans les cas où l'utérus est le siége d’une irritation, ou dans unétat de surexcitation vitale ; et dans ceux où la suppression des règles serait due à un état pléthorique. Et alors ne scrait-il pas nécessaire de recourir à des moyens plus directement débilitans? Murray rapporte que les Suédois, pour détruire leurs verrues ; les frottent avec les feuilles de pourpier écrasées. Mais le suc de ces feuilles est trop peu énergique, et on peut dire trop Inerte, pour que ces excroissances cutanées cèdent souvent à un semblable moyen.
On pourrait administrer le pourpier, en décoction convenanablement édulcorée. Son suc exprimé a été donné à la dose de soixante-qualre à cent vingt-huitgrammes, (deux à quatre onces). LI fait ordinairement partie des sucs et des bouillons d'herbes que beaucoup de médecins prescrivent, el que beaucoup de mulades crédules avalent au printemps, sous Îe vain et ridicule . prétexte de purifier le sang, de désobstruer les viscères , etc., expressions vides de sens, et déplorables restes d’une ductrine eutièrement erronée.
Comme aliment laxatif et rafraichissant, le pourpier figure avec avantage parmi les plantes oléracées, et s'emploie souvent dans diverses préparalions culinaires. [l est vrai que, mangé en grande quantilé, surtoul dans l'état de crudité, il peut rendre la digestion pénible. et même produire un trop grand relichement du ventre, ainsi que Rai l’a observé. Mais, mangé avec modération, particulièrement lorsqu'il est cuit à l'eau et assocré à nos autres alimens, il esttrès-salutaire, surtout en été et dans les pays chauds, ainsi qu'aux tempéramens bilieux, aux constitutions sèches et irritables, el aux sujets qui s’exercent beaucoup. Dans toutes sortes de circonstances , il a même l’avantage de modifier et d’affaiblir l'excitation trop vivequeproduisentsouvent, dans l'appareil digestif, les viandes et les mets épicés dont on se gorge souvent outre mesure. C'est ainsi qu’on le mange dans la soupe, en salade, ou cuil à l’eau et associé au beure, au lait, au sucre, au vin, aux jus de viandes, et à différentes espèces de sauces. On le confit, en outre, à la manière des cornichons, avec le vinaigre, le poivre, le sel, le thym et autres aromates, et on le conserve ainsi pour s'en servir, pendant l'hiver, à différens usages culinaires.
( La plante est représentée de grandeur naturelle )