‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 68 sur 81 · POULIOT · texte numérisé non relu

POULIOT

Grec. .ssss. YANXOVe Dioscoride. .

PULEGIUM LATIFOLTUM; Bauhin, Hiva , lib. 6, sect. 4.

MENTHA AQUATICA, Seu PULEGIUM VULGARE; Tourne=

fort, clas. 4, sect. 2, Sen. 10. j ï

Latin... .....{ MENTHA PULEGIUM; f/oribus verticillatis, foliis ovalis obtusis subcrenatis, caulibus subleretibus repentibus , staminibus corollis longioribus. Linné, didynantue gymnospermie. Jussieu, clas. 8, ord. 6, famille des lubices.

Français..... POULIOT; AVOLON: ”

Îtalien ...... PULEGGIO.

Espagnol... POoLEo.

Portugais... PORTO.

Allemand... POLEY.

Anglais... ..… PENNYROYAL MINT.

Hollandais... POLEY.

Danois...... POLEY-

S'uédois.....+ POLEJA: %:

Polonais . ..+ POLEY.

Hongrois..... CSOMRBOR.

Chinois. ....+ PO-HO.

Le pouliot, range parmi les menthes, participe à leur odeur aromatique, et croît avec la plupart d’entre elles, aux lieux humides, sur le bord des fossés et des étangs. Son caractèreessentiel étant le même que celui de la menthe, je ne le répéterai pas ici.

Ses racines sont dures, un peu grèles, traçantes, blanchätres et fibreuses. 11 s’en élève plusieurs tiges grêles, rameuses, quadrangulaires, longues de huit à dix pouces et plus, quelquefois rougeâtres, un peu velues , couchées, puis redressées à l'époque de la fleuraison.

Les feuilles sont opposées, médiocrement pétiolées, ovales, assez semblables à celles de l’origan, longues de six à douze lignes, médiocrement dentées, nerveuses et parsemées de quel: ques poils rares.

Les fleurs sont pédonculées, purpurines ou de couleur rose, quelquefois blanches, réunies par verticilles denses, axillaires, distans, diminuant de grosseur à mesure qu'ils approchent du sommet, occupant une grande partie des tiges, et formant par leur ensemble des épis droits.

Le calice est tubulé, rougeâtre, un peu velu , à cinq petites dents ciliées, inégales, fermé par des poils pendant la maturation.

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La corolle cstune fois plus longue que le calice, pubescente en dehors ; Ja lèvre Supérieure entière ; les étamincs très-saillantes ; l’unc des quatre semences souvent avortée. (P.)

Cette plante est remarquable par une odeur fragraute, comme spiritueuse, et par une saveur aromatique, chaude, comme campbhrée, qui répand un sentiment de chaleur dans l'intérieur de la bouche et du pharyux. Elle contient une huile volatile très-fragrante et brûlante , une certaine quantité de camphre, et probablement aussi certains principes de la nature de l’extractif, dont l’eau et l'alcool s'emparent également, en acquérant ainsi, jusqu’à un certain point, les propriétés de la plante elle-même,

Ces qualités physiques établissent, comme on voit, üne grande analogie eutre le pouliot et la menthe poivrée, de laquelle il se rapproche égaiement par ses propriétés médicales. Comme elle, il excite vivemerit la plupart des appareils, soit de la vie animale, soit de la vie organique : il paraît même agir avec plus d'énergie. C’est ainsi, au rapport de Haller, que cette plante, appliquée à demeure sur la peau, l'irrite au point d’y déterminer l’ulcération. introduite dans l'appareil digestif, elle produit un sentiment de chaleur dans lestomac, augmente l'action de ce viscère et celle de l'intestin ; circonstances qui Jui ont fait accorder, à juste titre, des propriétés toniques et échauffantes, et avec beaucoup moins de raison, les Litres de stomachique et carminative. Quelquefois elle agit, soit directement, soitsympathiquement sur la peau, et provoque la transpiration; d’autresfois elle dirige son action sur les reins et excite la sécrétion des urines; plus souvent, elle active l’exhalation bronchique et favorise ainsi l’expecto- Fe là, les vertus diaphorétiques, diurétiques et béchiques dout elle a été décorce. Les anciens, et Galien entre autres, avaient particulièrement remarqué son action sur l’utérus, et la mettaient ainsi au rang des emménagogues et des antihystériques, place que plusieurs modernes lui ont conservce. Enfin, c’est par suite de son action vive ct instantanée , sur le système nerveux, qu'elle est généralement reg: rdée comme antispasmodique, et recommandée contre l’hysténie, l'asthme, la toux convuisive et autres affections nerveuses.

… L’extrème diffusibilité des principes du pouliot rend en effet cetté plante tres-propre à porter rapidement son action dans toute l’économie et à stimuler tous nos organes. Qn pourrait par conséquent administrer son infusion alcoolique avec succès, si on manquait d’autres moyens plus puissans, dans la syncope, l’asphyxic et la paralysie. Elle pourrait être égalemeni ulile dans les flatuosités, la goutte atonique et l'hypo-

(243) condrie. On en fait plus particulièrement usage dans le traitement de l’aménorchée, de l'hystérie et de l’asthme.

La toux convulsive est de toutes les affections spasmodiques, celle contre laquelle on a le plus recommandé cetle espèce de menthe. Ray, Boyle, Sauvages, ont attribué une cfhcacité particulière à son infusion aqueuse contre ces affections. Werlhoff, il est vrai, n’en a retiré aucun effet. Cullen avoue même que le pouliot lui a paru nuisible dans la coqueluche, ainsi que tous les échauffans. Maïs peut-être que cette différence , dans les résultats de l’action du pouliot, tient à la diversité des circonstances concomitantes dans lesquelles se trouvaient les malades. Il faut, en effet, se ressouvenir sans cesse que cette plante est essentiellement stimulante, et que si elle convient lorsque la toux convulsive et autres affections que je viens d'indiquer, sont accompagnées d’atonie et exemptes de phlogose et d’irritation, on ne pourrait l’employer, sans inconvénient, dans les circonstances contraires, et surtout lorsque il y a un état pléthorique, ou uné excessive sensibilité de certains organes, ainsi que cela a lieu ordinairement pour l'utérus, dans la plupart des hystéries et des suppressions menstruelles; et comme cela paraît aussi avoir eu lieu dans les coqueluches dans lesquelles les auteurs cités ont administré cette plante.

Cette menthe se donne à dose variable, en infusion théiforme. Son infusion vineuse peut être administrée de soixante à cent quatre-vingt grammes (deux à six onces) en plusieurs prises. Son huile volatile se donne à la dose de deux à six gouttes, dans un excipient approprié, tel que le sucre, un jaune d'œuf, un looch, une émulsion. La dose de son eau dis-tillée est de trente-deux à cent-vingt grammes (environ une à quatre onces ) dans une potion convenable. Le sirop qu'on en prépare se donne à trente et soixante grammes (environ une à deux onces) et au-delà.

Chez les Grecs, le pouliot était employé aux usages culinaires, et servait comme condiment à assaisonner les substances alimentaires.

EXPLICATION DE LA PLANCHE 282, é

(La plante est représentée de grandeur naturelle)

1. Feuille (moitié) vue en dessus » Pour faire voir les glandules qui lapis— sent sa surface,

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