CCLXXXI V
PRIMEVÉRE.
VERBASCUM PRATENSE ODORATUM; Baubin, TuaË, . hib.6, sect. 6. ; S PRIMULA VERIS HORTENSIS; flore luleo, umbellalo, Latin .......4 Tournefort, clas. 2, sect. 2, gen. 2. PRIMULA VERIs; folis dentatis rugosis. Linné, pentandrie monogynie. Jussieu, clas. 8, or. 1, famille des lysimachies.
Français... PRIMEVÈRE ; PRIMEROLLE; COUCOU.
Ltalien....,.. PRIMAVERA; PRIMOLA.
ÆEspagnol..... PRIMAVERA; HIERBA DE SAN PABLO. Portugais... PRIMAVERA.
Allemand.... PRIMEL; SCHLUESSELBLUME- Anglais: .... OKLIPS; PRIMROSE.
Hollandais... SLEUTELBLOEM.
Danois... :... OREDRIF.
Suédois. ..... "OKELAEGG.
Polonais..... BUKWICA BIALA:
Russe. …..:. BURWIZA.
Les bois, les prés humides, le bord des ruisseaux, sont parés, au retour de chaque printemps, de nombreuses primevères. Sous les noms de coucou, de brayettes, de primerolles , elles nous reportent à cet âge dont l’agréable souvenir nous attache à tous les objets qui ont contribué à ses amusemens. { :
La primevère ne se distingue essentiellement des androsace que par le tube de sa corolle dépourvu de glandes à son orifice. Son calice est tubulé, persistant, à cinq dents : le tube dela corolle cylindrique; le éibe à cinq lobes échancrés au sommet; cinq étamines renfermées dans le tube; un ovaire supérieur ; ün style filiforme; le stigmate globuleux. Le fruit est une capsule polysperme à une seule loge, s'ouvrant au sommet en cinq ou dix valves peu profondes. Les semences sont nombreuses, attachées à un placenta libre et central. ,
Ses racines sont composées d’une souche grosse, un peu rougeâtre, odorante, garnie de longues fibres presque simples, blanches et charnues, Elles produisent des feuilles toutes radicales, ridées, ovales-oblongues, épaisses, obtuses, plus ou moins pubescentes, un peu blanchâtres en dessous, dentées à leurs bords, rétrécies en pétiole à leur base.
74°. Livraison. a.
Du centre des feuilles s'élèvent une ou deux hampes droites, nues, cylindriques ,.un peu pubescentes, longues de quatre à cinq pouces, lerminéés pat uné ombeélle de fleurs odorantes, 1 en Es , pendantes, munies, à la base des pédicelles,
‘une sorte d'involucre à folioles courtes , Subulées.
Leur calice est d’un jaune pâle renflé, à cing angles saillans, à cinq dents courtes et obtusés ; le tube de la corolle renflé, de la longueur du calice; le limbe concave, à cinq lobes courts, d’un jaune pâle, marqués de cing:taches oranges; l'ovaire arrondi; la capsule glabre, ovale-oblongue; les semences brunes, ridées.
On avait confondu , comme variétés, avec cette espèce, Je primula elatior et le primula acaulis seu grandiflora. La première, distinguée par son calice, au moins d’un tiers plus court que celui de la corolle, a cinq dents très-aigués; Jes hampes plus longues ;.es fleurs inodores. La seconde-a ses {leurs portées par des pédoncules sim les, velus, uaiflores ; quelquefois réunis à leur base en forme d'ombelle; les calices aussi longs que le tube de la corolle; celle-ci est d’un jaune de soufre, son limbe plane, à cinq grands lobes. ;
Les oreilles d'ours, cultivées dans nos jardins, appartiennent également aux primevères. MP)
La racine de cette plante exhale; dans l'état frais, une odeur fragrante; comme amisée, ét offre une saveur légèrement astringente et un peu amère;.ses feuilles, dont le goût est purement herbacé, sont à peu près inodores : mais ses fleurs, dont la saveur est douce, sont remarquables par la sua vité de leur arôme, Cartheuser en a retiré un: quart d'extrait aqueux et environ un sixième d'extrait résineux. Du reste, les-chünistes n’ont pas cherché à déterminer la nature de son principe aromatique dont l’eau et l'alcool s'emparent également, ni de ses autres matériaux immédiats. 6h30
La primevère, comme toutes les, substances fragrantes; exerce une action manifeste sur le système nerveux, et par conséquent sur le cerveau: Elle parait même produire une sorte de sédation dans quelques.cas, à la mamière des. excitans diffusibles , parmidlesquels elle se place naturellement. Sa racine , qui excite particulièrement Ja pituitaire ; a été ecommandée comme sternutatoire,. sous forme pulvérulente. RE vant Boerhaave, son infusion accteuse, introduite par PRESS tion dans-les fosses nasales , aurait, dans certains Cas, sets la douleur de dent. Chomel attribue aussi à cette racine : propriété de faire disparaitre les seutigess I Re er autres symptômes nerveux qui résultent de la suppre
règles.
(ait ) EUR:
L'herbe ou la plante entière à été également PRéConsee contre les affections nerveuses , et pneu Se l'apoplexie , le balbutiement, | hémiplégie ct la para ne F nom d'herbe à paralysie, primula paralyseas, sous leque elle a été désignée par quelques auteurs, indique rnème , sinon son efficacité dans cette maladie, au moins la haute opinioa qu'on a eùe jadis de ses prétendues vertus antiparalytiques. Matthiole attribue hbéralement, à l’infusion de cette plante, appliquée en onction sur la tête, la propriété de dissiper a. céphalalgies rebelles, effet que Raÿ accorde aussi au suc des feuilles et des fleurs pris intérieurement aans du Jait. 1à.
Ces dernières, privées de leur calice, sont méme genera er ment regardées comme les parties les plus actives de la pe mévère, ét comme essentiellement nervines, Re hypuotiques. Bocrhaave et Linné leur reconnaissalent la aculté de calmer la douleur, de provoquer le sommeil, et d'opérer même différens phénomènes sédatifs. Suivant Bergius, leur infusion aurait été employée utilement contre Îles douleurs rhumatismales. :
Que conclure de toutes ces assertions en faveur de la primovère, si ce n’est que les succès qu’on lui attribue sont loin d'avoir été constatés par un assez grand nombre d observations, et que les éloges qu’on lui a donnés sont au moins exagérés. Si, à défaut de faits précis et d'observations cliniques, on voulait juger de son action d’après ses qualités physiques, on pourrait même la regarder comme une plante trèspeu active, peu digne par conséquent de figurer parmi les médicamens, et susceptible d’être expulsée de la matière médicale sans inconvénient , ainsi que l'ont fait Cullen, Peyrilhe et autres habiles observateurs.
La primevère entière, ou ses fleurs seules, se donnent en infusion, à la dose d’une poignée sur uu litre d’eau. Leur eau distillée peut être prescrite de trente-deux à soixante-quatre grammes (une à deux onces) et plus, dans un julep ou une potion approprite. On en préparait jadis uue conserve et un sirop qui ne sont plus en usage. | à
L’infusion théiforme de ses fleurs, d’une belle couleur d'or et d’une odeur très-agréable, est quelquefois en usage comme boisson diététique. Dans quelques contrées, on soumet cette liqueur à la fermentation, en y ajoutant du sucre ou du mielet des cilrons,et on en prépare ainsi une liqueur acide et vincuse, assez agréable et fort utile pendant l'été,
( La plante est réduite x La moitié de sa grandeur naturelle )
1. Pistil et corolle onverte appartenant à l’individu figuré,