‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 72 sur 81 · PRUNIER · texte numérisé non relu

PRUNIER

Grec... ...... noxxüunna. Dioscoride. ’ rrunus. Bauhin, NuvaË, lib. 11, sect. 6. Tournefort, clas. 271, sect. en. I.

Latin. .......4 PRUNUS A Ro pedunculis subsolitariis, foliis lanceolato-ovalis convolulis, ramis muticis. Linné, 1co- F -sandrie monogynie. Jussieu, clas. 14, ord. 10, famille des rosacées. | Francais ..... PRUNIER.

Tialien........ PRUGNO.

Espagnol. .... CIRUELO.

Portugais..... AMEXIEIRA.

Allemand .... PFLAUMENBAUM.

Anglais. ..... PLUM-TREE.

Hollandais.... PRUIMBOOM.

Danois....... BLOMMER.

Suédois ...,.. PLOMMON. / Polonais. ..... SLIWINA.

Russe... .:.. SLIWNIK.

Hongrois. ..., SZILVA.

rer ce MERE Arménien. .... DAMBUT.

Georgien..... KLIAWI. Arabe, ...... BARKUE.

Le prunier sauvage, que Linné a désigné sous le nom de prunus insitiæ , est très-probablement le type de tous nos pruniers domestiques, auxquels il sert de greffe, et que l’on cultive. depuis très-longtemps. Linné a réuni dans le même genre le: prunier et le cerisier. Ils ne diffèrent, en effet, que par quelques particularités dans les fruits. Ceux du cerisier sont glabres, jamais couverts de poussière glauque; le noyau est lisse, arrondi, marqué latéralement d’un angle peu saillant. Les fruits du prunier sont couverts d’une poussière glauque ; leur noyau est ovale ou oblong, comprimé, aigu au sommet, un peu raboteux ; sillonné et anguleux vers ses bords.

Le calice est concave, caduc,à cinq lobes; il renferme cinq pétales insérés sur le calice, ainsi que des étamines en grand nombre; un ovaire supérieur, surmonté d’un style et d’un - stigmate orbiculaire. Le fruit est un drupe contenant, dans une enveloppe pulpeuse, un noyau monosperme.

Le prunier est un arbre d’une médiocre grandeur. Son bois est rougeâtre, agréablement veiné; son écorce brune et cendrée; ses rameaux étalés ; les feuilles altérnes, longuement

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(254) pétiolées , ovales-oblongues, d’un vert sombre en dessus, blanchâtres et pubescentes en dessous, fortement dentées à leurs bords. , Les fleurs sont blanches, solitaires, pédonculées; le calice un peu réfléchi; les fruits ovales, d'une grosseur médiocre, ’ , . ao PATE d’une saveur acerbe, excepté dans les individus cultivés. . Les varidtés du prunier culuvé sont tres-nombreuses et men-

tionnées dans tous les ouvrages d'agriculture. Le prunier sau- |

vage a ses feuilles plus ovales, moins alongées, roulées à lenrs bords; ses fleurs ordinairement géminées, ses rameaux épineux à leur sommet dans leur vieillesse.

On distingue encore le prunier epineux, abrisseau assez commun dans les haies, diffus, très-rameux, souvent en buisson; ses feuilles sont petites, ovales, dentées; ses fleurs solitaires, se montrant avant les feuilles; ses fruits petits, d'un

bleu foncé, connus sous le nom de prunelles. (P.) .. Dans l’état agreste et sauvage, les fruits de cet arbre ont une saveur farineuse et acerbe; mais, modifiés par la culture et par la greffe, quel que soit le grand nombre de, variétés qu'ils présentent, sous le rapport du.volume, de la.forme, de la couleur, de leur odeur, de leur saveur, et du degré de consistance de leur parenchyme, ils deviennent pulpeux, succulens, acquièrent quelquefois un arôme uès-suave, .et toujours une saveur douce, sucrée, légèrement acidule,. et trèsagréable. Leur pulpe, dans tous les cas, renferme un noyau dur et ligneux, dans l’intérieur duquel se trouve une amande dont la substance blanche èt amère contient de l'huile douce, du mucilage, et une certaine quantité d'acide prussique, cause de son àmertume. Leur pulpe succulente se compose de mucilage ; de sucre, el d’une certaine quantité d'acide végétal.

En vertu de la présence de ces principes constituans, la pulpe des prunes jouit de propriétés éminemment nutritives , analeptiques, rafraîchissantes, adoucissantes, relâchantes ct légèrement laxatives. Il en résulte que la décoction de ces fruits

ourrait être employée avec autant d'avantage que toute autre

dissolution mucilagineuse et sucrée, dans les maladies fé-:

briles, dans{les phegmasies et autres affections aiguës qui réclament de semblables moyens. Il n’est pas douteux qu elle serait plus utile dans les angines, les catarrhes , les diarrhées, la dysenterie, et dans les affections inflammatoires de l'appareil urinaire, que la plupart des tisanes , aussi fastidieusement composées que désagréables, dont on ne cesse, pour l'ordinaire, de fatiguer les malades. On pourrait également en faire usage dans la phthisie pulmonaire, et autres affections organiques du

è e, avec bi Lcè cette foule de même genre, avec bien plus de succès que de

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baumes , de racines, et autres substances exotiques chèrément payes, qui, le plus souvent, ne font qu’aggraver celte terrible maladie, et accélérer sa funeste terminaison. Toutefois, on a rarement recours aux prunes fraiches, comme médicament , peut-être parce qu'elles ne se conservent, dans cet état, que très-peu de Lemps. On n'en fait usage, sous ce rapport, que lorsqu'elles ont été deiséchées; et alors il paraît qu’elles sont plus particulièrement laxatives, et employées de préférence dans les ardeurs d'entrailles, contre Ja constipation, dans les embarras gastriques, les fièvres bilieuses , et aulres irritations intestinales. .: EL : Quoique les prunes, par leurs qualités alimentaires et adoucissantes , occupent un rang distingué parmi les fruits d'été, et constituent un aliment très-agréable et très-salutaire, il règne contre elles, dans le monde, un préjugé d'autant plus injuste, qu'il est fondé sur une erreur; On les accuse d’occasioner la dysenterie, tandis que leur usage modéré, lorsqu'elles sont. bien mûres, peut êlre considéré, non-seulement comme un moyen de guérir, mais encore comme un des plus puissans moyens de prévenir cette af'ection intestinale, Sans doute que ces fruits, lorsqu'ils sont prématurés, à cause des qualités âpres et acerbes qu'ils présentent, dans cet élat, peuvent, quand on en mange surtout en trop grande quantité, produire des diarrhées, la dysenterie , et même d’autres maladies ; mais lorsqu'elles sont mûres, et prises avec modération, leur usage ne peut être que salutaire, et particulièrement exempt des accidens qu’on lui a faussement attribués. Comme aliment diététique, on pourrait même en retirer un grand avantage, nonseulement dans plusieurs affections de l'appareil digestif, mais encore dans le storbut, les dartres, la lèpre, et autres maladies chroniques de la peau, que les anciens humoristes attribuaïent à l’acrimonie des humeurs, Prises en grande quantité, et pendant. longtemps, les prunes fraîches, suivant le judicieux Peyrilhe, produisent quelquefois des effets merveilleux dans les affections chroniques chaudes; et je ne doute pas qu’elles ne soient, dans beaucoup de cas, infiniment plus salutaires que cette foule de spécifiques ridiculement préconisés par des dupes ou par des fripons. |

Les prunes, soit fraîches, soit sèches, peuvent être administrées en décoction dans l’eau, en quantité variable, selon les circonstances. On sent qu’un excès de dose ne peut être suivi d'aucun accident. Leur pulpe peut se donner à la dose de plusieurs onces dans l’espace de vingt-quatre heures. Leurs amandes sont quelquefois , à cause de leur amertume, ajoutées, en pelite quantité, aux semences dont on prépare les

( (256 ) émulsions, pour donner à ces préparations médicamenteuses, une légère amertume propre à en favoriser la digestion.

Les variétés les plus estimées de ce fruit, telles que la reineclaude, le damas-violet, et quelques autres, font l’ornemenit et les délices de nos tables pendant lété. Les cuisiniers en pré parent des marmelades, des compotes, des tourtes, et autres mets d'excellent goût. Les confiseurs en font des dragées, des pâtes , et autres bonbons; on les confit au sucre, on les conserve dans des sirops, dans l’eau-de-vie, et autres liqueurs, pour le service des tables. Mais leur usage le plus commun et le plus utile, est d’être transformées en pruneaux. Pour cela , on les dépouille de leurs noyaux, on les aplatit, on les fait sécher au four, et on les renferme dans des caisses, où on les conserve pour l’usage et pour les livrer au commerce, Dans cet état, les prunes se mangent plus particulièrement cuites à l'eau, et, alors, elles constituent un aliment laxatif et rafraichissant , d’un usage très-répandu et très-avantageux.

En fermentation avec l’eau, les prunes fraîches forment une’ liqueur vineuse et acidulée, dont on peut retirer de l’alcoolpar la distillation. k

Leurs amandes, à raison de leur amertume, peuvent être employées comme condiment dans les mets doux, fades et sucrés, pour en relever le goût et en faciliter la digestion. Mais il ne faut pas perdre de vue, que l'acide prussique, auquel elles doivent leur amertume, les rend vénéneuses, et: qu'on ne doit ainsi les employer qu'en très-petite quantité.

La gomme jaunâtre et transparente, qui suinte, sous forme: de gouttes ou de larmes, de l'écorce du prunier, a toutes les: propriétés de la gomme arabique, et pourrait être employée. aux mêmes usages. 22 |

(La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle)

“ 1. Fleurs.

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