‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 73 sur 81 · CCLXXX VI PULMONAIRE · texte numérisé non relu

CCLXXX VI PULMONAIRE

SYMPHYTUM MACULOSUM, Sive PULMONARIA LATIFO* LIA. Bauhin, IHivaË, lib. 7, sect. 2. 6

PULMONARIA VULGARIS LATIFOLIA; flore albo. Tourne-

HALUIDS « sietele se fort, clas. 2, sect. 4, gen. 5. ;

PULMON ARIA OFFICIN ALES ; foliis radicalibus ovato-cordatis scabris. Linné, pentandrie monogynie. Jussieu, clas. 8, ord. 9, famulle des borraginées.

Francais..,... PULMONAIRE.

Italien. ...... POLMONARIA.

Espagnol. .... PULMONARIA.

Portugais..... PULMONARIA.

Allemand... LUNGENKKAUT; OFFICINELLES LUNGENKRAUT, Analaisie de : COMMON LUNGWORT:

Hollandais. ... LONGEKRUID.

Danois. .....+ LUNGEURT.

Suéllois.. ..... LUNGOERT.

Polonais. ;.... PLUCNIK.

Russe........ MEDUNIZA:

Bohémien..... PLIONIK.

Tatare.. "IN ROINIER.

. Des taches d’un blanc livide , éparses sur les feuilles de cette plante, et que l’on a comparées aux abcès qui affectent le poumon, lui ont fait donner le nom de pulmonaire , et soupçoaner qu’elle pouvait être favorable dans les maladies qui attaquent cet organe. Des idées plus justes éclairent aujourd’hui la science médicale. |

Le caractère essentiel de la pulmonaire consiste dans un calice à cinq angles, à cinq lobes; une corolle en entonnoir ; le tube nu à son orifice; le limbe à demi-ouvert, partagé en cinq Jobes obtus : cinq étamines insérées un peu audessous de l’orifice du tube; les anthères droites et conniventes ; un ovaire. supérieur, à quatre lobes; un style, le stigmate échancré : quatre semences ( quatre noix) placées dans le fond du calice persistant.

Ses racines sont composées de grosses fibres fasciculées, presque simples, chargées d’un grand nombre de filamens très-déliés : il s’eñ élève des tiges droites, hautes d'environ un pied, médiocrement rameuses, velues, un peu anguleuses.

Les feuilles radicales sont ovales, pétiolées, deécurrentes sur les pétioles, hérissées de poils courts, parsemées de taches blanchâtres; les feuilles caulinaires alternes, sessiles, plus

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LA (458.327 alongées, plus étroites, très-entières, quelquefois sans taches, traversées par une nervure simple.

Les fleurs sont disposées en un bouqüet terminal, un peu lapin peu nombreuses, sessiles sur les ramifications ; eur calice est hérissé de petits tubercules, divisé en cinq dents aiguës; la corolle rougeûtre, de couleur bleue dans sa vicillesse; le tube au moins de la longueur du calice, Cette plante croît au printemps, dans les bois. (P.) La pulmonaire est entièrement inodore. Sa saveur est herbacée et un peu mucilagineuse, La couleur noire que prend son infusion, quand on y verse du sulfate de fer, y décèle la présence d’un principe astringent. Maïs ce principe y est en si petite quantité, qu'il ne fait aucune impression sur nos organes ; de sorte qu’on peut la considérer comme essentiellement composée d’un mucilage visqueux. Toutefois, on a remarqué qu’elle donne, par la combustion, un septième de son poids de cendres très-amères et abondantes en potasse. A raison de sa qualité mucilagineuse, plusieurs auteurs lui ont reconnu des propriétés adoucissantes, émollientes et humectantes. Mais il faut avouer que ces propriétés y'sont bien faiblement développées, et qu’elle ne peut point ainsi soutenir la concurrence avec les malvacées et autres substances végétales exclusivement mucilagineuses et émollientes, qu’on doit par conséquent lui préférer toutes les fois qu’il est nécessaire d'opérer une médication atonique. Cependant, on lui a prodigué les épithètes de pectorale, béchique, et on l’arecommandée, en conséquence, contre les maladies de poitrine. On lui a également attribué, sans doute à cause des traces de stypticité qu’elle présente, de prétendues vertus agglutinatives , vulnéraires, ct, par suite, une sorte d'efficacité contre les plaies. Mais, si sa décoction aqueuse peut être employée au pansement de ces sortes de lésions , avec plus d'avantage que les spiritueux, les astringens, les résines , les baumes, et autres prétendus vulnéraires qui ne font en général que retarder leur guérison , et que les progrès récens de l’art de guérir ont enfin bannis de la pratique chirurgicale; il n’en faut pas moins conyenir, qu'elle eut y être remplacée, avec avantage, comme topique, par us pure, le seul et le véritable vulnéraire par excellence. A l'égard des éloges qu’on lui à prodigués contre les affections thorachiques, el het contre l’hémoptysie et.la phihi- “sie pulmonaire, ils ne reposent sur aucune observation précise. Spiélmann, Murray, Peyrilhe, Alibert, et beaucoup d'autres, conviennent même qu'elle ne peut y avoir eu que des succès illusoires, Maïs les feuilles de cette plante présentent des taches comme grisâtres, qui ressemblent grossière-

meat à celles qu’on remarque à la surface des poumons sains, et cette légère analogie a saffi à l'imagination active et peu réglée de certains auteurs du moyen âge, pour Ja proclamer comme le remède par excellence des maladies des poumons, dont elle a ainsi emprunté le nom. |

Cette plante a été administrée, soit en infusion , soit en décoclion, à la dose d’une poignée dans un litre d’eau. Mais , au total, elle est une de celies dont la matière médicale pourrait le plus facilement se passer; et, de nos jours, les medecins éclairés y ont rarement recours.

On emploie quelquefois, sous le nom de pulmonaire, le lichen pulmonarius, qui, à l'exemple du lichen d'Islande, contient beaucoup de mucilage nutritif et du tannin, et offre une saveur muqueuse, très-amère.-Cctte dernière qualité le fait employer avec succès, dans plusieurs contrées, en guise de houblon, à la fabrication de la bière. Il jouit, du reste, des mêmes propriétés médicales que le lichen d’islande, et, comme lui, il a été particulièrement recommandé dans les maladies chroniques des poumons, où il ne convient guère, toutefois, que lorsqu'il a été dépouillé, par l’eau, de sa qualité amère,

( La plante est représentée de grandeur naturelle)

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. Feuille radicale au trait.

. Cülice.

. Pistil.

+ Tube d'une corolle, ouvert, eu sommet duquel sont insérécs les étamines.

. Étamine grossie.

+ Galice ouvert, contenant quatre graines mûres. . Graine isolée.

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