‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 77 sur 81 · CCLXX X VIII · texte numérisé non relu

CCLXX X VIII

QUINQUINA OFFICINAL.

(CINCHONA cONDAMINEA ; fois *ovali-lanceolatis, nilidis, infra ad axillas nervorum scrobiculatis ; corolla Latin.......{ limbo lanalo; staminibus inclusis ; capsulis ovatis. Es: Humboldt et Bonpland ; pentandrie monogynie. Jussieu, .cläs. 17, ord. 2, famille des rubiacées.

Ærançais..'..: QUINQUINA OFFICINAL.

tilien. ere: NCHINA.

Æspagnol.. .. QUINA, QUINA DE LOJA; CASCARILLA FINA. Porlugais.... QUINA DE LOJA.

Allemand... OFFICINELLER CHINABAUM.

Anglais... PERUVIAN BARK-TRPE.

Hollandais... KINABOOM.

Danois...... KINATREE.

Wuédois...... KINATRAED.

«+ Cette écorce précieuse, connue sous le nom de quinquina , découverte au Pérou, vers l’an 1638 , est fournie par plusieurs espèces d’arbres du même genre, auxquelles il est difficile de ‘apporter, avec certitude, les diverses sortes de quinquina répandues dans le commerce. Il est même très-probable que Von a confondu beaucoup dé variétés de quinquina produites ‘par le même arbre, dépendantes de l’âge, du so, du climat ‘et des parties de l'arbre sur lesquelles les écorces ont été ré- -coltées, et que l’on a cru appartenir à des arbres différens.

Ce genre, nommé cinchona par Linné, offre pour carac- “tère essentiel : un calice persistant , à cinq dents ; une corolle tubulée; le tube cylindrique; le limbé à cinq divisions pro-

* fondes ; cinq étamines insérées vers le milieu du tube de la co- -rolle; un ovaire inférieur; le style filiforme, terminé par um ‘stigmate en tête, simple ou un peu bifide. Le fruit est une capsule oblongue, à deux valves, à deux loges; les valves courbées en dedans à leurs bords, formant, à l’époque dela «maturité , une séparation, et offrant l'apparence de deux capsules : chacune d'elles renferme plusieurs semences oblongues, comprimées, entourées d’une aile membraneuse, atla- -chées à un réceptacle central.

Le quinquina des boutiques, que l’on rapportait d’abord ‘au cinchona officinalis de Linné, a été reconnu appartenir à une autre espèce, qué MM. Humboldt et Bonpland ont nom-

95°. Livraison." dit. PE] 7

mée cinchona condaminea ( PI. æquin, 1, pag. 33, tab. 10). Wall lui avait conservé le nom de cénchona officinalis, et avait nommé l’espèce de Linné, cinchona pubescens.

Cet arbre; assez commun au Pérou , supporte des rameaux opposés, couverts d’une écorce, rude, marquée de cicatrices et de rides transverses.

Les feuilles sont médiocrement pétiolées, opposées, ovaleslancéolées, aiguës, glabres à leurs deux faces, vertes en dessus, plus pales en dessous, accompagnées, à la base des pétioles, de deux petites stipules caduques.

Les fleurs sont disposées en une panicule terminale; ses rameaux trichotomes, ses pédoncules pubescens, munis, à leur base et vers leur milieu, de petites bractées opposées, aiguës.

Le calice se termine par cinq petites dents courtes, aigués ; la corolle est longue d’un demi-pouce-et plus, pabescente én dehors; les découpures du limbe plus courtes que le tube; les anthères non saillantes ; l'ovaire tomenteux. SE

Le fruit consiste en une capsule glabre, ovale-oblongue, au plus d’un demi-pouce, de couleur brune , marquée de quelques lignes peu élevées, à deux loges, qui s’écartent à lear base, el laissent échapper des semences arrondies, comprimées et bordées. | Ph

Le quinquina, auquel MM. Humboldt et Bonpland ont imposé le nom de la Condamine . cinchona condaminea; pour consacrer la mémoire de cet illustre voyageur, qui, le premier, en a donné une bonne description, renferme, dans l’état frais, un suc jaunâtre, styptique et amer, qui découle de son écorce par incision, et que.les indigènes emploient à différens usages. Son écorce desséchée, désignée par les Espagnols sous les noms de cascarilla ffina, .cascarilla de loxa, etc., est connue , dans le commerce, sous les dénominations de quinquina brun, quinquina gris , quinquina deloæa.

Telle qu’on la trouve dans les officines , elle est mince, compacte, roulée en longs morceaux de cinq à six lignes de diamètre, et d'environ une demi-ligne d'épaisseur. Son épiderme un peu raboteux , .est sillonné par des fissures wansversales parallèles. Sa couleur est d'un gris obscur à l'extérieur, et d’un jaune rougeûtre à sa face interne. Sa cassure, présente, à la loupe, de peuits points brillans et comme résineux. Elle offre une saveur amère.et styptique , accompagnée d'un arôme agréable, qui augmente par la pulvérisation, ,et donne an ocdeur'balsamique aux boîtes dans lesquelles on la Se y a une variété de cette écorce dont l'épiderme.est plus “A la surface plus lisse, et dont la couleur est grise ; tirant sur LC jaune ; c'est le quinquina Jaune de loxa.

PF (267) vas Cette écorce a été désignée sous le nom de quinquinà offi: cinal, parce qu’elle est la première dont on ait fait usage en médecine, Elle a été, pendant longtemps, la plus répandue dans Je commerce, et on la regarde généralement comme l’espèce de quinquina la plus précieuse et la plus puissante. = supériorité est même tellement établie parmi les Espagnols , qu'elle est exclusivement réservée, par eux, aux usages de la pharmacie royale, et que, depuis longtemps, la cour de Madrid en fait surveiller l'exploitation en Amérique, par des pharmaciens distingués. à dti Comme si le merveilleux qu’on a toujours cherché à répaudre, sur la découverte des médicamens , devait augmenter leur puissance, une ancienne tradition veut que les propriétés médicales du quinquina, qu'on suppose connues des A méricains depuis un temps immémorial , leur aient été indiquées par des lions malades, qui se guérissaient de la fièvre en buvant , dans des marais encombrés de tronceset debranches de ce végétal, l’eau imprégnée de ses sucs amers. Cependant, M. Humboldt, dans son mémorable voyage en Amérique, interrogeant les Indiens, qu’il a souvent trouvés occupés à la préparation de cette écorce, a constamment recueilli, de leur bouche, qu’ils n’en faisaient aucun usage, qu’ils ne lui reconuaissaient aucune vertu , mais qu’ils en avaient un débit assuré pour l’exportation en Europe, où ils pensent qu’on l’emploie à la teinture. D’après ce fait, tout ce que l'on débite sur da découverte des vertus de ce médicament, est une fablerinventée à plaisir, et beaucoup plus digne de figurer dans un roman ou un mélodrame, que de servir de base à l'histoire médicale du quinquina. On rapporte, du reste, que la comtesse de Chinchon, épouse du gouverneur de Lima, fut guérie-d'une fièvre intermittente, au moyen de cette substance, qui acquit ainsi tout à coup une vogue proportionnée au rang de cette femme, à l’ignorance et à la condescendance deses courtisans, Transportée en Espagne, en 1640, elle ÿ fut préconisée sous le nom de poudre de la comtesse. Quelques années après, les Jésuites en ayant envoyé en Italie, le cardinal de Lugo contribua beaucoup à en étendre l'emploi , sous les titres de poudre des jésuites, poudre du cardinal. De l'Italie, son usage se répandit rapidement en France, en Angleterre et en Allemagne. Mais un certain Talbon, ou Talbot, empirique anglais, qui avait eu l’idée de faire un secret de l’emploi de cette écorce, pour la guérison des fièvres intermittentes, étant parvenu à le vendre à Louis xiv, pour le prix de quarante-huit mille francs , contribua plus que toute autre chose, par sou charlatanisme et par son audace , à méttre en vogue le quinquina. L’ignorance,

la crédulité et l’engouement, ont ainsi beañcoup plus favorisé l'introduction de cette substance, dans 14 matière médicale , que les expériences directes et les observations précises, dont on ne s’est avisé que plus tard, et qui, trop souvent, ont encore été influencées ou entièrement subordonnées à l'idée préconçue des vertus de cette écorce.

D'après les recherches de plusieurs habiles chimistes de nos jours, le quinquina contient du ligneux, un principe muqueux insipide, et du tannin. Mais, outre ces trois principes qui lui sont communs avec beaucoup d’autres végétaux , il renferme un acide particulier, ‘désigné, par M. Vauquelin,

sous le nom d'acide cinconique. Cct acide ne se retrouve :

dans aucune autre substancé ; il est uni à la chaux, et se distingue par son acidité, sa cristallisation particulière, et la solubilité des sels qu'il forme avec les alcalis. Quelques chimistes ont cru reconnaître en outre, dans le quinquina, une matière de nature résineuse. Mais cette substance résiniforme est elle-même composée de deux nouveaux principes. Le premier est-une substance amère, d’une nature particulière, à laquelle M. Reuss a imposé le nom d’amer cinconique, ét qui diffère du principe amer des autres végétaux, par sa solubilité ‘dans l’eau et dans l'alcool, par la couleur verte qu’il donne ‘aux. sels ferrugineux, et par le précipité qu’il forme avec la moix de galle. Le second est un principe colorant, que sa cou: leur rouge à fait nommer rouge cinconique, par- le même auteur. Cette dernière substance est caractérisée par soninsipidité, sa grande solubilité dans l’eau, son altérabilité par l'oxigène , son affinité avec l'amer du quinquina, et par le précipité -qu’elle forme avec les sels: métalliques. Cette analyse, toute-

fois; n’est pas particulière au quinquina gris, elle est Com-

mune aux autres espèces dont il'est question dans cet ouvrage. Mais on ignore encore quel est celui de ces principes à qui il faut attribuer les propriétés médicales de cette écorce.

Le quiriquina, en poudre, exerce une action tonique notable sur l’économie animale. Il facilite la digestion, augmente Ja chaleur générale et la fréquence du pouls; il est susceptible de diminuer les évacuations-excessives de la peau et des membranes muqueuses. À haute dose, il occasione un sentiment d'oppression à l’épigastre, de la chaleur ; de la pesanteur dans l'estomac, et quelquefois le vomissement et la diarrhée. D'après cette manière d'agir, mais plus encore d après la na- ‘ture de ses qualités physiques ;'le quinquina a été signalé; non- -seulement comme-un tonique puissant, et comme un astringent énergique; mais encore comme. un fébrifuge infaillible À .<t:comme l’antiputride par:excollence. Cependant, si:son ac-

| (269 ) üon tonique et styptique est incontestable, il n’en est pas de même de la puissance antiseptique qu'on lui attribue ; car, de ce que sa décoction retarde et arrêle la putréfaction des ma tières animales qui y sont plongées, il ne s'ensuit pas qu il produise le même effet dans l'état de vie, à supposer même que nos humeurs soient susceptibles de.se corrompre et de se putréfier, avant-la:mort, çe que les lois de la vie ne permettent pas d'admettre. Mais si les vertus antiputrides du quinquina sont illusoires, que dire de sa propriété fébrifuge pour laquelle il est:surtout en si grande réputation ? Sans doute il a pu guérir un grand nombre de ces maladies, chez des sujets faibles, pâles, d’une sensibilité obtuse, et dont l'appareil digestif était exempt d’irritation. Mais quel est le moyen diététique ou pharmaceutique qu’on ne puisse gratifier d’un grand nombre de guérisons semblables. Les toniques, les amers, les astringens, les .aromatiques, les alcooliques et une foule de substances qui.ne possèdent aucune de ces qualités, n’ont-elles pas été fréquemment employées avec succès contre les fièvres intermittentes ? L’eau pure elle-même a ‘été signalée par des hommes, même très-instruits, comme un excellent remède contre ces maladies, qui, sans doute , n'étaient ni plus graves, ni plus rebelles, ni plus funestes, avant la découverte du quinquina ,: que-depuis l'introduction de cette substance dans la matière médicale. |

Mais on ne s’est pas borné à reconnaitre au quinquina tune efficacité spéciale contre les fièvres intermittentes, soit simples, soit pernicieuses; . on a vanté ses-succès dans les fièvres rémiltentes, et.même dans les fièvres continues, bilieuses; muqueuses, putrides ou adynamiques, pétéchiales, nerveuses, typhoïdes, pestillentielles ; c’est-à-dire dans des pyrexies du caractère le plus opposé, et contre lesquelles il est ordinairement bien plus nuisible qu'utile. Divers auteurs ont prétendu qu’il était d’un grand avantage dans les phlegmasies muqueuses, séreuses, parenchymateuses, musculaires, articu- Jaires:et cutanées, et l’on n’a pas craint de l’employer dans les exanthèmes aigus, dans la goutte et les xhumatismes inflammatoires , dans les catarrhes de toute espèce : on a inême, osé en faire usage dans la dysenterie, la pleurésie, la péripneumonie et autres inflammations aiguës et chroniques, où tout médecin éclairé conviendra .que les excitans intérieurs ne peur vent être que funestes. On n’en a pas été plus avare. dans: le traitement des hémorragies utérines, pulmonaires et autres, lors même que des signes évidens d'iritation auraient di le: faire proscrire. Combien n’a-t-on pas abusé de ce medicament tonique, danses mévroses, et sustout. dans les. lésions orga-

niques , telles que le cancer, l'hépatite chronique et la phthisie pulmonaire, contre lesquelles certains auteurs, aveuglés par des idées systématiques bien déplorables, ont vanté ses prétendus succès, mais dans lesquelles, chaque jour, on en voit résulter les effets les plus funestes? On a poité l'aveuglemeut jusqu’à personnifier la périodicité des maladies, et, après avoir donné ainsi une existence matérielle à cette abstraction de l'esprit, on a supposé que le quinquina avait sur elle une action spéciale, et on l’a décoré à l'instant de la propriété de guérirtoutes les maladies périodiques, quel que soit leur caractère, fébrile, nerveux ou inflammatoire. En un mot, il n’est peut-être pas une seule maladie, si l'on en croit les panégyristes de cette écorce, contre laquelle le quinquina n'ait eu de brillans succès. De sorte que, lorsqu'on parcourt les nombreux traités et les dissertations qui ont été publiés sur les avantages du quinquina, on serait tenté de le regarder comme une sorte de panacée universelle, susceptible de remédier à tous nos maux.

Quelques esprits judicieux ont cherché à mettre des bornes à cet engouement universel pour le quinquina. Plusieurs hommes supérieurs ont même cherché à déterminer, avec précision , Les cas où ce médicament convient, et ceux où il serait dangereux de l'employer. Grâces à leur travaux , il'est même généralement reconnu, qu’il doit être exclu du traitement de toutes les fièvres continues et rémittentes, accompagnées d’une vive sensibilité à l'abdomen, ou d'irritation gastrique, et de toutes les phlegmasies aiguës; qu’on ne doit point en faire usage dans les nevroses qui sont accompagnées de pléthore ou d'une susceptibilité nerveuse excessive; et, en général, qu'on doit s’en abstenir dans tous les cas où la langue est sèche, la peau brûlante, la chaleur ardente, la soif vive, le pouls dur, tendu et fréquent. Mais, malgré ces préceptes salutaires, les aveugles sectatcurs d’une doctrine incendiaire , et la tourbe médicale asservie à une funeste routine, sous prétexte de relever les forces, qui, presque toujours, ne sont altérées que par suite de l’irritation sympathique de certains organes essentiels à la vie, prodiguent sans cesse ce médicament de la manière la plus déplorable. Ce qui a fait penser, à plusieurs habiles observateurs, que les avantages qu’on a rétires du quinquina, sont à peine compensées par les maux qu il a faits à l’espece humaine.

Cependant, d’après une foule de faits ob en Angleterre, en France, en Allemagne, et chez tous les peuples civilisés, par un très-grand nombre d RE ER parmi lesquelsse distinguent Torti ; Bianchi, Lancisi, Syden-

servés en ltalie,

ham, Morton, Cleghorn, Monro, Pringle, Whyth, Lind, Fr. Hoffmann, Werlhoff, Læsecke, Van Swiéten, Dehaen, Rosenstein, Sénac, Tissot, Barthez, etc., on ne peut révoquer en doute l'utilité du quinquina dans beaucoup de maladies chroniques qui réclament la médication tonique avec astriction, dans les affections périodiques non fébriles, et surtout dans les fièvres intermittentes de tous types, contre lesquelles presque tous les médecins s'accordent à le regarder comme le remède le plus efficace que nous possédions.

Ainsi, on a-généralement reconnu l’avantage de son administration contre les fièvres intermittentes automnales, dans les climats humides, chez les sujets pâles, flasques et mal nourais, et dans celles qui tendent à la chronicité. Son utilité est surtout très-prononcée dans les fièvres intermittentes pernicieuses, qui mettent en si grand danger la vie des malades, quel que soit leur symptôme prédominant. On lemploie également avec succès dans la troisième période des catarrhes pulmonaires et autres, lorsqu'il n’y a plus de douleur locale, ni de signes d’irritation générale, dans l’atonie des premières voies , dans la chlorose et l’aménorrhée avec atonie. Ses bons effets ont été souvent constatés contre les vers intestinaux qu’il expulse aussi bien que la plupart des anthelmentiques, et au développement desquels il s'oppose souvent beaucoup mieux. Enfin, on l’administre quelquefois avec avantage dans la coqueluche, dans l’hypocondrie, l’épilepsie, et autres affections nerveuses, qui paraissent tenir à un état particulier du $yslème nerveux.

Les chirurgiens obtiennent, chaque jour, de très-grands succès de son application extérieure dans le traitement de la gangrène, de la pourriture d'hôpital , et des ulcères'atoniques anciens et rebelles. Par le seul moyen des embrocations faites avec la décoction de quinquina, j'ai eu moi-même occasion de guérir un large et profond ulcère de cc genre, stué à la partie interne de la jambe, chez une femme qui avait inutileinent fait usage, pendant sept ans, de tous les autres moyens.

En substance, on donne le quinquina comme tonique, de quatre à seize grammes ( un à deux gros) à doses fractionnées. Lorsqu'on veut agir contre une fièvre intermittente, sa dose est de seize à Lrente-deux grammes (demi à une once), que l’on administre en deux ou trois prises dans l'intervalle de deux accès. Dans les fièvres pernicieuses, où le danger est trèspressant, on peut en porter la dose de irente à quarante-cinq grammes (une once à une once et demie), que l’on donne en plusieurs prises au déclin de l'accès qui précede celui que l’on veut arrêter ; et pour éviter alors qu’il ne soit vomi 1 on l’as-

socie avec quelque aromate ou de l’opiurm: On peut aussi 1 administrer en macérauon aqueuse, plus souvent on le donne en décoction, à la dose de quatre à huit gros, dans un kilogramme et demi d’eau, réduite à un kilogramme. Cent parties d’eau, suivant Schwilgué, à l’aide de l’ébullition momentanée peuvent s'emparer des principes actifs d’une parlié de quinquina gris; mais il en faut une quantité double, si l’on veut prévenir la précipitation qui a lieu par le refroidissement. L'extrait de quinquina, obtenu par l’évaporation de sa macération ou de sa décoction aqueuse, se nie de vingt-cinq centigrammes à un gramme. On y a particulièrement recours lorsque l'estomac ne peut supporter cette écorce en substance , et qu'on ne peut faire ingérer, sans inconvénient, une grande quantité de sa décoction. On en distingue de deux espèces, l’un sec et l’autre mou. L'extrait mou est de beaucoup préfé rable à l’autre, parce que ce dernier, qui est connu sous la nom d'extrait, ou de sel essentiel de Lageraye, est sujet à être brülé ou calciné, et à perdre, par conséquent, la plupart de ses propriétés médicales. La macération alcoolique du quinquina ; qui se, prépare avec quatorze parties d'écorce et cent parties d'alcool de 10 à 20°, se donne à la dose d’une cüille: rée dans un peu de vin ou d’eau édulcorés. On prépare uné bière médicamenteuse très-tonique, en faisant fermenter une partie de quinquina en poudre avec cent parties d’eau et huit parties de miel ou.de sucre. On compose un vin et un sirop de quinquina que l’on administre à la dose d’une, deux ou trois onces par jour. Un pharmacien distingué a cherché à remplacer. la partie ligneuse de cette écorce, par une égale quantité de sucre; et au moyen de divers procédés convenables, il est parvenu à obtenir un sucre de quinquina, qui contient toutes les parties actives de cette substance, plus le sucre qui remplace le ligneux , et qui en fait un médicament agréable et nourrissant.

( La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle )

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