‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 78 sur 81 · QUINQUINA A FEUILLES OVALES · texte numérisé non relu

QUINQUINA A FEUILLES OVALES

CINCHONA OVALIFOLIA; foliis ovalibus, subius pubes Latin. .......{ centibus. Corolld candul&, fauce glabrd; capsuld ovatä. Humboldt et Bonpland.

Francais...... QUINQUINA À FEUILLES OVALEÆS.

ÆEspagnol..... CASCARILLA PELUDA., L)

Cette espèce de quinquina est si commune au Pérou, qu’au rapport de MM. Humboldt ét Bonpland, elle forme des forêts assez étendues dans la province de Cuenca. Il est étonnant qu'aucun auteur n’en ait fait mention avant ces deux célèbres voyageurs; on la confondait probablement avec quelqu’autre espèce.

Cet arbre ne s'élève qu’à la hauteur de dix ou douze pieds. Son tronc est revêtu d’une écorce d'un gris obscur, crevassée, d’un jaune-clair en dedans : elle fournit, par incision , un suc jaunâtre , d’une saveur amère et astringente. Ses rameaux sont pileux, munis vers leur sommet de feuilles ovales, luisantes en dessus, couvertes en dessous d’un davet soyeux, un peu obtuses, entières, longues d'environ six pouces, soutenues par des pétioles pubescens, accompagnés de deux stipules ovales, caduques , pubescentes.

Les fleurs sont disposées en panicules terminales, munies de petites bractées linéaires ; les pédoncules soyeux, soutenant deux ou quatre fleurs.

Leur calice est court, campanulé, à cinq dents égales ; la corolle d’un beau blanc, longue de six ou huit lignes; le tube cylindrique et soyeux; les divisions du limbe pubescentes à leurs deux faces. L’ovaire est inférieur, couronné par un disque charnu , marqué de cinq tubercules. Le fruit consiste en une capsule ovale, longue d’un pouce. (P.)

Cette écorce est très-compacte, pesante, dure, et d’une épaisseur beaucoup plus considérable que celle du quinquina gris. L'épiderme qui la revêt, quoique brun, paraît grisâtre, à cause des petits lichens qui le recouvrent. Sa surface extérieure est raboteuse, fendicillée transversalement. Sa surface interne est d’un jaune foncé, tirant sur le fauve, Cette couleur devient plus foncée encore par la pulvérisation. Sa couche externe, d’apparence résineuse, est très-mince relativement à sa couche interne, qui est fibreuse, cassante, et qui a jusqu’à deux lignes

75° Livraison. . b.

d'épaisseur. Elle est aromatique et amère comme le quinquina gris; mais elle a beaucoup moins de stypticité.

Ce quinquina est le plus rare de tous dans le commerce, c’est aussi un des plus estimés. On ne connait pas exactement l'époque de son introduction dans la matière médicale, mais elle paraît avoir immédiatement suivi celle du quinquina gris.

À raison de sa qualité aromatique, on lui attribue une ac: tion spéciale sur le système nerveux, et c’est en vertu de cette action, qu'on lui donne en général la préférence dans le traitement des affections nerveuses ou spasmodiques , et dans celui des fièvres intermittentes, soit simples, soit pernicieuses. Son amertume est dépouillée en grande partie de la stypticité qui caractérise ces autres quinquina , et par cette raison, il paraît être préférable aux autres, dans les affections atoniques de l'estomac, et autres maladies qui sont accompagnées d'une susceptibilité nerveuse exagérée. Ce qui fait qu’on doit y avoir spécialement recours, chez les sujets délicats et très-irritables, A il faut ménager l’excitabilité.

Plusieurs observateurs lui reconnaissent , en outre, la faculté de provoquer la purgation plus souvent que les autres sortes de quinquina. , ., |

On le donne ordinairement, en poudre ou en macération aqueuse, afin de Jui conserver l’arôme qui est un de ses principes actifs. Dans le premier cas, on ladministre, comme tonique, à la dose de quatre à huit grammes (un à deux gros), et, comme fébrifuge, à celle de quatre à huit gros (seize à trente-deux grammes), soit en suspension dans une certaine quantité d’eau ou de vin, soit associé avec le miel ou un sir , sous forme d’électuaire où de pilules. Suivant Schwilgue dur macération aqueuse de ce quinquina, pour être saturée et aussi active que possible, doit être faite dans le rapport de deux cent parties d’eau froide, et d’une partie de quinquina réduite eu poudre grossière. |

(La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle)

Page 1