‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 8 sur 81 · MILLE PERTUIS · texte numérisé non relu

MILLE PERTUIS

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CCXXX VIIT

MiLLEPERTUIS.

Grec....... dmepiuoy, Dioscoride.

uyrenicum vuLeare; Bauhin, IliaË , lib. 7, sect. 5. Tournefort, el. 6, sect. 4, gen. 1. es

HyYPERICUM PERFORATUM; floribus trigynis, caule ancipili, foliis obtusis pellucido-punctatis. Linné, polyadelphie polyandrie. Jussieu, cl. 13, ord. 8, fanulle des milleperluis.

Français. .... MILLEPERTUIS; HERBE DE SAINT-JEAN; TRESCALAN. Ltalien ..:..+ VPERICO; PILATRO ; PERFORATA.

Espagnol. ... CORAZONCILLO; HIERBA DE SAN JUAN. Portugais, ... MILFURANA. .

Allemand... 3OHANNISKRAUT.

Anglais..... PERFORATED ST.JOHN’S WORT.

Hollandais... ST. JANS RRUID.

Danois ...... ST. HANS URT; JORDHUMLE.

Suédois.. ... JOHANNISOERT.

Polonais..... DZIURAWIEC.

Dati. No e.

ROSSER is . SWEROROI.

Finlandais... WERDU HEINO.

Cette plante doit son nom yulgaire de millepertuis à un des caractères de ses feuilles parsemées de points transparens, Où plutôt de vésicules remplies d’une huile essentielle très-limpide, caractère commun à plusieurs autres plantes d’un genre très différent. Celui-ci se distingue par un calice à cinq divisions ; cinq pétales ; des étamines nombreuses , réunies eu trois ou cinq faisceaux; un ovaire supérieur à trois ou cinq styles ; une capsule à trois/loges polyspermes, s’ouvrant en autant de valves. |

Ses racines sont dures, ligneuses, divisées en plusieurs rameaux, d’un brun jaunâtre; elles produisent plusieurs tiges droites, fermes, très-rameuses, glabres, hautes de deux ou trois pieds, cylindriques , mais garnies à chaque entrenœud de deux angles opposés, produits par la nervure moyenne de chaque feuille.

Les feuilles sont petites, sessiles, opposées, longues de six à neuf lignes, larges de deux à quatre, ovales-oblongues,, un peu obtuses , vertes, glabres , entières.

. Les fleurs sont jaunes , d’une médiocre grandeur, pédicellées, disposées en bouquets ou en cîmes terminales sur des pédoncules dichotomes, accompagnées de bractées. Les découpures

62°, Livraison. c.

( 30°) du calice avales-lancéolées, aiguës; les pétales bordés de petits corps glanduleux ; l’ovaire chargé de trois styles; les capsules trigones, à trois loges ; les semences oblongues, cylindriques , finement chagrinées,

Cette pu est très-commune aux lieux incultes, dans les bois, le long des haies. (P.) L’odeur balsamique de cette plante est beaucoup plus prononcée dans les fleurs et dans les feuilles, surtout quand on les écrase, que dans les autres parties. Sa saveur est amère, légèrement styptique, un peu salée. Elle contient beaucoup d'huile volatile qui ressemble à celle de térébenthine. « Les points transparens de ses feuilles, que l’on prend maladroitement pour des trous , selon la judicieuse remarque de Geoffroy, les points noirs que l’on découvre sur les bords de ses pétales, et les tubercules qui sont situés à la surface de ses. fruits, sont autant de petites vésicules remplies de cette huile essentielle, » À l'exemple de la plupart des plantes de la même famille, elle renferme en outre un suc gommo-résineux, visqueux, un peu amer, qui paraît être la principale source de ses propriétés médicales. | Les anciens auteurs de matière médicale, servilement copiés ar la plupart des modernes, ont attribué à cette plante une oule de vertus détersives, résolutives, vulnéraires, anthelmentiques, diurétiques, emménagogues, qui ne sont jamais que relatives à l’état des organes, et qui toutes sont le résultat de l’action tonique que cette plante exerce sur l’économie animale. En vertu de cette propriété, on a préconisé, dans les termes les plus pompeux, ses effets salutaires contre une foule de maladies. Ainsi, après lui avoir prodigué de vains et éloges dans l’hystérie, la mélancolie, l’hypocondrie et la manie, on a poussé l'enthousiasme jusqu’à lui accorder la merveilleuse propriété de chasser les démons du corps des possédés, comme l'indique le nom de fuga dæmonum, qui lui a été imposé dans des temps d’ignorance et de barbarie. Si l’on en croit Ettmuller, le millepertuis serait un diurétique sans pareil, et le simple usage de sa décoction ou de son extrait suffirait pour guérir radicalement, ou pour He Ee à jamais lischurie, l’'hématurie, la néphritique , et la formation des calculs de la vessie. Certains auteurs ont vanté son efficacité contre Phémoptysie, et d’autres l'ont décorée de la précieuse faculté de dissoudre le sang épanché et grumelé dans l'intérieur des organes , de déterger et de cicatriser, avec une admirable facilité, les ulcères des reins, de la vessie, des intestins, des poumons ct autres viscères. On a porté l’extravagance jusqu’à lui attribuer l’héroïque vertu de guérir, commé par enchantement , une

des maladies les plus rebelles et les plus redoutables de lespèce humaine, la terrible phthisie pulmonaire, qui repousse, comme on sait, dans la plupart des cas, l'usage de tous les excitans. De semblables assertions , bien plus dignes du sourire de la pitié que d’une discussion en forme, doivent être à Jamais reléguées au rang des fables ; mais il n’en est pas de même de quelques effets secondaires, qu’on a attribués avec beaucoup plus de raison à cette plante excitante. Ainsi il paraît qu'on s’en est servi quelquefois avec avantage dans l'aménorrhée pour ramener l’écoulement des règles, et qu’on 1 a employée dans certains cas pour favoriser l'accouchement. L'on conçoit en effet qu’elle a pu être utile dans ces circonstances lorsque © les femmes étaient faibles, d’un tempérament lymphatique, et l'utérus dans un état d'inertie. Enfin l’analogie, qui existe entre l'huile de térébenthine et l'huile volatile d'hypericum, semble donner beaucoup de probabilité aux avantages qu’on assure avoir obtenu de l'emploi de cette plante contre les vers, et il est bien présumable que son huile volatile en aurait de bien plus grands. RE

C'est toutefois comme vulnéraire que le millepertuis a joui d’une grande réputation. C’est sous ce rapport aussi qu'on : l’emploie presque exclusivement, à l'extérieur, sous forme de liniment, de baume, d’onguent, d’emplâtre , de décoction, etc., pour résoudre les épanchemens, suite des contusions , faire disparaître les ecchymoses , déterger les ulcères atoniques et les plaies baveuses, réunir, cicatriser et consolider les blessures, Une foule de noms célèbres, tels que ceux de Théophraste, Matthiole, Paracelse, Fallope, Scopoli, Paulli, Camerarius, Sala, Locher, Geoffroy, pourraient même être cités à l'appui des prétendues vertus vulnéraires de cette plante, évidemment exagérées. Le célèbre Baglivi lui-même a bien eu la faiblesse de croire qu'elle avait le pouvoir de guérir la pleurésie chronique Mais si, dans l’état actuel de la science, il n’est pas permis d'admettre ce merveillenx effet, on peut croire que ce végétal ou ses diverses préparations ont pu être employés avec avantage à l’extérieur contre les rhumatismes chroniques qui cèdent souvent, comme on sait, aux topiques excilans.

Quoique le millepertuis soit presque entièrement tombé en désuétude, on pourrait l’employer en infusion de quatre à huit grammes, et en substance, à la moitié de cette dose. Son essence, qu’on trouve encore chez quelques apothicaires, se donne à la dose de quatre grammes (un gros), son extrait résineux à celle de huit grammes (deux gros), et sa teinture alcoolique à douze décigrammes (un scrupule). Son huile volatile est rarement employée : il ne faudrait d'abord l’administrer

qu'à la dose de quelques gouttes. L'huile d'Aypericum, si mal à propos vantée contre les plaies, se prépare par la simple infusion des fleurs de cette plante dans l’huile d'olives, jusqu’à ce que celle-ci acquierre une couleur rouge, On l’emploïe en onctions à la dose de seize à trente-deux grammes (demie à une once). Le millepertuis, fait partie d’une foule de préparations officinales entièrement discréditées, Les principales sont : le sirop antinéphrétique, apéritif et cachectique de Charas, le sirop de Quercetan (Duchesne) et celui d’armoise ; la poudre de Palmarius (Paulmier) contre la rage ; la thériaque d’Andromaque, lemithridate , le mondificaiif d’ache ; les huiles d’hypericum et de scorpion composées ; l’onguent martiatum de Charas, l’eau vulnéraire de Penicher ; le baume magique, et autres produits monstrueux du charlatanisme, de l'ignorance et de la crédulité la plus aveugle.

Cette plante est en usage dans la teinture pour obtenir des couieurs rouge et jaune, que l’on fixe à l’aide de plusieurs mordans sur le fil, la laine, la soie, et les tissus qu’on en prépare.

EYsez (3. p.), Dissertatio de fug4ä dæmonum; in-4°! Erfordæ, 1714. WEDEL (3. W.), De hyperico, aliüs fugä dæmonum; 1enæ, 1716. LINNÉ ( carolus), Dissertalio-de hyperico ; in-4°, Upsalæ; 1776.

( La plante est représentée de grandeur naturelle

. Bout de tige, grossie.

. Calice, pistil et étamines.

Etamine grossie.

Fruit,

- Le même, coupé horizontalement.

Graine grossie.

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