‹ Flore médicaleChapitre 13 sur 86 · AVE AGN US CASTUS · texte numérisé non relu

AVE AGN US CASTUS

Grec....... eAala"yvos; Théophraste. d/Vos ; AU”/0$'; Dioscoride. Virex folis angustioribus cannabis” modo disposilis ;

Bauhin, IlivaË 5 lib: 12, sect. 3. Tournefort, class. 20»

Latin... arbres monopétales. ; ; c S

VITEX AGNUS GASTUS ; foliis digitatis serratis,, spicis ver-

ticillatis ; Linné, class. 14. didynamie angiospermie. Jussieu , class. 8 , ord. 5, gattiliers.

Jialien. ..... AGNOCASTO ; VITICE.

Espagnol... AGNOGASTO ; SAUZGATILLO. ï

l'ANGAis . . .. AGNUS CASTUS; GATTELIER; GATILIER ; GÂTTILIER. Allemand..." xeuscurauw ; KEUSCHLAMM.

Hollandais .. Kurscu-noow.

Anglais... .. Acnus CASTUS ; GHASTE-TREE.

L’agnus castus est un arbrisseau d’un aspectassezagréable, surtout à l’époque de sa floraison. Il croît dans les lieux humides, marécageux , des pays chauds comme l'Égypte , la Grèce, la Sicile, les départemens méridionaux de la France, etc.

La racine est ligneuse et rameuse.

La tige qui s’élève à la hauteur d’environ douze pieds, est droite , nue inférieurement, et garnie vers son sommet de nombreux rameaux effilés , très-flexibles , feuillés , tétragones , et blanchâtres à leur partie supérieure. Le gatilier doit probablement à cette grande flexibilité le nom de 2ifex (de viere, plier, fléchir), et celui d'agnus castus (1) à la vertu qu’on lui a supposée de calmer la passion de l’amour.

Les feuilles qui, par leur disposition , imitent celles du chanvre, sont opposées , pétiolées, digitées , douces au toucher, comporées de cinq , etpar fois de sept folioles, étroites $ lancéolées , pointues ; très entières , molles , inégales, d’un vert foncé en dessus, avec de très-petits points blancs qui leur donnent une teinte grisâtre ; blanchâtres et légèrement cotonneuses en dessous.

Les fleurs sont comme ver'icillées sur de longs épis nuds, interrompus , et qui terminent les rameaux ; elles s’épanouissent aux mois-de juillet et d'août, offrent une couleur violette , ou purpurine, quelque fois blanche. Le calice est lanugineux et blanchâtre ; le limbe de la éorole est ouvert,

irrégulier, et à six divisions ; les élamines sont droites et saillantes.

(1) Formé par la réanion bizarre et battologique du terme grec 47Vos et du mot latin custus, qui tous deux signifient chaste,

(22) Le fruit est une baiïe globuleuse, noirâtre, dure, grosse à peine comme un grain de poivre, enveloppée à sa base

pe le calice de la fleur , et divisée intérieurement en quatre

oges monospermes,

L’agnus castus exhale une odeur aromatique , remarquable surtout dans les baies récentes , qui sont en même temps douées d’une saveur âcre : aussi les appelle-t-on dans quelques pays petit poivre , poivre sauvage , et Sérapion les nommait poivre des moines.

Par quel singulier caprice a-t-on choisi pour emblême, et en quelque sorte pour palladium de la chasteté, une plante qui, loin de calmer l’éréthisme des organes génitaux , doit au contraire leur donner une énergie nouvelle ? Combien d’usages ridicules n’a-t-on pas établis , combien de fables absurdes n’a-t-on pas débitées sur cette prétendue vertu antaphrodisiaque ? Dioscoride, Pline , Galien , nous apprennent que les prêtresses de Cérès formaient leur couche wvirginale avec les rameaux de l’agnus castus, et qu’elles en

jonchaïent les temples de la chaste déesse à la célébration l

des thesmophories. On prépare encore de nos jours , avec les baies de cet arbrisseau, une essence , une eau distillée,

et un Sirop de chasteté, pour émousser l’aiguillon de la

chair qui souvent se fait sentir avec une violence extrême dans ces sombres asiles où l'homme s'impose la loi barbare

de combattre le plus doux et le plus utile penchant de la

nature, Arnaud de Villeneuve a bien eu la folie de prétendre qu'un moyen infaillible d’amortir tout sentiment vo“ luptueux , consiste à porter habituellement un couteau dont le manche soit fait avec le bois d'agnus castus. $

Nous avons montré sur ce point, comme sur tant d’autres , un respect trop superstilieux , une confiance trop

aveugle pour les décisions des anciens ; nous avons adopté leurs opinions contradictoires sur les vertus de l’agnus Cas

tus. N’est-1l pas ridicule, en effet, de regarder ses semences tout à la fois comme échauffantes et comme antaphrodisia-

ques (1)? Avouons cependant, à l'honneur de l’art, que l

les meilleurs thérapeutistes modernes, parmi lesquels je place au premier rang les docteurs Alibert et Schwilgué;«

n'ont pas même daigné inscrire cet arbrisseau si vanté al

aombre des substances médicamenteuses.

.Q) Peyrilhe, Tableau méthodique d'un cours d'histoire naturelle mé= dicale ; in-80. Paris, 1804. ,

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(La figure est moitié de grandeur naturelle)

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