‹ Flore médicaleChapitre 16 sur 86 · TE · texte numérisé non relu

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Les chèvres, et par fois les moutons, broutent les sommités de la myrtillé, que les chevaux et les vaches négligent. On peut employer au tannage des cuirs la tige et les feuilles; ces | , convenablement séchées, sont, au rapport de Willich, un excellent succédané du thé.

Mais ce sont spécialement les baïes qui sont usitées dans l'économie domestique, dans les arts et dans la médecine. Très-âpres avant leur maturité, elles acquièrent ef mürissant une saveur aigrelette qui plaît. Virgile les a souvent célébrées dans ses immortelles Eglogues, et spécialement dans la seconde : vaccinia nigra leguntur. Les habitans de nos campagnes les nomment raisins des bois, morets, brimbelles ; ils les mangent comme rafraîchissans. Le peuple du nord de l'Angleterre est très-friand de ces baïes', qu'il mêle à la crême, au lait, dont il fait des tartes , etc.

L’astriction légère et le-goût acidule de ces fruits rendent leur emploitrès-avantageux dans les affections scorbutiques, diarrhéiques et dysenteriques. Tantôt on les administre telles que la nature nous les offre; tantôt.on exprime le suc, avec lequel on peut préparer ne espèce de limonade, un sirop, ou bien que l’on réduit en rob par lévaporation. Plusieurs médecins recommandént'cés fruits desséchés et pulvérisés, à la dose d’un gros jusqu'à celle d’une once , surtout lorsqu'il slagit de réprimer des flux immodérés ; d’autres les écrasent, ajoutent du sel marin, et font une sorte de cata- . pläismetartilaiteux , qu'ils appliquent sur le sein des femmes en couche. | |

Les baïes de myrtille soumises à la fermentation, avec une certaine dose de sucre , fournissent une très-bonne liqueur vineuse. Les aubergistes s’en servent pour colorer, alonger, ét même pour fabriquer de toutes pièces des vins qu'ils débitent comme naturels.

. Cette propriété colorante des baies de myrtille les rend fort utiles à l'art tinctorial, et 1nèême à la peinture.

Plusieurs autres espèces d’airelle diffèrent seulement de la myrtille par quelques caractères botaniques , mais s'en rapprochent singulièrement par les vertus médicales et les usages économiques. Il suffira de distinguer la canneberge, »ac= cinium oxycocus , L.; l’airelle de Cappadoce , vaccinium arcz tostaphytos , 1. ; Vairelle ponctuée, waccinium vitis idæa , L.; l’airelle veinée, zaccinium uliginosum, L, |

trée, ct j'avoue que la véritable origine du mot wacciniur est couverte poul moi d’un voile inipénétrable, Est-il permis de regarder le terme airelle eomme une ellipse de aigrelle, à cause de la saveur acidule du fruit ?

{ La figure est de grandeur naturelle ; la petite branche à droite regsente un rameau de fleurs )

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