‹ Flore médicaleChapitre 25 sur 86 · ALOËS · texte numérisé non relu

ALOËS

“+ æAoN. .

ALOE VULGARIS ; Bauhin, Iiyaë > Hb. 7, sect, 5. Tourne fort , clas. 9, liliacées.

Latin... ,.{ 1or rerrortara ÿ Jloribus pedunculatis , cernuis, corÿmbosis , suboylindricis ; Linné , las. 6 , hexandrie mono &ynie. Jussieu, clas. 3, ord, 6, asphodèles,

alien... 4108.

Æspagnol.... ALOE; zABILA.

Francais... ALoës 5 ALOËS PERFOLIÉ,

Anglais... ALOE ; ALOES.

Allemand... 410€.

Hollandais. . A0.

Grec.....

Originaire de l'Afrique , l’aloës a été transporté en Asie, en Amérique, en Espagne, en Sicile , Où il s’est naturalisé 1et peut croître spontanément. :

La-racine de cette plante vivace est charnue ; brunâtre, jette cà et la des fibres nombreuses » €t pousse une tige qui

Les feuilles sont épaisses , longues de sept à huit pouces, larges d’environ trois Pouces vers leur base; ovales pointues ; amplexicaules et comme perfoliées, parsemées de ver

assez semblables à des dents de brochet.

Les fleurs, légèrement pendantes , sont disposées en co=

| [ qui renferment Îles graines demi-circulaires , anguleuses , aplaties.…

L'aloès occupe un dés premiers rangs parmi les plantes C’est principalement pour extraire

‘€ suc dont il est imprégné , que l’on cultive l’aloës au Cap Île Bonne-Espérance, à la Jamaïque, à la Barbade. On fait ‘ommunément des incisions à la base des feuilles ; Où elles

nt plus d'épaisseur. Le suc jaune-verdâtre qui coule abonramment, est soumis à la dessiccation » tantôt par la simple f“POSUon au soleil, tantôt à l’aide du feu, 1 forme alors

(50) des masses brillantes , comme vitreuses , demi-transparentes , désignées sous le titre d’aloës succotrin (x), que le vulgaire nomme quelquefois ; par corruption , chicotin.

On coupe par fragmens les feuilles qui ne distillent plus, et on les fait bouillir dans une certaine quantité AE L’aloès qu'on obtient par ce procédé est moins pur ; Sa Surface est moins brillante; sa couleur, plus foncée, se rapproche de celle du foie, ce qui lui a valu le nom d’aloës hépatique (2).

Enfin, l’on soumet à une nouvelle ébullition le dépôt laissé par les feuilles qui ont fourni Y'aloës hépatique; on y ajoute divers corps étrangers , Soit pour en accroitre le volume, soit pour en augmenter le poids. Aussi n’en résultet-il qu'une masse noirâtre , souillée d’impuretés /et destinée exclusivement à la médecine vétérinaire , comme l'indique son nom : aloës caballin.

Les procédés qu’on vient de décrire sont les plus usités, mais ils ne sont pas les seuls : ils éprouvent quelques modifications dans les divers pays où l’on extrait l’aloës.

Est-ce réellement la même plante qui donne les trois sortes de sucs ; ou bien sont-ils extraits de différentes espèces on. variétés d’aloës ? Cetie dernière opinion semble confirmée

ar le témoignage de plusieurs savans voyageurs: On connait depuis quelques années une quatrième sorte d’aloës ,

lus brillant, plus transparent que les trois autres, et qui

our cette raison est appelé aloës lucide : on le retire , au Cap de Bonne-Espérance , de l’aloès en épi , aloe spicala , de Thunberg (5). |

Le suc gonmo-résineux de l’aloës exhale une odeur parti= culière, pénétrante , presque nauséabonde. Jl agit avec au= tant de promptitude que d'énergie sur le tube alimentaire , et avec une sorte de prédilection sur la partie inférieure de ce canal : aussi détermine-til des coliques et le flux hémors

(x) Cette dénomination a bien certainement été donnée à l’aloès le plus pur; parce qu’on le ticait originairement de l’île Socotora. L’étymologie hasardée par Goulin est complétement ridieule : les Grecs, dit-il, avaient appelé SUX@T0V y semblable à une figue, ce suc qu'on leur apportait en larmes.

Quant au terme aloe , il est évidemment limitation du mot arabe qui dé= "signe la même substance, et ne vient point de &AS, &AO$ , sel, mer, à caus® de sa saveur ou de son habitation ; comme l'ont prétendu quelques étymolo=

istes.

; (2) Rapporter cette dénomination à la ei dont jouit l’aloès be de guérir les maladies du foie, c’est un vice de raisonnement LrOp palpable pau£ exiger une réfutation. ; spa

3) Voyez l'excellent mémoire de Jean-André Murray sur laloës, danse second volume de ses Opuscules. #

xoïdal chez la plupart de ceux qui en font usage, ce qui doit rendre le médecin très-circonspect. Administré par un praticien judicieux, l’aloës peut singulièrement favoriser le flux menstruel dans les cas de dysménorrhée. Doué d’une extrême amertume , 1] paraît convenir dans les affections vermineuses , quoique lexpérience ait trop rarement constaté cette propriété. 4 D

L’'aloès n'a pas besoin , Pour manifester son action, d’être

orté dans les voies digestives. Il suffit de l'appliquer à Fe surface du corps, sous forme d’emplâtre , de liniment. Quelques grains de cette substance introduits dans un fonticule, quelques gouttes de teinture aloétique versées sur des OS cariés, ont agi sur toute l’économie > et spécialement sur "les intestins. |

Quandl’aloës doit être pris à l’intérieur, ilconvient presque toujours de le dissoudre dans un mucilagé , ou dans un jaune d'œuf, Pour modérer sa violente âcreté : les acides et les alcalis possèdent bien plus éminemment encore ee pré- Cieux avantage. +}

L’aloès entre dans une foule de préparations pharmaceutiques , telles que le baume vert de Metz et celui du Commandeur ; les divers élixirs de propriété; la teinture sacrée; Télectuaire hiera picra ; les extraits macrocostin et panchymagogue : les pilules angéliques, cachectiques, apéritives de Stahl ; l’onguent d’arthanita, etc. Il est un des ingrédiens es plus utiles à l’imbalsamatien des cadavres.

S1 l’aloès fournit à la médecine un de ses puissans se-

Le docteur Charles-Guillaume Pœrner a obtenu une belle “Couleur brune par la simple immersion d’une étoffe de laine dans une décoction d’aloës. | Jean Fabbroni, Savant distingué de Florence » fait avec és succotrin une teinture qui communique à la soie ; Sans le secours des mordans , une couleur violette. très-s0— ide, Le même suc, épaïssi convenablement, offre au peintre € Miniature une belle couleur transparente, lusieurs espèces d’aloës s'élèvent beaucoup , et poussent €s feuilles trés-amples , qui sont par fois imprégnées d’un

(53) sué douceâtre; on peut fabriquer avec ces plantes divers ts sus, notamment des cordages très-forts et presque incorruptibles ; on peut aussi en retirer une liqueur fermentescible, plus ou moins propre à servir de boisson. Quant à cesaloès énormes, qui, selon le récit des voyaeurs, fournissent à certains peuples, et notamment aux Mexicains, presque tous les besoins de la vie; poutres, solives, tuiles, pieux, haies impénétrables , vêtemens, hamacs, cordes d'arc, ligne à pêcher, papier, vin, vinaigre, miel, etc., il faut généralement rapporter ces végétaux Si utiles au genre agavé, très-voisin de l’aloës, avec lequel il a longtemps été confondu.

Il.ne sera peul-être pas superflu d'observer que l’aloës jouit d’une grande estime, et même d’une sorte de culte

chez les Mahométans, et surtout chez les Égyptiens, qui le font servir à leurs cérémonies religieuses. ‘

puruyx (euillaume), en latin PUTEANUS , Joannis Mesue , medici præstantis= simi, aloen aperire ora venarum, aliaque similia non. pauca dicenda , adversim Joannem Manardum, et Leonardum Fuchsium, aliosque neotericos mulltos medicos , defensio , ad simplicium medicamentorur facultates noscendas non parüm utilis ; in-80. Lugduni , 1537. ciowaAns (Jean), en latin JOANNIUS, De pilularum ex aloe cum succo rosa- | rumutilitatibus liber;in-4o. Patavii, 1611. | sinperer (raimond), -loedarium marocostinun , etc., in-12. August® .

V'indélicorüm , 1626. marcquis ( cuillaume), Æoe morbifuga , in sanitatis conservationem Con

cinnata ; in-12. Antverpiæ, 1633: TE MARTINEZ DE LEACHE ( michel), Disputatio de veré -et legitimé aloes elec-m

tione, juxta Mesues textumt, in duas sectiones divisa ; in-12. Pompeio- ©" poli, 1644. É ; eter ( codefroïi), De aloe, Diss. inaug. præs. Joan. Arn. Friderici; in-40. lenæ, 1670. | F sAcop1 (chrétien ), De aloe, Diss. inaug. præs. Joan. Henr. Schulze; in-40: Alidorfii, 1729: 3 VAN LIS (Gautier), De aloe, Diss. in-4°. Lugduni Batavorum , 1545. guscu ( rèan-pavid ), De aloeticorum abusu in hæmorrhoïdibus , Diss. in-{°M - Marburgi, 1981 | ; ! "TER ruunserc (charles-rierre ), De aloe, Diss. inaug. resp. Hesselius ; in-4° Upsaliæ, 1755. : à enrrerri (relix-Venance-rascal), De aloe, Diss. inaug. in-{°. Taurini ;M y jui. 1811. )

(La,figure est réduite au quart de sa grandeur naturelle ) Ô 1. Fleur entière, moitié grandeur naturelle.

2. Étamines et pisul. ; 3. Fruit entier, moitié grandeur naturelle.

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