‹ Flore médicaleChapitre 55 sur 86 · ARU M · texte numérisé non relu

ARU M

CTrÉC. ar epoy.

ÂRUM VULGARE, elc. Bauhin, ÎluvaË, kb. 5, sect. 6: Tournefort, clas, 3 ; Personées.

ARUM MACULATUM ; acaule, Jolis hastatis, integerrimis, spadice clavato: Linné, clas. 20, 8} nandrie polyandrie. Jussieu, clas. 2, ord, 1 ». aroïdes.

Ztalien .... ARO; JARO; GICARO, GIGHERO; PIÈ YITELLINO ; BARBAARON.

ÆEspagnol, ..: ro,

Jancais. ... ARUM; GOUET; PIED DE VEAU; GOUET COMMUN, Lamarck. WAKE-ROBIN; CUCKOW-PINT,

Ë ARON ; KALBFUSS.

Hollandais. … ARON ; KALFS-VOET,

tin rs pe ge

Cette plante vivace est commune dans prèsque tous les climats; on la trouve en France, en Angleterre, en Alle- » Magne, en Pologne, dans les lieux humides, le long des haies, sur le bord des chemins, à l'ombre dés bois. à racine, arrondie, grosse à peu près comme un œuf € pigeon, est tubéreuse, garnie de quelques fibres, brunâtre extérieurement, blanche à l’intérie d’un suc laiteux. x La tige est une hampe cylindrique, haute de six à sept Pouces, enveloppée inférieurement parles gaines des pétioles. Les feuilles , longues de neuf à dix pouces, sont trèsentières, sagittées » à oreillettes peu divergentes ( 1): leur surface est verte, lisse, luisante, veinée, et souvent parsemée de taches blanches ou noirâtres.

a fleur, remarquable par sa forme €t par sa disposition, présente , au lieu du calice ; Une Spathe monophylle, memraneuse, très-àmple, droïte, terminée en oreille d'âne, verdâtre en dehors, blanchâtre en dedans ; un Spadice trèssunple, bien plus court que la spathe qui lenvironne, d’abord blanc -jaunâtre , puis rougeâtre ou Pourpre livide, 1 inférieure, nu à son Soinmét ou chaton, fequel est en massue , se flétril et tombe avant la maturation: des anthères nombreuses, sessiles » tétragones, situées au

ur, charnue, etimprégnée

(1) Cette figure a quelque ressemblance avec l’empreinte 4’

Nom vulgaire de l'arum. Les étymologistes ne sont

: mérique, Lobel Je fait remonter au pontife Aaron;

LP9&, grenade, à cause de la forme et de Ja coule

à doit rejeter ces étymolôgies ridicules | et ne

! égyptien imité Par les Grecs en éelui de Momment cette plante AGUOw,.

un pied de veau, pas d'accord sur ce terme gé- Morison pretend qu'il vient du ur du fruit, Je pense que l'on vois dans arum que le mot radical “ÆPpOY. Bauhin dit que Les Syrienc

11°, Livraison. b.

dessous d’une double rangée de filamens cirrhiformes; des ovaires très-multipliés, qui entourent la base du spadice.

Les fruits sont des baies globuleuses, succulentes, qui prennent en mürissant une couleur rouge éclatante : elles forment un bel épi serré, et contiennent, dans une seule w loge, une ou deux graines dures et arrondies.

Tout ce qui provient dupied de veau, dit Peyrilhe, est âcre, styptique, brûlant, toute la plante est pénétrée d’un suc qui verdit le sirop violat et se coagule par les acides minéraux. On en fait, dans diverspays, en Angleterre, dans Ja Belgique, dans le Poitou , une pâte qui sert à blanchir le linge. L’acrimonie des feuilles est telle, que, pilées et appliquées sur une peau délicate, elles l’irritent , l’enflamment, la corrodent, et peuvent ainsi, dans certains cas, devenir ün rubéfiant, un épispastique .très-utile; elles détergent les ulcères sanieux, et, infusées dans le vin, elles sont regardées comme antiscorbutiques ; toutefois leur usage est beaucoup plus limité que celui de la racine. Celle-ci est sans odeur, et paraît insipide quand on commence à la mâcher : mais bientôt une saveur âcre et brûlante se développe; l'in térieur de la bouche semble piqué, déchiré par des milliers d’aiguilles , suivant l'expression de Bergius. La douleur, rebelle à tous les autres liquides, ne se calme que par, les . boissons huileuses. Cette violente acrimonie diminue Consism dérablement par la dessiccation ; il n’en reste plus aucune - trace si l’on soumet l’arum à la torréfaction ou à des ébulli-" tions répétées. On obtient par ces procédés une fécule bar che, douce, très-nourrissante, propre à faire non-seulement de la colle, de l’amidon, des pâtes cosméliques, mais dek fort bon pain, comme Cirillo Ja vu pratiquer en Dalmaticn On aperçoit ici une frappante analogie entre l’arum et lew manioc : dans l’un comme dans l’autre, l'aliment se trouve mêlé au poison, dont il est facile de le séparer. ail

Lés médecins prescrivent la racine de gouet, recueillie en automne, contre la plupart des affecuons cachectiquess Les anciens, spécialement Dioscoride, l’ont surtout vante dans les maladies chroniques de la poitrine, et les modernes se sont efforcés de lui conserver son antique renommés * Horst, Mueller, Gesner, prétendent avoir guéri, avec la racine d’arum, l’asthme pituiteux, et même la phtsie conf firmée ; les professeurs Bergius et Gilibert ont dissipé des fièvres intermittentes et des céphalées gastriques rebelles à

tous les autres remèdes. Cependant, st l’on réfléchit que la

racine fraiche de l’arum, trop caustique pour être employées perd, en se desséchant, toutes ses propriétés médicinales,

on conviendra qu'il est imprudent d’administrer une subs-

tance dont l’action est aussi versatile, dont la dose ne peut

être exactement fixée, et qui, même dans les circonstances

les plus favorables, ne possède point les propriétés fébri- fuges et antiphtisiques qui lui ont été attribuées,

Parmi le$ préparations pharmaceutiques dont la racine d’arum est un des principaux ingrédiens ; on vante surtout la poudre stomachique de Birkmaun , et la poudre cachectique de Duchesne (pulpis cachecticus Quércetani) : ces remèdes composés m'inspirent encore moins de confiance que l'araum lui-même.

Plusieurs espèces de gouet méritent être signalées, soit par la singularité de leur forme, soit par les phénomènes curieux qu’elles présentent, soit par l'utilité qu'on én retire.

1°. Le gouet serpentaire, arum dracunculus ; L. offre des propriétés analogues à celles du-pied de veau, mais plus faibles. E ss! re

2° La colocase, arwm colocasia, Li simple variété du gouet comestible (arum esculentum), selon Lamarck, croit naturellement en Egypte, dans les lieux humides : on la cultive aux Indes orientales , en Amérique, et dans quelques

» contrées de l'Europe, telles que le Portugal; sa racine acquiert, par la cuisson, une saveur douce, et fournit, ainsi . que les feuilles ,une nourriture agréable , saine et abondante. Sa fleur fait partie de la coiffure d’Isis et d'Osiris; elle se « trouve aussi sur la tête d'Harpocrate, dans les monumens + anciens.

5°. Le gouet gobe-mouche, arum muscivorum » exhale de ses fleurs une odeur cadavéreuse qui attire les mouches : elles se précipitent au fond de la spathe, en écartant les poils qui en forment l’orifice ; mais ces poils se rapprochent aussitôt, et opposent une barrière insurmontable à l'insecte, qui périt dans le piége.

4°. Le gouet d'Italie, arum italicum , n’est probablement qu'une variété du pied de veau commun. Le professeur La-

marck fit, en 1777, l'observation intéressante que le spadice “de ce gouet s’échauffe au moment de la fécondation, jusqu’à devenir presque brûlant pendant plusieurs heures. Par cette faculté calorifique, le gouet semble participer de la nature des animaux, dont ilse rapproche encore par les émanations Putrides que répandent plusieurs espèces, et par l'azote qu'y révèle l’analyse chimique. é

SCHELHASS (Élie), De aro, Diss. inaug. præs. Georg. Wolfg. Wedel; in-40. lenæ, 1501. : es MEITSCH (sean chrétien), Dearo maculato, Diss. inaug.in-4°, Erlangæ, 1 98.

EXPLICATION DE LA PLANCHE 4x.

(La plante est réduite ù. la moitié de la grandeur taguele)

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