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Le fruit consiste en plusieurs graines ovales-oblongues, presque tétragones, couronnées d’une‘aigrette sessile et plumeuse.
Très-commun ettrès-renommé dans les cuisines, l’artichaut tient à peine une place dans les pharmacies. Cependant les racines ontété employées par divers médecins comme diurétiques et apéritives. On peut manger les feuilles bouillies dans l’eau et assaisonnées ; leur suc mêlé à d’excellent vin a, dit-on, guéri des hydropisies contre lesquelles avaient échoué les remèdes les plus vantés dans ces maladies, généralement si opiniâtres Toutefois l’artichaut doit à sa féfe la PE dont il jouit, et les soins que l’on prend pour le multiplier. Ce sont les fleurs non épanouies que l’on sert sur nos tables; les seules parties que l’on mange sont la substance charnue qui forme la base des écailles du calice, et le réceptacle appelé communément cul d’artichaut où portefeuille ; on
rejette le foin, c’est-à-dire les soïes et les fleurons naïssans qui le couvrent. FA ; __ Les artichauts encore jeunes ek tendres ont une saveur
agréable, qui devient âpre à mesufetque la maturité s’ayance. L’artichaut ne peut plus alors être mangé cru à la poivrade; mais par la cuisson il perd son äâpreté, sa consistance trop solide; et préparé de diverses manières, il devient un aliment fort recherché. En effet, loin de mériter le reproche que lui . fait Galien d’engendrer des sucs bilieux et mélancoliques, l'artichaut se digère très-facilement, et nourrit assez bien. I1 stimule les organes génitaux et ceux qui sécrètent l'urine; ce fluide extrémentitiel acquiert même une odeur nauséabonde. FETE k -
L'infusion des fleurs d’artichaut dans l’eau froide, à la-
quelle on ajoute un peu de sel , coagule le lait, aussi les M
Arabes et les Maures s’en sérvent-ils pour faire leurs fromages. . - +de, Willich dit que l’artichaut est employé avantageusement dans la fabrication de la soude, et que les feuilles pre avec le bismuth donnent à la laine une couleur d'or fine et durable. » | Peut-être ne sera-t-il pas inutile de jeter un coup- d'œil très-rapide sur la culture de l’artichaut. Transporté dans nos jardins, dit M. Delaunay (2), il s’y est perfectionné et a produit plusieurs variétés, dont les plus remarquables sont : l’arlichaut vert, à têtes fort grosses; le blane, plus, petit, plus délicat, plus précoce ; le rouge et le violet, dont
(2) Le bon Jardinier, 1814, page 7-
x (135) les têtes pelites et tendres se mangent à la poivrade ; le sucré de Gênes, ainsi nommé à cause de son excellent goût, ne doit pas non plus être soumis à la cuisson. Toutes ces variétés se cultivent de la même manière ; on peut les élever de graines, ou les multiplier par le moyen des œilletons. La propagation des semences est usitée seulement lorsque le froid ou les trop grandes pluies ont fait périr les anciens plants. Pour multiplier les artichauts par œilletons, c’està-dire par les bourgeons qui s'élèvent des racines des vieux pieds, on commence par séparer les œilletons des racines mères. Cette opération se pratique le plus communément à la fin de l'hiver, ou après que la plante a donné son fruit, ou au mois de septembre ; on peut même œilletonner pendant toute l’année, excepté dans la saison froide (3). Bien conduits, arrosés suffisamment et à propos, enfin binés et purgés de mauvaises herbes, quelques œilletons donneront des artichauts dans l’année; mais leur plus grande production aura lieu les deux années suivantes, après quoi l'artichaudière devra être renouvelée.
On peut, à l’aide d’une démi-cuisson dans l’eau, conserver * les artichauts, de manière à en avoir toujours au besoin une: ertaine provision.
Le genre cynara renferme une espèce qu'il importe de signaler; c’est le cardon, Cynara Cardunculus , L. dont les feuilles, prodigieusement amples, deviennent, en blanchis- sant , une de nos meilleures plantes potagères. La culture en a fait des variétés et des Sous-Variétés , dont deux dépouillées d’épines sont plus faciles à manier ; cependant on préfère au cardon l'Espagne, tout inerme qu'il est, le cardon de Tours , armé d’épines longues et très-aiguës. Celui-ci est moins sujet à monter; ses côtes sont plus grosses, plus tendres, et beaucoup plus délicates. | Le professeur Gilbert a connu un médecin qui depuis dix ans prenait tous les matins un verre de décoction des feuilles Vertes de cardon, avec la Persuasion intime que ce remède
Vavait guéri d’un €ngorgement au foie, et en prevenait le retour, ’
(3) Thouin, dans le Dictionaire des sciences naturclles, tome 3 (1804), | Page 168.
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