‹ Flore médicaleChapitre 61 sur 86 · ASPERGE · texte numérisé non relu

ASPERGE

Grec....... asTapuyos.

ASPARAGUS SATIVA ; Bauhin, Iivaë, lib. 12 , sect. 5, Toumefort, clas. 6, rosacées. .

Latn........<asparacus OFFICINALIS; caule herbaceo, tereti, erecto, foliis setaceis , stipulis paribus ; Linné, clas. 6, hexan- ‘ drie monogynie. Jussieu, clas. 3, id. 2 > asperges. ialien...... spArAGIO; ASPARAGO ; SPAGILERO. ÆEspagnol.... ESPARRACO; ESPARRAGUERA.

Francais... .. ASPERGE.

ÆAnglais..... . ASPARAGUS ; SPARAGUS ; SPARROW-GRASS; SPERAGE. Allemand... sPARGEr.

Hollandais... spArcIE. à Polonais.... szparac.

Bien que l’asperge préfère les pays méridionaux, elle croît spontanément dans presque tous les climats : le docteur Gilibert l’a rencontrée sur plusieurs terrains sablonneux et incultes de la Pologne ; d'autres voyageurs l'ont trouvée sur les bords du Wolga, et jusqu’en Sibérie.

La racine est un paquet ou faisceau de fibres charnues, jaunâtres ou cendrées, grosses à peu-près comme une plume . d’oie , attachées à un collet épais, dur, capité, transversal. . La tige est remarquable en ce qu’elle s'annonce au prinmm. temps par plusieurs jets écailleux, cylindriques, verdâtres à

terminée par un bouton conoide pointu, résultant des écailles

ms. rapprochées quirecouvrentles rudimens des rameaux. Ceux-

«1 se montrent bientôt en grand nombre, et la plante parvient à la hauteur de plus de trois pieds.

+ Les feuilles sont linéaires, sétacées , molles, vertes, longues d'environ un pouce, ét réunies par faisceaux de trois €. à trois, de quatre à quatre, ou de cinq à cinq.

D Les Hors , d’un vert jaunâtre, partent de l’aisselle des — rameaux, tantôt solitaires, tantôt deux à deux, plus rare-

« ment trois à trois, soutenues chacune par un pédoncule . Muni, Vers son milieu, d’une articulation. Chaque fleur

présente : un calice campanulé, profondément divisé en six . découpures, dont les trois intérieures sont recourbées en . dehors à leur sommet; six étamines , insérées à la base du

calice , et moins longues que lui; un ovaire supérieur, ovale, surmonté d’un style court, terminé par un stigmate trigône, Le fruit est une baie globuleuse qui, d’abord verte, de-

12°, Livraison. b.

(356) vient d’un rouge vif en mürissant : l’intérieur de cette baie offre trois loges, dont chacune contient deux graines anguleuses, noires, dures et glabres.

La plupart des botanistes observent que les organes mâles et femelles n'existent pas sur le même pied, et, par conséquent, ils regardent l'asperge comme dioique. Cependaut, si l’on réfléchit que l’asperge sauvage renferme généralement les deux sexes dans, la même fleur, et que les pieds mâles. de l’asperge des jardins ont, pour l’ordinaire, sinon un pistil complet, du moins un ovaire (1); il faudra ne voir dans cette prétendue diœcie qu’un avortement produit a la culture, et considérer, avec Linné, l'asperge comme hermaphrodite.

Tout le monde: sait que les asperges servies sur nos tables sont les jeunes pousses ou jets écailleux, qui lèvent avec une

rapidité surprenante, et que l’on cueille peu de temps après

Jeur sortie de terre. La racine qui fournit ces rcjetons tendres et délicats, est naturellement trisannuelle; mais il s’en développe audessus. un rang nouveau, destiné à durer le même temps, ct qui. à son tour , donnera, un nouvel étage,

de racines supérieures, jusqu’à ceque lecollet, ayant atteint

le niveau du sol, celles.qui voudraient, se former à l'avenir ne trouvent plus de place ni. de nourriture. Cette disposition! bien connue de: la; parte d’asperge a. suggéné l’idée, de la planter dans des fosses creuses. que. tous les ans, on. change de quelques doigts de.terre, et qui ,.en raison, de-lélévation, qu'elles pourront, recevoir chaque année, contribueront au plus ou moins de:durée du.plant. (2). De longs détails agronomiques seraient. ici déplacés : 1l,suflira, de; dire, que, l'as perge, abandonnée à elle-même: surtout. dans les régions brülantes, estligneuse, grêle, insipide; tandis que, culuvée par un jardinier habile, elle acquiert, notamment, dans les

ays froids et humides, comme la. Flandre, la Hollande, Fee. unesaveur exquise, el un yolume,considénable:, volwne qui devient quelquefois. excessif, par l'union intime, l’aglomération , je dirais presque l’incorporation de-plusieurs tiges en une. Ceux qui désireraient, des, renseignemens-plus étendus sur cet.objet, consulteront, avec fruit le Cours d'agriculture,, de Rozier, le. Dictionaire des jardiniers, pan

Miller, celui d'agriculture. de l'Encyclopédie méthodique: | celui des, Sciences, naturelles,,, et. les, traités ex praféessa de !

(a) Lamarck , Ænoy clopédie rRRte ,; Bôtan., tome r, page 2941 (a) Mordantide, Liauvay , Le don Järdinier ;. 1834, page 9.

nn) J. J. Fillassier (5), de C. F. Seidel (4), de J. 6. Voth. mann (5), etc. | C’est la racine de l’asperge que les médecins emploient, pour ainsi dire, exclusivement : elle ést une des cinq racines apéritives majeures; ai-je besoin d'ajouter que rarement elle justifie, même à un léger degré, ce titre fastueux ? Ses quahtés deviennent encore bien plus faibles; ou plutôt elles disparaissent à mesure que s'élèvent les poussés ({uriones ). Celles-ci occupent à juste titre un des premiers rangs parmi nos plantes potagères. Crues, elles sont à peiné odorantes, et leur goût ressemble beaucoup à celui du pois. Cuites, elles fournissent un aliment très-récherché, qu'on peut yarier de mille manitres : les Grecs et les Romains en étaient, Comme nous, très-friands; ils les préparaient à l’aide d’une ébullition tellement prompte, qu’elle était passée en proverbe (6). k ER Les plus anciens médecins, tels que Dioscoride et Galien, ont signalé l’action puissante des asperges sur les organes. uropoiétiques ; mais il parait que Avicenne, Psellus etSiméon Sethi ont parlé les premiers de cette fétidité singulière que contracte l’urine , fétidité qu'il est aisé de prévenir, en versant dans le vase destiné à recevoir le fluide éxcrémentitiel, un peu de fort vinaigre, ou d’acide muriatique étendu d’eau. Les professeurs Vauquelin et Robiquet sont parvenus à déterminer assez exactement la source de cette odeur par= ticulière, de la saveur agréable , et des autres propriétés de l’asperge. Ils ont prouvé que cétte plañte änimalisée, et d’une constitution réellement privilégiée, pour me servir des expressions de M. Tollard (5), contient, outre une fé cule verte, une cire végétale, dé l’albumine, divers phosphates et acétates, une matière sucrée analogue à la manne, et un principe cristallin, auquel ils ont douné le nom d’asparagine (8).° |

| pi ec r À (3) Culture de la grosse asperge, dite de Hollande, la plus précoce, la plus hâtive, la plus féconde , etc. in-12. Amsterdam et Paus, 1759. — 14. Paris ; 1583. — 14. Paris, 1809, etc.

(4) Kurze Anweisung, etc. ; c’est-à-dire, Courte instruction sur la culture» . la plus économique et la plus parfaite de l'asperge; in-80. Erlang, 178r. =

14, 1582. — Id. 1:86.

(5) Die nutzharste Anlegung, etc.; c'est-à-dire, Sur la manière la plus Me de former et de cultiver les plants dasperges; in-80. Flensbourg

(6) ’elocius quam asparagi coquuntur, disait souvent Auguste, au rap port de Suétone.

(7) Dictionaire des sciences médicales tome 2, page 36.

(8) Annales de chimie , tome 55, page 152 3, et tome 57, page 88

ge im CR NE a mr TP nn le sis + . à

Il est peu de personnes à qui les asperges ne plaisent;

mais elles ne conviennent pas à tous les tempéramens , à

toutes les idiosyncrasies. Le judicieux Murray atteste que souvent elles fatiguent l'estomac débile des hypocondriaques et des hystériques. Boerhaave, Quarin et Bergius ont observe qu'elles accélèrent les paroxysmes de la goutte, de lhémoptysie, qu’elles aggraventles symptômes de la phtisie, et causent même par fois l’hématurie. Quoi qu'il en soit, l'asperge est un aliment médicamenteux, dont l'usage modéré offre au praticien habile des ressources. précieuses et multiphiées.

La plupart des espèces comprises dans le genre asparagus sont armées d’épines plus ou moins fortes, plus ou moins alonugées. Cette disposition est surtout remarquable dans l'asperge hérissée, ou terrible, asparagus horridus:, L. En

cffet, dit Lamarck, elle ne présente de tous côtés que des. piquans longs, roides et divergens , qui la rendent affreuse

à voir (a).

creriGis (Antoine de), De asparago, Diss. inaug. præs. Joan. Jaë. Baier; in-40. Alidorfü, 1515.

rRANz (Jean-ceorge-rréderic), De asparago, ex scriptis medicorum veterum, Diss. in-40. Eipsiæ, 1578

(9) Telle est probablement l'origine du mot asparagus ; soit du latié asper, soit du grec SAapass® où ST&paTTe, je déchire : car qui voudrait adopter Vopinion d’Athénée, renouvelée par Ventenat et par d’autres, qui dérivent

sparagus de & privatif, et ST£IP© , je sème, parce que les plus belles asperges. be viennent pas de semences? J'avoue qu’il serait plus simple, et méme en. apparence plus raisonnable, de considérer , avec certains étymologistes , ASTapaæy0$, dont asparagus est limitation latine littérale, comme un mot

; … générique par lequel les Grecs désignaient les jeunes et tendres pousses des.

plantes. Mais æsTaæpa”os west-bien certainement pas un terme radical :-

x w La c’est un composé, dont il faudrait chercher Jes.élémens la difficulté serait donc- ., — éloïgnée plutôt que résolue.

(La plante est de grandeur naturelle) F

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