ASCLÉPIADE
(152) l situés un pou plus haut que les anthères, et alternes avec elles ; deux ovaires supérieurs, libres, oblongs, surmontés lun et l'autre d’un style court, que termine un stigmale commun , charnu, cylindroïde, couronné par les anthères, au moyen des écailles (r) dont chacune d’elles est munie à son sommet (2).
Le fruit est composé de deux follicules oblongs, ventrus, acuminés, uniloculaires, s’ouvrant d’un seul côté par une fente longitudinale, renfermant des graines nombreuses imbriquées autour d’un placenta libre, et couronnées d’une aigrette de poils fins et soyeux.
Comme presque toutes les apocinées, l’asclépiade est une plante suspecte, négligée par les bestiaux, à l'exception des chèvres, qui broutent l'extrémité de ses tiges. Les chevaux ne la mangent qu'à défaut d’autre nourriture , et seulement lorsque, atteinte par la gelée, elle a perdu la plus grande partie de son âcreté. La racine récente exhale une odeur nduséabonde , analogue à celle de l’asaret, ou de la valériane sauvage. Celte odeur, loin d'augmenter, ainsi que le prétend Bergius, s’aflaiblit et se dissipe par la dessiccation. La saveur, d’abord douceâtre, ne tarde pas à devenir âcre et amère. RL art rs
Des qualités physiques aussi prononcées devaient en quelque sorte donner l'éveil aux médecins. En eflet, le nom: de l’asclépiade semblerait indiquer son antique et brillante
renommée, soit que cette plante ait été employée par le célèbre Asclépiade, qui vivait à Rome il y a près de deux nulle ans, soit qu’elle ait été consacrée à Esculape (asxanTios) : mais 1l est bien certain que l’usxanrias des Grecs, et de Dioscoride en particulier, n’est point notre vincetoxicum. Il faut donc invoquer des témoignages, qui ! pour être plus modernes, n’en seront pas moins respectables.… | Stahl, Duerr, Bergius, et beaucoup d’autres praticiens ont confirmé la propriété hydragogue LÉ l’asclépiade blanche : elle ne justifie pas également le titre de dompte-venin , dont : dé
(1) Les cinq écailles qui recouvrent le sommet du stigmate commun sont ce que l’on appelle, dans les anthères des fleurs composées, les appendices : terminaux : comme eux, elles sont le prolongement du connectif, et, comme eux, elles servent à abriter le stigmate. (T.)
(2) M. Turpin, auquel je dois l'exactitude de cette description, s’occupe . d’un travail important, qui répandra üne vive lumière sur Ja structure que pré ! sentent les fleurs des plantes apocinées, et notamment celles des ascléprades.w Ce savant botaniste prouvera que la nature a suivi pour cette famille, enappa= rence si bizarre et si compliquée , le même plan que pour les familles les plus simples, et qu’il est facile de déchirer le voile dont ellea, pour ainsi dire, masqué ses opérations. * L
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(1535 } ER | cile a été décorée fortindiscrètement, quoi qu'en disent Ju lien le Paulmier et Mathias Unzér: « Quelques aûteurs, dit Gilbert, condamnent l’usagé dé éette racine; Cépéndant là décoction , que nous avons souvent ordonnée à haute dose, n'a jamais causé le moindre accident : nous l'avons trouvéé utile dans les dartres, les anasarques, les écrouélles, la chlorose, et la suppression des règles; elle augmente sensi= blement le cours des urines ; extérieurement élle déterge les ulcères , et arrête les progrès du virus Scrophuleux.
Les habitans du pays de Liége prennent communément, à titre de vomitif doux, trente à quarante grains de feuilles d'asclépiade blanche infusés dans un verre d’eau (3).
Si Pessénce alexif harmaque et la poudre dé scille compo: sée, dé Stahl, possèdent quélqué vertu, élles ên doivent une
“partie à la racme du dompte-venin, qui ést un des princi-
paux ingrédiens.
Lés avantages qu'offre cette plante à l'économie ruralé et domestique ont êté signalés par Sonnini, dont je cräindrais d’affaiblir les expressions en les modifiant. « Une culture aussi facile qu’elle serait peu embarrassante servirait à fertiliser des terrains ingrats, et à procurer dés profits certains. Le duvet soyeux attaché en aigretles aux graines de l’aselépiade blanche est propre à rémplir lés coussins et les matelas, ainsi qu'a ouater, et ses üges préparées comme celle# du chanvre et du lin, donnent une filasse aussi bonne. Il exisle peu de végétaux moins délicats ; les terres Pierreuses et arides , les expositions les moins favorables lui conyiennent ». ‘ éd
Plusieurs autres espèces ont été beaucoup plus vantées: encore pour la quantité, Ja finesse, l’élasticité le moelleux et l'éclat du coton soyeux qu'elles fournissent : tellés Sont principalement l’asclépiade frutiqueuse, et cellé dé Sÿrie, qui porte par excellence le nom de ouatier > OU apocin à la ouate (4). Ces précieux succédanés du coton et de la soie, vantés, sans doute, avec exagération, sont tombés tout-à-
. Coup dans un discrédit complet, dans un oubli profond,
et peut-être injuste (5). !
(3) Coste et Willemet, Mat. méd. indigène; 1703, page 23.
(4) Les cinq appendices des étamines, qui ne sont dans le dompte-venin
4 Fu cinq petites écailles en forme de cuilleron, se montrent ici sous Ja fi ure u
amples ‘cornets, tronqués obliquement , fendus tout du long du côté intérieur, et du milicu desquels s'élèvent d’autres petites cornes cylindriques , Pointues, et recourbées vers le centre de la fleur. (le
(5) On trouvera des détails pleins d'intérêt sur cet objet à l’article apocin
a Dictionaire d'agriculture de l'Encyclopédie méthodique, au mot asclé Piade du Dictionaire des sciences naturelles ; etc, ;
| (154) L’asclépiade pectorale, ou expectorante, asclepias asthmatica , est regardée comme spécifique, à l'Ile de France, où elle est appelée ipécacuanha blanc.
wozr (ccorge christophe), De vincetoxico, Diss. inaug. præs. Joan. Adolph. Wedel; in-4°. Ienæ, 1720.
FRIESE (rrédéric cotthilf), OEkonomisch -téchnologische Abhandlung
- ueber die syrische Seidenpflanzse und den weissen Maulbeerbaum ; c'est-à-dire, Traité économico-technologique sur l’asclépiade de Syrie, et le müûrier blanc; in-80. Breslau, 1791.
CAPEGE-LATRO (10seph), Mémoire sur l’apocin (asclepias fruticosa , L. );
* trad. de l’italien ; in-40. Paris, 1805. |
Le traducteur de cette troisième édition ne m’ayant pas autorisé à le
nommer, je respecterai sa modestie.
sonnini (charles sigisbert), Traité des asclépiades, particulièrement de Pusclépiade de Syrie ; PE de quelques Observations sur la culture da coton
en France; in-80. fig. color. Paris, 1810.
Cet ouvrage réunit tous les genres de mérite dont une bonne monographie” ‘ : 1
est susceptible. Sn | j sACQuIN ( Nicolas oseph), Genitalia asclepiadearum controversa ; in-8c. fig. V’indobonæ, 1811. .
(La plante est de grandeur naturelle )