‹ Flore médicaleChapitre 68 sur 86 · AVOINE · texte numérisé non relu

AVOINE

‘ ( 172 ) nature du soet sa hauteur : en France, on sème depuis le mois de septembre jusqu’au mois d'avril. Les agriculteurs de la Beauce sèment ordinairement de l’avoine dans les champsgqui l’année précédente ont donné du froment; ils profitent ainsi du fumier qui n’a pas été entièrement consommé. L’avoine semée en février ou en mars, époque la plus ordinaire dans les provinces de France, montre ses épis au mois de juin : alors elle n’a que huit ou dix pouces ;: sitle temps devient favorable, elle acquiert promptement une hauteur double, et monte à proportion de la bonté du terrain. Elle fournit surtout une abondante récolte s'il ne tarde pas à pleuvoir après qu'elle a été semée. On a remarqué qu’elle réussissait à merveille quand les mois d’avril et de mai étaient froids, juin et une partie de juillet pluvieux, la fin de juillet très-chaude, et août sans grandes chaleurs (1). |

Les recherches du savant agronome Teissier semblent rouver que l’avoine est de toutes les graminées celle qui contracte le plus äisément des maladies, et notamment le charbon: Elle n’offre point cette matière végéto-animale, ce gluten examiné avec un soin scrupuleux par Zambeccari et Kesselmeier. Aussi la farine d’avoine ne se lie-t-elle jamais ‘en pâte longue, comme celle du froment. Vauquelin a constaté la présence du phosphate de chaux et de la silice dans les cendres de cette graine. L'écorce qui la recouvre est dure, coriace, douée d’une saveur amère, nauséabonde , qui se communique au pain et à la bière qu'on en prépare. Toutefois cette amertume plaît singulièrement aux chevaux et à plusieurs autres animaux domestiques (2). Divers peuples, moins délicats que nous, plaçaient l’avoine au premier rang de leurs plantes alimentaires. Réduite en bouillie, elle formait la principale nourriture des anciens Germains (3), et les Suisses n’ont point encore abandonné cet usage. Les pauvres habitans de la Norwège, de la Suède, ceux de quelques provinces de l'Angleterre, de l'Allemagne et de la France, mangent du pain d'avoine. On fait avec cette graine, dépouillée de sa pellicule , un excellent gruau qui, diversement préparé, fournit un aliment agréable, substantiel, 4 è

(1) Thonin, dans le Dictionaire des sciences naturelles, tom. 3, pag. 341.

2) Vossins et d’autres étymologistes apercoivent ici l’origine du mot avena; Fo. cam edere aveant pecudes. En rejetant celte opinion peu vraisemblable, jeine saurais admettre comme évidente celle de Théis, qui voit dans avena une simple altération du nom celtique de ceue graminée, aten, lequel vient lui+ méme de etan, manger.

(3) Pline, Historia mundi, lib: 18, cap. 17.

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(175 ) propre aux estomacs naturellement faibles 1 oupdébilités

-par de longues maladies.

Hippocrate prescrivait la tisine d'avoine comme un des antiphlogistiques les plus efficaces , etles modernes.ont mille fois confirmé. le jugement du père de la médecine, Ce sont les Anglais et les Allemands qui ont surtout exalté les vertus de cette boisson, Elle serait une merveillensé panacée, sl fallait en croire Richard Lower (4), ses traducteurs et com-

mentateurs Frank et Nordenheim, ainsi que l'illustre, mais

parfois trop crédule ou trop enthousiaste Fréderic Hofmann (5). +

L’eau aigrie sur la farine d'avoine, forme avec le sucre et une petite dose de bon vin blanc, une limonade antiseptique et stimulante, dont le docteur Pringle a constaté les précieux avantages pour arrêter les progrès du scorbut. Hofmann, Macquart, Gilibert, disent que la farine d'avoine frite avec du vinaigre est un épithème utile pour calmer les douleurs de la colique et de la pleurésie; on en fait aussi

des’ cataplaäsmes résolutifs: Les bâles calicinales forment

de très-bonnes aillasses pour coucher les enfans, et des coussinets que É chirurgiens emploient dans une foule de Circonstances (6). - : Le. ET 3

Il me reste à mentionner quelques autres espèces d'avoine, Soit pour faire connaître leurutilité, soit pour signaler leurs inconvéniens.

1°. Lavoine nue, avena nuda, L, se rapproche beaucoup de la cultivée, dont peut-être elle n’est qu’une variété. On la préfère quelquefois pour le gruau, bien que son grain soit plus petit. 2 |

2°. L'avoine élevée, le fromental,, le ray-grass de France, . avena elatior, L. est un fourrage très-estimé ; on en fait des prairies artificielles qui durent longtemps, et peuvent se faucher deux ou trois fois par an avant la fleur (7).

3° L’avoine folle, ou avron, avena Jatua, L. que La-

-marck et Thouin regardent comme une simple variété de la

stérile, étouffe les grains utiles au milieu desquels elle croit, sa précocité lui donnant de l’avance sur eux. Quand elle s’ést emparée d’un terrain, elle s’y perpétue et s’y mul-

tiplie aux dépens de tout ce qu'on y sème, ce qui a fait # |

(4) Bpoprorypaote , etc., in-8o, ÆAmstelodami, 1669, etc.

(8) De curd avenaced, Diss. inaug. resp. Fiedler; in-4°. Halæ agdeburgicæ, 1714, etc.

(6) GE” de dans le Dictionaire des sciences médicales, tom. 7, pag. 228.

(7) De Launay , Le boh Jardinier, 1814, page 102.

Ca74) dire-quékles blés se changeaient en avron (8). Quoique les chevaux, les moutons et les chèvres ne refusent pas de s’en nourrir , elle leur cause de l'irritation au fond de la bouche, par les poils dont sa base est environnée, Dès que cette herbe a germé, ses graines . ornées de leurs barbes , peuvent servir d’hygromètre ; elles rampent dans les granges jusques aux murs (9). 491

(8) Dictionaire des sciences naturelles ; tome 3, page 346. (g) Gilibert , Demonstr. élément. de botan., 1796, tome 3, page 192.

(La plante est légèrement réduite)

. Racine. &*

: Épillet, composé d’un calice commun, bivalve, dans léquel sont

deux fleurs munies de barbes.

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