‹ Flore médicaleChapitre 70 sur 86 · BAGUENAUDIER · texte numérisé non relu

BAGUENAUDIER

Grec........ HOAYTEL; HOAUTEX.

COLUTEA VESICARIA ; Bauhin, Tiyaë » lib. 17, sect. 1. Tournefort, clas. 22, arbres papilionacés.

Laiin....,...€ covuTEA ARBORESCENS; arborea, foliolis obcordatis ; Linné, clas. 17, diadelphie décandrie. Jussieu, clas. 14, ord. 11, légumineuses.

italien... .... vescicarra.

LEspagnol.... EspANTALoBoS. h

1Français..... BAGUENAUDIER ; COLUTIER, Coste; FAUX SÉNÉ.

*Anglais ..... BLanorr-sexa, Miller; BLADDER-NUT-TREE.

Allemand... SCHAFLINSEBAUM; nLASENBAUM, Planer. ‘

Hollandais … . SCHAAP—LINSEBOOM ; LOMBARDSCH LINZEBOOM ; WILD SEN- NEBOOM.

Ce joli arbrisseau croît spontanément sur les montagnes de l'Italie, de la Suisse, de l'Autriche, et des provinces mméridionales de la France.

Les tiges, très-rameuses, s'élèvent à la hauteur de dix à quinze pieds, sous la forme d’un buisson médiocrement touffu , Pécorce est d’un gris brun; celle des rameaux est plus claire et assez unie: ; |

Les feuilles sont alternes, ailées avec une impaire, com posées de sept à onze folioles ovales-arrondies, légèrement “chancrées à leur sommet, ce qui les rend presque cordiformes, vertes et glabres en dessus, glauques en dessous.

Les fleurs sont disposées en grappes peu garnies, naissant, par de longs pédoncules, de l’aisselle des feuilles supérneures. Chaque fleur présente : un calice persistant, monophylle, campanulé, droit, à cinq dents courtes et pointues ; ane corolle jaune, papilionacée , formée d’un étendard rentru portant à.sa base une ligne rougeâtre courbée en sœur, de deux ailes courtes aplaties lancéolées, et d’une zarène figurant une sorte de casque; dix étamines, dont neuf ont leurs filets réunis inférieurement en une gaîne, et ta dixième est libre; un oyaire supérieur, oblong, com- >rimé, pédiculé, surmonté d’un style que termine un stignate en crochet et velu en dessous. .

Le fruit est une gousse membraneuse, diaphane, trèsenflée, vésiculeuse ; presque vide, parfaitement uniloculaire, tonlenant de petites graines noiresy.réniformes, attachées rux deux bords de la suture supérieure.

Peu de végétaux sont plus faciles à naturäliser et à muliplier que le baguenaudier, Il fleurit en mai, et donne pour

15°, Livraisons d,

la seconde fois, au commencement d’août, des fleurs qui se succèdent jusqu’au mois d’octobre; aussi fait-il l’ornement des bosquets du printemps et de l’automne. Les enfans et les oïsifs font claquerles gousses vésiculeuses, pour s'amuser ou baguenauder, d’où certains étymologistes (1) dérivent le nom français de cet arbrisseau, et même ses dénominations grecque ét latine (2). |

, Je crois devoir répéter ici ce que j'ai dit ailleurs (3) des propriétés ne attribuées aux feuilles du baguenaudier : elles sont regardées par Gesner, Bartholin, Garidel : comme propres à remplacer le séné du Levant; l'illustre Boerhaave n'hésite pas même à leur donner le nom de séné d'Europe. Ce titre ne me paraît pas complétement mérité; car les feuilles du baguenaudier ont une action trèsfaible, et même à peine sensible sur les sujets robustes , comme l'observe Gilibert. Pour rendre ce prétendu séné purgatif, nl faut quelquefois en porter la dose jusqu’à près d’un. hectogramme dans un litre d’eau, ce qui forme un breuvage dégoütant. OGGUE 1 0h :

Lé, docteur JF. Coste prescrit de récolter ces feuilles vers le milieu de septembre, de les dessécher à l'ombre, et de ne pasles soumettre à la décoction, qui leur enleverait la vertu purgative; la simple infusion suffit pour en extraire les parties vraiment efficaces: M. Coste attribue au principe gommeux, beaucoup plus abondant que le résineux, la saveur acerbe que manifeste la tisane préparée avec les feuilles du baguenaudier : mais loin de regarder cette acerbité comme un défaut, il lui suppose ‘un effet tonique secondaire, caractérisé par une plus grande fermeté dans les muscles, et la disparition de ces petites évacüations, fréquentes el. dangereuses, qui suivent généralement l'usage des autres purgatifs. 3#10 4h x

Quelle confiance peut-on ajouter à l'observation du docteur Kœnig, qui prétend ayoir guéri la mélancolie et l’hypocondrie avec l'infusion des feuilles da baguenaudier ?

(1) Sanrmaïise établit avec une égalé vrsémblance une généalogie inverse 2

baguenaudarumt arbor folliculo prédita est prætumide et pellucente; * hinc res futiles et inanes vocamuschaguenaudas, et hominés leves ac nuga=

tores baguenaudarios. x : is ; L'étymologie celtique proposée par Thés, de baghanodad, viaïser, a bien aussi son mérite. ‘ à

Enfir Cascnenverer Ménage dérivent les mots baguenaude et baguenaudier, de bacca, baie, à cause des petites graines nowes, bacciformes, que l'on twouxye dans la cosse de cet arbissean. ”

(2). De XOAUTHP-ou AWAUTNS , impediens, morator, musard.

(3) Dictionaire des sciences médicales , tome 2, page 517.

(181) On a proposé les gousses ou légumes vésiculaires de cet arbrisseau comme succédanés des follicules de séné; mais leurs qualités médicamenteuses sont encore moins constatées par l'expérience que celles des feuilles. Plusieurs autres espèces de baguenaudiers décorent agréablement les jardins; tels sont :

« 1°. Le baguenaudier du Levant, coZutea orientalis, dont les feuilles sont d’un vert argenté, et les fleurs rouges , marquées de deux taches jaunes.

2°. Le baguenaudier d’Ethiopie, co/utea frutescens, L. petit et délicat, mais orné de Te rouges éclatantes. 3°. Le baguenaudier à feuilles de galega, colutea galegi- Jolia , apporté récemment de la Nouvelle-Hollande, donne depuis le mois de juin jusqu’à celui d’octobre, des grappes de fleurs d’un écarlate safrané , qui exhalent une odeur douce de vanille (4).

d “ (4) De Launay, Le bon Jardinier, 1814, pag. 540, et Herbier général de l'amateur. $

EXPLICATION DE LA PLANCHE 5r.

(La plante est représentée un peu’plus petite que nature)

à 5. Calice, étamines et pistil. :

2. Étendard. F: ; 3. Aile. " | | 2 4 Carène-n. an 1 5. Frait ou légume coupé horizontalement, afin de faire voir la situation des graines. L

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