LAURENT II, DUC D’URBIN
lERRE II de Médicis, noyé dans le Carigliano, avait été marié à Alfonsina di Roberto Orsini, et avait laissé un fils du nom de Laurent; on le connaît dans l’histoire sous le nom de Laurent duc d’Urbin ; sa carrière fut courte, elle fut tranchée à vingt-sept ans, comme celle de son oncle Julien. La mort semblait s’acharner sur cette grande race.
On se rappelle que Giovanni, frère de Pierre II et fils, comme lui, de Laurent le Magnifique, avait été élu pape sous le nom de Léon X :
c’était lui qui devait porter à Rome le faste et le goût des Médicis, et qui allait donner son nom à son siècle à Rome, comme ses aïeux donnaient le leur à leur époque en Toscane.
Tout en raffermissant à Florence le pouvoir de sa famille,
Léon X déplaçait l’axe de la politique et le portait à Rome ; toujours disposé à agrandir ses États, il s’était emparé du duché . d’Urbin; il en investit Laurent, son neveu, par une simple bulle. C’était un prince courageux et doué d’idées assez hautes que ce Laurent; mais, né dans l’exil, il n’avait ni le goût de Florence ni l’amour des Florentins; et le fait seul d’avoir abandonné la ville pour résider à Urbino lui suscita la haine de ses anciens sujets. Il eut, dès le début, à disputer le trône qu’on venait de lui donner à François Délia Rovere, le légitime possesseur : celui-ci
Catherine de Médicis, par le Primavera.
(Cabinet de Paris.)
parvint à le chasser, mais Laurent reprit coiirageusenient son duché les armes à la main.
Sa mort fut prématurée; il avait épousé Madeleine de la Tour, fille du comte François d’Auvergne et Bologne en Picardie. Il ne laissa pas d'enfant mâle, mais une fille qui, seule descendante légitime de la branche aînée des Médicis, devait être un jour un des grands poli-
c’est notre reine de Médicis, épouse de trois rois très-chréd’Espagne.
rent sans héritier digrande évolution Florence : la branche était éteinte, unejaséparait les deux projets ambitieux de mille étaient ruinés maturé. Il restait dicis de la branche mais aucun d’eux mariage. C’était d'anaturel de Julien, main de l’assassinat Pazzi ; puis Hippo- Julien II, duc de Alexandre, qui était aussi, mais dont l’ori- Les uns lui donrent II, duc d’Urnaître de Julien 1" Tous trois dehautes destinées, et fait, auraient pu précar on sait qu’au de la naissance illéun obstacle à l’occupremier, Jules, de-
tiques de son temps; France Catherine de Henri II, mère de tiens et d'une reine La mort de Laurect détermine une dans l’histoire de aînée des Médicis lousie très-profonde branches, et tous les Léon X pour sa fapar ce trépas précependant trois Méde Cosme le Vieu.x; n’était né de légitime bord Jules, ce fils dénoncé le lendede son père par les lyte, fils naturel de Nemours, et enfin bien un Médicis gine a été discutée, nent pour père Laubin, d’autres le font la victime des Pazzi.
valent avoir de bien tous trois, par le tendre au pouvoir, xv° et au xvi“ siègitiine n’est jamais pation du trône. Le
Laurent II, Duc d’Urbin. — Michel-Ange.
vint pape sous le nom de Clément VII, .le second, voué aussi à l'Église, fut le cardinal Hippolyte, et le troisième, Alexandre, fut le premier Duc de Florence.
Il est singulier qfie le génie de Michel-Ange ait justement légué à la postérité les deux
personnalités de cette race dont l'histoire ait le moins à s’occuper. Quand Laurent le Magnifique et Cosme le Vieu.x nont qu'une dalle funèbre où le passant lit leurs noms, le Duc d’Urbin et le Duc de Nemours ont un mausolée qui les fait immortels.