LE CARDINAL HIPPOLYTE
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ui,ES, cardinal de Médicis, devenu Clément VII, au lieu de s’efforcer de faire passer le pouvoir des Médicis d’une branche à l'autre et d’exclure les fils naturels, suivit l’exemple de Jean de Médicis, c'est-à-dire du grand Léon X, et, comme il avait plus de confiance dans l’intelligence du jeune Hippolyte que dans celle des autres fils naturels qui restaient pour représenter la branche aînée : il désigna aux Florentins pour succéder au pouvoir le jeune Hippolyte encore mineur;
il délégua à Florence le cardinal de Cortone, Silvio Passerini,
qui devait gouverner à sa place. Ce Passerini trouva le moyen de ne satisfaire ni les clients des Médicis ni leurs ennemis. C’était le moment où le roi de France, alors en rivalité avec Charles- Ouint, réclamait l'héritage du duché de Milan ; Rome était menacée par Charles-Ouint, puis envahie et saccagée par le connétable de Bourbon: on vit Clément VII traiter avec 1 empereur et mettre pour condition au traité l’entrée des troupes impériales dans Florence. Mais, avant que ces faits se fussent accomplis, les Florentins devaient encore se soulever et chasser pour la troisième fois cette puissante famille de Médicis. Le 17 mai 1527 le cardinal Passerini fut renversé, et Hippolyte dut passer à la cour pontificale : tout ce qui rappelait le souvenir de la famille fut brisé et saccagé. Florence, abandonnée à elle-même, fut la proie de l’anarchie ; l’ennemi était à ses portes et les dissensions intestines ne désarmaient point : c’est dans de telles circonstances que le pape Clément stipula avec Charles-Quint, par l’organe du prince d’Orange, son ambassadeur, l’attaque de Florence en rébellion contre le saint-siège. C’est une date bien mémorable, dans l’histoire de Florence, que celle de ce siège, soutenu pendant une année entière. Hippolyte, malgré les efforts du souverain pontife, ne devait cependant pas régner à Florence ; et c’est au bénéfice d’Alexandre que le traité devait se conclure. Le cardinal, d’ailleurs, allait mourir en pleine jeunesse, et l’on suppose que le duc Alexandre, qui avait toujours vu en lui un rival, ne fut pas étranger à ce trépas prématuré. Le Titien l’a peint deux fois sous différents costumes; Benedetto Varchi a laissé aussi de lui une description qui le montre sous un jour sympathique. « Il était très-beau et d’un agréable aspect ; d’un vénie heureux et facile, plein de toutes les grâces et de toutes les vertus, il était affable avec tout le monde. Il tenait beaucoup plus du caractère généreux et bienveillant de Léon X que de l’esprit avare et étroit de Clément VIL II aimait à s’entourer d’hommes distingués dans les arts, les lettres, ou la guerre; et il leur prouvait à tous sa libéralité. Un jour on lu. apprit qu’il rentrait dans une rente de quatre mille ducats; il en fit don spontanément à Francesco Maria Nolza, noble modénais très-versé dans la littérature et linguiste distingué ». Ses tendances en firent un singulier cardinal. Cependant, dès qu’il fut avéré que c’était Alexandre
qui était destiné au pouvoir, il prit son parti : et, en digne neveu de Léon X, il apporta dans son nouvel état une magnificence superbe. On le vit s’entourer de Turcs, d’Arabes, de
Collection de Pitti, — Le Cardinal Hippolyte de Médicis, fils de Julien. — Par le Pontormo.
Barbaresques, de Tartares et d'indiens aux brillantes annures. Il organisait des joutes, des passes d’armes. Il était cardinal depuis trois ans quand, les Turcs ayant fait une descente jusque sous