‹ FlorenceChapitre 47 sur 102 · GUICCIARDINI FRANCESCO · texte numérisé non relu

GUICCIARDINI FRANCESCO

seulement à cette profession où il acquit en peu de temps une grande renommée, mais il débuta très-brillamment au barreau et se constitua une magnifique clientèle. Le 14 janvier 1507 fiancé à Maria di Alamanno Salviati. Sa situation et son influence étaient telles alors qu’en cette même année la corporation des marchands le nomma consul; mais il ne put exercer l’emploi parce que les lois exigeaient que l’élu eût trente ans accomplis. Dès lors les corporations, associations, œuvres pies, communautés religieuses désiraient l’avoir pour conseil; mais une circonstance grave le fit sortir des affaires civiles pour transporter son action dans l’ordre des affaires politiques où il allait s’illustrer.

C’était le temps de la sainte ligue entre le pape, le roi d’Aragon, l’Angleterre, les Suisses et les Vénitiens : Jules II aurait voulu que les Florentins , amis de Louis XII, roi de France, entrassent avec lui dans la ligue; il y avait là des deux côtés de graves inconvénients pour Florence : elle voulait obéir au roi de France et, d’un autre côté ; ne pas déplaire au roi d’Aragon. Il fut question de choisir un ambassadeur qui irait à Burgos complimenter le roi Ferdinand:

Guicciardini fut nommé le 17 octobre 1511; le 19 janvier 1512, il partait après bien des hésitations, mais encouragé par son père qui lui montrait quel suprême honneur il avait obtenu à l’âge où d’ordinaire on n’est pas apte à de grands emplois de cette nature.

L’année 1513 devait voir éclater à Florence les graves évènements qu’avait déchaînés la chute des Français en Italie après cette victoire de Ravenne, dix fois plus coûteuse qu’une défaite. Le 2 septembre les Médicis exilés rentraient vainqueurs; la République Florentine n’existait plus; le seul ambassadeur qui eût un poste permanent était Jacopo Salviati résidant auprès du saint Père, la mission de Guicciardini n'avait plus de raison d’être; il demanda son rappel. C est dans le temps où il attendait la lettre qui lui permettrait de demander son audience de congé qu il écrivit ses Ricordi autobiografici.

En octobre 1513 il partit de Burgos pour rentrer dans sa patrie, il y arrivait le 5 janvier 1514, et en août de la même année, il était nommé des huit de la Raha (c étaitle nom du conseil de gouvernement). Son père cependant était mort et ilavait reçu la triste nouvelle à Piacenza. Après quelques intrigues des uns et un temps dépreuve pour lui pendant lequel Laurent de Médicis, duc d’Urbin, crut devoir le soupçonner et l’éloigner des conseils, il

arriva à si bien dissiper ces préjugés que le jour où Laurent partit à la tête des milices florentines réunies à celles de l'Eglise pour combattre en Lombardie, il nomma Guicciardini du conseil des Signori auraient la régence pour les deux mois d’absence.

Dès lors il appartenait tout entier au gouvernement; en 1515 il est envoyé à Cortona pour complimenter Léon X, qui se rend à Bologne à son entrevue avec François L'', roi de France. A la suite de cette mission, il est nommé avocat consistorial, puis gouverneur de Modène et de Reggio. Enfin il a Parme et le commissariat général de l’armée pontificale. Dans la guerre entre François et Charles Quint, Guicciardini a la mission de soutenir les exilés de Milan et de lever un corps d'armée pour reconquérir le duché. Il eut même l'occasion de donner la mesure de son talent comme homme de guerre ; le frère du maréchal Lautrec, qui commandait pour la France, avait tenté de surprendre Reggio ; Guicciardini le prévint, courut à la défense, arma la ville ; il rappela Giiido Rangone, qui avait des forces à Modène; enfin il déjoua les manœuvres de Lescuns et cette fois on comprit que le diplomate et l’écrivain étaient doublés d’un homme d’action.

Les deux pontifes qui succédèrent à Léon X le confirmèrent dans ses dignités et fonctions.

Clément VII le nomma alors président des Romagnes et lieutenant général de l'armée pontificale avec la suprématie, même sur

Guicciardini. Gianfigliazzi.

le duc d’Urbin, le gi'and capitaine d'alors.

Un désastre sans exemple depuis l’invasion des Barbares, l’entrée du cardinal de Bourbon à Rome et le sac de la ville par ses troupes, fut pour Guicciardini l’occasion d’une disgrâce : Clément VII, prisonnier dans le môle d’Adrien, lui fit un crime de n’avoir pu détourner le coup qui l’avait frappé ; il se retira alors à Finocchieto dans une solitude complète et là il écrivit un Dialogue, faisant un retour sur lui-même, confessant ses erreurs et ses fautes et tirant de là cette conclusion : « que la prudence humaine est aveugle et que nous sommes dans la main de Dieu. »

L’exil et la disgrâce devaient durer peu de temps. La paix de Barcelone^ signée entre le pape Clément VII et Charles Quint, rendait la paix à l’Italie en sacrifiant Florence. Guicciardini fut appelé par le pontife au gouvernement de Bologne ; à la mort du pape il se voua au service des Médicis excitant le duc Alexandre à mettre le pied sur l’élément démocratique toujours en travail dans Florence ; mais le poignard de Lorenzaccio mettait un terme à la courte carrière du duc Alexandre, et cette fois, c’était la branche cadette qui saisissait le pouvoir avec Cosme I®*'. Guicciardini avait senti se développer en lui une vaste ambition; il tenta d’accaparer le jeune souverain, espéra le guider et devenir son mentor: les Médicis, plus ou moins, avaient tous l'esprit politique; d’ailleurs ils étaient Florentins : Cosme écouta les conseils de Guicciardini, se servit de lui pour éloigner ses compétiteurs et ses ennemis; puis, une fois l’œuvre accomplie, il rejeta l’historien comme un instrument désormaisjnutile et qui pouvait se retourner contre lui.

GALILÉE

Guicciardini se retira en 1539 sa villa d’Arcetri, humilié, honteux et désillusionné ; il écrivit alors son Histoire d’Italie. Sa retraite ne fut que d'une année, car il mourut le 27 mai 154O) à l'âge de cinquante-sept ans.

Son histoire est son œuvre capitale, il n’a pas manqué de détracteurs, et selon le parti auquel il se rattache, chacun le juge avec plus ou moins d’impartialité. M. Thiers, dans le Consulat et l'Empire, a porté sur lui un jugement qui a son autorité car il part de haut. « Il a écrit, dit-il, les événements de son temps, qui se sont presque tous passés sous ses yeux avec une telle ampleur de narrateur, une telle vigueur de pinceau et une telle profondeur de jugement, que son histoire mérite d’être placée au nombre des plus beaux monuments du génie humain. »

Il est très-discuté cependant à tous les points de vue ; il est inférieur à INIachiavel par la belle disposition, la rapidité du style et l'égalité de l’œuvre ; mais ses jugements sont plus profonds, il vise plus haut que lui et il est plus éloquent. Comme ce dernier, il a écrit des « Discours sur la première Décade de Tite-Live. » On lui doit aussi les « Discours sur les changejnents et réformes des gouvernements de FLorencc, » où il a déployé une sagacité politique de premier ordre.

Son Carteggio, ou recueil de sa correspondance pendant la légation d’Espagne, son gouvernement de Modène de Parme et de Reggio, et sa présidence des Romagnes, est aussi. un monument politique à cause de la profondeur des jugements qui lui échappent à chaque lio-ne. Il était républicain, il avait pour Florence l’amour d’un fils, et tant que l’étranger foulait son sol, son cœur patriote a souffert. Il a montré une grande haine des prêtres et de leur influence dans son pays ; mais, par une singulière anomalie, le républicain est l’ami des princes et le soutien des tyrans et celui qui, à chaque page, verse le blâme sur le régime des prêtres qu’il appelle des imposteurs, est l’agent constant des pontifes et leur humble serviteur. Sa conduite politique est toute différente de ses doctrines comme écrivain. Il faut conclure de là qu’il était très-ambitieux et qu’il aimait le pouvoir à tout prix.

L’œuvre reste et elle est considérable ; il a cependant rêvé la fédération italienne sous la suprématie de Florence, et Machiavel, avec le coup d’œil du génie a deviné, perçant les voiles de l’avenir, l’unité italienne aujourdhui réalisée.

Francesco Guicciardini n’a pas laissé d’enfants, mais il avait un frère, Florentin comme lui, qui s’appelait Louis, et qui, du vivant du chef de la famille, alla s’établir à Anvers. Là, ce frère donna naissance à Lodovico Guicciardini, neveu de Francesco, qui devait devenir riiistorien des Pays-Bas.

Ce Lodovico Guicciardini est mort en 1589; il écrivait en italien, mais ses œuvres ont été traduites en allemand, en flamand et en français ; il a laissé une Description des Pays-Bas, et des « Commentaires sur les événements de l’Europe et des Pays-Bas en particulier depuis Immée 1529 jusqxdà tannée 1560. » Lodovico Guicciardini n’a pas le grand point de vue de son oncle, mais ses œuvres font cependant autorité, et les Hollandais faisaient grand cas de sa personnalité.

GALILÉE

INCENZO Galilei et Julia Ammanati, de Pescia en Toscane, ont donné le jour à Galileo Galilei à Pise le 15 février 1564. Il préluda aux études scientifiques par la poésie, la musique et les arts plastiques ; mais dès qu’il eut fait le premier pas dans l’exploration des sciences il ne regarda plus les beaux-arts que. comme un délassement à ses études ardues, malgré la volonté de son père, qui voulait le faire médecin à cause des avantages matériels attachés à la profession. Dès 1589, devenu un mathématicien hors ligne, il est nommé professeur à Pise; il y suscita des haines qui lui firent abandonner ce centre d’études pour Padoue, où, pendant dix-huit ans, il occupa la chaire des sciences astronomiques avec une autorité sans égale. Florence cependant regrettait son enseignement et Cosme II résolut de le rattacher par ses bienfaits; il le nomma son philosophe et son mathématicien, lui fournissant tous les moyens de se livrer aux études spéculatives et aux expériences coûteuses nécessaires au but qu'il poursuivait.

Les études astronomiques et les vérités dont il recherchait les preuves évidentes devaient être pour lui une source de persécutions et de chagrins. Il s’attachait à propager le système de Copernic, et les théologiens ayant cru découvrir dans l’exposé de ses doctrines des tendances contraires à celles des Livres saints, un moine florentin monta dans la chaire pour dénoncer, l'astronome en lui appliquant ce passage des Actes des apôtres: « Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à contempler le ciel ? » Le bruit se répandit hors de Florence, Rome s’émut, et le grand-duc, qui devait toujours regarder du côté du Vatican, exhorta le philosophe à se présenter devant l’Inquisition pour se défendre contre une .aussi fausse accusation. Il arriva à Rome en 1615 ; il y avait été déjà, mais les dispositions à son égard étaient changées ; il eut beau exposer ses doctrines et en montrer toute l’orthodoxie, il était condamné d’avance ; on le laissa partir toutefois, après lui avoir enjoint de ne pas enseigner la doctrine de Copernic. Il écrivit alors ses Dialogues, qu’il ne craignit pas de présenter au maître du Sacré-Palais chargé de la censure ; il obtint l’approbation et les imprima l’an 1632.

Dix-sept ans s’étaient écoulés depuis le jour où le cardinal Bellarmin, au nom du Pontife, lui avait interdit la propagation de ses doctrines ; on fit revivre contre lui l’ancienne interdiction et il fut encore cité devant l’Inquisition. Ce n'était point un prisonnier ordinaire : le grand-duc, plein de sollicitude pour lui, le suivait de loin et s’efforçait de le soustraire aux périls qui pouvaient résulter de cette citation à comparaître. On lui donna pour prison l’appartement du Fiscal du Saint-Office, puis bientôt on lui permit de résider chez l’ambassadeur de Florence ; enfin il eut l’autorisation de sortir dans la ville, prisonnier sur parole.

GALILÉE

Le procès dura deux mois : il se termina par une rétractation suivie d’une condamnation à la détention dans les prisons du Saint-Office. Urbain VIII cependant commua la peine, et permit la résidence à la villa Médicis ; bientôt il accorda le séjour à Sienne dans le palais de l’Archevêque, et enfin la liberté dans la villa d’x\rcetri près de Florence. En 1637, il devint aveugle; il avait réuni autour de lui nombre d’élèves passionnés pour la science; il leur donnait ses leçons sur la terrasse de cette villa où naguère il restait en observation pendant la nuit. Plein de résignation et jouissant d’une vénération profonde qui avait sa source dans ses malheurs autant que dans l’éclat de son génie, il recevait souvent la visite du cardinal Léopold et celle du grand-duc Ferdinand.

Il mourut le 18 janvier 1641, à l’âge de soixante-dix-sept ans.

On déposa son corps dans l’église de Santa- Croce après lui avoir fait de magnifiques funérailles. Son monument s’élève auprès de celui de Michel-Ange.

On lui doit l’invention

du microscope, celle du Sustermans.

thermomètre, du compas de proportion et de la petite balance hydrostatique. On lui a contesté l’invention du télescope, mais nous avons publié, dans notre ouvrage intitulé : Venise, le procès-verbal de la séance du Sénat où il fut admis à faire les expériences qui lui méritèrent une pension de la République, reconnaissante déjà du concours qu’il lui avait donné pendant dix-sept années d’enseignement à son Université de Padoue. II faut ajouter toutefois que Galilée n’a probablement fait qu’appliquer là une découverte due à Jacques Mébius, citoyen hollandais. Galilée aurait adapté les verres établis par Mébius aux tubes qui permettaient les observations astronomiques. Il a trouvé aussi le pendule, et il existe une lettre de lui adressée au fameux Laurent Redi, dans laquelle il développe l’idée de l’appliquer aux horloges.

Dans l’ordre de la science astronomique, son champ est immense ; il rendit d'abord palpable le système de la gravitation, expliqua la formation de la voie lactée, découvrit les étoiles qui accompagnent Saturne, et, ayant constaté la présence des satellites de Jupiter, leur donna le nom à! Étoiles de Médicis; enfin il calcula soigneusement leurs périodes et dressa les tables.

C'est lui qui, le premier, a constaté l’inégalité de la superficie de la lune, son diamètre et l'élévation des montagnes dont on constate la présence à sa surface. Enfin il montra les taches du disque solaire et il en sut expliquer la nature.

En physique, son terrain d’action est aussi très-étendu; il soutint qu’un brin de paille et une balle de plomb tombent avec la même vitesse dans le vide, si on est parvenu à raréfier l’air. Il fallait, pour démontrer cette loi, que la machine pneumatique fût inventée, et la démonstration fut éclatante. Il établit la loi de l’accélération des corps pesants et réduisit à des principes fixes et certains la descente des mêmes corps sur des plans inclinés. En hydrostatique et en hydraulique, il a été aussi fort loin, quoiqu’il n’ait pas écrit h ce sujet d’autre traité que celui contenu dans une correspondance au sujet de l’inondation du petit fleuve Bisentio, près de Florence.

On a récemment, dans une discussion célèbre à la Chambre des députés de Paris, traité de légende la persécution exercée contre Galilée; mais on a désormais en mains toutes les pièces du procès; M. Domenico Berti les a éditées d’après VArchivio di Stato de Rome, et on peut déterminer exactement les limites de l’action exercée contre lui.

A la suite de la première citation en cour de Rome, nous avons dit que Galilée avait écrit le Dialogue snr les deux principaux systèmes du monde, ceux de Ptolémée et de Copernic. » Ce dialogue est une sorte de causerie, où des personnages défunts, entre autres un certain Salviati de Florence, ami de Galilée, exposent les doctrines et combattent les arguments des adversaires; et ce dialogue se termine (par crainte, on le sent bien, de l’Inquisition, qui venait, non pas de le condamner, mais cette fois de l’admonester vivement), par une déclaration où l’auteur conseille le doute provisoire sur le système du monde.

Nous avons dit que les Dialogues avaient paru à Florence ; trois exemplaires parurent à Rome, Urbain VIII en eut connaissance, sa colère s’alluma, il se fit représenter la défense faite en i6i6 : Galilée fut sommé de comparaître une seconde fois, « sans quoi un médecin et un commissaire du Saint-Office se rendraient à Florence aux frais de l’accusé, le feraient emprisonner, puis transporter à Rome enchaîné. »

Il est certain aujourd’hui que le vieillard fut faible et se récusa : le pape Urbain VIII fut féroce à son égard. Voici l’acte authentique de procédure. Il est tel, que, sur dix juges, trois (dont un était le neveu du Pape) s’abstinrent de signer la sentence.

« Il faut interroger Galilée sur son intention, en le menaçant de la torture, ac si sustinucrit, lui faire prononcer, en pleine Congrégation du Saint-Office, une abjuration pour suspicion véhémente d’hérésie, le condamner à un emprisonnement, à la discrétion de la sainte Congrégation, en lui enjoignant de ne plus aucunement, à l’avenir, par écrit ou par paroles, traiter soit du mouvement de la terre et de la stabilité du soleil, soit de l’opinion contraire, sous la peine des relaps. »

Il faut dire en l’honneur de la vérité, que, malgré le beau travail de M. Berti, malgré celui

OTTAVIO RINUCCTNT

de jNI. Mézières, celui de M. Th. Henri Martin, du Père Desjardins et de celui de M. de L’Espinois, on ne sait pas au juste si Galilée a été torturé. M. Jules Loiseleur, il y a un mois à peine, a même conclu à la négative. Les mots ac si siistinuerit prêtent h l’équivoque t les uns les appliquent à la torture elle-même {s'il peut la supporter^ dit M. Berti); ceux qui défendent le pape LTrbain disent, au contraire, s’il a persisté. Bref, ce qu’on voit de plus clair, c'est la conclusion.

<< Et comme il nous paraissait que tu n’avais pas dit toute la vérité, sachant ton intention, nous avons jugé d'en venir à un rigoureux examen de toi [rigorosum examen ri/f), dans lequel tu as répondu catholiquement, sans préjudice aucun des choses que tu as confessées et de celles qui ont été déduites plus haut contre toi relativement à ladite intention. »

« Galilée n’avait pas l’étoffe d’un martyr, dit M. Loiseleur; aucun de ses interrogatoires n’accuse la moindre velléité de résistance; il se soumet humblement. Le fameux «Æ" pur si innove » serait donc à rayer de l’histoire ; mais on ne nous prendra point pour un historien naïf, si nous soutenons, nous, que ces mots après coup ont parfois leur raison d’être: Et pourtant elle se meut! aura dit plus tard le vieillard, encore sous le coup de la crainte, mais à, l’abri des inquisiteurs. Et à quelque point de vue qu’on se place, celui de l'Eglise ou celui de la science ; c’est déjà trop que de penser que le sublime aveugle, qui recherche avec passion la vérité, à défaut d'une torture physique que son corps débile n’aurait pu supporter, a subi une torture morale qui a pu le contraindre à brûler pour une heure ce qu’il avait adoré.

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