SIGNORELLI
YAniec/irùt, qui est le sujet que nous avons choisi, la partie de gauche désignée par la tradition sous le nom de les Foudroyés^ est certainement ce que nous connaissons de plus véhément comme mouvement et comme intensité; le geste y est simplement sublime.
Fic;\ Bartolommeo, que Vasariappelle Bartolommeo di San Marco, à cause de la part qu’il a prise à la décorntion du couvent de San Marco, 'et aussi parce qu’il était dans les ordres.
Le Règne de l’Antéchrist, par Luca Signorelli. — Cathédrale d’Orvieto.
s’appelait de son vrai nom Baccio Délia Porta. C’est une grande personnalité de l’art florentin quoique, par état et par tendance, il n’ait pas abordé les sujets profanes ; mais il a atteint au sublime religieux par la grandeur de la ligne et la gravité superbe de ses figures. Il était de Savignano, à la porte de la ville de Prato. C’est sa passion pour Savonarole, dont il suivait religieusement les conférences, qui l’appela au couvent de Saint-Marc. Il fit partie des^cinq cents qui se groupèrent autour du grand agitateur quand le peuple vint l’assiéger dans Saint- Marc, mais le grand artiste n’était pas un grand soldat, car au milieu de la bagarre, comprenant qu’il y allait de sa vie, il se déroba et fit vœu, s’il sortait sain et sauf, de prendre l’habit religieux. Effectivement il alla à Prato prendre l’habit de dominicain et, en renonçant au
monde on craignit longtemps qu'il ne renonçât aussi à la peinture. De Prato, il passa au couvent de Saint-Marc, ce qui explique le nombre de ses œuvres que contient encore le cou¬
vent. C’était le temps où Raphaël d’Urbin vint à Florence; le jeune peintre, très-enthousiaste de Bartolommeo , passait des heures auprès de lui.
La renommée des œuvres de Michel-Ange et de Raphaël, exécutées plus tard à Rome, l'appelèrent au Vatican et, sur sa route, il laissa nombre d’œuvres dans les diverses communautés qu'il traversa.
Les deux toiles qui le représentent à Florence dans la galerie Pitti, sont toutes deux citées par Vasari; nous les reproduisons ici. Voici dans quels termes Vasari les désigne : « Il lui vint caprice, pour montrer qu’il savait faire les grandes figures ( puisqu’on lui avait dit qu'il n’excellait qu’aux petites choses), de placer sur la porte qui s’ouvre dans le chœur de Saint-Marc, un panneau de cinq brasses sur lequel il représenta saint Marc 1 Evangéliste, œuvre d’un dessin parfait et d’une supériorité réelle. Plus tard Salvator Belli, marchand florentin, étant revenu de Naples, entendant parler du talent de Fra Bartolommeo, et ayant vu quelques-unes de ses œuvres, lui commanda une autre toile avec le Christ Sauveur du monde, allusion à son propre nom, et les quatre évangélistes qui l’entourent. On y voit encore deux enfants présentant la boule du monde, et leurs fraîches carnations sont admira-