SANDRO BOTTICELLI
montre que chez lui la forme était à la hauteur du sentiment. On se croirait en face d’un Ghirlandajo.
Fra Giovanni da Fiesole, plus connu sous le nom de fra beato angelico, appartient à cette école de peintres ascétiques qui ont passé leur vie à louer le Seigneur et à chanter ses louanges le pinceau à la main; il était de l’ordre des frères prêcheurs et termina sa carrière comme miniaturiste. Il était né è Castello di Vecchio dans le Mugello, en 1387, et
son nom de famille était Guido. Il débuta à Foligno et à Cortona où on conserve encore nombre de ses œuvres. Il était en 1418 à Fiesole quand on 1 invita à venir à Florence pour décorer le nouveau couvent de Saint-Marc qui était le siège de la présidence des frères prêcheurs dans Florence. Pendant neuf années il fut employé à cette tâche, cest celle qui illustre son nom, et il est impossible de ne pas être profondément remué à la vue de cette série de chefs-d'œuvre où la piété se lit sur chaque visage, où la foi rayonne dans chaque figure. Ame simple, droite, pure ; artiste exquis, doué dun cœur brûlant et dune âme d’une douceur ineffable, Fra Beato a fait de Saint-Marc un sanctuaire de lart. On dit
que son frère Fra Benedetto l’a aidé dans quelques parties de son œuvre. A Saint-Marc il y a deux aspects bien tranchés, la peinture officielle et la peinture intime. Dans la première, sur de vastes surfaces, Fra Beato représente les grandes scènes de l'Écriture et il le fait avec
une foi profonde et une science accomplie ; c’est simple et grandiose, très-exécuté ; mais ce qui domine, c’est le sentiment et la croyance à l’idée supérieure ; c’est un peintre embrasé de 1 amour divin. En haut, dans les cellules du couvent, c’est un tout autre aspect. L’Angelico a vécu dans l’intimité des moines , il les connaît, il les aime ; il a demandé à chacun
d’eux quel est le saint de sa prédilection, et, au mur de chaque cellule, là où ils méditent et ils prient, il représente un épisode de la vie du saint, décorant ainsi 'd’une parure unique, cette modeste demeure de quelques pieds carrés au seuil de laquelle viennent expirer les
bruits du monde, travail, le pape Eugène IV, venir peindre au Vatican où Cela ne l’empêcha pas de se corer la chapelle de San Briplète. Il revint à Rome en mort, en 1455. On l’ensevelit Sopra Minerva. On a raconté le pinceau, il ne manquait s’agenouiller et de recomet l’Esprit qui l’allait guider, entière dans cette admirable on aurait dû mettre son por- Savonarole, car l’esprit se visitant le cloître, et il évoque
Luca Signorelli.
Après ces neuf années de en 1445, invita l’Angelico à Nicolas V le retint aussi, rendre à Orvieto, pour y dézio, mais il la laissa incom- 1447 et y resta jusqu’à sa dans l’église de Santa Maria de lui, qu’avant de prendre jamais de se recueillir, de mander à Dieu, et sa main Douce figure, incarnée toute solitude de San Marco, où trait en regard de celui de repose sur ces deux noms en les temps tourmentés où le
tribun sacré faisait retentir les voûtes de ses accents passionnés.
Luca Signorelli ne m’appartient pas comme école, car il est né à Cortona vers 1441, mais il est élève de Pierro Délia Francesca ; il a peint à Arezzo, à Citta di Castello, et surtout il a terminé l’œuvre de Fra Beato Angelico à Orvieto.
C’est un homme considérable, il est doué d’une force d’expression qu’on ne trouvera peut-être chez personne au même degré.
Il a peint à Rome dans la chapelle Sixtine, mais ses œuvres ont été détruites ; son chef-d’œuvre, c’est la composition de la chapelle de la madone de San Brizio dans la cathédrale d’Orvieto. Michel- Ange lui-même s’est inspiré de cette composition, l’une des plus puissantes que puisse montrer la peinture italienne. Nous donnons ici la composition principale exécutée au trait afin qu’on la puisse saisir dans son ensemble. Signorelli, assisté de Girolamo Genga, mit trois ans et trois mois seulement à venir à bout de ces prodigieuses fresques réparties en quatre compositions : \ Antéchrist^ — Y Enfer ^ — la Résurrection^ — le Paradis. Dans
Domenico Ghirlandajo.