LÉONARD DE VINCI
possédons quelques œuvres de Léonard, la fameuse Monna Lisa et la Vierge du Salon carré du Louvre. Léonard mourut à doux, près d’Amboise, le i mai 1519, à l'ûge de soixante-sept ans; une gravure, populaire en France, le représente à son lit de mort, rendant le dernier soupir dans les bras de François F*'.
C est un génie universel, ses manuscrits sur les sciences et les arts forment, avec ceux de Léon Battista Alberti, les premiers traités techniques écrits par des artistes. Comme ingénieur, comme mécanicien, comme poëte même, il était aussi distingué que comme peintre et sculpteur ; il a embrassé tout l’ensemble des connaissances humaines. Nous ne le représentons ici que par un dessin, car Florence est la ville la moins riche en œuvres du maître'; il y a bien là cette superbe tête de Gorgone du Musée des Oflices qu’on lui a attribuée timidement et qu on doit hardiment lui donner ; mais INIilan a recueilli les fruits de la générosité de Sforza et montre avec orgueil la Ccnc et nombre de toiles de chevalet. Le dessin que nous donnons est l’im de ceux qui figuraient à l’Exposition des maîtres anciens ; il ne représente point un personnage défini, mais une de ces fantaisies que le maître se plaisait à tracer et où ilmontrait la puissance de son modelé, la connaissance profonde de l’anatomie et la science infinie des mille inflexions qui peuvent animer le visage humain. Il faut bien se dire qu’à part la Chie et les quelques toiles connues du monde entier, le Saint J^érome du Vatican, le Portrait d'Isabelle d'Aragon, femme de Galéas Sforza à l’Ambroisienne de Milan, l’ Orfèvre et la Monaca du palais Pitti , la Momia Lisa du Louvre et quelques autres, la plupart des œuvres de Léonard qui nous sont parvenues semblent plutôt des études faites pour essayer ses forces ou montrer ce qu’il sait faire, que des ouvrages définitifs. Les dessins surtout peuvent être regardés comme des fantaisies ; il a même poussé assez loin l’amour du grotesque, et on dit qu’il a cherché à établir la théorie du laid avec exemples à l'appui.
N ne saurait passer sous silence Lorenzo di Credi, le plus cher élève de Verocchio, celui auquel l’auteur du Collconi légua par testament le devoir de finir sa fameuse statue de Venise. On sait que le Sénat n’eut pas assez confiance dans Lorenzo pour lui confier l'achèvement de l’œuvre et qu’il désigna dans ce but Alessandro Leopardi, qu’on appela de ce fait Alessandro del Cavallo. Lorenzo resta néanmoins l'héritier de Verocchio pour tout ce qui était œuvre d’art sortie des mains de son maître et dans son atelier au moment de sa mort. Ce Lorenzo di Credi s’appelait de son nom Lorenzo Sciarpelloni ; mais, comme son premier maître était un orfèvre du nom de Credi, par une habitude fréquente alors, on le désignait volontiers sous le nom de son maître. Ce n’est qu’au sortir de 1 atelier de 1 orfèvre quil entia chez Verocchio, et on a vu jusqu’à quel point il gagna 1 affection de ce dernier.
La liste de ses œuvres est longue, parce quil s’attacha surtout aux tableaux de chevalet ; il y avait peu d’autels privés à Florence qui ne fussent décorés d’une madone de Lorenzo ; il excellait dans la représentation des scènes religieuses. Il est mort en I53°> al âge de soixantehuit ans. Sa manière est très-caractérisée ; c’est un dessinateur serré qui n emploie la couleur qu'après avoir modelé toutes ses figures avec une teinte neutre. Il a du style et de 1 élévation.