‹ FlorenceChapitre 96 sur 102 · SALVIATI · texte numérisé non relu

SALVIATI

les couloirs une série non interrompue et continuée depuis de toutes les grandes personnalités du monde entier.

Francesco Rossi dont le nom dans les arts est celui de Salviati, nom emprunté par reconnaissance, à son patron, le cardinal du même nom, est né à Florence en 1510; il a étudié sous André del Sarte, c’est un imitateur de Michel-Ange et un ami de Vasari. C'est lui qui a peint, à Venise, le portrait de lArétin, envoyé en présent à François I". Salviati avait visité notre pays sous Flenri II, mais il ne se plut point à la cour de France. Il meurt en 1563, après avoir laissé des œuvres assez importantes à Rome, à Santa Maria del Popolo.

Rappelons encore, afin de ne passer sous silence aucune personnalité de l’Ecole florentine, les derniers noms qui honorent la peinture jusqu’à la pleine décadence. Ce sont, après celui de Salviati, Cigoli, Poccetti, Jacopo Empoli et Carlo Dolci. Ce dernier meurt à la fin du xvii° siècle et naît en 1616, il a encore de la grâce jointe à une certaine force; son chefd’œuvre, une Pùîa^ est au Musée de Madrid. Le Poccetti, abondant et facile, et qui a rempli Florence de ses fresques, se rapproche déjà de notre école superficielle mais charmante, du xviiP siècle, et on peut vraiment dire qu’il n’y a pas à Florence l’école intermédiaire du XVII® siècle, qui, en France a eu un grand éclat. Cette école si brillante à Venis'e avec des hommes comme Guardi, les Tiepolo, Ricci et même le Longhi; spirituelle et piquante à Naples avec les grands décorateurs, ne produit ici aucune de ces personnalités qui s’imposent et qui, surgissant à des époques moins fécondes pour l’art, ou en des temps tout à fait déshérités, réunissent cependant en eux la plupart des qualités qui ont distingué les plus grands artistes des belles époques de l’art.

ors voici arrivé à la fin de notre tâche; nous n’avons pu, et on l’aura vite compris, n’embrasser qu’une partie de ce vaste sujet. On pouvait tenter d’écrire l’histoire de la peinture florentine, celle de la sculpture, étudier, ou l’architecture, ou l’histoire, ou le développement du mouvement intellectuel chez le peuple de la Toscane ; mais on devait renoncer à tout embrasser. C’est une œuvre de vulgarisation que nous avons entreprise, nous voulions surtout faire comprendre le rôle que la ville a joué dans l’histoire intellectuelle des temps modernes, et il ne faudra point nous reprocher d’avoir sacrifié telle ou telle partie de notre sujet.

Les arts mineurs à Florence auraient mérité une place dans un travail de ce genre; mais si on considère qu’ici la représentation dessinée ne doit jamais être séparée de la description de l’objet ou de son étude esthétique ; et que les chefs-d’œuvre d’orfèvrerie, de céramique, les cristaux de roche, les émaux, sont enfermés dans les trésors, dans les sacristies, ou dans les collections privées ; de sorte qu’on ne peut prétendre à en reproduire la série exposée chronologiquement de manière à offrir un enseignement : on comprendra qu’on ait dû renoncer à tenter de faire un chapitre spécial. Le côté nouveau de ce livre, c’est le chapitre intitulé : « les Florentins illustres » où nous avons à grands traits indiqué la vie et les tendances de ceux qui, à Florence, se sont distingués, dans la philosophie, la politique, la

science, les arts et les lettres, en appuyant surtout sur ces fameux humanistes, la gloire du xv** siècle florentin, qui ont porté si haut le nom toscan.

Jamais l’artiste ne réalise son idéal, surtout quand il accomplit une œuvre pour laquelle il appelle à lui de nombreux collaborateurs, et emploie des procédés variés qui se montrent parfois rebelles et n’expriment pas toujours, au gré de son désir, et la forme et le sentiment et le caractère des œuvres qu’il veut faire connaître au public. Peut-être cependant, de ce grand ensemble, ressortira-t-il une idée juste de la supériorité de Florence sur les autres villes de l’Italie; en tout cas, nous espérons avoir fait passer dans ce livre le sentiment d’enthousiasme, de respectueuse admiration et de profonde tendresse que nous ressentons et pour l’Italie notre devancière et pour cette cité des fleurs vers laquelle le inonde entier tourne les yeux lorsqu’il s’agit d’étudier les origines de la Renaissance des lettres et des arts dans le monde moderne.

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