LE ROSSO
MonticelU dans les environs de Florence. Il n’entra pas tout d'abord chez le Pontormo, mais il suivit les leçons de Raffaellino del Garho. Si on veut le connaître dans tout son développement. il faut voir la série de ses ceiivres qu'on conserve dans la salle de la municipalité du Palais Vieu.v, à Florence, Il a fait de très-nombreux cartons de tapisserie, et, dans ce genre intermédiaire qui n’est ni la fresque, ni l'huile et qui requiert surtout les qualités d'un déco-
Clarisse Ridoifo Altoviti, nièce de Léon X, par Cristoforo dell’ Altissimo. — Collection du Palais Pitti.
rateur très-préoccupé, non pas de l’effet par le relief, mais de la belle harmonie des lignes et du grand respect des silhouettes, il nous paraît tout à fait supérieur.
Du Pontormo, il avait pris la belle tournure et le côté grandiose et, comme portraitiste, il est certainement à classer parmi les premiers. Ses œuvres, en ce genre, sont très-nombreuses. Nous avons donné ici un grand nombre de ces images des Médicis, conservées dans les galeries de Florence; il a dû probablement être revêtu de la charge de peintre officiel car il y a peu de collections en Europe où on ne trouve un portrait de quelque personnalité de la famille signé de son nom. Lui aussi avait été très-influencé par Michel-Ange et on retrouve
cette influence dans les grands cartons décoratifs des tapisseries. Nous publions de lui le portrait de François de Médicis, le mari de Bianca Cappello et le portrait de la Bianca ellemême conservé au Musée des Offices. Le Vasari, qui était l’ami intime du Bronzino lui a fait une belle place dans ses Vite et, de fait, il la mérite; il était aussi poëte, il faisait partie de l’Académie florentine et ses œuvres poétiques ont paru avoir assez de prix pour qu’on les ait publiées à Naples en 1723. Le poëte se retrouve tout entier dans une des toiles les plus brillantes qu'il ait peintes, et qui figure aujourd'hui à la National Gallery sous le titre : Vénus, Cupidon, la Folie et le Temps.
Le Bronzino meurt le 23 novembre 1572, quinze ans avant son modèle, le grand-duc François.
C’est la Judith qui a fait, devant l'histoire, la fortune de l’Allori, et, de fait, il y a là quelque chose de théâtral et une certaine fierté qui arrête le regard. Dans la série des œuvres italiennes, c’est, avec les madones de Raphaël et la fameuse Cenci, la toile qu’on copie le plus dans les galeries.
Par ordre chronologique, les derniers peintres représentés ici par la gravure sont le Rosso, Andréa del Minga et Cristoforo deir Altissimo; le premier avec une Vierge et l'Enfant, le second avec un Adam et Eve chassés du paradis et le dernier avec son portrait de Clarisse Ridolfo Altôviii.
Le Rosso, Giovanni Battista Fiorentino, est celui-là même que nous désignons en France sous le nom de Maître Roîix. Il vint en France avec Primaticcio, formant la suite de l’Ecole de Fontainebleau avec Nicolo Dell’ Abbate, et son œuvre capitale, chez nous, est la fameuse galerie basse, dite de François !«• dans le palais de Fontainebleau, où Nicolo a entouré de ses compositions ornementales exécutées en stuc, la série de ses petites fresques allégoriques.
NDREA DEL MiNGA est l’artistc qu’on retrouve à Santa Croce à XOrazionc dcïï orto, il procède des grands peintres florentins, il y a du Bronzino dans la silhouette de ses figures; on sent la fin d’une grande école. Quant à Cristoforo Dell’ Altissimo, son nom n’est pas classé parmi celui des maîtres, il est cependant représenté aux Offices et au palais Pitti; c’est un élève du Pontormo, et on s’en aperçoit du reste en regardant le portrait de l’Altoviii qui semble peint par son maître ou par le Bronzino. Cette Clarisse Altoviti, représenu'i' ici, est la propre sœur du fameux Niccolo Ridolfi, l’archevêque de Florence et de Sabine, le neveu du pape Léon X. Ce Cristoforo del! Altissimo est celui-là même qui fut pens oimé par Cosme L’"' pour copier, chez l’évêque Paul Jove à Cosme, les deux cent quatre-vingts portraits qui formaient la collection du célèbre savant. Ces portraits, d’un grand prix pour l’histoire, forment aujourd’hui aux Offices, dans les salles, aux frises, et dans