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tion? Princesse ou tille d'artiste, la figure est d'une grande dame de la Renaissance.
Aux Uffizi, FAisabclh de MantoiiCy de Mantegna, la Jciinc femme de Sébastien del Piombo, en qui l'on a cru longtemps reconnaître la Foriiariiui de Raphaël, le Cardinal Agiicchia, du Dominiquin, le Bartolomnieo Paiiclallchl, duBronzino. Ajoutez \o Jean de jSIontfort, de Van Dyck, qui avait recueilli, à Florence et à Rome, la tradition italienne et parut hériter du pinceau du Titien.
L'originalité, pour ainsi dire psychologique, du portrait italien de la
Hugo Van der Goes. Triptyque peint en 1473 pour la amille Portinari. Naguère à l'hôpital de S. Maria Nuova, aujourd'hui aux Offices. Partie centrale. L'Adoration des Bergers.
Renaissance sera mieux comprise encore si l'on veut bien s'arrêter, aux Uffizi, dans la salle — trop osbcure — où se trouvent les œuvres de l'Ecole française : le Bossiiet de Rigaud, le J.-B. Rousseau de Largillière, Madame de Sévlgné et Madame de Grlgnan, par Mignard, le Nicolas Fou quel de Philippe de Champagne. Ici, un monde, une société, une culture tout autres se manifestent, la vieille France monarchique, disciplinée par une Eglise d'ascétisme et de mysticisme tempérés, d'épiscopat élégant et très lettré, cet ancien régime français où les virtuoses trop entreprenants pouvaient assez mal finir, mais où, grâce à la suprématie mondaine des femmes spirituelles, à l'attrait des salons, à l'art de la conversation, la vie, dans les rangs élevés, fut aimable, d'âme un peu légère, mais toujours généreuse et fière.
Retournons au Palais du Podestat, au Musée national. Ici encore, vous retrouverez l'art français, celui du xviii^ siècle, dans les tapisseries des Gobelins représentant la Chasse du Roi , un cadeau de Louis XV au (irand-Duc. Scènes de chasse, tableaux dépourvus d'héroïsme, par
Triptyque des Portinari. \'olet de gauclie. J>e donateur avec saint Antoine et saint Matthieu. Ollices.
Triptyque des Portinari. \'oitt de droite. La donatrice avec sainte Madeleine et sainte Marguerite. Ollices.
conséquent, cadre de modeste ampleur, personnages de petite taille. comme il ronviciil aux sujets traités ])ar la peinture dt- i^i nrc : mais la vivacité, l'entrain et l'esprit d'une figuration française. 1-es cavaliers, les piqueurs, les meutes, les livrées rouges, les costumes de soie, les sonneries de cors, la litière royale, somptueuse, et la verdure i)àlissante d'une forêt d'automne, les lointains bleuâtres des futaies et le Ideu temlre du
FLORKXCH
ciel de France, l'ensemble est d'une exquise et joyeuse harmonie. Or, au moment où l'empereur Guillaume II visita pour la première fois l'Italie, le Quirinal invita le syndic de Florence à lui prêter, pour la décoration de l'appartement impérial, les tapisseries françaises. La vieille Commune
Van Dyck. Le cardinal Guido Bentivoglio. Palais Pitti.
sentit alors se réveiller sa conscience guelfe et, comme au temps de Charles VIII, au temps plus lointain encore des grands empereurs, les Othon et les Frédéric, à la requête de son propre Roi, résolument elle répondit : Non! et garda la chasse de Louis XV.
Les Antiques
La collection d'antiques, à Florence, n"a pas, quant aux œuvres de l'art grec ou romain, la haute valeur des musées Chiaramonti et Capito-
IMiirillo. .Madone. Palais Pitti.
lin, à Rome; mais, par l'abondance de ses monuments étrusques, il présente une importance rcgionale comparable à celle du 3luseo Borbonico, à Naples, dont Ilerculanum et Pompei ont formé le fonds le plus précieux.
Un profond mystère plane encore sur rori^inc, la race et le point de départ de l'immigration étrusque. Ce peuple religieux, dont la langue
J'"]-OKi;XCIv
n'a pas livré sa clé, occupa, en des siècles très reculés, la valh'c du Pô, les régions d'Kste et de Bologne et, au delà de l'Apennin, les contrées de Clusium (Chiusi), Caerè (Cervetri), Tarquinie (Corneto^, une partie du Latium, le territoire d'Albe, l'Esquilin de Rome. Les Romains lui durent
Metzu. Le galant chasseur. Ûllkes.
sans doute leur religion primitive^ la pratique de la divination, leur génie juridique et formaliste. Ils nous ont laissé des nécropoles, des tombeaux ornés de peintures, parfois sinistres, où se montre la terreur des -souffrances réservées à la vie future, des stèles funéraires, des armes, des ustensiles de chasse et de ménage, des poteries couvertes de figures coloriées. On reconnaît toujours la trace des cités étrusques aux murailles
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d'appareil cyclopéen, ou polygonal, ou rectiligne qui, sur les plateaux de collines escarpées (Fiesole, Corneto, Orvieto), les protégeaient contre Tennemi. Leur sculpture montre l'influence de l'art gréco-asiatique ou purement grec. Leurs fresques à Tarquinies, à Caeré, à Clusium, par les procédés de dessin, de composition, de coloration, se rattachent aux
Rubens, par lui-même. Offices. Galerie des portraits de peintres.
grandes écoles de la Grèce (V. Marûia. MûJiiicl cf Archéologie Jtfnisqne et Romaine] .
Le musée archéologique de Florence renferme les antiquités de Vetulonia (m" siècle avant J.-C), des tombeaux, des urnes funèbres, un casque, un bouclier, un harnais de cheval, des mors, des bijoux trouvés dans le tombeau del Duce. Remarquez que la bijouterie, l'orfèvrerie étrusque, aux ciselures fines, recherche Veffet plus que la grâce des
formes. En ce musée sont les antiquités du territoire toscan, notamment celles de Luna, dans la région de Sarzane, les dieux olympiens et les Niobides provenant des frontons de temples. A signaler la collection des vases de Clusium, le vase à tète de bœuf, la cruche avec cerfs paissant, la coupe ornée, en sa partie inférieure, de demi-figures de guerriers armés
Statue d'Aulus Mctullus, dite rOratciir étiiisque. Musée archéologique.
de lances, un fragment de higiic de Diane-Séléné, le grand sarcophage en terre cuite polychrome découvert près de Chiusi et le sarcophage d'albâtre (ill'^ ou iv' siècle avant J.-C; peint à la détrempe, avec scènes et combats entre (irecs et Ama/ones, trouvé à Corncto, en iSbo.
Les antiquités grecques et romaines sont représentées, aux Uffizi, par quelques monuments intéressants, que je signalerai seuls. La foule des sarcophages, bustes d'emi)ereurs ou de consuls romains, divinités païennes, les Ganymède, les satyres, trop souvent réduits à un tronc mutilé, s'y
FI.ORK XCE
trouvent en abondance, comme en tous les musées d'Italie et d'Europe.
A la Tribune sont réunis cinq ouvrages de précieuse sculpture grecque.
La Venus de Médiris, due au ciseau de Cléomène d'Athènes, n'est
point une déesse imposante comme la Vénus de Cnide. Elle est simplement
jeune fille et charmante. « de caractère virginal y> dit Burckliardt [Ciccronc), aux formes délicates, à la tète très fine.
J^Ue ne remonte pas au delà du H" siècle avant Jésus-Christ Ees bras et les mains restaurées, la fossette du menton marquent l'opération peut-être indiscrète (le la main moderne. La dorure primitive des cheveux, les pendants d'oreilles, les orbites colorés des yeux ont disparu. Cette gracieuse Vénus met une réelle bonne volonté à paraître pudibonde.
Les Lutteurs témoignent de la connaissance précise que le sculpteur avait de l'art du pugilat. (I Le vaincu, renversé, n'a pas encore perdu tout espoir, le spectateur attend l'effet du combat. » La tête du vainqueur est retouchée.
Le Rémouleur, VArrotino ou V Espion ?) certainement antique, est considéré comme « un esclave scythe d'Apollon, qui repasse le couteau avec lequel le dieu écorchera Marsyas ». Cette vue archéologique trop précise, est peutêtre risquée. Mais la forme de la tête, la chevelure, l'œil et la bouche sont bien d'un barbare, de la race du Gladiateur mourant du Capitole. Le Faune dansant, dont la tête, les bras et les cymbales ont été retouchés par iMichel-Ange, < exprime l'enthousiasme musical le plus violent qu'on puisse imaginer ■>. Il danse d'un élan sauvage, un élan
La Vénus de Médicis. Ûftices.
Salle de la Tribune.
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d'orgie, comme il convient à un petit dieu champêtre, qui se souvient du temps où ses aïeux bondissaient, à travers bois, sur deux jambes de bouc.
UApolUiio adolescent, délicat, semble le frêle cousin de la Venus de Mcdicis. Il tient la cithare et se repose, non que la musique Tait beaucoup fatigué, mais parce que le repos est une volupté aimée des jeunes dieux à l'âme légère et riante.
Le groupe des Niobidcs, découvert à Rome, vers la fin du xvI^siècle entre Sainte-Marie-Majeure et Saint-Jean-de-Latran, copie probable du
Statue dite l'Arrotino ou le Rémouleur. Offices. (Salle de la Tribune.)
fronton d'un temple d'Apollon, remaniée et restaurée, prête à beaucoup d'incertitudes. L'original fut-il de Scopas ou de Praxitèle ? Selon M. Georges Perrot {Praxitèle), il ne fut vraisemblablement ni de l'un ni de l'autre, mais suppose l'œuvre et l'exemple de ces deux grands statuaires, les maîtres dans l'expression de la vie sensible, condition première de l'expression pathétique. Sans eux, « le sculpteur n'aurait pas réussi à traduire, avec cette vérité, par les gestes des enfants, la terreur qui les affole ; il n'aurait pas trouvé ce beau mouvementde la mère, qui enveloppe de ses bras et de ses voiles la fille que menacent les flèches meurtrières ». On a remarqué que les statues du groupe diffèrent en stjde et en facture, même en marbre et, par cette raison, « descendent au rang d'an-
ciennes copies exécutées par différentes mains ». Ainsi, le Pédagogue est d'un travail visiblement romain. Mais les attitudes de ces enfants qui succombent aux coups de divinités méchantes, jalouses des joies humaines, Apollon et Diane, sont à la fois d'un rythme bien sculptural et d'un caractère bien douloureux. Les tètes de la mère et des jeunes filles, authentiques ou non, sont d'une pureté et d'une ampleur de lignes qui rappellent
Niobc. Ollices.
les grandes déesses, Vénus ou Junon, aux plus beaux figes du génie grec. Les jeunes garçons, aux lignes d'athlèles. font penser aux statues de Mercure adolescenl .
En face de ce monument, comménioralion d'une légende tragique, que ne pouvons-nous lire la Mobé d'Kschyle. o'uvre à jamais perdue'. Nous savons, par quelques mots d'Aristophane en ses Grt nouilles que, dans le drame du vieux poète, Niobé apparaissait voilée, immobile et poussant à peine un faible gémissL>ment, au milieu de sa famille étendue et morle- « r:ile était assise sur un lonibcau. dit un fragment d'f.scbyle échappé iiu naufrage, et coiiviul ses enfants morts.
KLORENCl'
Au milieu de la salle des Niobidcs est un merveilleux vase grec, le Vase Médicis, dont le bas-relief représente le Sacrifice d'Jphigénie, encore un épisode sanglant de l'âge homérique, du temps où les dieux se plaisaient, dit un autre fragment de la Niobé eschylienne, « à renverser de fond en comble une maison ». Ce vase est ici à sa place. Il nous permet d'admirer une dernière fois ce goût florentin, séculaire et qui ne s'altérera jamais, l'art de rapprocher et d'unir en une convenance harmonieuse les lointains souvenirs et les œuvres humaines.
La Terre. Portière en tapisserie exécutée par Broconi sur le dessin de L. del Moro. Galerie des tapisseries du Musée archéologique de la Crocetta. Spécimen des travaux de la iabrique des Médicis (xvii'^ siècle).
Intérieur de Téglise S. Lorenzo.
TABLE xMÉTHODIOUE DES ILLUSTRATIONS
Vue gcnérul<j de Florence prise des hauteurs de San Miniatu.