LIBRAIRIE DE CHARLES GOSSEUN ET C
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Modifications da gouvernement florentin pendant la république
et Toligarehie.
Depuis la moitié du xiif siècle où la république de Florence a été constituée, jusqu'en i53i lorsqu'on la réduisit en monarchie, les vicissitudes de son gouvernement ont été si fréquentes et si multipliées qu'il eût été impossible dans le cours de la narration historique de saisir et d'indiquer celle de toutes ces modifications qui se rapproche le plus de la perfection idéale de la constitution républicaine du peuple florentin. L'étude de ce problème offre plus d'une difficulté et Fon comj mencera pa^a^anir la plus simple, celle que pré* sentent certaines expressions purement florentines , ainsi que les dénominations des magistratureiS et Àes magistrats de Florence.
Baue» Ce mot exprime la puissance, l'autorité prise d'une manière abstraite. Ainsi trouve-t-on souvent dans l'histoire de Florence des locutions telieê que les suivantes : « Le peuple s'empara de la Balie poup la oonfier à de nou;re^aix magis^
trats. » Ou bien : « Les Guelfes offrirent pour dix ans la Balie et Seigneurie de la cité et de toutes les communes qui en dépendaient à Charles d'Anjou, roi de Sicile. » Telle est cette Balie dont le peuple florentin était si jaloux , qu'il reprenait souvent à ceux à qui il l'avait confiée pour en faire une répartition aussi égale qu'il pouvait en multipliant les magistratures et en augmentant le nombre des citoyens aptes à les remplir.
PoDESTA est le pouvoir, la faculté d'agir, de faire ce que l'on veut.
Podestat, celui qui est constitué puissant et a autorité sur ceux qui lui sont donnés à gouverner.
Anziani, anciens. — Première dénomination donnée aux magistrats nommés plus tard priori^ prieurs.
SiGNOftiAy» commandement, puissance, juridiction. Ce titre était donné collectivement au podestat et aux anziani et plus tard au gonfalonier de justice et aux prieurs.
SiGNORi , titre donné à tous ceux qui ont commandement, puissance et juridiction.
Capitaine du peuple, magistrature qui remplaça d'abord celle de podestat et qui nar la suite fut conférée à plusieurs personnes qui prirent le titre de capitaines du parti guelfe.
Exécuteur des ordres de la commune. — Ses fonctions étaient de faire exécuter les commandements de la Seigneurie, conjointement avec le podestat et le capitaine du peuple.
DoDici - BUONOMiNi , les douzc bons-hommes , douze magistrats assesseurs du gonfaionier.
GoNFALONiER DE JUSTICE , celui quî avait la magistrature suprême à Florence.
Priori, les prieurs des arts. Leur nombre a varié de six à huit. Ils étaient immédiatement sous le gonfalonier. Le gonfalonier et les prieurs ont été institués en i â32.
CoLLEGio,le collège; magistratures coadjutrices de la Seigneurie.
CoLLEGi 5 les collèges , formaient le collège corn* posé des douze bons-hommes et des gonfaloniers de compagnies ou capitaines de la milice.
QuARANTiA, magistrature de quarante-huit citoyens des hautes classes , substituée à la Seigneurie , annulée^ en 1 532 , lorsque Alexandre de» Médicis fut proclamé duc de Florence.
On a dû remarquer, dans la narration du premier volume , combien les rouages du gouvernement florentin , si simples à son origine , ont été multipliés soit pour faire face aux besoins réels ^ de la ville et des citoyens , soit pour satisfaire aux passions violentes des deux factions guelfe et gibeline qui la partageaient.
Yers 1200, le magistrat suprême n'a que le titre de podestat. Ses assesseurs sont les douze anciens et la création du capitaine du peuple détermine déjà la tendance démocratique du gouvernement; car cette magistrature avait pour objet la défense des petits contre les grands. Cependant la noblesse était encore en possession exclusive de remplir les magistratures. On organisa la milice de Florence et Ton décréta qu'il serait élevé un palais pour loger la Seigneurie , qui jusque-là avait
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été obligée de se rassembler dans les églises pour délibérer.
En 1267, après la mort du roi Manfred, les Guelfes restés dans Florence mettent tout en œuvre pour secouer le joug des Gibelins. Ils parviennent à force de menaces à les contraindre de modifier le gouvernement; et sous les auspices de deux podestats choisis parmi Tordre des frères jouissants , le peuple crée un conseil de trente-six citoyens dont une moitié était guelfe et Fautre gibeline; ce conseil statue sur les dépenses et les intérêts de TÉtat, et constitue régulièrement toute la portion aisée des citoyens en sept arts dits majeurs. Cette aristocratie nouvelle , du sein de laquelle sortirent les Médicis , fut un coup fatal porté à Faristocratie de noblesse. Son établissement coïncide avec l'expulsion des Gibelins hors de Florence, en 1267.
Dans rétablissement de ces corporations dites les sept arts majeurs , il y a quelque chose de fictif qui lui donne un caractère tout politique. On n'était nullement forcé d'exercer Tune des professions à laquelle on s'incorporait. Mais quand on en faisait partie, quand on se soumettait à la juridiction de ses consuls et de ses syndics, on acquérait non seulement le droit de bourgeoisie, tnais on devenait apte à remplir les magistratures et les charges publiques. Tout homme à Florence^ quelles que fussent sa noblesse et son opulence, s'il ne s'était pas fait immatriculer, porter sur les registres d'un art quelconque, n'avait aucun droit politique et défendait même difficilement ses droits civils. Il faisait partie de la plèbe.
GOUYEAIfEKEKT. ^
L'esprit démocratique prévaut chaque anné^ davantage. En 1 282 , on crée les prieurs et le goo« falonier de justice , on régularise sous leur* ordres la milice florentine et il est décidé que les magistrats seront choisis dans la haute bourgeoisie à Texclusion des nobles. Enfin on rédige les ordonnances de justice dont les peines rigoureuses étaient particulièrement dirigées contre cette dernière classe.
Vers 1821, on crée la magistrature des bons^ hommes^ chargés de surveiller les actes du goa« falonier et des prieurs ; on renouvelle le mode do voter au scrutin, pour Télection de tous les magis* trats. Les anciens conseils sont annulés et l'on en crée deux nouveaux : l'un, sous la direction du capitaine du peuple, composé de trois cents ci* toyens exclusivement choisis dans la classe bourgeoise; l'autre de deux cent cinquante , sous la direction du podestat et du gonfalonier de justice ^ dans lequel il entrait des grands et des bourgeois. Aucune des délibérations prises par la Seigneurie ne devenait valide sans l'apprqj^ation du conseil populaire et celle du conseil mêlé des deux cent cinquante.
A compter de i343 , après la chute du duc d'Athènes , la haute bourgeoisie exerce déjà une très grande influence ; elle en tire parti pour joindre la plèbe à elle et attaquer ce qui reste de grands et de nobles. La ville de Florence est définitivement divisée en quatre quartiers ; la Seigneurie , purgée de nobles , s'arroge le droit de créer un conseil de trois cents citoyens pour remplacer les deux précédents ; aux sept arts majeurs sont ajou*»
tés les quatorze mineurs , ce qui augmente indéfiniment le nombre des petits plébéiens admis aux magistratures; les nobles sont écartés de toutes les places, et enfin, en 18785 Témeute des Ciompi, après avoir mis le comble aux es^cès de la démocratie, fait retomber le pouvoir entre les mains des bourgeois opulents et prépare Foligàrchie.
Mais bientôt les nobles , assimilés à la haute bourgeoisie, formant corps avec elle , s'efforcent de reprendre une importance personnelle dans le gouvernement de l'État. Ils maintiennent avec le concours des bourgeois les classes inférieures par l'effet de leurs richesses, de leurs talents et du pouvoir doQt ils usent en participant aux magistratures.
Tel étaità peu près Tétat respectif des différentes classes de citoyens à Florence, en 1 433 , lors de l'arrestation de Côme l'Ancien, dit le Père delà patrie. Or il reste un document curieux dans la chroniqtie de GoroDati, écrite à peu près vers ce temps. C'est un tableau du gouvernement et de toutes les magistratures de la ville de Florence. Bon Guelfe, franc républicain, homme fort instruit d'ailleurs, Goro Dati a jeté successivement des prieurs et gonfalonier de justice, en \/i^5 et 1428, ce qui doit faire mettre d'autant plus de confiance dans les indications et les définitions qu'il a données et que l'on va lire.