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de petites vestes courtes et des pantalons josles qui dessinaient indécemment les Cormes etentrainèrentpromptement les hommes à quitter la tenue et la démarche graves que tous les citoyens bien élevés affectaient d'avoir précédemment. Jusqu'alors les habitudes du clergé et son costume même avaient servi de règle et de modèle en quelque sorte aux'habits des laies. Mais du moment que les modes allemandes s'introduisirent k Florence, dès l'instant où la gravité de l'ancien costume fut remplacée par la frivolité et l'indécence même du nouveau , l'air militaire , coquet hardi , insolent même • prévalut et donna à la contenance des hommes, à leurs discours et bientôt ensuite â leurs idées et à leurs mœurs, un laisser-aller qui a toujours augmenté depuis. Un fait qu'il est curieux d'observer est que les Nouvelles dites antiques, le recueil des récits de Boccace, ainsi que celui de François Sachetti, où la liberté et parfois la licence des actions et des discours sont poussées si loin, ont été composés précisément pendant la période de temps pendant laquelle la transitioa du costume ample des Romains aux habits pinces des Allemands s'est effectuée à Florence.
Le second changement dans le costume est beau- C/^up plus récent. Il s'opéra à Florence , vers 1 784, dans les premières années du règne du grandducGaston, le dernier prince de la maison Médîcis. Gaston, en succédant à CômellI, homme bigot et observateur minutieux de l'étiquette de dour, se débarrassa de ce joug dès qu'il fut sur le trône de son père, et après avoir rétabli dans sa cour laisance , la liberté et les plaisirs qui en avaient
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été écartés si long-temps , il consacra cette éman^ cipation des eaprîts en cessant de porter Fantique habit dît de ville usité jusque là on Italie, pour se ▼étir à la française. Cette fois le changement de costume a Florence coïncida avec quelque chose de plus sérieux que les Nouvelles de Boccace et de Sachettî ; car en adoptant Tbabit français , Gaston, sa cour et les Florentins s'enveloppaient dans la philosophie de Bayle, de Fontenelle et de Voltaire, et s'élançaient, sans le savoir, dans le torrent des idées nouvelles où toute l'Europe roule aujourd'hui.
Mais il est temps de mettre un terme à nos récits et à cet ouvrage. Déjà, à la fin de la première partîe,onatiré toutes les conclusions qui émanent de l'ensemble de l'histoire de Florenca ; maintenant il ne reste plus, pour les compléter, qu'à ré-^ sumer en peu de mots les vérités et les enseigne^ ments que contiennent les trois divisions dont se compose ce dernier volume.
En faisant, dans la partie intitulée Gouvernement, l'exposé des faits accomplis et des divers projets d'amélioration pendant la durée delà république et de la double monarchie florentine , il reste prouvé plus solidement que jamais que la paix, la liberté et le bonheur d'une nation dépendent bien plus d'une bonne législation civile et de l'administration régulière et ferme de la justice, que de la forme du gouvernement.
Quant à la marche naturelle de l'esprit, procédant de la Poésie aux Arts , pour s'avancer avec
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les Sciences jusqu'à Tère des Lois, telle qu'on Ta suivie dans la division Philosophie , on peut en tirer cette conséquence , que chez les nations du nord et de l'occident de l'Europe , où le développement intellectuel ne se fait pas ordinairement dans cet ordre naturel et logique, il fautcorriger ce défaut par une éducation et une instruction artificielles qui le rétablissent; conséquence qui ne tend à rien moins qu'à démontrer l'excellence et < l'opportunité, pour les nations modernes, du système des études classiques établi chez elle depuis le temps de la renaissance.
Mais on laisse au lecteur le soin de réfléchir sur ce que l'on peut trouver de sérieux dans la suite des tableaux que l'on a faits des Moeurs du peuple florentin. En tout cas on aura sans doute appris avec plaisir comment vivaient ordinairement le&grands citoyens^ les poètes, les écrivains, les artistes et les savants de cette ingénieuse et immortelle ville de Florence.
FIN DU TOME SEGONl) ET DERITIER.
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