SANTA MARIA DEL FIORE (SAINTE-MARIE DE LA FLEUR
c'est-à-dire de la fleur de lis, l'arme de FLORENCE *
La construction de cet édifice fut commencée en 1296, par Arnoifo di Gambio (f 1300), à qui succédèrent entre autres architectes, Giotto (1334-1336), Francesco Talenti et Giovanni di Lapo Ghini (1335-1356). Ces derniers étaient d'ailleurs soumis à la direction d'une commission d'artistes (treize architectes et onze peintres), qui n'arrêta définitivement, les plans qu'en 1367. Parmi ces artistes, on trouve Taddeo Gaddi et Andréa Orcagna. La première tribune fut terminée en 1407, la dernière en 1421. G'est à la suite d'un concours laborieux, dont Vasari nous a rapporté les détails, que Brunellesco fut chargé, en 1420, d'abord avec Ghiberti, puis seul ensuite, d'édifier la fameuse coupole dont la lanterne ne fut achevée qu'en 1462. Une façade à moitié construite (comme on peut le voir dans une fresque par Poccetti, dans le cloître de l'Annunziata) fut détruite en 1588, avec l'intention de la remplacer par une décoration de style classique. En attendant, on simula cette décoration projetée par une peinture encore visible en 1860, lorsque fut posée la première pierre de la façade actuelle, d'après les dessins du professeur de Fabris (-j- 1883). Ce travail, poursuivi au moyen d'une souscription nationale, fut achevé en 1886, par M. Del Moro.
L'intérieur est en style gothique, à trois nefs; le chœur est placé sous la coupole, à l'intersection des bras de la nef et du transept. On y voit peu de peintures, mais presque toutes sont intéressantes. Les vitraux y méritent une attention spéciale.
Mur intérieur de la façade.
Au-dessus de la porte principale, sous l'horloge, où apparaissent encore dans des médaillons Quatre têtes de prophètes, par Paolo Uccello, une mosaïque, le Couronnement de la Vierge, par Gaddo Gaddi, « œuvre qui trahit, en dépit d'une technique absolument byzantine, l'impression profonde causée par les madones de Gimabue » [B,, 507) >
1. Voir la Metropolitana Fiorentina illustrata, Firenze, 1820.
IL DUOMO (LA CATHÉDRALE)
et, dans six compartiments, des Anges musiciens et des Anges dansant, fresques par Santi di Tito, restaurées en 1842.
Verrière de la rosace centrale par Bernardo di Francesco.
A droite :
* Andréa del Castagne. — Portrait équestre de Niccolo Mar-
ruzzi da Tolentino[j- 1434), général des troupes florentines.
Il s'avance, tourné de profil vers la droite, un manteau flottant sur ses épaules, revêtu d'une cuirasse et coiffé d'un chapeau à plumes; le bâton de commandement à la main ; le cheval est posé sur un sarcophage aux angles duquel sont assis des soldats; sur un cartouche, une inscription.
Ce portrait, peint en grisaille, était autrefois appliqué sur la paroi méridionale; il fut enlevé du mur en 1842 et reporté sur toile par M. Jean Rizzoli. La collection des dessins aux Uffizi possède uae étude pour cette peinture (n» 13).
Au premier pilier :
Poppi (Francesco). — Saint Antonin, archevêque de Florence.
Assis sur un trône, en costume épiscopal, il bénit la foule.
A gauche :
* Paolo Uccello. — Portrait équestre de John Haivkwood, capi-
taine anglais au service de Florence (f 1394).
Il s'avance, tourné de profil vers la droite, vêtu de la cuirasse et d'un manteau, coiffé d'une toque; à la main, un bâton de commandement; le cheval est posé sur un sarcophage orné des armes du défunt; on y ht l'inscription : « Johannes Actas Eques Britannicus dux œtatis suce cautissimiis et rei militaris peritissimus hahitus est, » — Signé : <( Pauli Ucelli opus. »
Ce portrait, peint en camaïeu vert, à l'exception du harnachement qui est rouge, autrefois sur la paroi septentrionale, fut reporté sur toile, en 1842, par M. Jean Rizzoli.
Le conseil chargé de la réception de cette oeavre, exécutée en 1456, ne fut pas, paraît-il, satisfait du travail de Paolo Uccello et donna l'ordre de le recommencer ; mais on ne sait si le portrait actaellement existant est le premier exécuté ou le second. Quoi qu'il en soit, le relief en est extraordinaire. On dirait une statue de bronze. Vasari a fait justement observer que le mouvement du cheval est contre nature, le peintre lui ayant fait lever les deux jambes du même côté.
Au premier pilier :
Orcagaa (Andréa) — Saint Zanobi, patron de Florence.
Il est assis, de face, vêtu d'une riche dalmatique dont la Charité et l'Humilité tiennent les pans, coiffé d'une mitre et tenant sa crosse à
IL DUOMO (LA CATHÉDRALE)
la main ; il écrase l'Orgueil dont le front porte des cornes dorées et la Cruauté qui suce le sang d'un enfant ; à ses côtés sont agenouillés saint Crescenzius qui balance un encensoir et saint Eugène un livre à la main; au-dessus du trône, le Sauveur dans une gloire; sur la predella, épisodes 'de la vie du Saint.
Cette peinture doit être rapprochée des fresques de la chapelle Strozzi à Santa Maria Novella ; elle a été restaurée en 1842.
Nef de gauche. — Vitraux du xiv^ siècle. A peu près au milieu:
* Domenico di Michelino. — Portrait du Dante.
Le poète, debout, est tourné de trois quarts vers la droite, vêtu d'un manteau rouge et coiffé d'un chaperon de même couleur ; dans la main gauche, il tient la Divine Comédie ; la main droite est levée ; à gauche, l'Enfer; au fond, diverses scènes de la Divine Co?nédie; au ciel, brillent des étoiles.
« Ce tableau fut commandé au peintre, le 80 janvier 1465, par les ouvriers employés à la construction du dôme, et payé, le 19 juin, 155 livres florentines, d'après une estimation faite par Baldovinetti et Neri di Bicci. » (Gaye.)
Transept.
Dans le transept de droite, des vitraux par Bernardo di Francesco, d'après les dessins de Ghiberti : Présentation au temjjle; — Donatello : Couronnement de la Vierge; — Paolo Uccello : Adoration des Mages.
Dans les chapelles, à droite et à gauche, on peut voir plusieurs fresques de Bicci di Lorenzo, très endommagées ou complètement restaurées.
Coupole.
Les peintures de l'intérieur de la coupole, représentant le Jugement dernier, commencées par * Vasari en \ 572, furent achevées par Federigo Zuccheri.
Tribune de saint Zanobi : Vitraux par Bernardo di Francesco, d'après les cartons de Ghiberti.
Nef de droite : Vitraux du xiv^ siècle.
La cathédrale possède un certain nombre de livres de chœur, avec des miniatures par les artistes les plus célèbres en ce genre de l'école florentine : Fra Eustachio, Monti di Giovanni, Attavante, etc.
CHIESA SANTA FELICITA
CHIESA SANTA FELICITA
Piazza délia via Guicoiardini, près du Ponte Veoohio (rive gauche de TArno).
Édifiée au xi^ siècle, cette église fut reconstruite au xviii® siècle, par Ruggeri. Autrefois paroisse des grands-ducs.
1'"^ chapelle à droite, dite des Capponi. Il Pontormo. — Descente de croix.
Tableau de la seconde manière du peintre. « Gâté par l'abus non justifié des soi-disant belles formes. » (B., 659.) — Pontormo avait fait, dans la même chapelle, pour Lodovico Capponi, des fresques qui ont été détruites au xviiie siècle. Les peintures murales, au dire de Vasari, étaient d'un autre style que la Descente de croix, « laquelle, pensant à des nouveautés, il exécuta sans ombre, d'un coloris si clair et si lisse que l'on distingue à peine les lumières des tons moyens et les tons moyens des ombres ». (Vas., YI, 271.) La collection des dessins aux Uffizi possède deux études pour pour ce tableau. (N*^^ 180 et 183.)
Sacristie.
Gaddi (Taddeo). — Madone et Saints. — Polyptyque en cinq parties.
Au milieu, la Yierge, en robe rouge et manteau bleu, est assise sur un trône, de trois quarts tournée vers la droite ; sur ses genoux, l'Enfant Jésus qui tient un oiseau dans les mains. A gauche, saint Jean-Baptiste et saint Jacques Majeur. A droite, saint Luc et saint Philippe; au pied du trône, quatre anges jouant de divers instruments de musique. Dans les tympans des pinacles, des figures de prophètes, deux par deux.
Neri di Bicci (?) — Sainte Félicité.
Elle est assise sur un trône, vêtue d'une robe de bure, une palme et un livre dans les mains, la tete inclinée vers la gauche, où se tiennent debout quatre de ses enfants. Les trois autres sont à droite. Au pied du
CHIESA SANTA FELICITA
trône, le Christ en croix, entre la Vierge et saint Jean. Fond et ornement d'or.
En bas, les noms des sept enfants de la sainte : 5. Quirillus, S. Emenardery S. Petrus, S. Secondinus, S, Rafianus, S. Aquila^ S. Domitianus. « L'une des peintures les plus soignées de Neri. Il avait commencé à la peindre le 4 mars 1463, mais, la trouvant trop grande, la reprit, en plus petit, le 80 mai suivant. Commande faite par François de Nerli. » (Vas., 11,81, n. Milanesi.)
École de Gioiio. — Christ en croix.
Salle capitulaire, près de la sacristie. Sur l'autel :
Niccolo di Pietro Gerini (?). — Le Christ en croix, dont les anges recueillent le sang.
A gauche, la Madeleine, agenouillée, en robe et manteau rouges, et la Vierge, çn robe et manteau bleus, s'évanouissant entre les mains des* saintes femmes. A droite, saint Jean-Baptiste, en tunique brune et manteau rose, un évèque et des soldats. Sur la predella, un écusson et plusieurs épisodes de la vie des Saints.
Attribution de B. (512).
Au plafond :
Niccolo di Pietro Gerini. — Sept médaillons avec des figures des Sept Vertus ; dans un huitième médaillon, au-dessus de la porte, le Christ.
Dans un couloir :
École d'Orcagna. — Mariage de sainte Catherine.
Au milieu, la Vierge et l'enfant; à droite, sainte Catherine; à gauche, saint Antoine.
Fig. à mi-corps, gr. nat.
CHIESxV S. GIOVANNI BATTISTA,
GHIESA S. GIOVANNI BATTISTA
Via Faenza, au coin du Viale Filippo Strozzi.
Sogliani. — Assomption.
Du même. — Sainte Brigitte.
Entourée de moines et de nonnes, elle voit en vision la Vierge qui • lui remet les règles de son ordi;e . — Signé, sur le piédestal : Orate pro Pictore, 1522.
Ce tableau, longtemps attribué àFra Bartolommeo ou à Mariotto Albertinelli, est généralement considéré comme une œuvre de Sogliani. Cependant, Cr. et Cav. (III, 517) l'indiquent comme étant de înnocenzo da Imola.