ÉGLISE SAINTE-MARIE NOUVELLE
Piazza Santa Maria Novella.
Cette église fut construite en style ogival, pour un couvent de Dominicains, par des architectes religieux appartenant à cet ordre. Commencée en 1279, par Fra Sisto da Firenze et Fra Ristoro da Campi, elle fut continuée par Fra Giovanni da Campi et Fra Jacopo da Nipozzano. La façade appliquée, en style delà première Renaissance, diaprés les dessins de L.-B. Albcrti, fut achevée en 1470. Presque tous les grands peintres de Florence et de Sienne, depuis le xiii^ jusqu'au xvii® siècle, furent appelés à y travailler, soit dans l'église même^ soit dans les dépendances. Malgré la perte irréparable d'un grand nombre de peintures murales détruites par Vasari lorsqu'il modifia les dispositions intérieures, en 1565. c'est encore là qu'on trouve les œuvres capitales de Cimabue, Simone di Martini ou ses élèves, Orcagna, Paolo Uccello, Ghirlandajo, Filippino Lippi, et même les œuvres les plus intéressantes des décorateurs de la décadence, Cigoli, Santi di Tito, Poccetti, etc. Église à trois nefs.
Au-dessus de la porte principale, à Tintérieur:
* Giotto. — Crucifix,
Par un testament daté du 15 juin 1312, Riccucio di Puccio laissa la somme nécessaire pour faire brûler une lampe devant le crucifix peint dans l'église des Dominicains par le grand peintre Giotto di Bondono (f 1336). Malgré ce témoignage contemporain, Vasari affirme que ce crucifix est dû à la collaboration de Giotto et de Puccio Cupana; Ckowb et Cavalcaselle (I, 282) se refusent à admettre cette attribution : « Il peut être, disent-ils, de Puccio, dont le style n'est pas connu, mais le dessin n'est certainement pas de la main de Giotto.
A gauche :
* Masaccio. — Trinité. *
Sous une arcade cintrée, le Christ en croix est porté par rÉterncl; au-dessus de la tête du Sauveur vole le Saint-Esprit; à droite, la Vierge en vêtement noir; à gauche, saint Jean en vêtement rouge; au premier plan, agenouillés, les mains jointes, à gauche, un donateur en robe et toque rouges, de profil tourné à droite; à droite, une donatrice, de profil tournée à gauche, en robe et capuchon noirs.
« Celte fresque, malheureusement très endommagée, est une œuvro grandiose de la ma-
turité du peintre, avec d'excellents portraits et une belle architecture Renaissance. » (B. 545). — Vasari, avant de la faire disparaître derrière un autel qu'on a enlevé seulement dans ces dernières années, avait constaté la valeur de cette peinture : « Ce qu'il y a de très beau, outre les figures, c'est une voûte cintrée tirée en perspective et divisée en tympans à rosaces qui s'éloignent et se raccourcissent si bien que le mur semble troué. » (Vas., Il, 291.)
A droite :
* Gaddi (Agnolo). Attribués à — Une Annonciation, et, au-dessous, dans trois compartiments, la Naissance du Christ, l'Adoration des Mages et le Baptême du Christ. Cette fresque surmontait autrefois le tombeau de Gaddi.
Nef de droite :
1*^ autel. — Macchietti. — Martyre de saint Laurent. ^ 2% 3% 4*. — G.-B. Naldini. — Tableaux divers. 5^ — J. di Meglio. — Tableau d'autel.
6«. — Ligozzi. — Résurrection d'un enfant.
Transept de droite. Un escalier conduit à la :
Chapelle Rucgellai.
Sur la muraille de gauche. — Bugiardini. — Martyre de sainte Catherine,
Au centre, sur une plate-forme, la Sainte, de profil tournée vers la droite, est déchirée par les crocs d'une roue qui se brise à la voix d'un ange qui descend du ciel. Les assistants épouvantés s'enfuient; à gauche, un personnage vêtu de rouge s'appuie contre la muraille.
Gravé dans VEtr. PU., pl. XLII. — « Ce tableau, où l'on sent la recherche des motifs, est un exemple instructif du trouble où Michel-Ange jeta certains esprits. » (B., 657). — Ce tableau avait été commandé au peintre par Palla Ruccellai. D'après Vasari, Bugiardini, ne sachant comment s'en tirer, « pria franchement Michel-Ange, qui ne pouvait s'empêcher de rire en écoutant les misères du pauvre Bugiardini, de lui dire comment faire huit ou dix figures principales, sur le devant, de soldats rangés comme sont les gardes, et en train de fuir et de tomber, blessés ou morts, parce qu'il ne savait comment les raccourcir, de manière qu'ils puissent tenir en si peu de place. Michel-Ange, ayant pitié du pauvre homme, prit un charbon et esquissa, au trait, une rangée de figures nues merveilleuses. Bugiardini, embarrassé cette fois pour le modelé, s'adressa au sculpteur Tribolo, qui lui fournit des modèles en terre ; il gâta ces modèles en les polissant et, finalement, acheva l'ouvrage de telle sorte qu'on ne s'aperçoit pas que Michel-Ange l'ait jamais regardé. » (Vas., VI, 208.)
SANTA-MARIA NOYELLA
Cliché Alinari frères. Typogravure Boussod Valadon et C".
CiMABUE.
La Vierge et V Enfant Jésus.
Ghirlandajo (Benedetto). — Sainte Lucie.
Debout, de trois quarts tournée vers la droite, en robe verte et manteau rouge, la Sainte présente ses yeux dans un plat à un donateur agenouillé au premier plan, qu'on suppose être Fra Tommaso Gortesi.
Il Cigoli. — Saint Pierre, martyr.
Chimenti da Empoli. — Saint Hyacinthe.
Vis-à-vis la grille d'entrée : Cimabue. — La Vierge et VEnfant Jésus.
Sur un trône élevé est assise la Vierge, en robe rouge et manteau bleu, tournée de trois quarts vers la droite, tenant sur ses genoux l'Enfant Jésus. De chaque côté du trône, trois anges, superposés, sont agenouillés en prière. Sur la bordure du cadre, dans trente médaillons, des Saints et des Prophètes.
Gravé dans VEtr. pit., pL VIII. — « Quand ce tableau fut terminé, Charles d'Anjou alla avec toute sa suite l'admirer dans l'atelier du peintre. Il fut porté ensuite à la cathédrale, au milieu d'une grande affluence de peuple, et le quartier qu'habitait Cimabue, en souvenir de ce joyeux événement, reçut le nom de Borgo Allegri. » (Vas., 1, 254.) — « Cette Vierge est incomparablement la plus belle qu'ait exécutée le peintre; il y a là déjà un sens de la nature, auquel ne saurait plus suffire une convention, un cercle déterminé de traditions ; on comprend l'influence toute-puissante que ce tableau a dû, comme une apparition d'en haut, exercer sur les contemporains. » (B., 505.) ,
A droite du chœur :
Chapelle de Filippo Strozzi.
Cette chapelle, élevée par Strozzi le Vieux, fut décorée en 1502 par Lippi (FiLippiNo), qui peignit divers épisodes dp la vie de saint Philippe et de la vie de saint Jean
Sur la muraille de droite :
* P Saint Philippe faisant sortir un dragon d'une statue de Mars, à Hiéropolis. — Au milieu, le Saint, de profil tourné vers la droite, en tunique violette à manches bleues et manteau vert, tenant dans sa main gauche une croix, lève la main droite vers le ciel ; à ses pieds se tord un monstre qui sort du piédestal de l'autel. A gauche, des assistants, dont plusieurs se bouchent le nez; à droite, un jeune homme à longue chevelure blonde s'évanouit, et un nègre en brillant costume blanc le regarde en riant; au fond, devant l'autel surmonté d'une statue de Mars, le grand-prétre recule épouvanté.
On ht au fronton du temple : E X H TRI D M VICT.
Gravé dans VElr. pit., pl. XXVii.
* 2^ Martyre de saint Philippe. — Au milieu, trois bourreaux dressent la croix sur laquelle le Saint est attaché ; à gauche, près d'un temple en ruines, un père et son enfant regardent le supplice ; à droite, des bourreaux enlèvent des échelles, et des soldats sont arrêtés.
Sur la muraille de gauche :
* Saint Jean VÉvangéliste ressuscite Drusiana. — Sur une place publique, au milieu, Drusiana, en robe blanche, voile violet et manteau jaune, de profil tournée à droite, se soulève sur sa civière à la voix du Saint, qui, debout au second plan, en tunique verte et manteau rouge, de trois quarts tourné vers la gauche, lui prend la main ; à gauche, un des porteurs, un prêtre et un porte-étendard reculent épouvantés; à droite, le second porteur et un groupe de femmes et d'enfants semblent pétrifiés; au fond, sous un dôme, un autel sur lequel on lit : ORGIA; à droite, un temple en marbre; une ville à l'horizon.
Aux XJffizi (collection des dessins), études pour ce saint Jean (n» 77) et les deux porteurs (n© 69).
* 2^ Martyre de saint Jean, — Dans la cour d'un palais, le Saint est plongé dans l'huile bouillante ; à gauche, le bourreau attise le feu et le proconsul se lève menaçant ; à droite, groupe de soldats.
Ces fresques furent terminées par Filippino Lippi à son retour de Rome, où il avait peint, dans l'église de Santa Maria sopra Minerva, la Légende de saint Thomas d'Aquin dans laquelle on remarque déjà, dit justement Burckhardt (560), « une composition tourmentée, un mouvement inquiet, une exécution superficielle qui, dans les fresques de Santa Maria Novella, deviendront de la manière et de la bizarrerie. Le coloris bariolé et tourmenté confirme encore cette impression ». Cette manière et cette bizarrerie étaient justement ce qui excitait l'admiration de Vasari, en même temps qu'une recherche curieuse des détails archéologiques : « Cette chapelle fut si bien menée, avec tant d'art et de dessin, qu'elle émerveille quiconque la voit, par la nouveauté et la variété des étrangetés qui s'y trouvent : armures, temples, vases, trophées, lances, bannières, vêtements, chaussures, ajustements de têtes, habits sacerdotaux et autres choses, arrangées de si belle façon que cela mérite grands éloges. » (Vas., III, 471-473.)
Choeur.
Lors de la fondation de l'église, la chapelle du chœur appartenant à la famille Ricci avait été peinte par Andréa Orcagna, au milieu du xive siècle. Ces fresques étaient depuis longtemps endommagées par les pluies, et il avait été plus d'une fois déjà question de les refaire, lorsqu'on 1485, Giovanni Tornabuoni obtint des Ricci l'autorisation de prendre le travail à ses frais et le confia à Ghirlandajo (Domenico). Il fut convenu d'ailleurs que le peintre reproduirait « les mêmes histoires qui étaient peintes auparavant, et que le prix serait de 2,200 grands écus d'or et, dans le cas où l'œuvre plairait à Tornabuoni, 200 en plus. (Vas., III, 260-268.) — Aidé de son frère David, Domenico travailla à ces fresques, du mois de mars i486 au mois de mai 1490; il toucha la somme promise, moins le supplément, au dire de Vasari, que Tornabuoni, reconnut, dit-il, lui devoir, mais dont le peintre lui fit l'abandon, « estimant beaucoup plus la gloire et l'honneur que les richesses ». — « Ce travail peut être considéré comme le testament du xv« siècle; c'est
comme le résumé des efforts de toute une école. La loi que Masaccio a donnée aux Carmine, Ghirlaudajo la promulgue à Santa Maria Novella. » (Taine, Voyage en Italie.)
Ghirlandajo (Domenigo). — Fresques.
Sur la paroi percée d'une fenêtre :
Dans la lunette. — * Le Couronnement de la Vierge.
A gauche. — * Saint François devant le sultan, — L'Annonciation et le donateur Giovanni Tornahuoni,
Sous un portique, le donateur est agenouillé, de trois quarts tourné vers la droite, les bras croisés sur la poitrine, vêtu d'une ample tunique rouge.
A droite. — * Mort de saint Pierre martyr. — Saint Jean part au désert et la femme du donateur Francesca Pitti.
Sous un portique, la donatrice est agenouillée, de profil tournée vers la gauche, les mains jointes, en robe noire et capuchon blanc.
Sur la paroi de gauche. — Épisodes de la vie de la Vierge.
* 4^ Joachim chassé du temple. — Devant le portique d'un temple à trois nefs, Joachim, en tunique bleue et manteau rose, portant un agneau, est chassé par un vieillard ; au fond, à l'autel, le grand-prêtre recevant un agneau qu'on lui présente; à droite, groupe de quatre personnages tournés vers la gauche : 1** un vieillard sans barbe, vêtu d'un pourpoint gris, coiffé d'un bonnet rouge, Alesso Baldovinetti, le maître de Domenico Ghirlandajo; 2! le peintre lui-même, tête nue, la main sur la ceinture, en pourpoint bleu et manteau rouge; 3^ un jeune homme dont on ne voit que la tête, Bastiano Mainardi, beau-frère de Domenico, et 4° un autre jeune homme, coiffé d'un béret, un manteau violet jeté sur son pourpoint vert, vu de profd, David Ghirlandajo. A gauche, un autre groupe de quatre assistants tournés vers la droite.
La désignation des personnages est donnée par Vasari (III, 263). Certains documents tendent à faire croire cependant que le portrait supposé de Baldovinetti serait celui de Tommaso, le père de Ghirlandajo. M. Milanesi trouve, dans cette fresque, les traces de la collaboration de Mainardi.
* 2^ La Naissance de la Vierge. — Dans une chambre, deux femmes sont assises, portant l'enfant nouveau-né ; à droite, devant le lit de sainte Anne, une servante verse de l'eau dans un bassin. A gauche, Ginevra de' Benci (?) vêtue d'un riche costume blanc et or, s'avançant vers la droite, suivie de quatre compagnes. Au fond, un escalier, au sommet duquel deux personnes s'embrassent; d'élégantes colonnes soutiennent le pla-
fond de la chambre; autour de la corniche court une large frise représentant des enfants. Signé, au fond, sur la muraille : Bigordi Grillandai.
La collGction des dessins aux Uffizi possède une étude pour la servante qui verse de l'eau. (NO 61.) — Il existe une autre étude exposée autrefois à Manchester. Une copie de «ette fresque par M. Urbain Bourgeois est à Paris, à l'École nationale des Beaux-Arts.
* 3° La Présentation de la Vierge au temple. — Au milieu, la Vierge, de trois quarts tournée vers la droite, en robe rouge et or et manteau bleu, monte les degrés d'un escalier en haut duquel l'attend le grandprêtre ; à gauche, devant un portique, les parents delà Vierge et de nombreux assistants ; à droite, deux jeunes gens, deux vieillards et un mendiant assis sur les marches du temple. Au fond, à travers une arcade, on aperçoit une rue bordée de maisons.
« Il y a là une architecture qui s'éloigne de l'œil très justement, et, en outre, il y a Une rue qu'on admira alors parce qu'on n'en faisait pas beaucoup. » (Vas., III, 264.)
* k"" Le Mariage de la Vierge. — Au milieu, le grand-prêtre unit les deux époux; à gauche, derrière la Vierge, en robe rouge et manteau bleu, plusieurs de ses compagnes; à droite, derrière, Joseph, drapé dans un manteau jaune, des jeunes gens qui brisent leurs baguettes.
* 5° V Adoration des Mages. — Devant un arc de triomphe, la Vierge est assise, ayant à ses pieds l'Enfant Jésus ; sur les côtés, les rois mages et les bergers agenouillés adorant le nouveau-né; au fond, une ville sur le bord d'un lac.
Le groupe central est très effacé et a été détérioré par l'humidité des murs.
* 6"^ Massacre des Innocents. — Devant un arc de triomphe, des soldats poursuivent les mères emportant leurs enfants; à gauche, un cavalier arrête une femme près d'un cheval qui s'abat ; à droite, une autre femme saisit par les cheveux un soldat.
Cette composition, malheureusement à peine visible, était une des plus intéressantes de la série. « On y voit une fort belle mêlée de femmes, de soldats et de chevaux qui les frappent et les bousculent. Et, en vérité, de toutes les histoires qu'on y voit de sa main, celle-là est la meilleure, car elle est conduite avec beaucoup de jugement, avec esprit et grand art... Beaucoup de sentiments y sont exprimés, et il suffit delà regarder pour connaître, sans hésitation, que le maître fut, en son temps, excellent. » (Vas., m, 264.)
* 7^ La Mort de la Vierge et V Assomption. — Au milieu, la Vierge, morte, est étendue sur un lit funéraire, entourée de fidèles et d'anges ; elle apparaît au ciel dans une gloire entourée de chérubins.
Très endommagée.
Sur la paroi de droite. — Scènes de la vie de saint Jean-Baptiste.
* 1° Apparition de Vange à Zacharie. — Devant une chapelle demicirculaire, soutenue par des pilastres richement ornés, à gauche, l'ange,
en tunique jaune, avec des ailes multicolores déployées, de profil tourné vers la droite, apparaît à Zacharie, debout, en tunique verte et manteau rose, qui balance un encensoir; à droite et à gauche, des groupes d'assistants.
« Dans cette histoire, pour montrer qu'aux sacrifices, dans les temples, interviennent toujours les personnes les plus notables, et pour la rendre plus solennelle, il peignit bon nombre des citoyens de Florence qui gouvernaient cet État, et notamment tous ceux de la maison Tornabuoni, jeunes et vieux. En outre, pour montrer que ce temps florissait en toute sorte de mérites et surtout Mans les lettres, il posa en cercle quatre demifigures qui discutent ensemble, au pied de la composition ; c'étaient les hommes les plus savants qui fussent alors à Florence. Le premier est messire Marsilio Ficino, qui a un habit de chanoine; le second, avec un manteau rouge et un ruban noir au cou, est Cristoforo Landino ; Demetrius le Grec se retourne, et, entre eux, celui qui lève un peu la main, est messire Angelo Poliziano; et ils sont très vivants et très finis. » (Vas., III, 265.) Au moment où cette fresque fut achevée, on fit, du reste, un cartel reproduisant les têtes de tous les personnages, représentés avec des numéros correspondants. Ce cartel fut reproduit en plusieurs exemplaires, dont l'un se trouve encore dans la famille Tornaquinci et l'autre dans la collection Baldovinetti. M. Milanesi, à qui l'on doit ces renseignements, nous donne cette liste complète : !<> Giovanni Tornabuoni (qui fit peindre la fresque); 2o Pietro Popoleschi; 3» Girolamo Giannotti; 4*^ Leonardo di Francesco di Messer Simone Tornabuoni, frère de Giovanni (tous quatre du côté de l'ange, le capuchon sur la tête); 5^ Messer Giuliano Tornabuoni; 6° Giovanni di Francesco di Vieri Tornaquinci ; 1° Gianfrancesco Tornabuoni (probablement les trois premiers avec le capuchon, du côté de saint Zacharie) ; 8« Girolamo Tornabuoni ou Scarabutto ; 9o Messer Simone di Piero di Francesco Tornabuoni (ces deux derniers, têtes nues, du même côté, derrière) ; 10° Giovambattista Tornabuoni ; Il<> Messer Luigi Tornabuoni; 12» Vieri di Fran cesco di Vieri Tornaquinci (tête nue); 13° un prêtre de Saint-Laurent, musicien; 14.° Be~ nedetto Dei, bouffon (ces cinq formant groupe au bout de la composition, à droite) ; 15® Messer Cristoforo Landini ; " 16° Messer Agnolo Poiiziano; 17o Marsilio Ficini ; 18<* Messer Gentile, évèque d'Arezzo (et non pas Demetrius le Grec, comme le croyait Vasari) (ces quatre à mi-corps, en bas); 19» Federigo Sassetti ; 20° Andréa de Medici; 2P Gianfrancesco Ridolfi. Ces trois derniers (à mi-coips, en bas à gauche) faisaient partie de la maison de banque Medici. (Vas., III, 266, note.)
On lit, à droite, sur la frise de la voîite : Aîi. MCCCC LXXXX, quo pulcherrima civitas opibus victoriis artibus œdificiisque îiobitis copia salubritate pace perfruebatur,
* %^ La Visitation. — Au milieu, la Vierge, de profil tournée vers la droite, drapée dans un manteau bleu, serre les mains de sainte Élisabeth, en robe rouge et manteau jaune, tournée de profil à droite, accompagnée par deux femmes ; à droite, une jeune femme blonde, qu'on supposait être Ginevra de' Benci, en riche costume de brocart jaune, tenant un mouchoir à la main, s'avance suivie de deux femmes. A gauche, trois femmes assistent à l'entrevue. Au second plan, le tableau est partagé en deux par une muraille vue de profil, à gauche de laquelle se dresse un escaher que montent divers personnages. A droite s'étend une terrasse sur laquelle deux jeunes gens sont accoudés et s'élève un palais auquel mène un pont ; à l'horizon, une ville au pied d'une montagne.
« On y voit beaucoup de dames qui accompagnent la Vierge, avec les costumes
du temps, et parmi elles la Ginevra de' Benci, une très belle jeune fille alors.» (Vas., III, 266.) — Vasari s'est trompé en donnant à la jeune femme le nom de Ginevra de Benci, déjà morte quand Ghirlandajo peignait ces fresques. On y peut reconnaître, Gioyanna degli Albizzi, la fiancée de Lorenzo di Giovanni Tornabuoni, qu'il épousa le 16 juin 1416. Ces deux jeunes époux se trouvent dans les fresques de la villa Lemmi, par Botticelli, acquises en 1882 par le musée du Louvre. On connaît aussi deux médailles deGiovanna par Niccolo Fiorentino. L'autre jeune fille, au premier plan, en lace de Giovanna, la tête nue, dans une robe de brocard doré, est la sœur de Lorenzo, ainsi qu'il résulte de la comparaison faite avec une médaille. (Voir Ridolfi, Giovaima Tornabuoni e Ginevra de' Benci nel coro di Santa Maria Novella, 4890.) Il existe aux Uffizi un dessin de cette fresque.
* 3° Naissance de saint Jean-Baptiste. — Dans une chambre, à gauche, devant le lit de sainte Anne, une femme tend les bras au nouveau-né que porte une autre femme ; cette dernière se tourne à gauche vers une jeune patricienne, en riches vêtements, un mouchoir à la main, qui s'avance suivie de deux matrones et d'une servante portant une corbeille de fruits sur la tête ; au second plan, une servante s'approche de sainte Anne, tenant à la main une aiguière et une serviette.
4** Zacharie écrit le nom du nouveau-né, — Dans une cour, au milieu, sainte Élisabeth, agenouillée, de profil tournée vers la gauche, en robe bleue, présente le petit saint Jean à Zacharie, en tunique verte et manteau rouge, qui écrit sur ses tablettes le nom du nouveau-né ; à gauche, de nombreux assistants ; à droite, deux femmes; au fond, arcades d'un portique. Fond de paysage.
* 50 Prédication de saint Jean-Baptiste, — Au milieu, saint Jean, en tunique violette et manteau jaune, debout sur un fût de colonne, de trois quarts tourné vers la droite, appuyé sur une croix, prêche devant un auditoire nombreux qui l'entoure ; à droite, deux vieillards assis et deux autres debout ; à gauche, des femmes, les unes debout, les autres assises : Tune, au premier plan, accompagnée de son enfant; au second plan, à gauche, le Christ sort d'une grotte et se dirige vers le prédicateur. Fond de paysage avec une ville sur le bord d'un lac.
* 6^ Le Baptême du Christ, — Au milieu, le Christ, vu de face, debout dans le Jourdain, reçoit l'eau du baptême de la main de saint Jean- Baptiste, de profil tourné vers la gauche, en tunique violette et manteau bleu ; à droite, un homme arrange sa sandale, et deux vieillards sont debout ; à gauche, près d'un rocher, deux anges agenouillés présentent au Christ son manteau, et trois assistants sont debout ; au ciel, l'Éternel dans une gloire. Fond de paysage.
* 7** Le Festin d'Hérode, — Dans une salle spacieuse, Hérode et ses convives sont assis à une table autour de laquelle de nombreux assistants se tiennent debout ; au premier plan, Salomé dansant ; et, à gauche, un page agenouillé présentant sur un plat la tête de saint Jean-Baptiste ; à droite et à gauche, convives autour de tables luxueusement servies.
Au plafond. — * Les Quatre Évangélistes. — Sur un fond bleu parsemé d'étoiles.
Le grand tableau du maître-autel, qni complétait la décoration de la chapelle et qu'avaient achevé, après la mort du maître, ses deux frères Benedetto et David et son élève Francesco Granacci, fut malheureusement enlevé en 1804 pour faire place à une toile de Sabatelli, et divisé en plusieurs morceaux, dont les uns se retrouvent au musée de Berlin {la Résurrection du Christ, — saint Vincent Février, — saint AntoniUy formant le revers du triptyque), à la Pinacothèque de Munich (la Vierge glorieuse entre saint Dominique, saint Michel, saint Jean-Baptiste^ saint Jean l'Evangéiiste, sainte Catherine de Sienne, saint Laurent, formant la face). On ignore le sort de la predella, qui contenait plusieurs compositions.
Transept de gaucht
Chapelle Strozzi.
Orcagna (Andréa et Bernardo). — Fresques terminées en 1357.
* 4^ Derrière l'autel, des deux côtés de la fenêtre, le Jugement deryiier ; à la partie supérieure, l'Éternel et des anges qui sonnent de la trompette ; à gauche, la Vierge agenouillée et les Apôtres ; à la partie inférieure, des Saints, et un ange qui tire de la tombe un mort revenant à la vie ; à droite, le Christ, les Apôtres, des Saints et un démon qui entraîne un damné.
* S!'' A gauche: Le Paradis, — A la partie supérieure, le Christ, en tunique rouge et manteau bleu, et la Vierge, enrobe blanche, sont assis sur un trône entourés de chérubins ; à leurs pieds, deux anges, l'un en prière, l'autre jouant du violon ; sur les côtés, des Saints, des Saintes et des Martyrs ; au premier plan, une jeune femme, vue de dos, en robe verte, étend les bras ; à droite, un ange présente une religieuse, peutêtre la donatrice.
« Cette œuvre marque le plus haut degré de grâce et de beauté que l'école ait atteint dans l'expression des visages. » (B., 511.) — La grandeur de l'art florentin y est alliée à la douceur des maîtres siennois.
* 3" A droite : L Enfer. — Composition assez compliquée, où sont représentés les divers cercles décrits par Dante; au milieu, un démon dévorant les damnés.
« L'auteur de cette fresque serait Bernardo Orcagna, qui traita le même sujet, mais différemment, au Campo Santo de Pise. » (Vas., I, 594.)
Sur l'autel :
Andréa Orcagna. — Tableau.
* 4^ Le Christ assis sur un trône ^ en tunique rouge et manteau noir, entouré d'anges, remet les clefs à saint Pierre agenouillé, à droite,
auprès de saint Jean-Baptiste, saint Laurent et saint Paul, et donne l'Évangile à saint Thomas que lui présente la Vierge accompagnée de sainte Catherine et saint Michel.
Sur la predella, trois petites compositions : ^, Un Saint en extase, — 2. Les Apôtres dans la barque. — 3. Mort d'un Saint,
Signé et daté : ANNI DOMINI MCCCLVII ANDREAS ClONIS DE FLORENTIA ME PINXIT.
Sous la chapelle, dans une \oûte :
Giotto (?) — La Mise au tombeau,
A droite s'ouvre la porte qui mène au
Cloître.
Au bas de l'escalier, à gauche :
* Giotto (?) — La Naissance de la Vierge. — La Rencontre de saint Joachim avec sainte Anne. — • La Présentation de la Vierge au temple.
A droite, le vieux cloître ou
Chiostro Verde (Cloître Vert).
Ainsi nommé à cause de la couleur des fresques exécutées en camaïeu, dont les unes datent du xiv*' siècle et les autres du xv^ siècle : ces dernières attribuées avec toute vraisemblance à Paolo Uccello.
« Bien que fort endommagées, elles offrent un ensemble intéressant pour rhis.toire de l'art. Elles dénotent chez leurs auteurs une étude approfondie de la nature avec des réminiscences de l'antiquité ; les règles de la perspective sont appliquées avec soin, et une technique savante se reconnaît dans la façon de rendre les ombres. » (Cr. et Cav.,. II, 292.)
École de Giotto. — Épisodes de la Genèse.
La Création du monde, — la Création de Vhomme, — la Créalio7i de la femme, — le Serpent tentateur^ — V Expulsion du Paradis, — Adam et Ève labourajit la terre, — le Sacrifice et la mort d'Abel, — la Construction de V arche,
Paolo Uccello. — Le Déluge.
Le morceau le plus intéressant et le mieux conservé. Dans la partie supérieure, des anges et des démons ; à droite, l'arche flottant sur les flots ; au milieu, des scènes de désolation, des malheureux cherchant à lutter contre les eaux et s'accrochant à des débris.
Le Sacrifice de Noé. — Llvresse de Noé.
Gravé dans VÉtr. PU., pL XIV. — On peut lire la description détaillée de ces fresques si importantes pour l'histoire de la peinture, et malheureusement si endommagées, dans la Vie de Paolo Uccello, par Vasari (II, 209), qui admire justement les progrès accomplis par le grand dessinateur dans ces peintures que ses contemporains et ses successeurs regardaient comme son chef-d'œuvre.
Sur le cloître s'ouvre la porte de la
Chapelle des Espagnols.
Ainsi nommée parce que les personnes de la suite d'Éléonore de Tolède, femme de Cosme P'', y venaient faire leurs dévotions.
Construite vers 1340, par Buonamico di Lapo Guidalotti, marchand florentin. Vasari en attribuait les peintures à Taddeo Gaddi et à Simone di Martini; MM. Growe etCavalcaselle y voient le travail d'Antonio Veneziano et d'Andréa da Firenze. En réalité, on ne possède aucune certitude à cet égard. Le nom de Simone di Martini doit même être écarté, puisque, fixé à Avignon en 1339, ce grand peintre paraît y être resté jusqu'à sa mort, en 1344. Mais quels qu'en soient les auteurs, florentins ou siennois, ils peuvent compter parmi les maîtres les plus puissants et les plus originaux, les plus poétiques des écoles associées de Giotto, de Duccio, et de Simone di Mxirtini.
Écoles florentine et siennoise. — Taddeo Gaddi (?), Antonio Veneziano (?), Andréa da Firenze (?).
Plafond divisé en quatre parties :
* i"" Saint Pierre sur les eaux. — Les Apôtres sont dans une barque dont l'orage gonfle les voiles; dans les airs, deux figures allégoriques soufflent la tempête ; à droite, le Christ, sur le rivage, tend les mains à saint Pierre; à gauche, un pêcheur à la hgne.
* La Résurrection. — Le Christ, en tunique blanche, portant une bannière, s'élance hors du tombeau sur les bords duquel sont assis deux anges; au premier plan, des soldats endormis ; à gauche s'avancent les trois Marie ; à droite, le Christ apparaît à la Madeleine.
* 3° La Descente du Saint-Esprit. — Au premier étage d'une maison, la Vierge et les apôtres entourent saint Pierre ; devant la porte, des infidèles. Le Saint-Esprit, dans une nuée lumineuse, se dirige vers la terre.
* 4'' Ascension. — Le Christ monte au ciel, dans une gloire, entouré d'anges; sur terre, la Vierge et les apôtres sont agenouillés; aux deux extrémités, un ange debout.
Sur la muraille de gauche : < Le Triomphe de saint Thomas. r> Au milieu, a^sis dans une niche, saiixt- JhpinaSi^d'Aquin, revêtu du,
costume des frères Prêcheurs, tenant sur ses genoux un livre ouvert; à ses pieds, dans une attitude résignée, les trois hérétiques, Arius, Averroès et Sabellius; autour du trône volent des anges qui portent des croix et des palmes ; à droite et à gauche, assis sur un banc, des Prophètes et des Saints. La partie inférieure est divisée en deux rangées superposées. Dans des stalles sculptées, dont le dossier renferme des figures, vues en buste, sont assises les Vertus et les Sciences portant leurs emblèmes, et sous chacune d'elles, l'homme qui a le plus illustré cette science ou cette vertu. Ainsi, on remarque, sous la Grammaire, Donatus ; sous la Rhétorique, Gicéron ; sous la Logique, Zénon ; sous la Musique, Tubalcaïn ; sous l'Astronomie, Atlas; sous la Géométrie, Euclide; sous l'Arithmétique, Abraham; sous la Charité, saint Augustin; sous la Foi, Denys l'Aréopagite; sous l'Espérance, Jean Damascène; sous la Théologie pratique, Boèce; sous la Théologie spéculative, Pierre Lombard; sous la Loi canonique, le pape Clément Y ; sous la Loi civile, Justinien.
Gravé duns VEt)-. PU., pL XL.
Sur la muraille de droite:
* LÉglise triomphante et militante.
A gauche, devant la cathédrale de Florence, telle que l'avait projetée Arnolfo, est assis, sur un trône, le pape Benoît XI, en dalmatique rouge, ayant à ses côtés un empereur, un roi, un cardinal, un évêque; au premier plan, un prêtre, de profil tourné vers la gauche, harangue les fidèles; sur un autel, des brebis gardées par les chiens du Seigneur, noirs et blancs, les Dominicains (Dommi canes) et des mendiants agenouillés près de gentilshommes debout ; à droite, saint Dominique montre à la foule le loup de l'hérésie dévoré par les chiens et offre l'Évangile aux infidèles ; au second plan est représentée la Félicité qui attend ceux qui pratiquent les règles de l'Église; des rondes de bienheureux, et, sous un berceau d'arbres, quatre personnes assises revêtues de riches habits, l'une jouant de la viole, l'autre portant un faucon, la troisième tenant sur ses genoux un chien, la quatrième plongée dans la méditation; au milieu, un prêtre bénit un assistant et saint Dominique montre à des fidèles la porte du Paradis gardée par saint Pierre et que franchissent des groupes couronnés de fleurs; à gauche, dans le Paradis, les bienheureux, parmi lesquels on reconnaît Moïse, saint Jean-Baptiste, saint Paul, saint Laurent, etc.; ils tiennent tous la tête levée vers le ciel où apparaît le Christ dans une gloire entourée de chérubins et d'anges, et adoré par la Vierge.
Le sujet de cette œuvre immense, qui ne contient pas moins de 300 figures, aurait été indiqué au peintre par le général des Dominicains, Fra Jacopo Passavanti. Si l'on en croyait la tradition qui attribue cette peinture à Simone di Martini, le maître sienûois aurait représenté, parmi les fidèles qui se pressent à gauche, ses contemporains les plus célèbres, et on voudrait reconnaître, par exemple, Philippe le Bel dans le roi assis près du
pape. Cimabue serait vêtu de blanc, un chaperon sur la tête, de profil tourné vers la gauche, ayant à ses côtés Simone di Martini lui-même, portant une coiffe bleue, puis l'architecte Arnoifo, Pétrarque et Laure, etc. — Il ne faut accepter qu'avec beaucoup de réserves ces suppositions ; car, comme le font remarquer justement MM. Crowe et Cavalcaselle (11,86), il eûtété au moins bizarre de représenter dans un tableau religieux Philippe le Bel qui s'était insurgé contre l'autorité du pape, ou Laure que le peintre n'avait certainement jamais vue. — « Quoi qu'il en soit^ il faut reconnaître que cette chapelle est un monument à la gloire des Dominicains ; elle est pour cette confrérie ce que l'église d'Assise est pour les Franciscains. Elle reflète leur esprit et exalte leur puissance. » — (Lord LiNDSAY.)
Au-dessus de l'autel, sur la voûte :
* Le Calvaire.
Au milieu, le Christ est attaché sur la croix entre les deux larrons; au ciel, un groupe d'anges et un démon qui emporte l'àme du mauvais larron; au premier plan, la foule et des soldats entourant les croix ; à gauche, un cavalier veut éloigner la Vierge qu'accompagnent la Madeleine et les saintes femmes ; à droite, des bourreaux jouent aux dés et se partagent les vêtements des suppliciés.
Gravé dans VElr, PU., pl. X.
Sur les bas côtés, à gauche :
^ Le Portement de croix.
Au miheu d'une escorte nombreuse, le Christ s'avance, suivi de la Yierge ; au fond, les murs de Jérusalem.
A droite :
* La Descente aux Limbes.
A l'entrée d'une grotte, le Sauveur portant un étendard est reçu par Adam qu'entoure la foule des bienheureux.
« Dans cette peinture, qui montre encore beaucoup d'inexpérience et d'indécision, on trouve de la variété dans les mouvements, de l'imagination dans l'cigencemont des groupes, de l'expression dans le dessin des têtes, et surtout une grande poésie d'invention. Il est certain cependant que l'ensemble de l'œuvre n'est pas de la même main ni de la même époque; si le motif central rappelle la production de l'école siennoise, les deux autres parties ont évidemment été composées à une époque antérieure.» (Cr. et Cav., II, 88.)
GHIESA SAN MARCO
(ÉGLISE SAINT-MARC) Piazza San Maroc, à gauche du musée.
Cette église, fondée au xiii^ siècle, fut restaurée et en partie reconstruite au XVI® siècle. La façade est de 1780.
Sur le mur d'entrée, au-dessus de la grande porte : Giotto. — Un crucifix.
Bois. — Fond doré. On sait qu'un riche Florentin, Mona Fantini, laissa par testament, en 1359, l'argent nécessaire pour faire toujours brûler une lampe devant ce crucifix.
A droite :
1^' autel. — Santi di Tito. — Saint Thomas d'Aquin aux pieds du Christ,
2® autel. — Fra Bartolommeo. — Yierge glorieuse.
Toile. — Peint en 1509. — « La manière de Bartolommeo au moment de sa perfection presque absolue; la Madone, noble et facilement posée, les deux femmes à genoux^ modèle des profils symétriques... » (B., 650.)
Sogliani. — Miracle de saint Dominique.
Peint en 1536.
Chapelle Saint-Antonin.
Architecture et statue du saint par Jean de Bologne. Sur les murs latéraux, Passignano : Les Funérailles de saint Antonin. Fresque. Peintures du plafond par Poccetti. Grisailles par Alessandro Allori. Tableau du maître-autel par Bronzino (Angelo).
Chapelle du Saint-Sacrement.
Peintures du plafond par Poccetti et Chimenti da Empoli, Le Sacrifice d'Isaac. — Santi di Tito^ Jésus et les Apôtres. - F. Passignano, Madone,
Sacristie.
Fra Bartolommeo {!) — U Annonciation.
SAN MINIATO AL MONTE
GHIESA SAN MINIATO AL MONTE
Sur la colline de San Miniato, près de la Piazza Michel Angiolo (rive gauche de rArno.)
Reconstruite dans les premières années du xi® siècle. Façade inscrustée de marbres polychromes.
Dans la voûte de l'abside, une mosaïque représentant le Christ, la Vierge et San Miniato, restaurée en 1388 par Maestro Zaccheria, et en 1481 par Baldoyinetti. Intérieur à une nef avec deux bas côtés.
Le chœur, auquel on arrive de chaque côté par plusieurs degrés, est élevé au-dessus d'une crypte.
Bas côté de gauche :
Chapelle du Cardinal de Portugal.
Au-dessus du siège de marbre, vis-à-vis le tombeau du cardinal, œuvre d'Antonio Rossellino.
Baldovinetti ou Pollaiuolo (Piero del). — L'Annonciation.
A droite, la Vierge, assise sur un gradin en pierre, en robe rouge et manteau bleu à doublure verte, se tourne de trois quarts vers la gauche où l'ange Gabriel, aux cheveux blonds bouclés, en robe de brocart, est agenouillé, les mains jointes.
A la voûte et dans les lunettes :
Pollaiuolo (Piero et Antonio del). — Les Ëvangélistes, des Prophètes et des Docteurs,
Attribuées par Vasari aux frères PoUaïuoli, ces fresques paraissent à Cr. et Cav. être l'œuvro de Baldovinetti.
Bas côté de droite :
Plusieurs fragments de fresques des et xv^ siècles. La
SAN MINIATO AL MONTE
première, la Vierge entre des Saints, est de Paolo di Stefano ; les suivantes sont de l^École giottesque.
Sacristie.
^Spinello Aretino. — Histoire de saint Benoît.
(( Ces fresques appartiennent aux plus belles conceptions de l'école florentine. Jamais la puissance et le calme de l'autorité n'ont été mieux rendus qu'ici, dans le geste et l'attitude du saint abbé. On retrouve dans ces compositions toute la vigueur habituelle du maître et tout son savoir-faire. » (B., 521. Cr. et Ca., II, 12.) — Elles furent restaurées en 1840.
Paroi sud :
* Saint Benoît abandonne la maison paternelle. — Monté sur un cheval, il dit adieu à ses parents debout à gauche, devant la porte de la maison. A droite, deux assistants; au fond, la ville de Nursie.
* Il opère le miracle du plat. — Debout sous un auvent, il prend un plat cassé en deux morceaux. A gauche, deux moines; à droite, la foule contemple le plat intact accroché à une muraille.
* // annonce diverses prophéties à TotUa, roi des Golhs, qui s'agenouille devant lui. A gauche, l'escorte du roi.
* Âlort de saint Benoît, — Il est couché sur une civière, entouré de religieux qui récitent des prières. A gauche, le Saint apparaît, reçu au ciel par le Sauveur.
Gravé dans YL'tr. PU., pl. XIII.
Paroi ouest :
* Saint Benoît, à Suhiaco, revêt V/iabit monacal et reçoit la visite d'un moine envoyé de Rome pour lui porter de la nourriture ; au ciel vole un démon.
* Le Saint est assis à table avec un moine, le jour de Pâques. A gauche, sous un portique, le moine auquel Dieu ordonne d'aller visiter saint Benoît.
* Le Saint ressuscite un moine que l'on voit à gauche, écrasé par la chute d'un mur.
* Le Saint exorcise un moine et lui donne la discipline. — A gauche, le démon entre dans le corps du moine qui veut abandonner la vie monastique.
Paroi nord :
Saint Benoît est tenté par le démon, à droite ; à gauche, pour se mortifier, il se couche au milieu des ronces.
* Saint Benoît, nommé supérieur, est assis sur un trône entouré de
SAN MINIATO AL MONTE
ses moines. A droite, il confond des empoisonneurs qui voulaient attenter à ses jours.
* Le Sailli fait remonter à la surface de Veau un hoyau tombé dans une source qu'il avait fait jaillir. A gauche, des moines creusent un puits et un paysan conduit un âne.
* Saint Benoît indique au moine Mauro où il retrouvera le corps du moine Placide tombé dans le fleuve. Adroite, le corps est retrouvé.
Paroi est :
* Saint Benoit quitte le couvent, à la grande satisfaction des moines qui trouvaient sa discipline trop sévère.
* Saint Benoit accueille les néophytes Placide et Mauro qu'accompagnent leurs parents.
* Saint Benoit bénit une pierre que le démon empêchait d'être soulevée.
* Saint Benoit reconnaît Vécuyer Reggio, que le roi Totilalui avait envoyé à sa place, revêtu de ses vêtements, espérant tromper le Saint.