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DEUXIÈME SALLE

(ancien réfectoire).

* Andréa del Castagno. — La Cène,

Dans une salle dont les murailles sont revêtues de plaques en marbre est assis, devant une table, le Christ, en tunique rose et manteau bleu, de trois quarts tourné à droite vers saint Jean qui s'est endormi. Aux côtés du Sauveur, les Apôtres, en diverses attitudes, avec des physionomies très accentuées; au premier plan. Judas, de profil tourné vers la droite.

« Cette fresque, d'une conservation irréprochable, offre une individualité dans les figures, une puissance da l'anatomie des corps, une rondeur, plastique, qui rappellent les plus

CENACOLO DE SANTA POLLONIA.

beaux morceaux du maître. » (B., 550.) — D'après Vasari (II, 673), l'une des dernières et des plus belles œuvres de Castagno avait été une Cène, de 1457, dans le réfectoire des domestiques de l'hôpital Santa Maria Nuova, qui devait avoir de nombreux rapports avec celle-ci, qu'il ne mentionne pas d'ailleurs.

Sur les autres parois sont placées des figures un peu plus grandes que nature, fresques détachées des murs de la villa de Legnaia où elles avaient été peintes par Andréa del Castagna pour Pandolfo Pandolfini. Ces peintures, vendues 11,000 francs par la marquise Rinuccini, furent d'abord placées au Musée national^ puis, en 1891;, apportées à Sant' Âppollonia.

* 1. — Giovanni Boccaccio,

De face, la tête tournée vers la droite; longue tunique blanche avec manches bordées de fourrure. Chaperon rouge, un Hvre dans les mains.

* 2. — Petrarcha.

Tourné de trois quarts vers la gauche; longue robe rose. La tête est enveloppée d'un capuchon rayé à doublure verte ; un livre dans sa main gauche, le bras droit levé.

* 3. — Dante Alighieri.

Tourné de trois quarts vers la droite; longue tunique rouge. Sur la tête, un chaperon rouge à bordure de fourrure. Dans sa main droite, un livre ; le bras gauche est levé.

* 4. — La Reine Thomyris.

Tournée de trois quarts vers la gauche, appuyée sur une hampe de lance qu'elle porte de sa main droite; revêtue d'une armure sous laquelle est passée une robe jaune dont elle retient les plis; dans ses cheveux, des perles.

* 5. — La Sibylle de Cume,

De face, le visage tourné vers la gauche. Robe gorge de pigeon bouffante, ceinture et écharpe blanches; son bras droit est levé; un hvre à la main.

* 6. — NicGolo Acciaiuoli,

De face, le visage de profil tourné à droite; tunique blanche que recouvre un costume de bataille; capuchon noir rejeté en arrière. De ses deux mains il porte une épée.

CENACOLO DE SANTA POLLONIA.

* 7. — Farinata degli Uberti.

Tourné de trois quarts vers la gauche, armé en guerre ; sur sa cuirasse, une tunique rouge; coiffé d'un haut bonnet rouge. La main gauche est appuyée sur la hanche; la droite porte une épée.

* 8. — Filippo Scolari.

De face, les jambes écartées, le visage incHné vers la droite ; armé en guerre, avec brassard et cuissard; sous sa cuirasse, une tunique bleue, de ses deux mains il porte un sabre recourbé.

* 9. — La Reine Esther,

Vue à mi-corps, de trois quarts tournée vers la droite ; robe blanche et or, manteau vert dont elle retient les plis avec sa main gauche; sa main droite est appuyée sur une balustrade ; sur la tête, une couronne et un capuchon blanc et or qui retombe sur les épaules.

SANT'APPOLLONIA

Cliché Alluari frères. Typogravure Boussod, A aladou et C".

Andréa del Castagno.

Portrait de Fllippo Scolari.

CENACOLO DI FOLIGNO

CENACOLO DI FOLIGNO '

Via Faenza, 56.

Dans le réfectoire de cet ancien couvent de jeunes filles, aujourd'hui transformé en conservatoire de musique, on découvrit, en 1845, une fresque que rÉtat acheta avec le bâtiment au propriétaire 70,000 francs.

École ombrienne. — La Cène.

Le Christ est assis au milieu, en tunique rouge et manteau bleu, de trois quarts tourné vers saint Jean, dont la tête repose sur son bras. Au premier plan, Judas, en tunique verte et manteau rose, une bourse dans la main, se tourne de trois quarts à gauche vers le spectateur. Des deux côtés, les Apôtres : à droite, saint Barthélémy coupe son pain, saint Mathieu tient un couteau, saint Thomas se verse à boire, saint Simon et saint Taddée s'entretiennent ensemble ; à gauche, saint Pierre regarde le Christ, saint André est tourné vers saint Jacques Majeur, saint Phihppe et saint Jacques Mineur écoutent; au second plan, une balustrade très ornementée et des colonnes qui soutiennent les arcades d'un portique. Au fond, le Christ au jardin des Oliviers.

Dans les broderies de la robe de saint Thomas, quelques personnes ont cru lire : Ra. Ur. Anno MDV. Cette inscription pouvait faire croire qu'on se trouvait en présence d'une œuvre de Raphaël, d'autant plus qu'à cette époque, le jeune artiste était l'hôte de Taddeo Taddei, dont la sœur était religieuse dans ce couvent; malheureusement, la présence de ces lettres est plus que contestable. Cette attribution n'a pas été maintenue. KuGLER croit reconnaître dans cette fresque la facture de Gerino da Pistoja ; Crowe et Cavalcaselle (II, 248) pensent qu'elle sort certainement de l'atelier de Pérugin et qu'elle pourrait être l'œuvre, soit de Gérino, soit de Eustebio, soit de Jean-Nicolas Manni. ViTET l'avait considérée comme une œuvre de la jeunesse de Raphaël. — « L'étonnement et la douleur se peignent sur le visage des apôtres, leurs mouvements et leurs gestes en sont comme suspendus ; ils ne peuvent parler et s'interroger du regard ; du reste, pas le moindre effet théâtral, pas l'ombre de mise en scène, personne n'est là pour poser et paraît même se douter qu'il y ait un spectateur; ce sont des hommes sérieux et calmes, réunis dans un dessein solennel et pieux; aucun d'eux ne s'agite ni ne gesticule,

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